Statistisques/Sociologie/Démographie

Comment faire « rentrer au bercail » les catholiques éloignés de l’Église ?
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Lors d’un « atelier de réflexion » qui s’est récemment tenu dans le cadre de la paroisse Our Lady of Mercy à Hicksville (New York), le Père pauliste Frank DeSiano, président de la
Paulist National Catholic Evangelization Association, un ministère destiné principalement aux catholiques qui ne pratiquent plus, a donné des chiffres
inquiétants.
Au plan national et en moyenne, 32 % des catholiques baptisés ne vont jamais – ou très rarement – à l’église ; 24 % s’y rendent quelques fois dans l’année ; 21 % au moins une fois par mois. Seuls
23 % des baptisés catholiques pratiquent au moins une fois par semaine. Chez les catholiques nés et élevés après le concile de Vatican II, les chiffres sont encore pire 1. C’est en
autre chez les baptisés catholiques qu’on compte le plus fort pourcentage de personnes ayant passé à une autre “dénomination”.
Comment faire revenir ces catholiques oublieux, apathiques et à la faible identité catholique, au bercail ? C’est aujourd’hui un des thèmes majeurs de l’apostolat aux États-Unis et la
préoccupation des évêques. Ces derniers s’appuient sur toutes les ressources médiatiques disponibles aujourd’hui. On a vu, ici, que l’évêché de Dallas (Texas) n’hésitait pas à recourir à des
publicités “flancs-de-bus”. Le diocèse d’Omaha (Nebraska) ou l’archidiocèse de Providence (Rhode Island) financent des campagnes d’annonces à la télévision ou sur internet en coopération avec
Catholics Come Home qui produit ce type de vidéos très professionnelles que vous pourrez découvrir ici. Ce “chantier” est énorme et les
initiatives nombreuses. Ce défi sera-t-il relevé ? En tous cas, je m’efforcerai de suivre tout cela pour vous.

1. Voir ici les résultats des
sondages Gallup depuis une soixantaine d’années.

Les Américains et la Messe traditionnelle
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Le nouveau site français, fort bien documenté, Summorum Pontificum Observatus vient de faire paraître ici la
traduction détaillée des résultats d’un sondage d’opinion du Center for Applied Research in the Apostolate (CARA 1) du 24 août
dernier, sondage révélé le 20 septembre par le site Paix Liturgique, sur l’attitude des Américains face à la Messe traditionnelle qualifiée
aujourd’hui de « forme extraordinaire de l’unique rite romain ». Vous ne perdrez pas de temps en y allant voir…

1. Le CARA est un centre de recherches sur l’Église et le catholicisme américains, à but non lucratif, filiale de la grande université catholique de
Washington (D.C.), la Georgetown University.

Le plus vieux diacre permanent est Américain et il a 100 ans
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Joseph Kemper

, « Deacon Joe » comme on l’appelle
familièrement, vient de fêter ses cent ans  le 29 mai dernier. Il fit partie des trois premiers diacres permanents ordonnés pour le diocèse de Charleston (Caroline du Sud) en août 1971. Le
diaconat permanent fut restauré par Paul VI avec la constitution Sacrum Diaconatus Ordinem de 1967. Les évêques américains obtinrent la permission d’ordonner des diacres
permanents dès 1968, et les premiers le furent en mai 1971. Né dans le New Jersey où il fut menuisier et ébéniste, le décès de son épouse le poussa à se mettre entièrement au service de l’Église,
ce qu’il fit à partir de 1966 à Charleston, s’occupant des constructions et des réparations des églises diocésaines et servant de chauffeur à l’évêque.
Ce centenaire a pris sa “retraite” en 1999, mais continua encore pendant quelques années son ministère à temps partiel, distribuant la Communion, visitant les pauvres et les malades.

68 115 001 catholiques aux États-Unis
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L’Official Catholic Directory paraît chaque printemps depuis 1817. L’édition datée 2009 vient
d’être publiée et compile les renseignements fournis par les diocèses américains.
Cette nouvelle édition indique que le nombre de catholiques aux États-Unis s’établit à 68 115 001, soit 22 % de la population, et en augmentation d’un million de membres depuis l’édition de
l’année dernière.
Voici quelques statistiques que l’on peut relever dans l’édition de cette année :
– 41 489 prêtres diocésains ou religieux ;
– 60 715 religieuses ;
– 4 905 religieux ;
– 16 935 diacres permanents ;


– 18 674 paroisses (91 de plus par rapport à l’année précédente) ;
– 562 hôpitaux qui ont donné des soins à 85 293 351 malades ;
– 3 009 services socia    ux qui ont apporté une assistance à 27 213 486 personnes ;
– 189 sémaires et 4 973 séminaristes ;
– 234 facultés et universités catholiques qui scolarisent 795 823 étudiants ;
– 1 341 établissements du secondaire scolarisant 674 380 jeunes ;
–  6 133 écoles élémentaires scolarisant 1 609 387 élèves ;
– 722 599 étudiants assistent à des programmes d’éducation religieuse dans l’enseignement supérieur ;
– 3 080 838 élèves assistent à des programmes d’éducation religieuse dans l’enseignement primaire ;
– 887 145 baptêmes d’enfants ;
– 42 629 baptêmes d’adultes ;
– 81 775 baptisés chrétiens sont entrés dans la pleine communion de l’Église en 2008.
Chaque année, les organisations catholiques contribuent pour environ 28,2 milliards de $ dans les services au prochain : 5,7 milliards de $ pour la Catholic Health Association, 3,5
milliards de $ pour Catholic Charities USA, et 19,8 milliards de $ pour la National Catholic Educational Association. Ces chiffres ne tiennent pas compte des efforts particuliers
d’autres organisations catholiques, notamment les paroisses.

L’opinion publique américaine massivement favorable à Benoît XVI
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Le Marist College Institute for Public Opinion, en collaboration avec les Knights of Columbus, vient de rendre public les résultats d’un sondage réalisé à la fin du mois de mars sur
un échantillon de 2 078 Américans, dont 521 catholiques [1].
59 % des sondés ont une opinion favorable ou très favorable de Benoît XVI. Chez les catholiques pratiquants elle est de 78 %.
65 % des Américains en général et 85 % des Américains catholiques disent avoir une opinion favorable ou très favorable sur l’Église (92 % chez les pratiquants, 73 %
chez les non pratiquants).
Près de 50 % des sondés souhaitent avoir le point de vue de Benoît XVI sur des problèmes tels l’avortement ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires. 57 %
voudraient entendre ce qu’il a à dire sur le mariage et la famille.
Commentant ces résultats, Karl Anderson, le patron des Knights of Columbus a déclaré : « On pourrait dire que c’est un triomphe de la vérité sur la télévision ». Aux
États-Unis aussi on constate un hiatus entre le pays réel et le pays légal médiatique…

[1] Marge d’erreur pour l’ensemble des sondés : ± 2,5 % ; marge d’erreur sur les sondés catholiques : ± 4,5 %.

Notre Dame. Un premier sondage d’opinion chez les catholiques
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The Pew Forum on Religion & Public Life a rendu public hier, un sondage sur les opinions des
catholiques relativement à l’invitation d’Obama par Notre Dame. Malheureusement, la date de réalisation de ce sondage et les méthodes utilisées pour le faire ne sont pas précisées
par Pew Forum. On sait juste qu’il a porté sur 2003 personnes dont 389 se sont déclarées catholiques. Les résultats sont donc à prendre avec précaution, mais ils ne manquent toutefois pas
d’intérêt, et on ne s’intéressera ici qu’aux réponses des catholiques.

La première question portait sur le degré de connaissance de la controverse née de l’invitation d’Obama par Notre Dame.
Chez l’ensemble des catholiques.
– En ont « beaucoup entendu parler » : 19 %. En ont « un peu entendu parler » : 33 %. N’en ont pas entendu parler : 48 %.
Chez les catholiques pratiquants (allant au moins une fois à la Messe par semaine).
– En ont « beaucoup entendu parler » : 35 %. En ont « un peu entendu parler » : 33 %. N’en ont pas entendu parler : 32 %.
Chez les catholiques moins pratiquants (n’allant pas à la Messe une fois par semaine).
– En ont « beaucoup entendu parler » : 10 %. En ont « un peu entendu parler » : 35 %. N’en ont pas entendu parler : 55 %.
On en a donc davantage entendu parler chez les catholiques pratiquants réguliers (52 %) que chez les catholiques pratiquants occasionnels (45 %).

La deuxième question demandait aux sondés si Notre Dame a eu raison ou non d’inviter Obama.
Chez l’ensemble des catholiques.
– Raison : 50 %. Tort : 28 %. Sans opinion : 22 %.
Chez les catholiques pratiquants.
– Raison : 37 %. Tort : 45 %. Sans opinion : 18 %.
Chez les catholiques occasionnels.
– Raison : 56 %. Tort : 23 %. Sans opinion : 21 %.
C’est donc chez les catholiques pratiquants que s’exprime le plus fort taux de désaccord (45 %) avec l’invitation de Notre Dame.

Sondage US : les catholiques penchent nettement à gauche
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Plusieurs évêques américains le reconnaissent avec une franchise qu’on ne trouve pas toujours sous nos latitudes : le catholicisme aux États-Unis est en crise identitaire, une crise qui remonte à
quarante ans au moins, pétrie de laxisme, de compromissions, de faillite de la catéchèse, d’évêques pitoyables, etc. Une crise sur laquelle les résultats de la dernière élection présidentielle
ont jeté une lumière crue : 54 % des catholiques américains (soit 2 % de plus que l’électorat pris dans sont ensemble) ont voté pour Obama, le candidat le plus anticatholique qui se puisse
imaginer. La crise identitaire du catholicisme américain vient de se traduire par une catastrophe politique et morale, et pas seulement pour les États-Unis.
USA Today a publié hier un article rédigé à partir d’un sondage mené par Gallup en mai 2006, mai 2007 et mai 2008 sur un échantillon de 3 022 catholiques adultes (marge d’erreur ±
2 %). À raison, l’article de Daniel Burke est titré « Les catholiques US penchent à gauche sur les questions sociales ». Les résultats sont affligeants.
Le sondage demande si les 8 propositions énoncées sont moralement acceptables (en gras le % des réponses catholiques, entre parenthèse le % obtenu par un échantillon
représentatif de la population globale des États-Unis) :
avortement : 40 % (41) ; relations homosexuelles : 54 % (45) ; peine de mort : 61 % (68) ; avoir des enfants hors mariage : 61 % (52) ; recherches sur les cellules
souches embryonnaires : 63 % (62) ; relations sexuelles hors mariage : 67 % (57) ; divorce : 71 % (66) ; jeux de hasard : 72 % (59).
Dans la plupart des propositions, l’électorat catholique se montre incontestablement plus laxiste, permissif, progressiste (et donc plus à gauche) que l’opinion publique globale américaine…
L’Église du IIIe millénaire aux États-Unis a du souci à se faire et du pain sur la planche.

Diocèse de Cleveland : le quart des paroisses va fermer
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C’est une restructuration sans précédent du tissu paroissial du diocèse de Cleveland (Ohio) qu’a annoncée le 15
mars son évêque Mgr Richard J. Lennon (photo). Ce diocèse, érigé en 1847, comporte aujourd’hui 224 paroisses, réparties sur huit comtés 
de la partie centrale et septentrio
n

ale de l’État : 52 vont disparaître par fusion (23) ou suppression (29) d’ici au 30 juin
2010.
Les raisons sont multiples :
– la répartition géographique des paroisses ne correspond plus à la répartition
géographique des
fidèles qui désertent les grandes villes pour leurs banlieues, et les zones urbaines pour la campagne ;
– les finances paroissiales sont médiocres : 42 % des paroisses sont dans le “rouge” ;
– les prêtres manquent : le diocèse ne dipose plus que de 257 prêtres en activité (ils étaient 565 en 1970 et 427 en 1990).
Globalement, le nombre de catholiques n’a cessé de décroître depuis 1976, année où l’on comptait encore plus de 3 millions de catholiques (32,1 % de la population diocèse). Ils sont désormais
moins de 800 000 (< 28 %). Le seule ville de Cleveland, siège du diocèse, a perdu 60 % de ses catholiques depuis 1950, même si, au cours de la même période, la population catholique a
quasiment triplé ailleurs comme dans le comté de Cuyahoga.
Il est peu probable que cette restructuration soit financièrement profitable au diocèse : les coûts d’entretien et de protection des bâtiments paroissiaux désaffectés excéderont sensiblement les
quelques économies réalisées, sauf à vendre ces biens ce à quoi l’évêque ne semble pas aujourd’hui résolu.
Les fidèles des paroisses destinées à être supprimées ou fusionnées ont dix jours pour faire appel à l’évêque de sa décision. Si ce dernier maintient son plan, ils pourront faire appel à
Rome.
Baisse du nombre de catholiques aux U.S.A. en 2007 ?
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Fondé en 1950, le National Council of Churches (conseil national des “Églises”) est un agglomérat œcuménique de protestants, d’anglicans, d’orthodoxes, d’évangéliques, etc. L’Église
cath


olique n’en est pas membre – ce qui pourrait expliquer ce qui
va suivre. Le NCC prétend regrouper 45 millions de fidèles répartis en 100 000 « congrégations » aux États-Unis et au Canada. Si l’on en croyait la dernière édition (2009, la
77ème) de son annuaire des “Églises” américaines et canadienne (Yearbook of American & Canadian Churches), l’Église catholique aux États-Unis aurait connu une perte de près de
398 000 membres en 2007, et n’avait donc plus, au 31 décembre 2007, que « 67 117 016 » membres… L’extrême précision de ce nombre est assez suspecte, car aucune source catholique
officielle n’est capable de préciser le total des catholiques à l’unité près ! Je suis très circonspect sur les méthodes de calcul du NCC. Et je viens de lui envoyer un courriel pour lui
demander quelques précisions sur ses méthodes. On verra bien sa réponse. Si elle vient…
Le déclin de la pratique religieuse chez les catholiques depuis 50 ans
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Gallup est un institut de sondages tellement connu que, comme pour “frigidaire”, le nom propre est devenu un nom commun : autrefois, peut être un peu moins aujourd’hui, un
“gallup”, c’était un sondage.
Depuis une soixantaine d’années, Gallup organise des sondages sur la pratique religieuse chez les catholiques comme chez les protestants. En mettant ces sondages les uns au bout des
autres, on arrive à découvrir des tendances dans les pratiques religieuses.
Une synthèse publiée en avril dernier (voir ici) donne des indications assez
précises, et en tous cas éclairantes, sur le déclin de la pratique religieuses chez les catholiques américains.
À la question : avez-vous assisté à une Messe au cours de la semaine écoulée ? 75 % des catholiques répondaient affirmativement en 1955. Ils n’étaient plus que 67 % dans la période 1964-1967, 54
% dans la période 1973-1976, 50 % en 1985, 46 % dans la période 1994-1997 et environ 45 % en 2003.
Ce sont chez les jeunes générations que le déclin de la pratique religieuse est le plus accentué.
Si le groupe des 21-29 ans était constitué à 73 % de pratiquants réguliers en 1955, ce pourcentage n’a depuis cessé de chuter : 56 % dans la période 1964-1967, 35 % dans la période 1973-1976, une
légère remontée à 37 % en 1985 (effet de la « Génération Jean-Paul II » ?), pour retomber à 25 % dans la période 1994-1997 puis remonter encore à 30 % en 2003.

Catholiques et Hispaniques : l’étude en demi-teinte d’un organisme de sondage
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Ceux qu’on nomme les « Hispanics » ou « Latinos » aux États-Unis sont désormais 46 millions (dont 30 millions pour ceux dont l’origine est mexicaine), soit un peu plus de 15 % de la
population estimée (2009). Parmi toutes les minorités qui constituent la population américaine, les Hispaniques en forment la plus importante et la plus jeune.
Le poids de ces Hispaniques dans l’Église catholique des États-Unis est de plus en plus prononcé puisqu’on estime qu’ils comptent pour 35 % dans la population catholique totale, et qu’ils ont,
depuis 1960, contribué pour 71 % à la croissance du catholicisme. Sans eux, le catholicisme américain aurait connu une décroissance à partir des années 1970.
Mais cette croissance va-t-elle grâce à eux se poursuivre, les démographes estimant qu’à l’horizon 2050 le « groupe Hispanique » sera fort de plus de 102 millions de membres aux États-Unis ?
« Between Two Worlds » (entre deux mondes), une étude très soignée du Pew Hispanic Center (filiale du Pew Research Center, voir ici), réalisée auprès de 2 012 Hispaniques âgés de 16 à 25 ans, du 5 août au 16 septembre derniers, offre quelques éléments de réponse
qui ne sont pas absolument encourageants… Sans prétendre faire la synthèse de cette volumineuse étude (que vous pouvez télécharger ici au format PDF et en anglais), je voudrais en tirer quelques faits saillants.
D’une manière générale, chez ces jeunes Hispaniques, ce n’est pas la religion qui est en tête de leurs préoccupations existentielles mais la réussite dans la vie professionnelle (85 % contre 56
%). Toutefois, chez les jeunes Hispaniques nés hors des États-Unis la religion est plus importante que chez les Hispaniques nés aux États-Unis (60 % contre 40 %). L’assimilation au mode de vie
américain est donc un facteur de déclin de l’attachement religieux. Si, globalement, 60 % des Hispaniques (tous âges confondus) se reconnaissent catholiques, dans le groupe des 16/25 ans, on n’en
trouve plus que 56 %, et seulement 49 % pour ceux qui sont nés aux États-Unis. Le taux de pratique religieuse hebdomadaire chez les jeunes est encore de 36% (mais les jeunes immigrés récents sont
plus pratiquants que les jeunes nés aux États-Unis).
La question de la langue usuelle semble aussi déterminante par rapport à l’identité catholique. On se dit catholique à 67 % chez ceux où la pratique de l’espagnol est principale. Le pourcentage
tombe à 57% chez les bilingues, mais à 47% chez les Latinos qui pratique principalement l’anglais. De même 71 % des jeunes Hispaniques dont la langue principale est l’espagnol sont, par exemple,
opposés à l’avortement. Mais si 65 % des jeunes Hispaniques nés hors des États-Unis estiment que l’avortement devrait être illégal, seuls 58 % de ceux qui sont nés aux États-Unis partagent ce
point de vue.
Il faut enfin noter que l’épiscopat hispanique est sous représenté puisque, comme je le signalais plus haut, si 35 % des catholiques américains sont Hispaniques, ont ne compte que 40 évêques
hispaniques, dont 28 en activité, soit seulement 9 % du corps épiscopal des États-Unis. Les séminaristes hispaniques ne représentent eux-mêmes, en 2009, que 12 % du total des séminaristes
américains…

Les résultats désastreux d’une enquête chez les jeunes catholiques
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La « Génération Jean-Paul II », la « Génération Benoît XVI », les Journées Mondiales de la Jeunesse… : tout cela c’est
bien joli, on en convient volontiers. Mais quel est le véritable “effet” générationnel ? Un tout récent sondage de Public Religion Research réalisé entre le 28 août et le 19 septembre
auprès de 1 250 jeunes adultes américains en âge de voter (de 18 à 34 ans) et se disant catholiques permet de s’interroger et de commencer à comprendre “l’effet Obama” dans la population jeune se
déclarant catholique.
60 % des répondants estiment en effet que l’avortement doit être légal dans tous les cas ou dans la plupart des cas ; pour 61 % des sondés, la question de l’avortement n’est, de toutes les
manières, pas un sujet électoral important (seuls 22 % l’estiment important). 44 % sont favorables aux “mariages” de personnes de même sexe (un pourcentage qui enfle jusqu’à 64 % quand est
insinué, dans la question, le thème de la protection de la liberté religieuse) : seuls 26 % des sondés s’y disent opposés.
Pour ce qui est de l’élection présidentielle à venir, Barack Hussein Obama l’emporte largement dans les intentions de vote des jeunes catholiques sondés sur John McCain : 55 %
contre 40 %.
Ces résultats sont bien sûr à mettre en relation avec la pratique religieuse de l’échantillon sondé : 17 % des sondés déclarent n’aller à l’église que très rarement ou jamais ; 27 % quelques fois
dans l’année ; 22 % une ou deux fois par mois ; 28 % une fois par semaine ; 6 % plus d’une fois par semaine : un tiers de pratiquants réels (de quoi faire pâlir d’envie en France, mais pas de
quoi tirer un feu d’artifices).
Quand on leur demande ce dont il ont entendu parler lorsqu’ils se sont rendus à l’église, les réponses sont aussi pleines d’enseignement : 90 % des sondés disent avoir entendu parler de la faim
et de la pauvreté ; 78 % de l’avortement ; 58 % de la guerre en Irak ; 54 % de l’environnement ; 37 % de l’homosexualité ; 33 % de l’immigration…
Ces médiocres résultats sont d’abord le mauvais fruit de la catéchèse désastreuse qui a été menée aux États-Unis depuis plus de trente ans. Ils montrent que quand les vérités de la Foi ne sont
plus transmises les jeunes s’éloignent de l’enseignement de l’Église pour adopter le “prêt-à-penser” et de l’intelligence du caractère sacré de la vie et du mariage.
Les catholiques pratiquants pourraient “faire” l’élection présidentielle de novembre
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C’est en tous les cas ce que suggère un article paru hier dans The Wall Street Journal : « Pour la première fois depuis
l’élection présidentielle de 1988, le vote des Blancs catholiques pratiquants pourrait être déterminant lors de l’élection de novembre »
.
Le quotidien souligne que ce type de catholiques est plutôt enclin à soutenir des candidats dont les opinions sont conformes aux enseignements de l’Église sur l’avortement, le “mariage”
homosexuel et la recherche sur les embryons. De fait, une
étude – mais il y en a
d’autres que vous pouvez également consulter sur le site – assez précise menée par Pew Research Center sur l’élection présidentielle de 2004, montrait que 61 % de l’électorat blanc
catholique pratiquant soutenait Bush (contre 53 % seulement des catholiques allant occasionnellement à la Messe). Tous les analystes ont confirmé que c’était ce segment de l’électorat qui
avait permis la réélection du candidat sortant. Toutefois, l’élection de cette année s’adressera à un électorat catholique qui, majoritairement, est plus sensible que lors de la précédente
élection aux problèmes économiques et à la guerre en Irak : deux thèmes sur lesquels le très vraisemblable candidat républicain, John McCain, n’est guère convaincant – il ne l’est, pour
tout dire, guère plus sur le dossier pro-vie. Demeure encore l’hypothèque des électeurs catholiques d’origine hispanique qui, en 2004, avaient majoritairement voté pour le candidat démocrate
John Kerry (63 %). Les deux finalistes à l’investiture démocrate, Barack Obama et Hillary Clinton, malgré leurs efforts pour amadouer un électorat catholique dont le vote
sera décisif, possèdent le handicap d’un bilan politique frontalement et globalement opposé aux « questions non négociables » pour des catholiques conséquents. L’issue du scrutin du 4 novembre
prochain est tout sauf prédictible.
Dédicace de l’oratoire d’Ave Maria City par l’évêque diocésain
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Le 21 juillet dernier, je signalai sur ce blogue (americatho.over-blog.com/article-11438264.html) l’inauguration de l’Ave Maria
City
– comté de Collier, près de Venice, Floride –, cette ville « 100% catholique » née de la volonté du philanthrope catholique Tom Monaghan qui a injecté 100 millions
de $ pour les premiers frais de ce projet ! Sur ce même site de 405 h

ORATORY.jpg
a continue de se construire l’Ave Maria University – qui a déjà coûté 200
millions de $ à ce même Monaghan. À l’intersection de l’université et de la ville – toutes deux en cours de réalisation – s’élève une vaste église (31 m de hauteur), conçue par
Monaghan et dont la construction, achevée, lui a coûté 24 millions de $ (notre photo). D’un point de vue canonique, cette église n’est pour l’heure qu’un oratoire privé,
destiné aux étudiants de l’université et aux résidents de la ville en construction. Pour que cet oratoire serve de lieu de culte et que la Messe puisse y être célébrée, l’accord et la dédicace de
l’édifice doivent être donnés par l’évêque qui a juridiction sur le territoire diocésain où l’édifice est construit, en l’occurrence Mgr Frank Dewane (notre photo)
évêque de Venice (Floride) depuis janvier 2007. Malgré les attentes

bishdewaneredpg.jpg
des responsables de l’université et des promoteurs de la ville, le projet de
dédicace envisagé pour le 20 ja
nvier dernier, avait du être annulé, l’évêque ayant fait savoir qu’au jour prévu par les organisateurs
il présiderait une Messe pour le centième anniversaire du Cirque Ringling à Sarasota… Il y eut comme un froid… et les commentaires ne manquèrent pas. Mais l’heureuse nouvelle est
arrivée dans l’après-midi du lundi 24 mars par un courriel de Nick Healy, président de l’Ave Maria University, annonçant que Mgr Dewane
viendrait procéder à la dédicace de l’oratoire et célébrer la messe lundi 31 mars prochain à 14 h. C’est un premier pas vers la normalisation, mais beaucoup de problèmes demeurent. Dans la
nouvelle Ave Maria City, on ne compte aujourd’hui que 200 foyers, soit environ un millier de résidents (les projections en estiment le nombre à 25 000 à l’horizon de 2025). Pour
que l’oratoire devienne église, il faudrait qu’Ave Maria City devienne paroisse, et c’est une création qui relève de l’évêque. Une paroisse moyenne compte 3 300 âmes aux
États-Unis : on en est encore loin à Ave Maria City. Canoniquement, Ave Maria City relève du territoire de la paroisse Our Lady of Guadalupe à
Immokalee. Mais cette église paroissiale est située à 21 km d’Ave Maria City, et les messes dominicales sont célébrées en espagnol : une seule messe est dite en anglais et
l’église est alors bondée. Il y a donc déjà un problème pour les habitants d’Ave Maria City qui ne pourra que s’aggraver avec la croissance démographique de cette ville nouvelle.
Un problème qu’aura rapidement à régler Mgr Dewane, mais sa présence à l’oratoire lundi prochain montre qu’il porte ce souci pastoral.
Nuit de Pâques : des dizaines de milliers de baptêmes d’adultes
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J’aurais bien aimé de rendre hier matin à la conférence de presse du Service national de la catéchèse et du catéchuménat (SNCC) de
la Conférence des évêques de France (CEF), consacrée aux baptêmes d’adultes de la Vigile pascale de cette année. Malheureusement, l’invitation par courriel ne
m’étant arrivée que lundi matin, il ne m’était pas possible de bousculer, du jour au lendemain, mon emploi du temps. J’ai demandé au service de presse de la CEF de m’adresser les
données statistiques communiquées par internet. Je les attends encore. Heureusement, je découvre ce matin la dépêche de l’AFP sur ce sujet. Que nous révèle-t-elle ? Que 2
675
adultes (33 de moins que l’an passé) recevront le baptême en France au cours de la veillée pascale. Je m’en réjouis comme s’en réjouit Mgr Jean-Claude Boulanger,
évêque de Sées, et membre du SNCC, qui présidait cette conférence de presse.
Toutefois, le nombre de baptêmes d’adultes communiqué pour 2008 n’est guère renversant. Aux États-Unis, la situation est toute différente, puisque ce sont des dizaines de milliers d’adultes qui
vont recevoir cette année le baptême catholique (ils furent 64 500 l’an passé).
Je me suis livré à une petite étude qui ne prétend pas à grand-chose, mais permet une comparaison assez éclairante.
J’ai compté que 2 archidiocèses américains (il y en a 33 de rite latin), ceux de Cincinnati (Ohio) et de Portland (Oregon), et 4 diocèses (il y
en a 145 de rite latin), ceux d’Orange (Californie), de Detroit (Illinois), de Cleveland (Ohio) et de Lansing (Michigan), auront à eux seuls plus de baptêmes d’adultes que tous
les diocèses français réunis (2 738 contre 2 675). J’ai choisi ces diocèses américains parce que je dispose pour eux de statistiques précises. Or, ces six
diocèses ne totalisent que 18 millions d’habitants (6 % de la population américaine) et 4,6 millions de baptisés catholiques (7
%
des catholiques des États-Unis). Les « dizaines de milliers » de baptêmes d’adultes que j’ai annoncés en titre, ne sont donc pas une exagération de ma part. Tout juste une prévision
extrapolée…
D’où l’on constate aussi, me semble-t-il la meilleure santé du catholicisme américain par rapport au nôtre, et au moins en ce qui concerne les baptêmes d’adultes.
 
Qui va payer les retraites et les soins des religieux réguliers américains ?
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Il y a environ 69 000 religieux et religieuses catholiques (membres de congrégations régulières) aux États-Unis, mais plus de la moitié (37 000) ont dépassé les 70 ans et sont en retraite. Et sur
ce nombre impressionnant, qui traduit le déclin des vocations religieuses régulières, près de 5 000 sont physiquement dépendants et exigent des soins constants et coûteux (52 000 $ par an).
Dimanche 14 décembre prochain, le 21ème appel national pour le Fonds de retraite des religieux, lancé par le Bureau national pour la retraite des religieux (National Religious Retirement
Office
) de la Conférence des évêques des États-Unis, touchera les quelque 18 000 paroisses des États-Unis. Cette collecte impérée avait récolté l’an passé 23 millions de $ qui furent répartis
entre 482 instituts religieux réguliers. Une somme apparemment considérable, mais qui n’est qu’une “goutte d’eau” comparée aux besoins.
En effet, le coût des pensions et frais de santé des religieux retraités est passé de 2 à 9 milliards de $ entre 1988 et 2007. Le fossé entre les pensions et retraites versées par la Sécurité
Sociale américaine (créée par Roosevelt en 1935) et les besoins réels de financement ne cesse de s’élargir. On estime qu’à l’horizon 2023 le total des contributions issues du système de Sécurité
Sociale pour les religieux se montera à 184 millions de $ alors que le montant nécessaire pour leur assurer subsistance et soins atteindra 1,6 milliard de $ par an ! Un problème aujourd’hui
insoluble.

Statistiques par État du catholicisme américain
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Les chiffres datent un peu, puisqu’ils remontent à 2000. Toutefois, les données compilées par ARDA (Association of Religion Data
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) donnent une image assez précise de la répartition, en nombre et en pourcentage, des catholiques dans chacun des 50 États de l’Union en une année où l’on comptait 61 874 994
baptisés catholiques (pour une population totale qui tournait autour de 280 millions d’habitants : les chiffres, pour 2007, donnent 68 millions de catholiques sur 300 millions d’habitants). Ceux
de mes lecteurs qui auront un peu de temps pourront aller découvrir ce document (www.thearda.com/QuickLists/QuickList_58.asp), pour les autres, et c’est d’abord pour eux que j’ai fait ce blogue, voici quelques précisions.
1.    L’État où les catholiques sont, proportionnellement, les plus nombreux est le Rhode Island (542 244 catholiques, soit 51,72 % de la population).
2.    L’État où ils sont les moins nombreux est le Tennessee (183 161 catholiques, soit 3,20 % de la population).
3.    Les trois principaux “États catholiques” en nombre, sont la Californie (10 079 310, soit 29,76 % de la population), New York (7 550 491,
soit 39,79 %) et le Texas (4 368 969, soit 20,95 %).
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