politique et doctrine sociale

Les catholiques américains préoccupés par la situation en France
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Le “Friday Fax” du Catholic Family and Human Rights Institute (C-FAM, New York/Washington D.C.), que dirige Austin Ruse, a publié le 28 juin en anglais d’abord puis en traduction française l’article d’un de ses journalistes et juristes Stefano Gennarini, très sévère sur la répression qui s’abat en France sur les opposants à la Loi Taubira.

PARIS, 28 juin (C-FAM) Un avocat international vient de porter plainte contre l’État français au Conseil des droits de l’homme de l’Onu. En cause : la brutalité avec laquelle la police française a agressé les manifestants anti mariage gay, et a aspergé de lacrymogène femmes, hommes, enfants et personnes âgées.

Le mariage homosexuel et l’adoption par les couples de même sexe ont été légalisés en France le 18 mai dernier. C’est sans compter sur un mouvement rassemblant des millions de citoyens décidé à changer cela. La Manif Pour Tous ne ralentit pas le mouvement malgré les tentatives d’intimidation et de répression violentes par le gouvernement.

Depuis la ratification de la loi, les participants à la Manif, des jeunes au visage clair, des familles et des personnes âgées se sont rassemblés joyeusement autour du président François Hollande parce qu’ils pensent que tout enfant à droit à un père et une mère.

Les autorités françaises ont décidé que les manifestants pro famille sont une menace publique. Les CRS, corps de police spécialisé pour les grosses manifestations, se déplacent partout où les manifestants se présentent. Ces derniers sont soumis à des contrôles d’identité sans fondements, des arrestations et détentions arbitraires et parfois à de la brutalité physique gratuites, sont aspergés au gaz lacrymogène. Parmi les personnes agressées, Christine Boutin, ancienne directrice de Cabinet du gouvernement Sarkozy, aspergée au gaz lacrymogène, et Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines.

Un article du Figaro évalue à 1 000 le nombre d’arrestations et à 500 le nombre de détentions depuis le 26 mai. Plus de 150 personnes ont porté plainte, utilisant une des voies de recours disponibles.

Pour comparer, lorsque des révolutions violentes se produisent, comme par exemple après la victoire de l’équipe de football de Paris en mai, seulement 11 personnes étaient arrêtées. Environ 300 étaient arrêtées à la Manif le même mois.

Nombreux sont ceux qui ont été arrêtés pour avoir porté le t-shirt sur lequel était inscrit le logo de la Manif, dessin symbolisant un père, une mère et deux enfants. Quarante-six parlementaires ont demandé à Hollande de mettre fin à ces détentions et arrestations arbitraires.

D’après les organisateurs, trois manifestations massives ont eu lieu rassemblant jusqu’à un million de manifestants en janvier. Le ministre français de l’intérieur, Manuel Valls, justifie la présence les CRS en donnant pour exemple les conflits entre ce corps de police et « quelques centaines » de protestataires lors de la fin de certaines manifestations.

Mais des vidéos montrent la police aspergeant les protestataires pacifiques et des familles avec des enfants, des personnes âges ou des personnes handicapées au gaz lacrymogène. Sont disponibles des images d’officiers de police en civil qui montrent que ces derniers exécutaient des ordres en provoquant la violence avant de réprimer les protestataires brutalement.

Un avocat spécialiste des droits de l’homme a porté plainte contre la France lors de la dernière session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Grégor Puppinck, directeur du European Center for Law and Justice (ECLJ) basé à Strasbourg, regrette que ce soit contre la France, pays qui se vante de son exemplarité quant au respect des droits de l’homme, qu’il ait du porter plainte pour la première, plutôt qu’un autre pays européen. Le ECLJ animait cette semaine un débat sur le thème de la répression de la Manif pour tous au Conseil de l’Europe.

Un rassemblement de manifestants pacifiques a exprimé son opposition au procès d’un manifestant de 23 ans, Nicolas Bernard-Busse. Il a été condamné à deux mois de prison et 1 000 € d’amende. Nicolas a tenté de trouver refuge dans un restaurant après l’agression d’un groupe de protestataires par la police le 26 mai dernier. Il a été accusé de s’être échappé à cette arrestation, alors qu’aucun chef d’inculpation n’avait été retenu contre lui.

Des dizaines d’affaires comme celles de Nicolas vont congestionner la justice française pendant les prochains mois et peut-être les prochaines années. Les manifestants ont déclaré qu’il leur est égal combien de temps ils mettront à annuler cette loi.

Axel, un leader de groupes de jeunes, a déclaré aux participants lors d’une manifestation dispersée violemment par la police, « C’est notre vie intérieure, notre paix, notre amour qui sont à la source des plus grandes formes de résistance. Et à cela, le gouvernement ne peut rien opposer. »

Les Américains commencent à regarder avec préoccupation ce qui se passe en France… Ils ne sont pas les seuls à l’étranger, si j’en crois un dessin de presse que je viens de voir sur le Salon Beige, qui a paru en Espagne et que voici :

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Il est clair à comprendre… En France, on est condamné pour appeler un chat, un chat…

Mariage : l’épiscopat américain condamne les décisions de la Cour Suprême
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La Conférence des évêques américains (United States Conference of Catholic Bishops) a publié hier un communiqué condamnant les décisions de la Cour suprême des États-Unis relatives au mariage. Ce communiqué est signé du cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York et président de la Conférence, et de Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco (Californie) et président de la sous commission de la Conférence pour la Promotion et la Défense du mariage. En voici le texte intégral traduit par mes soins.

Aujourd’hui est un jour tragique pour le mariage dans notre pays. La Cour Suprême a commis une profonde injustice envers le peuple américain et démantelant en partie la loi fédérale sur la défense du mariage* [Defense Of Marriage Act]. La cour s’est trompée. Le gouvernement fédéral doit respecter cette vérité que le mariage est l’union d’un homme et d’une femme, même si des États ne le font pas. La protection de la liberté et de la justice exige que toutes les lois, fédérales ou des États, respectent la vérité y compris la vérité sur le mariage. Il est également malheureux que la Cour n’ait pas saisi l’occasion de confirmer la Proposition 8 californienne** mais ait plutôt décidé de ne pas statuer sur cette affaire. Le bien commun de tous, et particulièrement de nos enfants, dépend d’une société qui s’efforce de maintenir la vérité sur le mariage. Le temps est désormais venu de redoubler nos efforts pour témoigner de cette vérité. Les décisions qui viennent d’être prises font partie d’un débat national de grande conséquence. L’avenir du mariage et le bien-être de notre société sont dans la balance.

USCCB-LogoLe mariage est la seule institution qui unit pour la vie un homme et une femme, et apporte à tout enfant qui pourra naître de cette union le socle solide que constitue le père et la mère.

Notre culture a tenu pour acquis depuis bien trop longtemps ce que la nature humaine, l’expérience, le bon sens et le sage dessein de Dieu confirment tous : la différence entre un homme et une femme est importante et la différence entre un papa et une maman est importante. Alors que la culture a failli de bien des manières à renforcer le mariage, il n’y a aucune raison de laisser tomber. C’est maintenant le temps de renforcer le mariage, pas de le redéfinir.

Quand Jésus enseignait sur la signification du mariage – l’union exclusive et pour toute une vie d’un homme et d’une femme – il nous renvoyait « au commencement » de la création de la personne humaine comme mâle et femelle (voyez Matthieu au chapitre 19). Face aux coutumes et aux lois de son temps, Jésus enseignait une vérité impopulaire que tout le monde pouvait comprendre. La vérité du mariage est invariable, et nous continuerons à la proclamer fermement avec confiance et charité.

Alors que la Cour vient de promulguer ses décisions, c’est avec une intention renouvelée que nous appelons tous nos responsables et le peuple de notre belle nation de se lever résolument et tous ensemble pour promouvoir et défendre la seule signification du mariage : un homme, une femme, pour toute la vie. Nous demandons également que l’on prie pour que les décisions de la Cour soient révisées et que leurs implications soient mieux clarifiées.

* À comprendre ici à la manière américaine : le Federal Government est composé des trois “branches” : Exécutif, Législatif et Judiciaire. Le gouvernement, comme nous l’entendons en France, est dit Administration aux États-Unis.

** Votée portant par référendum par les citoyens californiens et confirmant que le mariage était réservé à l’union d’un homme et d’une femme.

New York : le scandale de la “pilule du lendemain”
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Edward R. Korman, 71 ans, est un juge de district, c’est-à-dire qu’il préside un tribunal fédéral couvrant un district judiciaire, en l’occurrence celui de New York Est qui comporte Long Island, une grande partie de la ville de New York et Staten Island. Le juge Korman vient de prendre un arrêt ordonnant à la Food and Drug Administration (FDA), l’Agence fédérale américaine des produits alimentaires et médicamenteux, d’autoriser la délivrance de la pilule du lendemain (“contraceptif d’urgence”) sans ordonnance médicale – alors que cette dernière était obligatoire en dessous de 17 ans – à toutes les filles quel que soit leur âge. Une décision bien dans l’air du temps mais proprement aberrante que Bill Donohue, le président de la Catholic League, dans un communiqué d’hier, bref, incisif et définitif, explose en vol…

 

Le juge Korman
Le juge Korman

Une institutrice n’a pas le droit de donner une aspirine à une fillette de 12 ans dans une école de la ville de New York, même si la fillette a de la fièvre. Cette fillette n’a pas le droit d’acheter un maxi soda pour son déjeuner parce que Bloomberg, le maire de New York, a décrété que ce n’était pas bon pour elle. Mais on peut lui donner une pilule [du lendemain], à l’insu de ses parents, dont on est fondé à penser qu’elle peut avorter son enfant.

Ni le juge Korman ni le maire Bloomberg n’ont précisé ce que doit faire l’institutrice à qui on refuse qu’elle donne une aspirine, si la fillette se procure un maxi soda pour avaler sa pilule abortive.

Voilà où nous en sommes arrivés dans notre société culturellement schizophrène. Notre code moral est manifestement incohérent et le mépris affiché pour les droits parentaux est sidérant. Heureusement, ce décret impérial finira par être aboli.

Le discours de l’archevêque de San Francisco à la “March for Marriage”
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L’archevêque de San Francisco, Mgr Salvatore Cordileone, président de la sous-commission pour la Défense et la promotion du mariage de la Conférence des évêques des États-Unis, était présent à la March for Marriage de Washington D.C. le 26 mars dernier, non seulement présent mais l’une des personnalités membre du comité d’initiative mis en place pour cette manifestation par la National Organization for Marriage, qui y ont appelé. Il a pris la parole lors de ce rassemblement et a su dire avec des mots simples et percutants pourquoi l’institution du mariage, l’union d’un homme et d’une femme, devait être défendue : pour le bien des enfants et pour le bien de la société.

Je veux commencer en m’adressant à ceux qui ne sont pas d’accord avec nous sur cette question et pourraient nous observer en ce moment même : nous vous aimons, vous êtes nos prochains, nous voulons être vos amis et nous voulons que vous soyez heureux.

S’il vous plaît, comprenez que nous ne vous haïssons pas et que notre motivation n’est pas l’animosité ou le fanatisme ; notre intention n’est pas d’offenser qui que ce soit, et si nous vous avons offensés, pardonnez-nous. Je vous en prie, essayez de nous écouter avec honnêteté et calmement, essayez de nous comprendre et de comprendre notre position et nous ferons de même avec vous.

Et à vous mes amis qui êtes réunis ici, je vous dis merci d’être là, merci de votre courageux soutien à une question déterminante de notre temps. Pourquoi, vraiment, sommes-nous ici ? Pour une simple raison : le mariage, c’est important pour les enfants. Pour un principe simple : les enfants méritent d’avoir un père et une mère, et la société a besoin d’une institution qui relie les enfants à leurs parents. Qu’y a-t-il de plus beau, de plus sacré, qu’un homme et qu’une femme qui s’unissent pour créer une vie nouvelle ? Le mariage est la seule institution qui permet cela, qui relie des enfants à leurs parents, des parents à leurs enfants, chacun avec chacun.

Parfois, cela n’est pas possible, parfois, en raison de circonstances hors du contrôle des gens, cet idéal ne peut pas se réaliser. Ces parents là, eux aussi, ont besoin et méritent notre amour et notre soutien. Cela n’a donc rien à voir avec les talents des parents : nous savons que parfois des enfants peuvent bien s’en tirer dans des circonstances qui sont moins qu’idéales. Disons plutôt que ce qui est à l’ordre du jour c’est de reconstruire une culture du mariage qui commence – et assurément pas qui se termine ! – par conserver dans la loi le principe qu’un enfant mérite d’avoir un père et d’une mère, que la société doit faire tout ce qu’elle peut pour cela et offrir tout le soutien nécessaire pour permettre que soit assuré que tout enfant obtienne ce qu’il mérite.

Seul un homme peut être père, seule une femme peut être mère, et les enfants ont besoin des deux, et indépendamment de savoir si leur enfance sera ou non heureuse, grandir sans l’un ou l’autre sera une privation. Ce n’est pas de la discrimination, bien au contraire, car le mariage profite à tout le monde y compris à ceux d’entre nous qui ne sont pas mariés ou qui ne sont pas d’accord avec nous.

Et pour conclure, je dis aux neuf juges de la Cour suprême : s’il vous plaît, pour le bien des enfants, s’il vous plaît, conservez la signification du mariage qui se trouve dans la loi, une signification qui est commune à toutes les sociétés humaines depuis le commencement de l’humanité. Pour le bien des enfants, s’il vous plaît.

Slogan, logo… La Manif pour Tous a influencé la March for Marriage
Slogan, logo… La Manif pour Tous a influencé la March for Marriage
Soutien résolu du Saint-Siège à la March for Marriage de Washington
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On vient de me faire suivre la lettre que le Conseil pontifical pour la Famille de Rome a adressée aux évêques américains les encourageant de leur soutien à la March for Marriage qui s’est déroulée à Washington D.C. le 26 mars dernier. Je la trouve de grand intérêt ne serait-ce que parce qu’il s’agit du premier acte d’importance de la nouvelle Curie du pape François, mais aussi parce qu’elle soutient sans ambigüité l’initiative épiscopale américaine et donc cette March for Marriage. Sans vouloir être trop critique, on me permettra toutefois d’exprimer ma surprise que les membres du collectif de la Manif pour Tous, où l’on me dit que les pieux catholiques sont fort nombreux, n’aient pas songé à solliciter des encouragements romains qu’ils auraient a coup sûr obtenus s’ils les avaient demandés. Serait-ce là encore un détestable effet de la décision voulue par ce collectif d’imposer une image “areligieuse” à des manifestations (24 mars, 13 janvier, 17 novembre) composées à plus de 90 % par des catholiques et des catholiques fiers de l’être ?

Voici donc ma traduction (non officielle) de la lettre de Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la Famille (vous pourrez lire l’original en anglais ici).

Pontificium Concilium Pro Familia

2013/317 – II/1

23 mars 2013-03-29

Excellences,

j’ai lu la lettre que vous avez envoyée le 25 février 2013 aux évêques des États-Unis relativement à la March for Marriage [Marche pour le Mariage] prévue le 26 mars à Washington D.C., et je suis très reconnaissant de votre témoignage sur la beauté et la valeur de la croyance et de la pratique catholiques voyant dans le mariage et la famille une ressource irremplaçable pour le bien de toute l’humanité.

Je suis convaincu que le soutien qu’accorde la Conférence des évêques catholiques des États-Unis [United States Conference of Catholic Bishops – USCCB] via le patronage de l’initiative de l’USCCB “Marriage : Unique for a Reason” constituera un facteur déterminant de son succès.

Il est aussi très encourageant de remarquer, selon la liste des soutiens à la Marche que j’ai vue, l’importante composante œcuménique religieuse de cette initiative dont l’objet est de faire prendre conscience à la population de l’importance des questions relatives au mariage dont la Cour suprême des États-Unis va débattre le jour de la Marche et par la suite, et d’encourager « à la prière, au témoignage et au sacrifice » relativement à ces questions.

Je pense aussi qu’il est important que cette Marche se déroule pendant la Semaine Sainte, car ce temps dans la vie de l’Église non seulement nous rend plus conscients du grand sacrifice que Jésus a consenti en offrant Sa vie pour nous, mais il révèle aussi comment Il l’a fait dans le contexte d’une relation qui se réfléchit dans la vie de chaque famille : l’amour obéissant du Fils pour son Père, l’amour prévoyant dans le plan du Père pour le salut qui amènera le Fils par ses souffrances à la gloire, la fidélité de l’amour maternel à l’instar de Marie au pied de la croix sur laquelle son Fils mourait, et l’amour protecteur, appris de saint Joseph, que Jésus a montré à sa mère quand, sur le point de mourir, il l’a confiée à saint Jean et lui a confié saint Jean, comme mère et fils.

Soyez assuré que le Conseil pontifical pour la Famille demeurera toujours prêt à vous aider ainsi que tous les évêques, dans votre annonce de l’Évangile aux familles qui ont été confiées à vos soins afin de les renforcer dans leur amour et leur engagement réciproque et à Jésus.

En vous promettant mes prières pour la fécondité de votre ministère et mes meilleurs vœux de saint et joyeux temps de Pâques

+ Vincenzo Paglia

président du Conseil pontifical pour la Famille

à S.E. Kevin C. Rhoades

évêque de Fort Wayne-South Bend

président de la Commission de l’USCCB pour le laïcat, la mariage, la vie familiale et la jeunesse

à S.E. Salvatore J. Cordileone

archevêque de San Francisco

président de la sous-Commission de l’USCCB pour la promotion et la défense du mariage

c.c.

S.Em. le cardinal Timothy Dolan, président de l’USCCB

S.E. l’archevêque Carlo Maria Viganò, nonce apostolique

S.E. l’archevêque Charles J. Chaput, O.F.M. Cap, archevêque de Philadelphie

Monseigneur Ronny E. Jenkins, secrétaire général de l’USCCB

 

Demain : Marche pour le Mariage à Washington D.C.
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Austin Ruse, président du Catholic Family & Human Rights Institute (C-Fam), consacre son éditorial du « Friday Fax » du 22 mars, à une réflexion sur la grande March for Marriage qui va sans doute rassembler une foule considérable à Washington D.C. demain (mardi 26 mars). C-Fam avait signalé avec enthousiasme la Manif pour Tous du 13 janvier dernier (voir ici). Voici le texte du Friday Fax.

nom_marriagemarch_logo-new-official-copyDe nombreux pays s’inspirent regardent vers les États-Unis pour s’inspirer de leur politique sociale. L’avortement à la demande aux États-Unis est l’un de ces exemples que certains pays continuent à suivre.

La dernière bataille en date dans le domaine social est la question du mariage.  Elle touche les États-Unis et bien d’autres pays du monde. Dès lors, tous les yeux se tournent vers les États Unis et en particulier vers sa Cour suprême, qui ouvre ses portes aux plaidoiries ce mardi 26 mars, à Washington.

Les partisans du mariage traditionnel se retrouveront à Washington ce mardi pour la première Marche pour le mariage, qui est organisée principalement par la National Organization for Marriage, mais qui rassemble plus d’une douzaine d’organisations venues de tous le pays (C-Fam, l’éditeur du Friday Fax, sponsorise la marche).

Les organisateurs attendent des foules. Des milliers de personnes se déplaceront pour écouter une douzaine d’intervenants comme le professeur Robert George de Princeton, Penny Nance, présidente de l’association Concerned Women for America, le pasteur protestant Bishop Harry Jackson, l’archevêque de San Francisco Mgr Salvatore Cordileone, le révérend Bill Owens, de la Coalition of African American Pastors (Coalition des pasteurs afro-américains), et bien d’autres.

Les organisateurs sont bien conscients de l’existence d’une campagne politique nationale mise en œuvre par les militants homosexuels. Cette campagne vise les neuf membres de la Cour Suprême, et en particulier le juge Anthony Kennedy, qui largement considéré comme un vote décisif à cheval entre les deux tendances conservatrices et libérales des autres juges.  Les organisateurs de la Marche espèrent que leurs efforts résonneront suffisamment pour être entendus par la cour, même s’ils comprennent que leurs adversaires les ont bien devancé dans leurs efforts.

Les organisations homosexuelles ont mené la bataille tambours battant, et leur voix résonne de plus en plus fort. Il semblerait que chaque jour, un événement advient pour que la presse puisse le communiquer au public. Un jour, cent membres du parti Républicain signent une tierce intervention devant la Cour en faveur du Mariage homosexuel. Un autre jour, l’acteur fameux, plutôt conservateur, Clint Eastwood annonce qu’il est favorable à un changement dans le droit. Encore un autre jour et c’est le Sénateur Rob Portman qui annonce qu’il a changé d’avis sur la question, suivi – même si cela est moins surprenant – d’Hillary Clinton,

Certains experts affirment que cette campagne nationale médiatique visant à influencer la Cour Suprême n’a pas son précédent dans l’histoire américaine.

Ce printemps, la Cour aura à se pencher sur deux questions. La première consiste à décider si les citoyens de Californie avaient le droit de redéfinir le mariage entre un homme et une femme par voie de référendum. La deuxième, savoir si le Defense of Marriage Act, législation passée par le Congrès fédéral et signée par le président Clinton, qui limite la définition du mariage à l’homme et la femme dans tout ce qui concerne les programmes de politique fédérale, est ou non constitutionnelle.

La Cour pourrait prendre une décision limitée à chaque cas d’espèce et renvoyer la décision finale aux États fédérés. Elle peut aussi forcer tous les Etats membres, dont les 41 États qui ont déjà décidé que le mariage concerne exclusivement l’homme et la femme, à adopter le mariage homosexuel.

L’exemple américain est si influent que si la Cour oblige les États à reconnaître le mariage homosexuel, on peut s’attendre à ce que le même phénomène s’étende à tous les pays du monde.

“La Manif pour Tous” à… Washington D.C.
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Je viens de recevoir quelques émouvantes et toniques photos prises hier vers l’heure du déjeuner de La Manif pour Tous des Français de Washington D.C. prises devant le Capitole. Enthousiasme, bonne humeur et couleurs règlementaires ! Ce petit groupe jeune et familial est l’avant-coureur de l’énorme manifestation de la première March for Marriage (qui s’est inspirée de l’exemple français du 13 janvier) qui va réunir dans la capitale fédérale des centaines de milliers de manifestants pour le mariage et contre ses révisionnistes.

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La Manif pour Tous à… Washington D.C.
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nom_marriagemarch_logo-new-official-copyOn vient de me signaler une bonne information ! Des représentants de La Manif pour Tous seront présents à Washington D.C. le 26 mars prochain pour le grand rassemblement de nos amis américains : la March for Marriage – dont l’idée leur a été inspirée, il est agréable de le signaler, par les succès des manifestations parisiennes pour la défense du mariage et contre les révisionnistes du mariage, et notamment de celle, énorme, du 23 janvier dernier. Le 23 mars, on aura droit à une photo des Français de Washington D.C. (et je suppose des environs : Virginie, Maryland…) devant la Bibliothèque du Congrès, puis le 26 mars les Français de La Manif pour Tous participeront la grande marche organisée par la National Organization for Marriage de notre ami Brian Brown… Nos amis français d’outre-Atlantique disposent d’une page facebook pour cet événement !

C-FAM : une « manifestation sans précédent » pour la défense du mariage
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Le Catholic Family & Human Rights Institute (C-FAM), présidé par Austin Ruse, dont le siège social est à Washington D.C. et le bureau à New York, est une organisation de “lobbying” visant notamment à infléchir le programme pro-avortement et anti famille de l’Organisation des Nations Unies. Comme beaucoup d’autres organisations et médias catholiques américains, le C-FAM a été enthousiasmé par le succès de la Manif pour Tous qui s’est déroulée le 13 janvier dernier à Paris, et signale un article du 16 janvier du blogue américain Turtle Bay and Beyond : « 1,3 million de participants (…) une participation écrasante dont le gigantisme a surpris même les prévisions les plus optimistes ». Une des collaboratrices du C-FAM, Wendy Wright, a posté hier un article intéressant sur le site du C-FAM, intitulé « Des homosexuels français se joignent à la manif pour tous », mettant l’accent sur l’engagement d’homosexuels à défendre le mariage traditionnel et donc leur opposition au projet de loi dit du « mariage pour tous ». Voici ce texte traduit en français par les soins du C-FAM.

NEW YORK, 18 janvier (C-FAM)  Il semblerait que près d’un million de personnes aient défilé a Paris dimanche dernier, ainsi que devant les Ambassades de France, contre la réforme visant à légaliser le mariage homosexuel. La surprise de la campagne française pour le mariage traditionnel: des homosexuels se sont joints aux efforts des militants pro famille.

« Les droits des enfants prévalent sur le droit à l’enfant », chantaient en cœur des manifestants, comme Jean-Marc, un maire français homosexuel.

Même dans une France connue pour sa politique de laissez-faire en ce qui concerne la sexualité, des responsables pro famille ont réussi à organiser une manifestation sans précédent quant au nombre de participants. Suite à l’annonce de novembre par François Hollande de son intention de légaliser le mariage homosexuel, une première manifestation avait déjà mobilisé 100 000 personnes. Cette amorce de débat sur les droits des homosexuels et sur le droit de l’enfant à un père et une mère explosait alors pour se métamorphoser en un événement national, incluant des alliés inattendus.

Xavier Bongibault, homosexuel et athée, est un important détracteur de la réforme. « En France, le mariage n’est pas conçu pour protéger l’amour entre deux personnes. Le mariage français est conçu pour donner des familles aux enfants », déclare-t-il dans une interview. « L’étude la plus sérieuse qui existe à l’heure actuelle… montre clairement qu’il n’est pas bon pour l’enfant d’être éduqué par deux parents du même sexe ».

Jean-Marc, qui vit avec le même homme depuis vingt ans, insiste : « Le mouvement GLBT qui s’exprime dans les médias… ne parle pas en mon nom. Notre société ne devrait pas encourager ça. Ce n’est pas biologiquement naturel. »

Révolté par le projet de loi, Jean-Dominique Bunel, 66 ans, spécialiste du droit international humanitaire ayant secouru bien des habitants dans des zones ébranlées par la guerre,  déclarait au Figaro : « J’ai été élevé par deux femmes ». Il confie au journal : J’ai également souffert du manque d’un père, une présence quotidienne, un caractère et un comportement proprement masculins, une altérité par rapport à ma mère et à sa compagne. J’en ai eu conscience très tôt. J’ai vécu cette absence de père comme une amputation.»  

« Lorsque j’ai appris que le gouvernement allait officialiser le mariage entre deux personnes du même sexe, j’ai été bouleversé », explique-t-il, par le fait qu’en ouvrant la porte du mariage, on « institutionnalis(e) ainsi un état qui m’avait tant perturbé. Il y a là une injustice que je ne peux supporter. » Et de conclure  que si ses deux mamans avaient été mariées légalement « je me serais lancé dans ce combat et j’aurais porté plainte contre l’État français devant la Cour européenne des droits de l’homme pour violation de mon droit à avoir un papa et une maman. »

Une coalition de citoyens pro famille qui rassemble aussi des homosexuels, c’est bien différent de ce qui existe aux États-Unis, et dans d’autres régions du monde. Il est difficile d’expliquer comment certains homosexuels français sont non seulement en faveur du mariage exclusivement réservés aux couples homme/femme, mais font aussi campagne contre la légalisation du mariage gay. On peut peut-être expliquer ce phénomène par le fait que la France a déjà permis une sorte d’union civile, le PACS, pour tous les couples il y a déjà plus de dix ans. Quelles qu’en soient les raisons, cette coalition puissante pourrait réussir à empêcher la réforme d’aboutir en France.

L’Assemblée nationale se penchera sur ce projet de loi le 29 janvier prochain.

Brian Brown enthousiasmé par la mobilisation à Paris pour la défense du mariage
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Vous savez désormais que Brian Brown, président catholique de la puissante association américaine National Organization for Marriage (NOM), était à Paris le week-end passé. Plus que surpris par les mobilisations parisiennes des 17 et 18 novembre dernier contre le projet de loi Taubira, il avait souhaité venir se rendre compte sur place de celles qui étaient annoncées pour le 13 janvier. Il est venu, il a vu… la vague de fond française, notamment dans la route de la « Manif pour tous » qui partait depuis la Porte Dauphine et la Porte Maillot (l’affluence des participants ayant contraint les organisateurs à dédoubler cette route…). Brian Brown a rencontré de nombreux acteurs du combat pour la défense du mariage traditionnel, dont plusieurs animateurs de Riposte Catholique… Dans la nuit du dimanche 13, il a rédigé un commentaire à chaud qu’il a diffusé par courriel aux adhérents de la NOM. En voici la traduction.

Mise à jour depuis la France : une rébellion pour le mariage !

Cher allié pour le mariage,

Je vous écrit depuis la France où une rébellion pour le mariage est en marche !

François Hollande, le Président français ultra progressiste, est arrivé au pouvoir en mai dernier en promettant entre autres choses de légaliser le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe.

Mais le peuple français n’en veut pas.

Vous savez, le peuple français sait au plus profond de lui-même que tout enfant a besoin d’un père et d’une mère. Et il est descendu dans la rue : par centaines de milliers.

Je suis fier d’avoir fait partie de ce moment historique en France. Voyez par vous-même.

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Le mouvement pour le mariage en France, est passionné, divers, inflexible et inspiré. Il est aussi calme, réfléchi et durable.

Ce fut la plus grande manifestation pour le mariage jusqu’à ce jour. Les estimations les plus basses chiffre la foule à plusieurs centaines de milliers.

Ils portaient des pancartes où l’on pouvait lire : « Un papa, une maman pour TOUS les enfants » [en français dans le texte]. Des enfants en tenaient qui disaient : « Made in papa + maman » [en “franco-anglais” dans le texte…].

J’ai été excité de faire partie de ce nouveau mouvement international de solidarité pour la défense du mariage, des enfants et de la famille.

Je vais bien sûr réfléchir davantage à tout cela dans mon vol de retour. Et je voudrais que vous m’aidiez à réfléchir sur des moyens plus créatifs pour proclamer nos positions sur le mariage avec passion et conviction… et dans l’espace public où nos concitoyens américains pourront constater notre ferveur et notre résolution.

J’ai hâte de rentrer dans mon bien-aimé pays.

Mais cela m’inspire d’avoir constaté que ceux d’entre nous en Amérique qui considèrent que l’institution du mariage a un caractère sacré, ont tant d’amis à l’étranger et dans le monde entier.

Comme je l’ai dit à la fin d’un discours la veille au soir devant un groupe de responsables français dans le combat pour la défense du mariage : « Vive le mariage ! Vive la France ! ».

Brian Brown était en effet samedi 12 janvier en fin d’après-midi l’invité d’honneur du Centre Charlier de Bernard Antony, où, avec l’amie Jeanne Smits, nous avons pu présenter aux participants Brian Brown dont le court et incisif discours fut chaleureusement accueilli et applaudi… Défenseurs du mariage, de la famille et de l’enfant à naître, de tous les pays, unissons-nous !

 

Défense du mariage : « The French Rebellion ! »
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Le président catholique de la puissante association américaine National Organisation for Marriage (NOM), Brian Brown, est à Paris ! Je peux aujourd’hui le révéler puisque lui-même le précise dans un courriel adressé hier au soir depuis notre capitale à tous ses adhérents. Et Brian Brown est enthousiaste des nombreux contacts qu’il a eus sur place et à la perspective de la grande mobilisation à laquelle on s’attend pour demain dimanche. Son compte rendu est intitulé : « The French Rebellion ! », la Rébellion française et non pas, bien sûr, la Révolution française… Il écrit en introduction à sa lettre d’information : « Une rébellion massive contre le mariage gay est en train de fermenter en France. J’y suis et je vous parlerai de première main de la manifestation qui se déroulera dimanche. À lire des informations aux États-Unis, vous pourriez croire que le mariage gay est inévitable ici [en France]. Comme partout ailleurs. C’est ce qu’ils disent toujours, pas vrai ? Recevons cet argument pour ce qu’il est : une tactique pour vous faire croire que vous êtes impuissants, et donc vous rendre résignés. Pour vous faire lâcher prise et vous soumettre à tout ce qu’ils ont programmé. Il n’y a que deux choses dont nous soyons sûrs quant à l’avenir : il n’est pas encore accompli et c’est Dieu qui est aux commandes. Mais être ici [en France] c’est constater que quelque chose d’extraordinaire est en train de s’y passer, quelque chose de totalement imprévu quand le Président français François Hollande a disposé de faire voter le mariage gay : une rébellion populaire massive ».

Les marches des 17 et 18 novembre dernier pour la défense du mariage traditionnel, avaient déjà surpris et enthousiasmé les Américains défenseurs du mariage traditionnel (voir ici). Qu’en sera-t-il après celle de demain ?

Le cardinal George appelle à contrer le “mariage” homosexuel
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Cardinal George resizeDans une lettre ouverte rendue publique hier, premier jour de l’an, et destinée à tous les catholiques de l’archidiocèse de Chicago (Illinois), le cardinal Francis George, archevêque, et ses six évêques auxiliaires invitent les catholiques de l’Illinois à faire pression sur les législateurs de l’État pour empêcher le vote d’une loi y légalisant le “mariage’ homosexuel. « Des lois civiles qui établissent un “mariage entre personnes de même sexe” créent une fiction légale. L’État n’a pas le pouvoir de créer quelque chose que la nature elle-même nous dit être impossible », lit-on dans cette lettre ouverte qui privilégie la défense de la loi naturelle à l’exposé des passages scripturaires habituellement évoqués dans la controverse. Le nouveau législateur de l’État, issu des élections de novembre dernier, a l’intention de proposer au vote du Sénat et de la Chambre de Représentants de l’État de l’Illinois, le passage d’une loi légalisant le “mariage” homosexuel, une loi que le gouverneur Démocrate et catholique de l’État, Pat Quinn, a déjà annoncé qu’il la signerait si elle était votée par le législateur : ce gouverneur a déjà agit en contradiction avec l’enseignement de l’Église, au grand mécontentement des évêques de l’Illinois. Personnalité politique Démocrate éminente de Chicago, le sénateur catholique Dick Dubin a lui aussi fait savoir qu’i voterait cette loi… Le cardinal George et ses auxiliaires invitent les catholiques à faire pression de toutes les manières possible sur leurs élus au Sénat et à la Chambre des Représentants de l’Illinois pour qu’ils n’approuvent pas cette loi quand elle se présentera à leurs votes. Une partie difficile à emporter par les catholiques orthodoxes dans un État marquée par le progressisme et la dissidence.

Les évêques américains soutiennent tous la cause en canonisation de Dorothy Day
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C’est à l’unanimité que les évêques américains, lors de leur assemblée plénière d’automne de Baltimore (Maryland), la semaine passée, ont soutenu le poursuite du procès en canonisation de Dorothy Day, un procès ouvert en 2000 par l’archevêque de New York, le cardinal John O’Connor, et résolument soutenu par son successeur aujourd’hui, le cardinal Timothy Dolan. « Elle est une sainte pour notre temps » a déclaré le cardinal Dolan : « Elle-même l’a reconnu la première : son immoralité sexuelle, sa quête religieuse, sa grossesse hors mariage, son recours à l’avortement. Mais sa vie, évidemment, comme Saül sur le chemin de Damas, a radicalement changé quand elle a connu le Christ et son Église ».

Dans un procès en canonisation, l’ordinaire du lieu quand il est archevêque doit consulter ses suffragants pour savoir s’il y a lieu de le poursuivre. Le cardinal Dolan l’a fait, mais il a souhaité aussi poser la question à tous ses confrères dans l’épiscopat réunis en assemblée plénière. Ils ont unanimement opiné pour qu’on poursuive le procès.

La servante de Dieu Dorothy Day et la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta

Dorothy Day fut une personnalité exceptionnelle sans son pays, pour l’Église aux États-Unis et pour l’Église universelle. Née à Brooklyn (New York) en 1897, sa famille partit pour la Californie où elle fut baptisée dans l’Église épiscopalienne (anglicane). La famille revint s’établir à Chicago dans l’Illinois puis Dorothy Day partit s’installer à New York pour travailler comme journaliste. Elle devint une ardente militante politique et sociale, une progressiste très active dans le mouvement pacifiste et le droit de vote des femmes, et fréquentaient les cercles littéraires et artistiques. Elle mena en ces années-là une vie morale et sexuelle désordonnée qui la mena à avorter d’un enfant conçu hors mariage et à tenter de se suicider. C’est la naissance de sa fille Tamar, en 1926, qui la mena à une profonde conversion et vers l’Église catholique. En 1932, la Providence lui fit rencontrer un Français expatrié aux États-Unis, Aristide Pierre (Peter) Maurin, un militant catholique. Sous son inspiration, ils fondèrent ensemble en 1933 le mensuel The Catholic Worker et le Catholic Worker Movement destiné à promouvoir et à appliquer la doctrine sociale de l’Église, puis des « maisons d’hospitalité » (House of Hospitality) pour les plus pauvres, les sans abris, les marginaux et les laissés-pour-compte de New York. En 1941, on comptait déjà plus d’une trentaine de ces communautés (plus de cent de nos jours). Passant chez certains pour “progressiste” voire “communiste” – elle déclara en substance : quand on nourrit les pauvres on est un saint, c’est quand on les affame qu’on est un communiste – Dorothy Day était en fait “distributiste” – cette application de la Doctrine sociale de l’Église promue par Chesterton et Belloc – et elle demeurera toute sa vie attachée à l’orthodoxie morale catholique. La servante de Dieu est décédée le 29 novembre 1980 à New York.

Un film a été tourné aux États-Unis en 1996 par Michael Ray Rhodes, racontant sa vie : Dorothy Day : Entertaining Angels : The Dorothy Day Story, dans lequel son personnage est incarnée par l’actrice Moira Kelly tandis que celui de Peter Maurin est joué par Martin Sheen. En voici la bande annonce…

 

 

Le HHS Mandate sera aboli au « Jour 1 » de la nouvelle administration, déclare Paul Ryan
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Samedi dernier, le député Républicain et catholique Paul Ryan, candidat à la vice Présidence des États-Unis, tenait une réunion électorale devant une foule de plus de 2 200 personnes réunies dans le stade de la University of Central Florida à Orlando (Floride). Certes, les promesses électorales, de ce côté-ci de l’Atlantique qui est le nôtre, n’engagent que ceux qui y croient, mais le candidat Ryan s’est engagé formellement devant cette foule : le HHS Mandate, qui contraint les employeurs, et notamment les employeurs catholiques, à inclure dans les contrats d’assurance santé obligatoires pour leurs employés, le remboursement de la contraception, de la stérilisation et des pilules abortives sous peine de lourdes amendes, un décret fédéral contre lequel lutte l’Église catholique et que Ryan considère comme une « attaque contre la liberté religieuse », sera aboli le premier jour de la prise de fonction de la nouvelle Présidence (c’est-à-dire en janvier 2013). Encore faut-il que Romney et Ryan soient élus… Il sera, en outre, intéressant de suivre le débat public qui va opposer le 11 octobre prochain, le vice Président sortant Joe Beiden et le candidat à la vice Présidence Paul Ryan, tous deux catholiques mais ayant des conceptions diamétralement opposées sur la doctrine sociale de l’Église et son application concrète en terme de programme politique…

CatholicVote argumente en faveur d’un vote catholique pour Romney le 6 novembre
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CatholicVote.org qui, après avoir soutenu la candidature du catholique Rick Santorum lors des primaires du Parti Républicain, a rejoint le camp des soutiens à Mitt Romney, d’abord avec une certaine résignation puis avec un enthousiasme certain depuis la nomination du catholique Paul Ryan comme colistier du candidat du Parti Républicain, vient de publier à l’intention des électeurs catholiques, un argumentaire indiquant, pour cinq points que l’organisation juge fondamentales pour éclairer le choix électoral des catholiques lors de la présidentielle du 6 novembre prochain, les positions respectives d’Obama, candidat à sa réélection, et de Romney. La conclusion de CatholicVote.org est sans ambigüité : les catholiques doivent voter pour Romney. À l’appui de cette affirmation, il est indéniable qu’en matière de protection de l’enfant à naître, de la défense du mariage traditionnel et de la liberté religieuse (entendue à l’américaine…), le choix devrait être vite fit pour un catholique sérieux – mais il n’y a pas que des catholiques sérieux qui voteront… Ce n’est pas, évidemment, un tableau comparatif sur l’ensemble des points non négociables, mais l’argumentaire de l’organisation est assez convaincant. Enfin, c’est mon opinion ; je vous laisse juge de la vôtre. Voici donc l’affichette que diffuse CatholicVote.org, suivie de la traduction en français du texte que vous y pourrez lire…

 

« 1. Avortement.

Obama : soutient l’avortement généralisé dans tous les cas, sans restrictions, y compris l’avortement par naissance partielle.

Romney : opposé à l’arrêt Roe vs Wade ; mettra fin à tout financement fédéral de Planned Parenthood et de l’avortement.

2. “Mariage” homosexuel.

Obama : soutient la redéfinition du mariage ; a ordonné au ministre de la Justice de ne plus défendre le Defense of Marriage Act [DOMA, définissant le mariage comme l’union légale d’un homme et d’une femme ; loi votée par le Congrès, signée et promulguée par Bill Clinton en 1996].

Romney : soutient le mariage traditionnel, le DOMA et le Federal Marriage Amendment [projet d’Amendement visant à inclure dans la Constitution la définition du mariage comme union légale entre un homme et une femme – Tout Amendement constitutionnel doit être voté par les 2/3 des deux Chambres du Congrès].

3. Liberté religieuse

Obama : soutient le HHS Mandate [décret du Président] obligeant les croyant à violer leur conscience.

Romney : s’engage à abolir le HHS Mandate et à respecter le Premier Amendement.

4. Liberté du choix de l’école.

Obama : favorable au contrôle fédéral de l’enseignement dans le primaire [K-8], opposé au libre choix de l’école ; l’Obamacare prévoit des amendes pour les écoles catholiques [qui ne se plieraient pas, par exemple, au HHS Mandate].

Romney : favorable au renforcement du pouvoir des États pour définir la politique d’éducation, et soutient fermement le libre choix de l’école.

5. Subsidiarité.

Obama : promeut la prise de contrôle fédéral de sécurité sociale, de l’industrie automobile, du système de prêt aux étudiants, etc.

Romney : soutient la liberté des gens, la libre entreprise, la liberté d’association et respecte l’autonomie de société civile. »

 

La prière de bénédiction du cardinal Dolan à la Convention Républicaine
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Le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York et président de la Conférence épiscopale des États-Unis a donc prononcé la prière de bénédiction finale le 30 août, dernier jour de la Convention nationale Républicaine de Tampa (Floride) qui a, sans surprise, élu Mitt Romney et Paul Ryan comme candidats respectifs à la Présidence et à la vice Présidence des États-Unis. Le cardinal a réaffirmé le principe de la défense de la vie, de la conception à la mort naturel, celui de la défense de la liberté religieuse, mais aussi le principe de l’option préférentielle pour les pauvres, qui tous doivent guider les dirigeants qui veulent chercher le bien commun. À noter que la phrase qui apparaît en italique dans cette prière que j’ai traduite pour vous, est une paraphrase d’un extrait du célèbre sonnet The New Colossus (Le nouveau Colosse) écrit en 1883 par l’Américaine Emma Lazarus, et qui figure sur une plaque apposé sur le piédestal de la Statue de la Liberté : « Give me your tired, your poor, Your huddled masses yearning to breathe free ». À noter encore que la version de cette prière de bénédiction qui a été publiée sur le blogue du cardinal est incomplète. J’ai donc choisi de traduire la version intégrale prononcée telle qu’elle a été fidèlement transcrite. Cette traduction est précédée de l’enregistrement vidéo intégral de cet événement, qui vous permettra de “prendre le pouls” de la Convention et de l’accueil qui a été fait au cardinal Dolan. Je ferai de même quand le cardinal prononcera dans quelques jours la prière de bénédiction à la Convention nationale Démocrate

 

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Avec une ferme confiance dans la protection de la Providence divine, prions. [Le cardinal trace sur lui le signe de croix]

Dieu tout-puissant, Père d’Abraham, d’Isaac, de Jacob et de Jésus, nous implorons vos bénédictions continues sur ce sanctuaire de la liberté et sur tous ceux qui fièrement qualifient l’Amérique de leur foyer. Nous demandons votre bénédiction sur ceux qui vont naître et sur ceux qui sont proches du moment de Vous voir après cette vie terrestre. Bénissez ces familles dont les ancêtres sont arrivés sur ces rivages voici des générations, ainsi que ces familles tout récemment arrivées pour tisser leurs vies dans la riche tapisserie de l’Amérique.

Nos confions à vos soins affectueux ceux qui ont été affectés par les tempêtes, sécheresses et incendies récents. Nous vous demandons la grâce de manifester notre solidarité avec tous ceux qui souffrent. Puissions-nous lutter pour tenir compte de Vos épuisés, de Vos pauvres, qui en rangs serrés ont un ardent désir à respirer l’air de la liberté dans la création et la prospérité d’un peuple objet de tant de bénédictions.

Ô Dieu de sagesse, de justice et de puissance, nous Vous demandons de guider ceux qui nous gouvernent, le Président, le vice Président, le Congrès, la Cour suprême et tous ceux qui cherchent le bien commun en sollicitant des mandats électifs, et tout spécialement le gouverneur Mitt Romney et le député Paul Ryan. Faites qu’ils soient parfaitement dignes de Vous servir en servant notre pays. Et aidez-les à se souvenir que le seul gouvernement juste est le gouvernement qui est au service de ses citoyens et non à son propre service.

Dieu tout-puissant, Vous qui nous offrez le don sacré et inaliénable de la vie, nous Vous remercions aussi pour ce don singulier de la liberté. Renouvelez dans tout notre peuple le respect de la liberté religieuse, et faites que se réalise pleinement cette liberté première et la plus chérie. Faites que nous soyons vraiment libres en liant la liberté à la vérité et en ordonnant la liberté à ce qui est bien. Aidez-nous à vivre notre liberté dans l’a foi, l’espérance et l’amour – avec prudence et justice –, courageusement et dans un esprit de mesure.

Allumez dans nos cœurs un nouveau sens de la responsabilité pour la cause de la liberté, et faites que nous éprouvions toujours plus de gratitude pour tous ceux qui depuis plus de deux siècles ont donné leur vie pour la défense de la liberté. Nous recommandons leurs nobles âmes à Vos soins éternels comme dès à présent nous implorons que Votre main puissante protège nos chers hommes et femmes qui portent l’uniforme.

Puissions-nous connaître Votre Création, respecter les lois de la nature et de la nature de Dieu, afin que nous ne cherchions par à les remplacer par des idoles de notre fabrication. Accordez-nous le bon sens de ne pas rejeter les frontières d’une vie vertueuse que vous avez gravées dans nos cœurs avant de la graver sur des tables de pierre. Puissiez-vous réparer tous nos défauts en gardant la maîtrise de notre âme et la liberté dans nos lois.

Nous prions pour tous ceux qui cherchent un travail honnête et nous Vous remercions pour l’esprit de générosité envers tous ceux qui sont dans le besoin, esprit de générosité dont Vous avez si richement doté cette nation.

Nous implorons votre bénédiction sur tous ceux qui vont quitter ce soir ce lieu et sur tous ceux qui partout cherchent à vivre dans la liberté.

Et par dessus tout, Dieu tout-puissant, nous Vous rendons grâce pour ce grand don qu’est notre pays bien-aimé, car nous sommes vraiment une nation, sous Dieu, un Dieu en qui nous avons confiance.

Dieu bien aimé, bénissez l’Amérique, Vous qui vivez et régnez pour les siècles des siècles. Amen.

© Riposte Catholique pour la traduction

 

Le cardinal Dolan donnera la « prière de bénédiction » à la Convention nationale du Parti Républicain
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La Convention nationale du Parti Républicain qui, vraisemblablement, ratifiera le choix de Mitt Romney et Paul Ryan comme candidats respectifs du GOP à la Présidence et à la vice Présidence des États-Unis, se réunira à Tempa (Floride) à partir de lundi prochain et jusqu’au 30 août. Si, toutefois, la tempête tropicale Isaac ne s’approche pas des côtes de la Floride pendant ces jours, ce qui pourrait avoir pour effet de suspendre la Convention voire de la repousser…

La nouvelle d’intérêt, révélée hier par Associated Press, c’est l’annonce que le cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York et président de la Conférence épiscopale des États-Unis, prononcera la « prière de bénédiction » à cette Convention la nuit même où Mitt Romney devrait accepter sa nomination… Le candidat mormon l’a confirmé dans un entretien accordé à Raymond Arroyo et qui sera diffusé aujourd’hui sur Eternal Word Television Network (EWTN), et la participation du cardinal a également été confirmée par son porte-parole Joseph Zwilling, ce dernier précisant par ailleurs qu’il ne s’agissait pas d’un « soutien » du cardinal à la candidature Romney et que l’archevêque de New York avait fait préalablement savoir au Parti Républicain comme au Parti Démocrate « qu’il accepterait, s’il y était invité, de dire une prière à leurs conventions ». N’empêche…

 

Pour l’archevêque Aquila, Paul Ryan ne s’oppose pas à la doctrine sociale de l’Église
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Second prélat américain à tenter de remettre un peu de bon sens dans le débat public depuis le choix de Paul Ryan par Mitt Romney, le nouvel archevêque de Denver (Colorado), Mgr Samuel Aquila a donné à Catholic New Agency le 20 août, un article très intéressant intitulé « Pour défendre la responsabilité chrétienne ». Sans apporter son soutien partisan, évidemment, à Paul Ryan, Mgr Aquila recadre le débat mais il n’hésite toutefois pas à soutenir que « les affirmations selon lesquelles le projet de Paul Ryan s’oppose fondamentalement aux enseignements sociaux de l’Église, sont sans fondement et déraisonnables ». Voici les principaux extraits de ce texte qui est, certes, d’importance pour éclairer les consciences des catholiques américains, mais qui l’est aussi pour nous Français catholiques.

La responsabilité chrétienne – parfois exprimée comme bonne intendance – c’est la pratique d’opérer des jugements prudentiels et délicats. C’est de reconnaître que nous ne pouvons pas donner tout ce que nous voudrions, que nous ne pouvons pas dépenser plus que ce que nous avons et que nous ne pouvons pas emprunter ce que nous ne pouvons pas rembourser.

La bonne intendance chrétienne a le soin des pauvres en planifiant avec prudence, en dépensant avec responsabilité de ce qui est dans le domaine du possible (…).

La responsabilité est une vertu, et elle est aussi une obligation morale pour les adultes sensés. La responsabilité est aussi une obligation morale des gouvernements. Dans son livre de 2010 Lumière du monde, le pape Benoît XVI réprimande les gouvernements occidentaux qui « vivent aux dépens des générations futures ». Concernant la dette, il écrit : « Nous vivons dans le mensonge ».

(…) Le candidat Mitt Romney a choisi le député Paul Ryan pour être son colistier. Ryan est un catholique et un conservateur fiscal. Au cours des mois qui viennent de s’écouler, il a été l’objet d’une critique considérable pour ses idées politiques. Son projet fiscal a été vertement condamné comme étant, d’une certaine manière, anticatholique – et même par quelques évêques catholiques. Au cœur de cette attaque repose l’idée que Ryan est sans compassion pour les pauvres.

Les projets fiscaux de Ryan réduiraient considérablement certains programmes [d’aide] aux matériellement pauvres. Cela toucherait gravement de nombreux Américains. Mais Ryan affirme que ses projets sont enracinés dans le sens chrétien de la responsabilité. Considérant l’avenir, soutient Ryan, sa préoccupation est pour l’intérêt à long terme des pauvres d’Amérique, ce qui exige des sacrifices pour le présent.

Je ne suis pas un expert politique. J’ignore si les projets fiscaux sont de bons projets pour l’Amérique présente et pour celle du futur. Je ne peux ni ne veux le soutenir ou soutenir un quelconque candidat. Mais les affirmations selon lesquelles le projet de Paul Ryan s’oppose fondamentalement aux enseignements sociaux de l’Église sont sans fondement et déraisonnables. Certaines critiques sont si insidieuses qu’on se demande si ces critiques ont vraiment lu les projets de Ryan.

Pour les catholiques, il y a un certain nombre de questions sociales dont les réponses sont fermes et définitives. Les catholiques doivent reconnaître la dignité de l’enfant à naître, et que le meurtre légalisé est une injustice. Les catholiques doivent reconnaître la dignité de la sexualité humaine et l’immuabilité du mariage entre un homme et une femme. Les catholiques doivent reconnaître l’option préférentielle, l’amour du Seigneur pour les pauvres. Ces questions doivent informer les décisions que les dirigeants [politiques] catholiques prennent lorsqu’ils proposent ou défendent des politiques.

Hors ces principes non négociables, il y a place pour un débat considérable sur des choix ou des initiatives politiques particulières (…).

Nous devrions avoir un débat sérieux pour savoir si les projets de Paul Ryan – et ceux de ses adversaires politiques – servent notre but national. Nous devrions discuter sérieusement pour savoir si ces projets utilisent de justes moyens. Mais nous devrions aussi discuter pour savoir si ses projets et ceux de ses adversaires, constituent une intendance prudente des ressources dont nous disposons.

Paul Ryan est préoccupé par la banqueroute prochaine de l’Amérique, et que nous devons par conséquent faire des choix drastiques. S’il a raison, et que nous ignorons son avertissement parce que ses conséquences apparaissent comme dépourvues compassion, nos affections sentimentales risquent de constituer un handicap pour ceux que le Seigneur aime le plus : nos enfants.

 

L’évêque Robert Morlino sur Paul Ryan
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Sous le titre « Subsidiarité, solidarité et mission du laïc », Mgr Robert Morlino, évêque de Madison (Wisconsin), a consacré son éditorial paru hier à midi (heure locale) dans The Catholic Herald, l’organe officiel du diocèse, à rappeler, en prenant de la hauteur, sa position sur le député catholique Paul Ryan qui a été choisi samedi dernier par Mitt Romney pour être son colistier. Je n’ignore pas qu’en qualité de principal auteur du projet de budget de la Chambre des Représentants des États-Unis, Paul Ryan a été violemment attaqué par certains secteurs catholiques et même par des évêques américains sur sa politique budgétaire. Tout cela m’est bien connu et est bien connu des lecteurs réguliers de ce blogue – je ne parle pas des visiteurs occasionnels, dilettantes et controuveurs qui croient toujours en savoir plus sans jamais s’être donné la peine de travailler les dossier : j’en ai récemment remis un à sa place. Bien sûr, les critiques de catholiques “progressistes” ont été pourfendues par d’autres catholiques plus “conservateurs”, et les évêques hâtivement critiques ont été à leur tour critiqué par d’autres évêques qui ont publiquement regretté les préjugés de leurs confrères dans l’épiscopat. Tout cela vient, en fait, d’un schéma inventé par le progressisme et qui est devenue un fil du temps une idée reçue et rarement discutée : les Républicains – la “Droite” – sont les amis des riches et les ennemis des pauvres, tandis que les Démocrates – la “Gauche” – seraient les amis des pauvres et les ennemis des riches. Ce simplisme éculé à la vie dure… Mgr Morlino a donc pris la peine d’expliquer un certains nombre d’évidences dans cet éditorial, avec un droit d’autant plus évident qu’il est lui l’évêque diocésain de Paul Ryan, qu’il le connaît personnellement et que le député s’entretient régulièrement avec son évêque… Ecoutons donc de qu’il a à nous dire – car ce qu’il dit intéresse évidemment au premier chef les Américains et plus particulièrement les baptisés catholiques qui ont le devoir de se forger un jugement correct en matière politique et électorale, mais aussi les catholiques français qui, bien que placés dans un autre contexte, doivent affronter des problèmes similaires voire identiques. Voici donc ma traduction de ce très intéressant éditorial.

Chers amis,

je n’ai pas été du tout choqué d’apprendre que notre fils né dans ce diocèse, Paul Ryan, avait été choisi pour être le candidat à la vice Présidence des États-Unis. Je suis fier de ses réussites comme fils né ici et frère dans la foi, et mes prières lui sont acquises ainsi qu’à sa famille qui doit supporter les incroyables exigences d’une campagne présidentielle [comme elle se déroule] ici aux États-Unis. Il ne revient pas à un évêque ou à des prêtres de soutenir des candidats particuliers ou des partis politiques. Tout effort d’un évêque ou de prêtres visant à le faire devrait être ignoré. Et vous pouvez être assurés qu’aucun prêtre qui soutiendrait un programme partisan ne pourrait dire agir en union avec moi ou avec l’Église universelle.

Le Pape Benoît XVI et Mgr Robert Morlino (lors de la visite ad limina de février 2012)

Le rôle des évêques et des prêtres est d’enseigner les principes de notre foi, de telle sorte que ceux qui sollicitent des mandats électifs, s’ils sont catholiques, ont le devoir de former leur conscience selon ces principes dans toutes les questions politiques particulières.

Toutefois, la formation de la conscience pour ce qui est des questions politiques particulières dépend de la manière dont nous estimons fondamentales l’écologie de la nature humaine ou la foi catholique sur un problème particulier. Voici quelques uns des plus fondamentaux problèmes pour la formation de la conscience : le caractère sacré de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, le mariage, la liberté religieuse et la liberté de conscience, et le droit à la propriété privée.

Leurs violations induit un mal intrinsèque, c’est-à-dire un mal qui ne saurait jamais être justifié d’aucune manière. Ces maux sont exemplaires de la pollution directe de l’écologie de la nature humaine et peuvent être discernés comme tels par le seul usage de la raison humaine. Ainsi, toutes les personnes de bonne volonté qui souhaite suivre la raison humaine devraient déplorer toutes et chacune des violations dans les domaines précités, sans exception. Les violations seront : l’avortement, l’euthanasie, le suicide médicalement assisté, le mariage entre homosexuels, le laïcisme imposé par l’État et le socialisme.

Là où le mal intrinsèque n’est pas impliqué.

Dans ces questions des plus fondamentales, une conscience catholique convenablement formée, ou la conscience convenablement formée d’une personne de bonne volonté, suivra tout simplement les conclusions exigées par l’écologie de la nature humaine et le processus de raisonnement. Une conscience catholique ne peut jamais s’offenser de la prohibition d’actions qui sont intrinsèquement mauvaises. Une conscience bien formée par la raison ou la foi catholique ne pourra pas davantage voter pour quelqu’un qui clairement, systématiquement et avec persistance promeut ce qui est intrinsèquement mauvais.

Toutefois, une conscience bien formée conformément à la raison ou à la foi catholique, doit aussi faire des choix dans lesquels le mal intrinsèque n’est pas impliqué. Comment prendre au mieux soin des pauvres est probablement le meilleur exemple actuel  sur cette question, bien qu’un autre pourrait être comment s’y prendre au mieux pour créer des emplois en un temps où ils sont si nombreux ceux qui souffrent des ravages du sous-emploi. Dans des questions comme celles-là, là où le mal intrinsèque n’est pas impliqué, les principes rationnels de subsidiarité et de solidarité entrent en jeu. Le principe de solidarité, exprimé succinctement, signifie que chaque être humain sur la surface de la terre est mon frère et ma sœur, mon “prochain” au sens biblique. En même temps, la meilleure manière, éprouvée par le temps, d’aider nos prochains dans le monde entier serait de suivre le principe de subsidiarité. Cela veut dire que le problème qu’on a sous la main devrait être traité au plus bas niveau possible, c’est-à-dire au niveau le plus proche des gens dans le besoin. Cela, encore une fois, est simplement la loi de la raison humaine.

Paul Ryan : un vice Président attaché à la doctrine sociale de l’Église et à la défense de la vie
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Le député du Wisconsin Paul Ryan a donc été désigné officiellement avant-hier comme colistier de Mitt Romney, candidat du Parti Républicain pour la Maison Blanche.

C’est sans doute une grande première dans l’histoire des élections présidentielles aux États-Unis. Quel que soit le vainqueur des urnes en novembre prochain, le vice Président des États-Unis sera un catholique ! Si Mitt Romney est élu, le catholique Paul Ryan sera le vice Président. Si Obama repique pour un second mandat, le catholique Joe Biden sera le vice Président… Toutefois, et il faut s’empresser de le préciser, le catholicisme de Joe Biden et de Paul Ryan n’est pas de même nature…

Joe Biden est un catholique “du dimanche”, les autres jours de la semaine, la doctrine qu’il tient et qu’il proclame est fort éloignée des enseignements de l’Église, et, pour tout dire, elle leur est diamétralement opposée. “Caution catholique” d’Obama, le vice Président Biden est la parfaite illustration – dont les exemples abondent aussi en France – de ce catholicisme d’apparence qui a rangé dans un tiroir fermé à clé les points non négociables…

Chez Paul Ryan, il en va tout autrement. D’abord parce qu’il prend très au sérieux la doctrine sociale de l’Église et qu’il est indubitable qu’elle circule comme une sève dans les fonctions parlementaires qu’il assume depuis l’âge de 28 ans ! Certes, son projet de budget a été violemment critiqué non pas par l’épiscopat américain, comme j’ai pu le lire parfois, mais par la très progressiste Commission sur la justice et le développement humain de la Conférence épiscopale, une critique à son tour éreintée sévèrement par plusieurs évêques lors de la dernière assemblée plénière de l’épiscopat, puis postérieurement par le propre évêque diocésain de Ryan, Mgr Robert Morlino de Madison (Wisconsin). On lira encore, pour se convaincre de l’inanité sonore de la Commission épiscopale, la très bonne analyse de Patrick Archbold parue avant-hier sur le site du National Catholic Register : « Sur le budget de Ryan les évêques ont tout faux » – et Paul Ryan a tout bon !

Mais ce qui distingue encore et fondamentalement Ryan de Biden, c’est son combat pour la défense de la vie. Depuis sa nomination hier, les messages de soutien des organisations pro-vie américaines ne cessent de tomber, comme celui de Wisconsin Right to Life dont Ryan a été fréquemment l’orateur de ses rassemblements : « Nous espérons poursuivre à l’avenir nos relations d’amitié de collaboration avec le député Paul Ryan quand il sera le vice Président des États-Unis. Sa vision, ses principes, son intégrité et son dévouement sincère aux valeurs de la vie serviront notre grand pays de la manière la plus éminente possible ». L’association a raison : Ryan est 100 % pro-vie. Mais il est aussi 100 % pour le mariage traditionnel, 100 % pour la liberté religieuse, 100 % pour la liberté scolaire.

Dans son combat pour le respect de la vie, signalons que le député du Wisconsin a été un des cosignataires du No Taxpayer Funding for Abortion Act (projet de loi Pas d’argent des contribuables pour financer l’avortement), qu’il s’est opposé à l’ObamaCare et a voté l’amendement interdisant tout financement fédéral de l’avortement prévu dans cette loi, qu’il a voté l’Abortion Pain Bild et le Child Interstate Abortion Notification Act, qu’il a voté contre  la loi sur l’avortement par naissance partielle, qu’il a voté en 2007 contre l’autorisation d’utiliser des lignées de cellules souche d’embryons avortés pour la recherche, mais pour la recherche à partir de cellules souches ne provenant d’embryons avortés (la seule qui a donné jusqu’à présent des résultats thérapeutiques), etc.

Le député Paul Ryan a voté pour la proposition d’amendement constitutionnel visant à définir le mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, il a voté pour l’introduction du chèque scolaire pour le district de Washington (les Républicains catholiques sont pour le chèque scolaire comme je vous l’ai signalé récemment avec mon dernier papier sur le gouverneur Bobby Jindal), il a voté le Religious Liberty Protection Act de 1999, et s’est opposé fermement au HHS Mandate du gouvernement Obama, ce décret liberticide face auquel les évêques américains, sans aucune exception, font front commun.

Le choix de Ryan par Romney va, de toute évidence, donner un coup d’accélérateur à sa campagne qui s’essoufflait – les derniers sondages montrent Romney ramant derrière Obama – et va la tirer, enfin !, vers le haut… C’est un tournant dans la campagne. Peut-être le tournant…

Pour l’histoire et ci-dessous en deux parties, le discours d’acceptation de Paul Ryan devant le USS Wisconsin

 

Le vibrant (et rare…) hommage du Saint-Siège aux Chevaliers de Colomb
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Carl Anderson, patron des Chevaliers de Colomb

 

Aujourd’hui s’achève à Anaheim en Californie, la 130ème Convention Suprême des Chevaliers de Colomb (Knights of Columbus), cette puissante association d’entraide et de charité catholique américaine forte de 1,8 millions de membres et qui a, l’an passé, offert pour 158 millions de $ de dons et plus de 70 millions d’heures de volontariat à des œuvres charitables. L’association possède également une société d’assurances des plus prospères (8 milliards de $ de C.A. en 2011). Les Chevaliers de Colomb, très puissants aux États-Unis possèdent également de nombreuses ramifications à l’étranger et leur influence est grandissante au Saint-Siège. Le Chevalier Suprême, Carl Anderson, est persona gratissima au Vatican et s’il est aujourd’hui un des trois administrateurs laïcs de l’Institut pour les Œuvres de Religion (I.O.R., la “banque du Vatican”), des rumeurs romaines le voient assez bien président de cet Institut dont il a contribué à la démission de l’ancien président, Ettore Gotti Tedeschi, en lui portant, semble-t-il, l’estocade finale – à la suggestion, ou en tout cas à la satisfaction, du secrétaire d’État, le cardinal Tarcisio Bertone. Si l’on doute encore des relations très étroites tissées au fil des années entre le secrétaire d’État et le patron des Chevaliers de Colomb, il suffira de lire ci-dessous la lettre de vibrant hommage que le premier a adressée, au nom de Benoît XVI, au second dès le 19 juillet dernier en prévision de la tenue de cette Convention Suprême. Cette lettre d’un très grand intérêt, aborde toute une série de thèmes d’actualité et notamment ceux qui sont liés à la défense de la liberté religieuse aux États-Unis, à laquelle les Chevaliers de Colomb apportent une aide insigne et puissante. Je vous invite à lire avec attention ce message qui s’adresse aussi indirectement à nous fidèles laïcs de France…

Cher Monsieur Anderson,

Sa Sainteté le pape Benoît XVI a été heureuse d’apprendre que du 7 au 9 août se tiendrait à Anaheim, Californie, la 130ème Convention Suprême des Chevaliers de Colomb. Il m’a demandé de transmettre aux participants ses chaleureuses félicitations et l’assurance de sa proximité dans la prière.

Le thème de la Convention Suprême de cette année – Proclamez la liberté dans tout le pays – évoque non seulement les grands idéaux bibliques de liberté et de justice qui ont façonné la fondation des États-Unis d’Amérique, mais aussi la responsabilité de chaque génération nouvelle de protéger, de défendre et de faire avancer ses grands idéaux en son propre temps.

En un temps où des efforts concertés sont en cours pour redéfinir et restreindre l’exercice du droit à la liberté religieuse, les Chevaliers de Colomb œuvrent sans relâche pour aider la communauté catholique à identifier et à réagir à la gravité sans précédent de ces nouvelles menaces contre la liberté de l’Église et son témoignage moral public.

En défendant le droit de tous les croyants, à la fois comme citoyens particuliers et au sein de leurs institutions, en œuvrant de manière responsable à façonner une société démocratique qui s’inspire de ses plus profondes croyances, valeurs et aspirations, votre Ordre a été à la hauteur des principes élevés, religieux et patriotiques, qui ont inspiré sa fondation.

Les défis de l’heure actuelle sont en fait encore un autre rappel de l’importance décisive du laïcat catholique pour faire progresser la mission de l’Église dans le contexte social d’aujourd’hui qui change si rapidement. Les Chevaliers de Colomb fondés comme société fraternelle dédiée à l’assistance mutuelle et à la fidélité à l’Église, fut une pionnière dans le développement de l’apostolat laïc contemporain.

Sa Sainteté est confiante que la Convention Suprême saura transmettre cet héritage insigne en fournissant inspiration profonde, conseil et orientation à la nouvelle génération de fidèles et dévoués laïcs catholiques. Comme Elle l’a déclaré aux évêques des États-Unis au début de cette année, les exigences de la nouvelle évangélisation et de la défense de la liberté de l’Église de nous jours, demandent « un laïcat catholique engagé, délié et bien formé, et doté d’un fort sens critique vis-à-vis de la culture dominante, et ayant le courage de contrer le sécularisme réducteur qui voudrait délégitimer la participation de l’Église au débat public sur les questions qui détermineront le futur de la société américaine » (allocution lors de la visite Ad Limina, le 19 janvier 2012).

En raison de l’urgence de cette nécessité, le Saint Père encourage le Conseil Suprême en union avec chaque Conseil local à renforcer les programmes dignes de louange de formation continue catéchétique et spirituelle qui sont depuis longtemps la marque propre de votre Ordre. Chaque chevalier, en fidélité aux promesses de son baptême est engagé à porter un témoignage quotidien, toutefois d’une manière paisible et modeste, de son amour pour l’Église et de son engagement à étendre le Royaume de Dieu en ce monde.

Le prochain lancement de l’Année de la Foi, qui commémorera le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile de Vatican II, a pour objet d’approfondir le sens de la responsabilité ecclésiale et de la mission de tout le Peuple de Dieu. Sa Sainteté prie pour que la célébration de cette Année de renouveau spirituel et apostolique, inspire chez les Chevaliers une résolution encore plus ferme de professer leur foi baptismale dans son intégralité, de la célébrer avec plus d’intensité dans la liturgie, et de la rendre manifeste dans le témoignage de leurs vies (cf. Porta Fidei, n. 9)

D’une manière toute particulière, Sa Sainteté m’a demandé de vous transmettre sa profonde gratitude personnelle pour le bouquet spirituel de prières et de sacrifices que les Chevaliers de Colomb et leurs familles ont offert à ses intentions au cours de cette année qui marque le trente-cinquième anniversaire de son ordination épiscopale.

Elle voit avec plaisir dans cet acte de solidarité spirituelle non seulement un témoignage exceptionnel de fidélité au Successeur de saint Pierre qui est un « un principe et un fondement perpétuels et visibles d’unité de la foi et de communion » (cf. Lumen Gentium, n. 18), mais aussi un signe spécial de fidélité, de loyauté et de soutien dans cette période difficile.

C’est dans ces sentiments que le Saint Père confie les délibérations de la Convention Suprême à l’intercession aimante de Marie, Mère de l’Église. À tous les Chevaliers et à leurs familles il accorde de grand cœur sa bénédiction apostolique en gage de joie et de paix dans le Seigneur.

Ajoutant mes propres bons et fervents vœux pour les travaux de la Convention Suprême, je demeure, très sincèrement vôtre,

Tacisio cardinal Bertone

Secrétaire d’État.

Du Vatican, le 19 juillet 2012.

© Riposte Catholique pour la traduction.

Archevêque Chaput : pour la liberté religieuse les évêques « ont fait la bonne chose au bon moment »
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Quand j’étais un tout petite garçons, voilà un bon paquets de lustres, un fabricant de batteries électriques domestiques commercialisées sous la marque Wonder, avait sorti une pile plate destinée à des boîtiers de lampes électriques du même industriel. Mes deux grands frères m’avaient enseigné qu’en mettant concomitamment les deux languettes métalliques – dont j’apprendrai beaucoup plus tard que l’une constitue un pôle positif et l’autre le négatif – sur la langue on ressentait, sans risque d’électrocution, un picotement assez drôle. Passant du cours théorique à l’expérience pratique, je m’appliquai à vérifier par moi-même le postulat. En effet, ça piquait mais dire que c’était drôle… Cela ne remplacerait jamais, pensai-je, le chouette effet astringent des sachet de Mistral qu’on aspirait avec une paille en réglisse. Ce fut, je crois, la première et la dernière fois que je me livrai à une expérience scientifique sur un curieux fluide qui n’est pas gratuit et qu’on appelle l’électricité. Pour en revenir à l’industriel, ce judicieux fabricant avait fait inventer par son service de réclames une sorte de devise qui proclamait fièrement : « La pile Wonder ne s’use que quand on s’en sert ». L’alexandrin était un peu irrégulier (7, 5), mais facilement mémorisable. La preuve, c’est que soixante ans après, je m’en souviens encore. « La pile Wonder ne s’use que quand on s’en sert »… Il y a une certaine profondeur philosophique, qui m’avait échappée alors, dans cette phrase et que l’on peut appliquer à bien des domaines de la vie. Et adapter. Salva reverentia, c’est ce que l’excellent archevêque de Philadelphie (Pennsylvanie), Charles Chaput, vient d’expliquer avant hier aux membres de la Catholic Press Association, la veille du lancement de la campagne des évêques américains Fortnight for Freedom. « Si nous ne travaillons pas dur pour conserver notre liberté religieuse, nous finirons par la perdre » leur a-t-il déclaré. La liberté elle, peut s’user, quand on ne s’en sert pas… Et il a poursuivi : « Rien ne nous garantit nos liberté sinon notre disponibilité à lutter pour elles (…) ce qui veut dire combattre au plan politique et devant les tribunaux [allo ? allo ? Jean-Pierre Denis, vous entendez cela ?] inlassablement et sans demander pardon (…). Demain [c’est-à-dire avant-hier] nous commençons la Quinzaine pour la Liberté. C’est l’occasion pour chacun d’entre nous d’exprimer sa gratitude à nos évêques pour avoir fait la bonne chose… au bon moment. Si ne faisons pas pression maintenant et de manière vigoureuse pour notre liberté religieuse dans l’espace public, nous la perdrons. Pas du jour au lendemain, pas sur un claquement de doigt, mais étape par étape. Chacun de vous [les journalistes catholiques] joue un rôle clé, un rôle vital dans et effort, car les médias prestigieux, à quelques rares exceptions près, ne couvriront pas cette campagne d’une manière honnête et approfondie ».

L’archevêque a ensuite développé cinq points d’importance.

. « La liberté religieuse est la pierre angulaire de l’expérience américaine. C’est tellement évident qu’autrefois on n’avait même pas besoin de le dire. Les temps ont changé… ».

. « La liberté de religion c’est plus que la liberté de culte. Une vraie foi porte toujours du fruit dans le témoignage public et l’action publique. Sinon, ce sont juste des mots vides de sens. [Les pères fondateurs] ont créé une nation conçue par avance pour dépendre de la conviction morale des croyants moraux et pour accueillir leur participation à la vie publique ».

. « Les menaces contre notre liberté religieuse ne sont pas imaginaires. Elles se manifestent maintenant même. Elles sont immédiates, graves et réelles ».

. « Si nous ne travaillons pas dur pour conserver notre liberté religieuse, nous finirons par la perdre. C’est déjà arrivé dans d’autres nations développées, la Grande-Bretagne, le Canada [j’oserais ajouter en France aussi, mais ça ne remonte pas aux toutes dernières années…]. Rien ne nous garantit nos liberté sinon notre disponibilité à lutter pour elles ».

. « La politique et les tribunaux c’est important (…) mais en dernière analyse notre liberté religieuse dépend de l’ardeur de notre foi catholique. Pour le dire autrement : comment nous y croyons profondément et comment nous la vivons honnêtement. La liberté religieuse est une coquille ville si le noyau spirituel d’un peuple est mou » et « c’est la raison pour laquelle le pape Benoît XVI nous appelle à une année de la foi à partir d’octobre prochain (…) Les pires ennemis de la liberté religieuse ne sont pas autour de nous dans cette légion de critiques qui haïssent le Christ ou l’Évangile ou l’Église, ou les trois ensemble. Les pires ennemis sont ici même. C’est nous. Nous tous. C’est le clergé, les religieux et les laïcs quand nous vivons notre foi dans la tiédeur, la routine et l’hypocrisie » !

Et l’archevêque à conclu ainsi son roboratif discours aux journalistes catholiques : « La liberté religieuse n’est pas un privilège accordé par l’État. C’est un droit de naissance que nous avons comme enfants de Dieu (…) Nous devons devenir un peuple digne de cela, ce qui veut dire que nous devons changer notre mode de vie. Le changer radicalement. À la foi comme individus catholiques et comme Église ».

Waou !

 

Le gouverneur catholique de Louisiane promulgue deux lois pro-vie
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Bobby Jindal, son épouse et un de leurs enfants, recevant la bénédiction d’un évêque

Le jeune gouverneur de Louisiane – né dans cet État à Bâton Rouge en 1971, il n’a que 41 ans –, Piyush “Bobby” Jindal est l’enfant de deux immigrés du Pendjab (Inde). Élevé dans l’hindouisme, il s’est converti au catholicisme alors qu’il était à la Magnet High School de Bâton Rouge en 1988 et a été reçu l’année suivante dans l’Église pendant sa première année d’étudiant à la Brown University (Providence, Rhode Island). Lui, son épouse et leurs trois enfants, sont pratiquants et membres de la St. Aloysius Parish de Bâton Rouge. Il est le 55ème gouverneur de la Louisiane depuis le 14 janvier 2008, réélu en octobre 2011 (avec 66 % des voix). Il vient de promulguer deux lois importantes, votées par le Congrès de l’États, et qui marquent des progrès importants pour la défense de la vie dans l’espace étroit que ménage le “droit” constitutionnel à l’avortement.

La première loi (SB 766), votée à l’initiative du sénateur catholique Républicain John Alario, interdit tout avortement pratiqué sur un enfant à naître âgé de vingt semaines ou plus, et prévoit la révocation de la licence professionnelles (pour un médecin, par exemple) et des poursuites judiciaires pour quiconque, intentionnellement ou sciemment, pratique ou suggère un avortement à une femme dont l’enfant à naître a vingt semaines ou plus.

La seconde (HB 1086), votée à l’initiative du député baptiste du sud Républicain Alan Seabaugh, interdit l’euthanasie pour des malades non en phase terminale et pour les handicapés graves – avant la promulgation de cette nouvelle loi, la juridiction précédente n’offrait ces protections que pour les malades en phase terminale : c’est donc un progrès qui n’est pas insignifiant quant au respect de la vie jusqu’à la mort naturelle.

« C’est notre devoir de protéger les plus faibles et les plus vulnérables, et ces nouvelles lois protégeront la vie humaine innocente » a commenté le gouverneur Jindal.

Plus tôt cette année, Bobby Jindal avait déjà promulgué la loi SB 330 votée à l’initiative du sénateur Démocrate Rick Ward, qui qualifie de crime l’avortement pratiqué par un médecin qui n’a pas la licence d’exercer la médecine en Louisiane, et de crime aggravé l’avortement par démembrement du fœtus. Le gouverneur Jindal avait également promulgué la loi SB 708 d’un autre sénateur Démocrate, Sharon Weston Broome, qui oblige à procurer, avec l’accord de la femme enceinte, une échographie audio et vidéo du fœtus et de ses battements de cœur avant tout avortement.

Je conseille de suivre avec attention la carrière politique de Bobby Jindal. Cette étoile montante du Parti Républicain, fera assurément encore parler de lui dans un proche avenir.

 

Assemblée plénière : sur une prise de position quant à la situation économique, les évêques américains sont divisés
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Les débats qui se déroulés entre évêques américains à l’occasion de leur assemblée plénière de printemps à Atlanta, ne sont pas tous marqués par l’unanimité. En matière de défense de la liberté religieuse, le front est uni. Mais en matière d’économie, ce n’est pas le cas.

Mgr Stephen Blaire

Sur proposition de Mgr Stephen Blaire, 71 ans, évêque de Stockton (Californie) et président de la Commission épiscopale sur la justice et le développement humain (aux États-Unis), les évêques ont accepté par 171 voix contre 26 que la Conférence épiscopale (United States Conference of Catholic Bishops, USSCB) autorise la Commission à préparer un document, en forme de message, sur la situation économique des États-Unis, et dont le titre serait « Réflexions catholiques sur le travail, la pauvreté et une économie sinistrée ». Mais comme ce document sera soumis à l’approbation de l’épiscopat lors de son assemblée plénière d’automne, c’est-à-dire en novembre prochain et donc après les élections (présidentielle, législatives…), on peut légitimement s’interroger sur son intérêt général et particulier. C’est ce qu’ont essayé de faire comprendre un certain nombre d’évêques hostiles à cet énième document à vocation économique, à mon avis à juste titre, d’autant plus que les prélats opposants ne sont pas des “seconds couteaux”.

L’évêque de Lansing (Michigan), Mgr Earl Boyea, a profité du débat avant le vote, pour placer une première “banderille” sur la Commission, la critiquant pour ses positions publiques hostiles au projet de budget élaboré par le député catholique Républicain du Wisconsin à la Chambre des Représentants et président de sa Commission budgétaire, Paul Ryan. Son rapport de mars 2012 (The Path to Prosperity: A Blueprint for American Renewal – Le chemin vers la prospérité : un projet pour le renouveau américain), avait été critiqué par certains secteurs catholiques de gauche reprenant l’antienne, que nous connaissons aussi en France : « Tout pour les riches, rien pour les pauvres » ; une caricature fabriquée à partir d’une lecture vraiment oblique de ce projet de budget. Passons. Cette critique avait été reprise par des secteurs ecclésiaux, notamment la Commission présidée par Mgr Blaire. D’où cette mise au point très intéressante de Mgr Boyea : « Des laïcs catholiques, notamment des économistes catholiques, ont exprimé des inquiétudes sur ce qui a été perçu comme un acte partisan contre le député Paul Ryan et le budget qu’il a proposé [l’évêque ajoute « perçu comme un acte venant des évêques alors qu’il n’était que celui de la Commission » !]. Nous ne devons être clairs que sur les principes et laisser aux laïcs le soin de les appliquer (…). Cela a été considéré comme partisan et, par conséquent, n’a pas vraiment fait progresser le dialogue dans notre pays profondément divisé (…). Je ne suis pas sûr que nous ayons l’humilité de ne pas nous aventurer dans des domaines où nous manquons de compétence et où nous devrions laisser les laïcs prendre la barre. Nous avons beaucoup plus besoin d’apprendre que d’enseigner dans ce domaine. Nous avons plus besoin d’écouter que de parler. Nous disposons déjà d’un excellent et remarquable Compendium [sur la doctrine sociale de l’Église] ».

Emboîtant le pas de son confrère dans l’épiscopat, Mgr Allen Vigneron, archevêque de Détroit (également dans le Michigan… –, pose une deuxième “banderille”… Sans contester le projet de déclaration, il appelle la Commission à insister davantage sur le fait que « la désintégration de la famille » est un facteur non négligeable dans la décomposition de l’économie, un facteur qui, il est vrai, n’est guère présent dans les analyses économiques de la Commission…

Enfin, dernier dans le tercio des banderilles – dans la corrida classique, il y a trois poses de banderilles, d’où tercio : troisième, tiers en espagnol – l’archevêque Joseph Naumann de Kansas City (Kansas) est entré dans l’“arène” pour soutenir son confrère Mgr Boyea dans sa critique d’une Commission « parfois perçue comme partisane » et qui devrait davantage avoir à l’esprit le principe de subsidiarité qui a été « négligé dans [ses] documents passés ». L’archevêque Naumann a ajouté que toutes les solutions qui mettent l’accent sur l’intégration des gens dans les projets gouvernementaux ont été « tentées depuis des décennies » et ont toutes échoué… « Nous devons parler sur la dette et sur la nature vraiment grave de cette dette. On nous perçoit parfois comme nous contentant d’encourager le gouvernement à dépenser plus d’argent, mais sans moyen réaliste sur la façon dont nous allons rendre cela possible ».

Pour filer la métaphore tauromachique, il est bien dommage qu’il ne se soit pas trouvé dans l’aula épiscopale un matador pour porter l’estocade… J’exagère un peu, je l’avoue. De toutes les manières, il va falloir constituer un comité de rédaction ad hoc, en tenant compte des différentes “sensibilités”, puis soumettre le texte du message à l’assemblée d’automne, qui sera ou ne sera pas adopté mais qui ne sera pas, en définitive, contraignant pour les évêques !

 

Stand Up for Religious Liberty : aujourd’hui dans 164 villes des États-Unis !
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IHS (monogramme de Jésus et initiales de la formule Iesus Hominum Salvator) et pas HHS (initiales de Human Health Service, ministère de la Santé)

Même si ce n’est pas un « mouvement d’Église » au sens propre, la composante catholique de l’opération Stand Up for Religious Liberty est si importante que sans s’y confondre elle en constitue, en quelque sorte, l’épine dorsale. Que l’on songe que des organisations aussi importantes que Human Life International, Catholic Vote, la Thomas More Society Pro-Life Center, Priest for Life, Eternal Word Television Network et tant d’autres, ont rejoint une coalition de près de cent associations pour la défense de la vie et de la liberté religieuse, dans cette puissante journée de rassemblements organisés dans 164 villes des États-Unis aujourd’hui même à midi. La première et précédente édition de Stand Up for Religious Liberty, le 23 mars dernier, avait vu 63 000 citoyens se rassembler dans 145 villes contre le HHS Mandate du gouvernement Obama. Les organisateurs escomptent une plus large mobilisation aujourd’hui. À partir de demain nous aurons des informations et des photos à publier. À noter que ces rassemblements se déroulent à quelques semaines de l’arrêt de la Cour Suprême des États-Unis sur la constitutionnalité de l’ObamaCare et à une douzaine de jours de l’autre mobilisation de l’épiscopat américain : Fortnight for Freedom (21 juin-4 juillet). Les choses bougent aux États-Unis. Et dans le bon sens…

La courte vidéo qui suit a été filmée le 23 mars dernier à Howell (Michigan). On y voit (et on y entend… Dieu qu’il parle rapidement !) le Père Mark Rutherford, un tout jeune prêtre d’à peine 30 ans (il est né le 16 novembre 1982) et ordonné en 2009. Il est vicaire paroissial de la paroisse St. Patrick de Brighton (diocèse de Lansing, Michigan). Quel punch !

 

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