Communication P

Un film dans le collimateur
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Le réalisateur François Ozon s’apprête à présenter son nouveau film, Grâce à Dieu, à la Berlinale le vendredi 8 février, avant une sortie en France le 20 février. Le titre provient d’une citation malheureuse du cardinal Barbarin, dont le procès est en cours. Aussi deux actions judiciaires demandent le report du film, car le jugement n’a pas été prononcé.

Le film est en effet inspiré par l’action d’une association d’anciennes victimes, La Parole libérée, sur une affaire de pédophilie survenue au sein du diocèse de Lyon. Au centre de l’affaire, Bernard Preynat, un prêtre mis en examen en janvier 2016 pour des faits remontant aux années 1980 et 1990. Le film évoque l’inaction des autorités hiérarchiques de l’Eglise. L

Régine Maire, laïque bénévole au diocèse de Lyon, citée à comparaître aux côtés du Cardinal Barbarin, a mis en demeure le 29 janvier le cinéaste de ne pas mentionner son nom dans le film.

Maître Emmanuel Mercinier, avocat du père Preynat, a, le 1er février, déposé une assignation en référé devant le Tribunal de grande instance de Paris en vue d’obtenir le report de la sortie du film après la date du procès, parce qu’il attenterait à « la présomption d’innocence » de son client.

“Aujourd’hui, il n’y a que les curés et les homos qui veulent se marier!”
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Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne et Narbonne, a reçu la presse locale à l’occasion de la Saint-François de Sales, patron des journalistes. Une question lui fut posée sur le mariage des prêtres. Réponse :

“Théologiquement, rien ne s’y oppose, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Mais au niveau pratique, j’ai des doutes sérieux. S’ils travaillent, comment vont-ils assurer leur ministère? Vous les voyez dire à leur patron : “Excusez-moi mais là je dois y aller, j’ai un enterrement à assurer”? Et puis la vie de couple accaparera leur temps… Une vie qui, d’ailleurs, n’est pas évidente vu le nombre de divorces constatés…”

“En fait, je crois qu’en occident, on a un problème avec le sexe. Pendant longtemps, ces hommes non mariés que sont les prêtres ont fait peur aux anti-cléricaux, aux anti-religieux. Ils voyaient le prêtre comme une personne libre de toute attache, indépendante. Et une personne libre dérange toujours un peu.”

“Un jour on a demandé à Louise de Vilmorin, le dernier amour d’André Malraux, pourquoi elle n’était pas mariée. Elle a répondu : “Aujourd’hui, il n’y a que les curés et les homos qui veulent se marier!” Elle disait ça dans les années 1950…”

Parler du porno dans une cathédrale ?
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Sur Liberté Politique, Constance Prazel s’interroge :

« La pornographie est une réponse fausse à un désir vrai », tel est le titre d’une conférence donnée il y a quelques jours à Versailles, sous forme d’un dialogue entre le Père Gaultier de Chaillé et Martin Steffens, philosophe et auteur du livre récent L’amour vrai au seuil de l’autre.

« Quelle joie de parler de la pornographie dans une cathédrale ! ». C’est ainsi que le Père Gaultier de Chaillé a ouvert la conférence organisée le 10 janvier à Versailles dans la cathédrale Saint-Louis.

Un début de prise de parole quelque peu provocateur pour une conférence sur un sujet grave puisqu’il est dévastateur pour notre société contemporaine : la pornographie.

Le parti pris de cette conférence n’était pas de traiter des ravages de la pornographie sur les enfants et les adultes, ni des moyens pour la combattre, mais de l’aborder sous un angle philosophique. « Il n’est pas question d’avoir un regard moralisant ou moralisateur », nous a expliqué le Père de Chaillé qui a probablement peur de passer pour le donneur de leçons de service.

La morale n’est-elle pourtant pas nécessaire aujourd’hui ? Ne faut-il pas poser des balises et dire que oui, il y a un Mal pour le malheur et un Bien pour le bonheur ? Des notions de Bien et de Mal qui sont pourtant au programme de Terminale… en cours de philosophie ! Avec tous ces jeunes qui sont venus nombreux à cette conférence, c’est presque du gâchis de ne pas avoir osé parler de morale, de Bien et de Mal.

Passons, après tout, car de la philosophie, il y en a eu lors de cette conférence. Mais pas sûr que tout le monde ait vraiment saisi les propos spécieux de Martin Steffens. « Le mal n’est pas la haine du bien. Le mal, c’est l’impatience du bien. C’est le bien, ici et maintenant », « Le péché tire à bout portant. Le mal, c’est le bien, moins le temps qu’il aurait fallu pour l’atteindre ». Vous ne comprenez pas tout ? Vous n’êtes pas les seuls ! D’ailleurs quand on cherche dans Google la signification de ces phrases on tombe sur Le top 15 des citations de maître Yoda. Finalement, « Le côté obscur de la Force, redouter tu dois », phrase prononcée par le célèbre maître jedi, aurait pu passer sans problème dans cette conférence.

Mais ne soyons pas trop sévères avec Martin Steffens. Ses propos sur la blessure et le traumatisme engendrés par la pornographie sont justes, tout comme l’éducation au regard : « La pornographie porte un regard qui n’accueille pas l’autre dans son être entier. Elle limite la personne à certaines parties de son corps et l’on ne voit plus son visage ». À ce titre, la citation de Bernanos du Père de Chaillé est fort à propos : « Le regard de la Vierge est le seul regard qui soit enfantin », et l’invitation de Martins Steffens aux parents de préserver l’innocence de leurs enfants en les exhortant à « faire attention à leur regard » relève du bon sens du père de famille.

La conférence suivait son cours et le débat semblait s’élever quand, soudain, tout a dérapé. Avec une métaphore tirée par les cheveux de la tapette à fromage et de la souris, Martins Steffens en vient à nous dire que « dans la pornographie il y a quelque chose de vrai, un désir que Dieu a mis en nous d’être aimé ». Puis, il affirme dans la foulée que « Dieu est l’être le plus prostitué car il est celui qui se livre le plus ». Devant la surprise de l’auditoire, le père de Chaillé explique l’étymologie latine du verbe se prostituer qui signifie « placer en avant » : « Le Christ est prostitué sur la croix, il s’exhibe ».

Était-ce bien nécessaire d’utiliser le terme prostitué qui renvoie depuis des siècles à une notion de déshonneur, d’avilissement et d’impudicité ? Aujourd’hui se prostituer évoque la marchandisation des corps, tout comme la pornographie. Pourtant, Jésus n’a-t-il pas été immolé sur la Croix et fait don de sa vie pour nous sauver ? Mais ce don est immensément gratuit, et c’est là toute la différence. Voilà un terrain bien glissant sur lequel Martins Steffens et le Père de Chaillé se sont avancés mais qui n’a pas semblé pour autant choquer l’auditoire, visiblement habitué au relativisme ambiant.

La suite de la conférence se poursuivra avec des affirmations du même tonneau. Martin Steffens nous explique que ce que l’on montre dans la pornographie est bon sauf l’amour car « ça n’a rien à voir ». Simple rappel ou précision : pour fabriquer des films X, les réalisateurs ont recours à des méthodes ignobles. Aussi affirmer que ce que l’on montre dans la pornographie est bon, c’est aussi affirmer que des femmes qui se font tabasser et humilier, c’est bon, des enfants qui se font violer, c’est bon…

On peut donc douter de la connaissance de Martin Steffens du sujet, tout du moins dans la réalité du terrain ! Même interrogation avec le Père de Chaillé quand on lui demande comment les parents doivent parler de la pornographie à leurs enfants : « Ce n’est pas aux parents de le faire. Faites confiance aux associations qui passent dans les écoles ». Ah oui ? Les parents ne sont-ils pas les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants ? Ne leur revient-il pas en priorité de se charger de leur éducation sexuelle et affective ? Certes, il y a des intervenants qui font du beau travail sur le terrain. Mais est-ce le cas de la majorité ? C’est un secret de polichinelle que l’agrément de l’Éducation nationale est donné prioritairement à des associations pro-LGBT. Combien de parents ont appris trop tard qu’à l’école leur enfant avait eu droit à un exemplaire du Zizi sexuel en guise de cours de biologie ? Sans parler de la liste des moyens de contraception que l’on apprend dans le secondaire, pilule du lendemain et avortement compris.

Minimiser les effets de la pornographie, méditer dessus avec des formules spécieuses ou tout simplement choquantes, inviter les parents à démissionner de leur rôle d’éducateur : est-ce bien la bonne façon de combattre ce fléau qui gangrène notre société actuelle ?

Ce n’est en tout cas ni la vision ni les moyens que se donne notre association Stop au porno.

Le « Prix Père Jacques Hamel » pour mettre en valeur le dialogue interreligieux
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Le « Prix Père Jacques Hamel 2019 » est attribué à Christelle Ploquin et au frère Adrien Candiard pour la pièce filmée « Le cinquième évangile » diffusée par le CFRT en octobre 2018.

Une mention spéciale est décernée à Nayla Tabbara et Marie Malzac pour leur livre « L’islam pensé par une femme », publié par les éditions Bayard en octobre 2018.

Vingt-deux candidatures étaient présentées pour cette deuxième édition du « Prix Père Jacques Hamel », créé par la Fédération des médias catholiques, en vue de distinguer un travail journalistique, quel que soit le support (presse écrite, radio-télévision, multimédia), qui met en avant les initiatives de paix et les démarches de dialogue interreligieux.

C’est la captation réalisée par Christelle Ploquin de la pièce « Le cinquième évangile », écrite par le frère Adrien Candiard, dominicain, qui emporte le prix 2019. Le film met en lumière la dimension spirituelle des écrits d’Henri Vergès. Premier religieux assassiné le 8 mai 1994 en Algérie durant les années noires, il a été béatifié le 8 décembre dernier à Oran (Algérie) avec dix-huit religieuses et religieux – dont les moines de Tibhirine et Mgr Pierre Claverie.

Il a été décidé d’attribuer une mention spéciale au livre de Neyla Tabbara, théologienne musulmane libanaise, et Marie Malzac, journaliste au quotidien La Croix. L’islam pensé par une femme, paru aux éditions Bayard, propose une lecture spirituelle de l’islam, avec une approche plus féminine et sensible.

Le prix sera remis aux lauréats le vendredi 1er février à Lourdes, à l’occasion des 23èmes Journées internationales Saint François de Sales, par Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen et président du jury.

Le jury présidé par Mgr Lebrun était composé de

  • Roseline Hamel, sœur du Père Jacques Hamel ;
  • Philippine de Saint-Pierre, directrice de KTO ;
  • Christian Makarian, directeur délégué de l’hebdomadaire L’Express ;
  • Jean-Marie Montel, directeur général adjoint Bayard et président de la Fédération des médias catholiques.
Débat entre François Hollande et Mgr Antoine de Romanet
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Le samedi 9 février à 15h, à la salle des Synodes de Narbonne, l’ancien président de la République, François Hollande participera à un débat avec l’évêque aux armées, Mgr Antoine de Romanet, sur le thème : la France, actualité et état des lieux.

Ce débat est organisé par l’association Saint-Just et les Franciscains de Narbonne. Virginie Lavielle, la trésorière de l’association, explique :

“Le thème général de cette rencontre reposera sur l’état des lieux de la France et tout ce qui touche l’actualité”.

“Ce débat se veut avant tout un échange constructif qui s’appuie sur le respect de l’un et de l’autre. La France liée à l’actualité, mais pas seulement, seront abordées également des questions sur l’Eglise, la politique, la vie sociale”.

Olivier Lavielle, le président de l’association Saint-Just ajoute :

“Ces débats, en raison des interlocuteurs, sont d’une grande qualité, ce ne sera pas le rendez-vous de la petite phrase… On ne demandera pas à l’un ou l’autre le prix d’une viennoiserie”.

Mgr de Romanet pourra quand même interpeller l’ancien président sur la loi Taubira dénaturant le mariage.

Source

Message de Noël de Mgr Sylvain Bataille, évêque de Saint-Etienne
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Ces évêques qui ont gardé la foi en la fécondité de l’ambiance des années 1960-1970
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Suite à cet article, un lecteur nous fait part de son commentaire suivant :

A. Vous auriez aussi bien pu intituler votre texte de la manière suivante :

“Ces évêques qui ont gardé la foi en la fécondité de l’ambiance des années 1960-1970,” car j’ai la conviction qu’à partir du début des années 1960, ce n’est pas avant tout le Magistère, ou une partie du Magistère, ce n’est pas avant tout la pastorale, ou une partie de la pastorale, dans l’acception orthodoxe et réaliste de chacun de ces deux termes, mais c’est avant tout une ambiance qui a commencé à naître, puis qui a continué à être profondément et durablement dérégulatrice, au sein du christianisme catholique contemporain.

B. Quels sont les éléments constitutifs de cette ambiance ? Le déploiement de cette ambiance repose sur la prise en compte puis la mise en oeuvre de croyances, d’après lesquelles plus on laisse agir certaines conceptions, certaines paroles, certaines conduites, certaines pratiques, qui ont pour effet de contribuer à l’amputation, à la déformation, à la dénaturation, à la fragilisation, au mépris, à l’oubli, à l’ignorance, à l’occultation, à la déstructuration ou à la détérioration de la conception la plus catholique qui soit des fondements et du contenu du catholicisme, et de la relation la plus catholique qui soit à ces fondements et à ce contenu, et plus on est “authentiquement chrétien”, “vitalement chrétien”, ou “un chrétien adulte”.

C. Ainsi, à une doctrine et à une pastorale catholiques se sont substituées une ambiance et une praxis “conciliaires”, puis “post-conciliaires”, une ambiance et une praxis que l’on considère, aujourd’hui, comme étant “inclusives”, et que l’on considérera, demain, comme étant “synodales”.

D. Et nous sommes aujourd’hui en présence de clercs qui ne veulent presque plus parler et agir en faveur de la connaissance, de la compréhension, de la préservation, de la propagation, de la prise en compte, de la mise en oeuvre, de la réception, de la transmission, du respect et du souci des fondements et du contenu du catholicisme par les catholiques eux-mêmes, mais qui veulent bien continuer à imposer et à infliger aux catholiques les différentes composantes ou dimensions de cette ambiance, qui est à la fois officiellement évangélisatrice et effectivement décatholicisante.

E. C’est pour cette raison

– que nous avons aussi souvent affaire à des clercs catholiques qui ne sont plus des célébrants, au sens strict du terme, mais qui sont des ambianceurs, notamment à l’occasion de tels ou tels rassemblements de jeunes catholiques, propices à du festivisme narcissique en bande organisée,

et

– c’est pour la même raison que nous avons aussi souvent affaire à des clercs catholiques qui ne sont plus des missionnaires, au bénéfice surnaturel et théologal des croyants non chrétiens et des non croyants, mais qui sont des gestionnaires de bonnes intentions, de bons sentiments et de valeurs humanistes, au bénéfice, culturellement et sociétalement correct, des “périphéries confessionnelles” (les religions non chrétiennes) et des “périphéries existentielles” (l’homme et le monde non croyants, indifférents, éloignés ou opposés à la foi catholique et à la morale chrétienne).

F. Ce catholicisme-là n’est pas évangélique, mais est à la fois hyper-adolescent et auto-adulescent, sauf qu’il s’agit d’une hyper-adolescence et d’une auto-adulescence pour ainsi dire interminables, dans le cadre desquelles l’ambiance concernée n’en finit pas de s’auto-célébrer et de s’auto-justifier, en tant qu’ambiance propice à une espèce d’affranchissement, de libération vis-à-vis de tout “surmoi” chrétien, explicitement et spécifiquement informatif, normatif, prescripteur, régulateur, que ce soit sur le plan dogmatique, sur le plan liturgique, sur le plan pastoral ou sur le plan spirituel.

G. Cet affranchissement n’est pas épanouissant, en ce qu’il n’est pas particulièrement propice à l’épanouissement du respect et du souci de la foi théologale, de la loi naturelle, de la vie surnaturelle, des familles chrétiennes, des vocations religieuses, des vocations sacerdotales, au sein de l’Eglise catholique, et cette libération n’est pas libératrice, mais libératoire, en ce qu’elle n’est pas particulièrement propice à la véritable libération des catholiques, au contact et au moyen de ce qu’il y a de plus éclairant et de plus exigeant, notamment dans l’Ancien Testament, dans le Nouveau Testament, chez les Pères de l’Eglise, chez les Docteurs de l’Eglise, et dans le Magistère pontifical, en ce qu’il a d’informatif et de régulateur.

H. On peut très bien aller jusqu’à envisager une volonté d’aller de plus en plus loin, en direction du développement et de la pérennisation de cette ambiance, dans le but de provoquer, non l’excommunication, par des moyens disciplinaires, mais bien plutôt l’auto-excommunication, par des moyens “atmosphériques”, des fidèles catholiques qui essaient d’être et de rester fidèles au catholicisme, puisque cette ambiance a propagé, hier, et propage, encore aujourd’hui, une atmosphère au contact de laquelle bien des fidèles catholiques, qui essaient d’être et de rester fidèles au catholicisme, préfèrent se désengager de telles structures, diocésaines, paroissiales, et se réorienter vers d’autres structures, fortifiantes et nourrissantes.

I. Dans cet ordre d’idées, force est de constater que “le dialogue” et “l’unité” sont, ici ou là, de moins en moins envisageables, avec des clercs catholiques qui, par ailleurs, et bien souvent, n’ont que ces mots à la bouche :

– “le dialogue” est impossible, parce que les catholiques favorables à cette ambiance et les catholiques réfractaires à cette ambiance ne parlent manifestement pas de la même chose, quand ils parlent de tel ou tel élément constitutif du catholicisme (les fondements et le contenu effectifs d’une catéchèse vraiment évangélique, les fondements et le contenu effectifs d’une célébration vraiment eucharistique, etc.),

et

– “l’unité” est impossible, parce qu’il faut vraiment être aveugle et sourd pour ne pas voir et pour ne pas entendre qu’il y a aujourd’hui une espèce de bi-polarisation confessionnelle, au sein du christianisme catholique contemporain, au préjudice gravissime de la plus indispensable unité de ton, culturelle, doctrinale, liturgique, pastorale, morale et spirituelle, à charge, pour les évêques, de gérer une “unité” de plus en plus virtuelle ou factice.

J. Jusqu’où tout cela ira-t-il ? Jusqu’à ce que des docteurs et des pasteurs catholiques commencent à se positionner, explicitement et spécifiquement, d’une manière HEROIQUE, et non conciliaire, ni consensuelle, ni inclusive, ni synodale, dans le cadre d’une incitation à la vigilance et à la résistance, face à cette ambiance, qui a tendance à développer ou à pérenniser le maintien des catholiques à l’intérieur d’une espèce de “chapelle sixties”.

Un Noël d’espérance
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Renoncer à une manière d’être et d’agir épiscopale, dialoguante, consensuelle et suiviste
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Suite à cet appel, un lecteur nous envoie cette réaction :

Cet appel ne sera écouté, puis entendu, par le plus grand nombre possible d’évêques français, que si les évêques français commencent, ou continuent davantage, à se déprendre du catholicisme FGMT : Fade, Gris, Mou, Tiède, face aux erreurs sur Dieu, sur l’Eglise, sur l’homme, sur le monde, auquel nous avons droit, encore depuis le début de l’essouflement de l’européisme (2005) que depuis le début de l’effondrement du communisme (1979).

Ici, il convient que les fidèles catholiques qui essaient d’être fidèles au catholicisme, et qui ne réussissent pas à avoir confiance en telle composante de l’idéologie du dialogue, dans le consensus et dans le suivisme, comprennent pourquoi et comment fonctionnent les évêques français : ceux-ci sont souvent à la recherche d’une locomotive, non tournée vers Jésus-Christ, mais tournée vers “l’avenir”, à laquelle ils espèrent accrocher leurs wagons.

Pourquoi donc avons-nous eu droit, successivement, tout d’abord à des évêques français “communisants”, dans les années 1960 – 1970,  ensuite à des évêques français “socialisants”, dans les années 1980-1990, et enfin à des évêques français “sociétalisants”, dans les années 2000-2010 ?

(Petit rappel : un évêque français “communisant” n’était pas avant tout un évêque français philo-communiste, mais était avant tout un évêque français “anti anti-communiste”, qui considérait en substance qu’il est impossible qu’un catholique anti-communiste par principe, pour des raisons fondamentales, soit “authentiquement chrétien”. Mais alors est-ce à dire que Pie XI et Pie XII n’étaient pas “authentiquement chrétiens” ?)

C’est parce que, dans le cadre de la poursuite de la mise en oeuvre du gaudium-et-spisme post-conciliaire à la française, il est important, pour bien des évêques français, que l’attention aux “signes des temps” soit souvent synonyme de soumission au “sens de l’histoire”, et il est tout aussi important, pour ces évêques français, que les garants et les gardiens du médiatiquement et du mondialistement correct (dont les humoristes politiques, les journalistes politiques, les responsables politiques), qui oeuvrent depuis l’extérieur de l’Eglise, ne puissent dire que rarement que les évêques sont “à contre-courant”, par rapport à telle évolution dominante des mentalités et par rapport à telle orientation dominante de la moralité.

Demander aux évêques français de prendre en compte l’appel qui leur est adressé, notamment, par Marion Duvauchel, revient donc à leur demander de renoncer à une manière d’être et d’agir épiscopale, dialoguante, consensuelle et suiviste ad extra, qui est bien souvent la seule manière d’être et d’agir épiscopale qu’ils conçoivent, connaissent, comprennent, apprécient et approuvent. Et certains d’entre eux ne comprendraient même pas ou, en tout cas, feraient semblant de ne pas comprendre, si des fidèles catholiques leur demandaient d’arrêter de recourir à cette manière d’être et d’agir, laquelle est bien plus consensualisatrice, au préjudice de la caritas veritatis et de la veritas caritatis, que vraiment évangélisatrice en plénitude.

C’est pourtant par cette demande qu’il convient de commencer à interpeller des hommes d’Eglise qui se croient obligés de persévérer, le long de la ligne de vie du catholicisme FGMT, lequel est d’autant plus Fade, Gris, Mou, Tiède, depuis que les artisans et partisans non catholiques de telle mentalité dominante, ainsi que ces hommes d’Eglise eux-mêmes, ne sont plus du tout motivés par telle “grande espérance” d’avant-hier, telle que le communisme puis le socialisme, et sont de moins en moins motivés par telle “grande espérance” d’aujourd’hui, telle que “l’Europe”…

C’est par cette demande de désactivation ou de neutralisation de l’idéologie du dialogue, dans le consensus et dans le suivisme, hier “conciliaire” et, aujourd’hui, “synodale”, qu’il faut commencer à interpeller les hommes d’Eglise, mais, pour cette raison, c’est aussi par cette demande que des fidèles demandent aux évêques de bien vouloir reconnaître, au minimum d’une manière implicite, qu’ils ont été trompés, qu’ils se sont trompés, puis qu’ils ont trompé les fidèles, pendant plus d’un demi-siècle, en leur imposant une conception fallacieuse et tendancieuse de la “pastorale”.

Donc, en fait, on peut comprendre que des évêques préfèrent continuer à gérer le déclin et à suivre telle conception iréniste et utopiste des relations avec les confessions non catholiques, avec les religions non chrétiennes, et avec telles idées dominantes sur l’homme et sur le monde, parce que ce que des fidèles ont bien raison, par ailleurs, de leur demander, est jugé impossible à accorder, nécessiterait de l’héroïsme, et une sortie du déni.

Le pape François veut que l’Eglise catholique soit “en sortie”, mais il ne tient qu’à lui de faire en sorte que l’Eglise soit en sortie, vis-à-vis de ce déni…

Instrumentalisation épiscopale
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Suite à mon article sur Mgr Ravel, un lecteur me signale que j’aurai déformé les propos de l’archevêque de Strasbourg. Or les propos sont ceux-ci :

Je pense à l’instrumentalisation politicienne qui va, par cet attentat, empoisonner à nouveau la vraie question des migrants. Voilà encore un vieux démon.

Je pense à la simplification réductrice de ceux qui voient les religions comme des sources inévitables de divisions. Ils ne manqueront pas de relever le profil du tueur. Voilà encore un vieux démon.

Or, le terrorisme pose le problème de l’immigration. Le faux Strasbourgeois était un vrai Algérien. Ce n’est pas une instrumentalisation politique que de le dire et de souligner le lien entre immigration est terrorisme. Puis, dans l’extrait vidéo, Mgr Ravel sort de son texte pour saluer le président du CRCM et finalement dédouaner l’islam, après avoir évoqué le “profil du tueur”.

Dans son message oecuménique de Noël, Mgr Ravel écrit :

C’est avec l’ombre portée de la tuerie qui a endeuillé Strasbourg le 11 décembre dernier, que nous vous adressons ce message. Au moment où nous préparions à fêter la venue du Christ, prince de la paix, le hideux visage de la barbarie aveugle a frappé la « capitale de Noël », capitale de l’Europe de l’humanisme et des Droits de l’Homme. Vers qui, vers quoi se tourner dans ce désarroi ?

L’humanisme et les Droits de l’homme… Mgr Ravel est devenu préfet de la République… Quant à la barbarie aveugle, elle a un nom : c’est l’islam. Mot interdit quand il s’agit de parler du terrorisme…

N’oubliez pas Jésus à Noël
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Belle communication du diocèse d’Avignon :

Message de Noël 2018 de Mgr Pascal Delannoy
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Message l’évêque de Saint-Denis :

NOËL, LE VERBE S’EST FAIT FRÈRE !

À Noël, Dieu entre en humanité. Il le fait discrètement, sans bruit ni publicité. A quoi bon d’ailleurs ? Cet enfant ne vient pas pour être roi ou empereur, il vient pour être l’aîné d’une multitude de frères. Il ne vient pas pour exercer un pouvoir mais, pour qu’en Lui, tous les hommes soient frères parce que tous sont enfants du même Père. La fraternité ainsi offerte ne s’impose pas, elle se vit ! Pour ne pas l’oublier, nous fêtons Noël ! À Noël, le verbe s’est fait frère ! J’emprunte cette belle expression à Christian de Chergé, moine cistercien, qui fait partie des 19 martyrs d’Algérie béatifiés le 8 décembre dernier.

Depuis plus de 2000 ans, la fraternité, pour nous chrétiens, n’est pas qu’une idée, aussi belle soit-elle, mais elle est naissance qui ouvre le chemin d’une fraternité universelle ! Dès lors, la fraternité chrétienne ne peut se résumer à un ensemble de bons sentiments, ni même à une morale. Elle est invitation à partager ce que nous avons reçu de Dieu, dans le Christ qui est devenu notre frère, pour que nous soyons enfants d’un même Père.

Tout l’Évangile est là pour nous dire que la fraternité s’exprime dans l’attention mutuelle, la bienveillance, la compréhension, la bonté, le don et le pardon… Elle est un combat quotidien, en chacun de nous et dans notre société, entre la méfiance et la confiance, la peur et l’amour, le rejet et l’accueil, la violence et la douceur, la haine et le pardon… Pour gagner ce combat, regardons l’enfant de la crèche et confessons notre foi : nous croyons qu’il est devenu notre frère pour que nous vivions en frères !

À chacun de vous, à vos familles, à tous ceux et celles qui sont nos frères en Christ, je souhaite un joyeux Noël !

Un Noël en gilet jaune ?
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De Mgr Olivier de Germay, évêque d’Ajaccio :

Face à la crise des gilets jaunes, chacun a tendance — et cela se comprend — à interpréter la situation « depuis sa fenêtre » c’est-à-dire à partir de ses propres préoccupations. Sont ainsi dénoncés la diminution du pouvoir d’achat, les inégalités croissantes dans notre pays, l’indécence des salaires de certains grands patrons, l’insolence de certains responsables politiques — parfois corrompus — la détérioration de l’environnement, le manque de mesures efficaces pour y faire face, etc.

Quoi qu’on pense des diverses revendications exprimées dans ce conflit, elles doivent être prises au sérieux dans la mesure où elles traduisent de réelles souffrances et un véritable malaise dans la civilisation, pour reprendre l’expression de Freud. C’est effectivement à ce niveau, celui d’une remise en cause globale de notre modèle de société, qu’il faut se hisser si nous ne voulons pas en rester à quelques mesures provisoires ou à une guerre de tranchée où chacun revendique la mesure immédiate qui va résoudre son problème personnel.

Pour favoriser cette prise de hauteur, l’encyclique du pape François Laudato Si peut être utile. Dans ce texte de 2015, le pape insistait sur la nécessité d’avoir une approche globale de l’écologie. « Paix, justice et sauvegarde de la création sont trois thèmes absolument liés » écrivait-il, ajoutant que « toute approche écologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus défavorisés ».

Le pape est en effet convaincu que « la culture écologique ne peut se réduire à une série de réponses urgentes et partielles aux problèmes qui sont en train d’apparaître ». Nous sommes sous l’emprise d’un « paradigme technocratique » qui pousse l’économie à intégrer chaque avancée technologique dans le seul but d’augmenter le profit. Cette logique conduit à un « surdéveloppement où consommation et gaspillage vont de pair » alors que la misère augmente dans de nombreux pays. C’est pourquoi l’économie et la technologie ne peuvent, à elles seules, apporter une réponse adéquate aux problèmes environnementaux. C’est d’un « regard différent » dont nous avons besoin pour résister « à l’avancée du paradigme technocratique ». Au-delà des mesures urgentes qui demeurent nécessaires, notre monde a besoin de revenir aux questions essentielles qui traversent l’humanité, à commencer par la question du sens. Comment donner un sens à sa vie si notre seul objectif est de consommer et de posséder toujours plus alors que certains meurent de faim et que la planète se dérègle ?

La réponse n’est certes pas évidente, mais l’enjeu mérite que l’on y réfléchisse. Comment repenser l’articulation du droit à la propriété privée avec la destination universelle des biens ? Comment distinguer progrès technologique et progrès pour l’homme ? Comment mettre le génie de l’homme au service de la solidarité et non seulement au service de la croissance économique ? Comment penser une « certaine décroissance dans quelques parties du monde » et favoriser un mode de vie plus sobre ?

N’attendons pas d’avoir la réponse parfaite à toutes ces questions pour agir. La fête de Noël est une excellente occasion de résister à l’emballement du consumérisme, de l’individualisme et de la superficialité, pour reprendre conscience de l’extraordinaire nouvelle : Dieu s’est fait homme. « Lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (2Co 8,9) à Noël, offrons-nous et partageons les vraies richesses !

La Providence ne se moque pas des pauvres
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On a parlé d’abord d’une fronde, d’une grogne, puis d’une « jacquerie », d’une rébellion, d’un état insurrectionnel : Marine Le Pen la première a osé ne pas donner dans l’euphémisme bon teint de la presse médusée et parler d’une insurrection populaire. On a osé le mot de révolution, doucement. On a fait semblant d’être étonné, ou plus rarement de ne pas l’être. La presse a fait son travail  de fripouilles ou de laquais de l’establishment. Et puis, elle a recommencé son inlassable bavardage, son exégèse interminable de discours vains, ses gloses tout aussi vaines et son ressassement pompeux. A présent, elle bavarde autour du terrorisme : dame, il y a des morts et des blessés.

Toujours euphémiques, raison prudentielle oblige, nos Evêques ont parlé de « troubles », insistant bien plus lourdement sur les violences urbaines que sur la violence politique faites à ces populations en révolte ; ils ont invité les catholiques à ne pas jeter d’huile sur le feu (pourquoi, elle bout déjà largement l’huile non ?).

L’Evêque du Havre, qui s’est exprimé, a demandé benoîtement à ces hommes, ces femmes rassasiés d’iniquité de resituer leurs attentes dans une perspective globale. Pour lui, il y a urgence pour le maintien des engagements de la COP 21. Cet Evêque de la Réconciliation générale et du Débat généralisé a enjoint les catholiques à ne pas « bouder » la proposition du gouvernement d’initier des débats décentralisés dans les divers territoires, avec les Elus, les organisations syndicales, les associations, ainsi que les citoyens qui voudront y prendre part. Et devinez avec quoi on va y aller à cette grande fête du débat national : avec l’enseignement du pape François dans l’encyclique machin. Car le pape selon lui, fournirait les moyens de dépasser l’opposition contre-productive entre l’action pour la transition écologique, nécessaire pour sauver la planète, et l’action pour garantir le pouvoir d’achat, aussi nécessaire pour assurer plus de solidarité et davantage d’équité dans les moyens de vivre.

Mieux encore, le conseil permanent de la Conférence des Evêques, emboîtant le pas à Mgr Brunin, a lancé une invitation. La démocratie manquerait de lieux d’échange et de réflexion qui pourraient permettre l’émergence à une large échelle de suggestions positives élaborées ensemble. Ah bon ? L’affaiblissement de nombreux partis politiques et un recul significatif de l’engagement syndical contribuent à ce déficit. Où nos concitoyens trouveront-ils des lieux appropriés pour ce travail si urgent ? C’est sûr que c’est l’urgence. Mais oui, où ? Mais dans nos paroisses bien sûr. Quelle offre généreuse…

Tous ceux qui ont vu, écouté les gilets jaunes l’ont compris, – même Emmanuel Macron  – que ce qu’ils veulent, ce sont des actes, des décisions en leur faveur. Eh bien, nos Evêques de France, toujours d’une rare perspicacité, eux, ils pensent qu’il faut mettre les paroisses à disposition pour qu’il y ait des lieux de débat. Ils veulent faire grandir la fraternité. Ils ont même proposé des pistes de réflexion d’une ingénuité rare et d’une confondante naïveté sous la forme de cinq questions dont je restitue la plus merveilleuse : Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

On en a été bassiné depuis des semaines des causes du malaise social, on a eu des soirées entières sur le phénomène des gilets jaunes, sur toutes les chaînes ou presque, et à part les prélats, nul ne les ignore plus : l’islam arrogant, meurtrier et coûteux, l’immigration désordonnée, l’option mondialiste et la dématérialisation systématique. Sans parler de la somme d’iniquités générées par ces choix monstrueux, dévastateurs et d’une méchanceté inouïe.

Il n’est nul besoin d’être grand prophète pour voir que notre pays s’effondre et que cet effondrement n’a rien d’économique. Ce à quoi on assiste, c’est à l’effondrement d’une culture, d’une religion, d’une civilisation, ce qui implique une certaine manière d’être au monde, de croire, d’entendre sonner les cloches, de chanter des chansons paillardes, de réparer les églises, de se chamailler, de se retrouver le dimanche, au bistrot ou sur le parvis de l’église, de prier et d’espérer, de construire des solidarités fragiles, toujours précaires, d’aimer aussi, d’aimer le prochain, pas toujours très bien : le voisin de pallier, le cousin de province, le collègue de travail, le copain avec qui on fait du foot, celui qui a aidé à poser des étagères et dont on a été témoin pour son mariage. Tout cela construisait des solidarités partagées et les construit toujours, car tout cela est la vie vécue de la plupart des gilets jaunes. Dans leurs terroirs respectifs, là où les agriculteurs survivent ou se pendent dans leur grange, pendant qu’on nous bassine avec le bien être animal, là où des hommes et des femmes doivent prendre leur voiture pour déposer leurs enfants à l’école, faire des courses, et aller travailler.

Ce monde ancien a disparu de nos villes, en particulier de Paris, asile de bobos de gauches qui croient ou font semblant de croire que le mondialisme c’est l’avenir et que les migrants vont s’intégrer par l’opération du Saint Esprit.

Le monde qui vient ne saurait en aucune manière le remplacer ce monde ancien qui était encore un peu chrétien, un peu inspiré, solidement incarné, où l’on se combattait loyalement, où l’on aimait ce qui dure, où l’on hésitait à changer trop vite, parce que ce monde de la permanence, on l’aimait. Cette France ancienne devait se réformer, se convertir, mais cette véritable liquidation sur double fond d’immigration folle et de mondialisme enragé de technologie inutile ne fait qu’ouvrir sur un vide sidéral. C’est un monde vide de sens que l’on propose aux jeunes, un monde vide d’histoire, vide de Dieu, qui n’ouvre aucun horizon, ni temporel ni spirituel. Le mondialisme est la vaine chimère fabriquée par des élites assoiffées d’argent et de pouvoir auxquelles se sont aliénées les parvenus des technologies de pointes, avec la complicité active de nos Eglises, devenues stupides à force d’inintelligence, de rejet de leur patrimoine culturel, de mépris de leur tradition. Car c’est là le mystère des mystères, que nos Eglises se soient aliénées à pareilles stupidités. Jusqu’à inventer une nouvelle idole : l’écologie planétaire.

La violence politique n’est pas nouvelle, c’est Machiavel qui l’inaugure comme une sorte de fait contre lequel il serait stupide de lutter, mais elle a atteint un sommet d’hypocrisie et de mensonge. On a cassé les vitrines de Champs-Elysées ? Le lendemain, elles ouvraient de nouveau. Dans le monde des gilets jaunes, quand les maisons sont inondées, quand ils sont cambriolés, il faut lutter des semaines pour que les assurances remboursent.

La plupart de ces gilets jaunes sont indifférents à ce qui mobilise la classe politique française et ces fameux corps intermédiaires qui ne représentent plus personne et que l’Evêque du Havre veut ressusciter, le pauvre homme; ces hommes et ces femmes choisissent un conjoint ou une conjointe, parce que c’est dans la ligne des choses, parce que c’est anthropologique d’abord ; ils n’aiment pas l’islam mais ils ont toujours un copain Momo ; ils n’aiment pas l’homosexualité mais ils en admettent l’existence, sans trop y réfléchir parce qu’ils n’en ont guère le loisir; en matière d’éducation, ils commencent à réaliser que l’école est en train de dépraver leurs enfants sans leur permettre de monter dans l’échelle sociale ; pour beaucoup d’entre eux, leurs enfants ont fait l’objet de persécutions ou de harcèlement, et la réponse de l’école consiste non pas à les protéger mais à leur apprendre à se protéger, dès 8 ans. La plupart de ces gilets jaunes ont une famille, rarement recomposée, parce que pour cela, il faut de l’argent, et eux de l’argent, ils n’en ont pas. Ils restent en dehors de ces grands débats qui constituent les pierres d’angle de ces Lobbies pathétiques qui ont imposé le pire dans nos écoles avec la complicité passive de nos Eglises. Les gilets jaunes vivent dans un monde incarné, et ils entendent bien continuer. Ils ont raison, car l’incarnation est la réalité humaine essentielle, fondamentale, première. Nous autres chrétiens, nous en avons même fait un dogme. Un Dieu fait homme, un Dieu qui a pris chair. C’est cette dimension incarnée que le mondialisme veut détruire, et que l’immigration nous rappelle avec violence, car ces hommes qui arrivent, il faut les nourrir, les loger, les soigner. Dans la durée.

Les violences faites à ces hommes et à ces femmes ne sont pas seulement économiques. La plus grave de ces violences, c’est le mensonge. Mensonge institutionnalisé, dans nos écoles, dans nos débats, dans notre nouvelle anthropologie, et jusque dans nos Eglises. Le dernier appel de la Conférence des Evêques en donne encore un signe éclatant. Qu’espère t-on ? Redorer nos paroisses vides ?

Il n’est nul besoin d’avoir lu le Gorgias pour savoir qu’il y a des conditions au dialogue et que ces conditions n’y sont plus depuis longtemps. Et que la première de ces conditions, c’est la vérité. Dieu dit vrai, vrai est sa parole, vrai sa promesse, souveraine sa sagesse. Et sa promesse est promesse de salut.

La langue de nos Evêques est à pleurer:

« Prendre part activement à la construction d’une vision partagée du bien commun et à la prise de conscience d’une communauté de destin sans lesquelles il ne peut y avoir de société juste, pacifiée et fraternelle »…

Croit-on que nous avons besoin de débat dans les paroisses pour prendre conscience d’une communauté de destin ? Au niveau mondial et avec nos délicieux migrants musulmans qui veulent très clairement une société juste et pacifiée ?

Les gilets jaunes ont manifesté avec éclat qu’ils ont une vision partagée sinon du bien commun du moins de l’injustice qui leur est faite et qui est faite à leurs enfants.

Ces propos ne font que témoigner d’une imposture de plus et signer la lâcheté, l’incurie,  l’incompétence en matière politique de nos Evêques, et pire, leur apostasie molle mais vraie, comme leur mépris foncier de tous ceux qui ont exprimé, bien maladroitement le plus souvent, bien plus qu’un malaise social.

Avez-vous vu dans les pôles emplois ce qui est proposé aux jeunes, les enfants de ces hommes aux gilets jaunes, pas aux enfants des officiers de marines, des médecins, des cadres, ou des enseignants. Non, aux enfants de ces hommes en gilets fluo. Et vous osez parler d’une communauté de destin, d’une société juste, pacifiée et fraternelle ?

La Providence ne se moque pas des pauvres Messieurs les Evêques de France. La Providence ne se moque pas des Pauvres.

Mgr Noyer n’aime pas les Gilets jaunes
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Mgr Noyer, c’est l’évêque émérite d’Amiens. D’un côté, il doute de la Résurrection, de l’autre il voit les islamistes au paradis.

Mais cette fois, il s’en prend aux Gilets jaunes, qui sont, selon lui, des pourris gâtés. On reconnaît là les évêques des années 60, toujours loin de leurs ouailles. Alors il propose de ne pas fêter Noël.

Dimanche 2 Décembre 2018, au petit matin

J’ai trouvé ! J’ai trouvé ce que l’Eglise de France devrait dire devant cette insurrection des fins de mois que nous connaissons. Elle devrait annoncer qu’on ne fêtera pas Noël cette année. Le 25 décembre sera un jour comme un autre. Rien dans les églises : pas d’office, pas de crèche, pas d’enfants. On va revenir aux dimanches ordinaires car l’Avent n’aura pas lieu.

Elle dira que notre peuple n’est pas dans un état d’esprit qui lui permet de fêter Noël. Le cri de désespoir qui le traverse est incompatible avec le mystère de Noël, avec l’espérance de l’Avent, avec l’accueil d’un enfant étranger.

Je suis peut-être vieux jeu mais je me souviens des Noël de mon enfance. Il n’y avait pas que les fins de mois qui étaient difficiles. Mais à Noël on oubliait tout pour se réjouir de ce qu’on avait. Les familles les plus modestes se retrouvaient avec le peu qu’elles avaient. Dans la nuit, les pauvres se sentaient riches du toit sur leur tête, du repas amélioré de leur assiette, de la bûche supplémentaire qui chauffait la maison et surtout de la chance d’avoir un papa, une maman, des frères et sœurs qui s’aimaient. On échangeait des petits riens qui étaient pleins de choses. On allait voir le Jésus de la Crèche, l’enfant démuni, étranger, dont la seule richesse était l’amour que nous lui manifestions. Et on prenait conscience qu’il y avait plus pauvres que nous, des ouvriers sans travail, des enfants sans papa, des familles sans maison. Et s’il restait un peu de gâteau on allait en donner une part au voisin malheureux.

Qu’on rappelle à notre société qu’il y a des pauvres qui ont difficulté à vivre, voilà qui va bien à Noël. Qu’on dise aux nantis que les pauvres ont des droits, qu’on redise le projet d’un monde plus juste pour tous, voilà qui s’accorde bien à Noël.

Mais ce que j’entends, n’est pas l’amour des pauvres, le souci de ceux qui n’ont rien, l’amour qui appelle au partage et à la justice. J’entends une population qui a peur de devenir pauvre, une population qui n’aime pas les pauvres. Tout le monde se dit pauvre pour avoir le droit de crier ! Les pauvres riches sont obligés de quitter le pays puisqu’on les gruge. Les pauvres pauvres ferment leur maison à plus pauvres qu’eux. J’ai connu un pays pauvre qui se pensait assez riche pour accueillir le pauvre. Je vois un pays riche qui se dit trop pauvre pour ouvrir sa porte à moins riche que lui.

Voilà sans doute bien des années que Noël est devenu le lieu de cette mutation. On invite l’enfant à désirer tous les biens de la terre et il se croit tout puissant jusqu’au moment où la limite de l’appétit ou de l’argent va faire de lui un frustré. On voulait en faire un riche comblé et il se retrouve un pauvre déçu.

Le Père Noël est devenu beaucoup trop riche et ne peut plus s’arrêter à l’étable où vient de naître l’Enfant-Dieu. Il me vient l’envie de lui arracher la barbe et de bloquer son traîneau au carrefour ! Pardon, je deviens violent. Empêchez moi de faire un malheur !

La prose pompeuse de l’Evêque du Havre sur les événements sociaux
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Parmi les réactions de nos Evêques aux événements sociaux récents et en particulier à ce phénomène singulier dit « les gilets jaunes », il faut relever le propos de Mgr Brunin, au titre évocateur :

Donner ses chances au dialogue citoyen.

L’évêque du Havre maîtrise la rhétorique et il ouvre son affaire par une tournure concessive (en substance, « certes, il y a la pauvreté, le sentimentd’exclusion sociale, mais il ne connaît pas l’art de la transition : c’est le poids des prélèvements fiscaux et les difficultés de boucler les fins de mois dans beaucoup de familles, qui génèrent ce mouvement de désespoir et de colère. (même pas de « mais ») Nous ne pouvons accepter les violences, verbales ou physiques, celles qui portent atteinte à l’intégrité physique des personnes (manifestants et membres des forces de l’ordre) et des biens…

Bon, il est inacceptable de détruire et de piller.

Moyennant quoi on nous invite à ne pas jeter de l’huile sur le feu. Pourquoi on voudrait jeter de l’huile sur le feu ? Elle y est déjà.

En réalité le propos du Monseigneur n’est pas du tout d’essayer de porter un regard un peu vrai sur un sujet difficile, mais de faire la publicité des documents officiels de l’Eglise catholique, à commencer par celui des évêques de France, à l’automne 2016, – Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique – : ils s’étaient alors prophétiquement réunis pour pondre ce modèle de prose inventive et pour faire le constat d’une société où on ne se supporte plus, où on perd le sens du dialogue et du débat. Ça s’appelle l’argument d’autorité. Moi personnellement, c’est un argument qui ne me fait ni chaud ni froid.

Il y a une détresse sans nom qui a jeté les hommes dans la rue, et beaucoup d’hommes (et de femmes), il y a une paupérisation dénoncée par des partis tenus pour indignes, – c’est de la récupération paraît-il. Oui, et alors ? si c’est vrai, qu’est-ce que ça fait que ce soit Marine Le Pen qui le dit?

« Nous nous révélons trop souvent incapables de resituer nos attentes individuelles dans une perspective globale qui, seule, permettra une juste vision du bien commun ».

Et on demande benoîtement à des hommes, des femmes qui n’en peuvent plus de taxes, d’impôts, de sentiment d’injustice, de resituer leurs attentes dans une perspective globale.

Et cette perspective, on la connaît: l’immigration et le mondialisme.

Que prône t-il donc ce digne prélat du Havre? La justice pour les hommes en gilets jaunes ? Mais pas du tout… Il souhaite prophétiquement le retour descorps intermédiaires dans les événements que nous traversons, dont l’absence se fait sentir cruellement en ces temps de troubles.

A ces gilets jaunes qui sont descendus dans la rue parce qu’ils ne sont pas représentés, pas entendus, méprisés au point qu’on leur montre l’autre côté de la rue où paraît-il, on trouve du travail, le prélat du Havre explique qu’ils ne sont pas habilités à se faire entendre. En substance, ces pauvres nuls, qu’ils rentrent chez eux, on va s’occuper de politique à leur place.

« Sans les corps intermédiaires, les solidarités ne peuvent que s’étioler ou se reconstruire de façon catégorielle ou, pire encore, instaurer l’anarchie, la violence et la loi du passage en force ».

Le 7 décembre au soir, les routiers annonçaient une grève générale. Le lendemain, la grève était annulée. Pourquoi. Parce qu’ils avaient obtenu ce qu’ils voulaient. L’Etat a eu si peur qu’il a reculé, mais en silence, et la presse s’est tue.  C’est que ces routiers eux, sont fort bien représentés. Ils sont un corps intermédiaire.

Notre Evêque de la Réconciliation générale et du Débat généralisé nous enjoint de ne pas « bouder » la proposition du gouvernement d’initier des débats décentralisés dans les divers territoires, avec les « Elus, les organisations syndicales, les associations, ainsi que les citoyens qui voudront y prendre part. Et d’encourager les fidèles à y aller. Ce seront des lieux importants pour définir les modalités d’un système fiscal plus juste, un développement économique plus inclusif, mettant au centre le souci de l’homme avant le profit financier. En écrivant ce texte d’anthologie, Monseigneur Brunin ignorait sans doute alors qu’une partie des maires de France avaient rencontré le Président Macron, et que ce « dialogue » n’avait pas été un grand moment consensuel pour lui. Quelqu’un le plaint ?

On va donc se regrouper tous ensemble et définir un système fiscal plus juste. Il les a vu les économistes, se battre comme des sauvages sur les plateaux télévisés à propos de la fiscalité ? Et quand ils ne se battent pas, certains nous présentent la question tranquillement, paisiblement, en disant clairement qu’il y a des solutions, mais que l’Etat ne veut pas les prendre. Ou d’autres continuent de dire que gilets jaunes ou pas, il y a les 3% mythiques, insurrection ou pas. On sait qui les gouverne, ceux-là.

Finissons en avec cette prose verbeuse et inconsistante, il n’est plus question de gilets jaunes, de pauvreté, d’exclusion sociale, il s’agit de veiller à ce que les débats abordent les modalités de lutte contre le réchauffement climatique et le respect de l’environnement naturel. (…)  les dialogues engagés doivent consentir à définir le sens de ce que nous voulons construire ensemble, à partir de références théoriques et éthiques. Celles-ci peuvent être fournies par les corps intermédiaires (analyses et projets des partis politiques, des organisations syndicales, des associations…), mais aussi par les citoyens.

Les références théoriques et éthiques des corps intermédiaires. J’aimerais qu’on m’explique. On va revenir aux théories du trotskisme léniniste ? Aux propositions de Thomas Picketty ?

Alors, nous autres chrétiens, avons-nous un rôle à jouer ? Mais oui, même qu’il revient à l’Eglise (entendre l’Episcopat) d’inviter et de mobiliser les chrétiens et toutes les personnes de bonne volonté, à prendre part activement à la construction d’une vision partagée du bien commun et à la prise de conscience d’une communauté de destin sans lesquelles il ne peut y avoir de société juste, pacifiée et fraternelle.

Et devinez avec quoi on va y aller à cette grande fête du débat national : avec l’enseignement du pape François dans l’encyclique machin. Car le pape fournit les moyens de dépasser l’opposition contre-productive entre l’action pour la transition écologique, nécessaire pour sauver la planète, et l’action pour garantir le pouvoir d’achat, aussi nécessaire pour assurer plus de solidarité et davantage d’équité dans les moyens de vivre.

Là-dessus, pour le coup, notre fin dialecticien devient enfin clair. La transition énergétique doit maintenir les engagements de la COP 21. Et même il y a urgence !

Pour les pauvres gens, on a tout le temps d’organiser des débats sans issue, mais pour la COP 21/24, là, faut se bouger. Avec l’Encyclique écolo…

Le pauvre homme.

Il n’est nul besoin d’avoir lu le Gorgias pour savoir qu’il y a des conditions au dialogue et que ces conditions n’y sont plu depuis longtemps. Et que la première de ces conditions, c’est la vérité.

Monsieur l’Evêque du Havre, voici ce que vous dit la laïque que je suis : cette dialectique fumeuse signe votre lâcheté, votre incurie, votre incompétence en matière politique et votre mépris foncier de ceux qui ont le sentiment de ne pas participer au festin. Oh, pas celui des noces de l’Agneau, grâce aussi à votre incurie dans ce domaine ils n’en ont cure, je parle du festin de l’espérance temporelle des hommes : un frigidaire plein, avec de bonnes choses ; un avenir pour leurs enfants, et des écoles expurgée de la politique indigne de Mme Schiappa; une petite épargne pour partir en vacances, faire un projet, rêver… et surtout le sentiment qu’on ne se fiche pas de vous avec cette vision à la noix de la Planète et les migrants qu’il faut accueillir, parce que l’ONU en a décidé ainsi.

Faut-il rappeler l’état de notre société, dont l’effondrement est d’abord culturel avant d’être économique. En matière d’éducation, la théorie du genre et l’arabisation, un illettrisme grandissant,  une filière L déclassée pour ne pas délitée ; en matière fiscale, une taxation sans précédent ; en matière d’éthique sexuelle, l’avortement remboursé au lieu de venir en aide aux femmes pour que leur enfant naisse et soit accueilli. Mais ça coûterait beaucoup plus cher… Que croyez-vous qu’ils pensent de nous, dans les pays où la morale est restée quelque peu traditionnelle ? Que croyez-vous qu’ils ont pensé d’un président posant de manière équivoque avec deux jeunes noirs dont l’un fait un signe d’une évidente obscénité ? Après le président Hollande qui nous a ridiculisé, un président qui nous fait honte.

La plupart de ces gilets jaunes mènent une vie simple. Ils ont une famille, rarement recomposée, parce que pour cela, il faut de l’argent, et eux de l’argent, ils n’en ont pas. Ils restent en dehors de ces grands débats qui constituent les pierres d’angle de ces Lobbies pathétiques qui ont imposé le pire dans nos écoles.

La violence de ces gilets jaunes (qui reste largement – mais pas seulement – celle des jeunes casseurs des banlieues, qu’on reconnaît à leur sweat à capuchon et à leur accent sur les vidéos) apparaît intolérable à ce digne prélat, qui n’a qu’une vision d’une insigne pauvreté à proposer, une vision destructrice de tout ce qui est incarné dans nos existences humaines : le voisin de pallier, le cousin de province, le collègue de travail, le copain avec qui on fait du foot, celui qui a aidé à poser des étagères. Tout cela construisait des solidarités partagées et les construit toujours, car tout cela est la vie vécue de la plupart des gilets jaunes. Dans leurs terroirs respectifs, là où les agriculteurs survivent ou se pendent dans leur grange.

Les violences ne sont pas seulement économiques. La plus grave de ces violences, c’est le mensonge. Mensonge institutionnalisé, dans nos écoles, dans nos débats, dans notre nouvelle anthropologie, et jusque dans nos Eglises.

Car ces hommes et des femmes sont souvent baptisés, et seront enterrés dans les Eglises : mais entre deux ?

C’est la question que pose Mgr Ginoux, qui lui, a enfilé le fameux signe de ralliement pour aller faire ce que devrait faire Mgr Brunin : aller parler aux et avec les gilets jaunes. Ça lui remettrait peut-être les neurones en place, manifestement, les siens manquent de quelques solides connexions.

Mgr Ricard : notre vie démocratique ne sortira pas indemne de cette crise
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Suite aux derniers développements du mouvement des « Gilets jaunes », Mgr Ricard publie le 10 décembre un communiqué :

L’heure est au dialogue, aux propositions constructives et audacieuses, peut-être un « grenelle social »

La taxe sur les carburants a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Cette mobilisation des gilets jaunes est en fait l’expression d’un mécontentement beaucoup plus profond qui touche des catégories de personnes qui ont plus de mal à vivre et qui ont l’impression que l’on demande aux plus modestes des sacrifices de plus en plus difficiles à supporter. Ce ne sont pas tant les exclus, les Rmistes ou les chômeurs qui sont dans la rue mais d’autres catégories sociales : classes moyennes à faible revenu, retraités, agriculteurs, auto-entrepreneurs, artisans, femmes seules avec enfants, jeunes adultes en recherche d’emploi, personnes dont le logement est loin du lieu de travail.  Ils ont l’impression que ce qui leur reste pour vivre, le « reste à vivre », diminue de plus en plus. Ils aspirent à une politique du « pouvoir de vivre ».

Beaucoup ont un sentiment d’injustice et d’exclusion. Ils pensent que ce gouvernement a favorisé les riches en faisant payer les plus modestes. La suppression de l’ISF est devenue emblématique de cette politique. Ils se sentent méprisés par ceux qui nous gouvernent.

Mais tout cela s’exprime sur fond de colère, avec le sentiment de ne pas avoir été entendu par le pouvoir politique. Peut-être « écouté » mais pas entendu.

Ce qui est inquiétant dans cette mobilisation, c’est que c’est un mouvement populaire qui a récusé les médiations syndicales et politiques traditionnelles mais qui a du mal à se donner des représentants et des interlocuteurs mandatés. Il est difficile de négocier avec une foule. Une telle situation de révolte est la porte-ouverte à la surenchère et au désir d’en découdre. Nous sommes face à la violence, une violence portée par les casseurs, mais avec une tacite approbation d’un certain nombre de gilets jaunes (« On n’est pas pour mais c’est la seule manière de se faire entendre »). Dans l’histoire, cette violence peut déboucher sur l’anarchie, la terreur ou, par réaction, sur un appel à un pouvoir autoritaire. Une telle « jacquerie » ne mène à rien. La politique du chaos doit être combattue. Mais le gouvernement aurait tort de ne dénoncer que la violence. En tout cas, il revient aux gilets jaunes de se donner une représentation ou des voix autorisées car la violence ne saurait se substituer à une capacité stratégique défaillante.

Entendons dans ce mouvement la profonde demande de justice sociale et fiscale qui s’exprime. Beaucoup de français le pressentent. Les organismes caritatifs avaient alerté sur la précarisation de plus en plus accentuée de certaines catégories sociales. Sans grand succès. Aujourd’hui le problème est posé avec force. L’heure est au dialogue, aux propositions constructives et audacieuses, peut-être un « grenelle social ». Il faut écouter et répondre à cette désespérance sociale qui s’exprime en révolte. Le président de la République et le gouvernement y jouent leur avenir. Mais notre vie démocratique ne sortira pas indemne de cette crise. Tout dépendra de la façon dont notre pays la résoudra.

Eglise de Laodicée…
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Suite au communiqué de Mgr Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, l’un de nos lecteurs a écrit à l’évêché :

Bonjour et bon dimanche,

A. Voici ce que je viens de lire :

Le communiqué de Mgr Jachiet dans le désert…

B. Merci beaucoup pour tout correctif ou pour tout démenti :

– pour tout correctif,

a) compte tenu du fait qu’il n’y a presque aucune “nation européenne économiquement préservée”, actuellement, en Europe occidentale (sauf peut-être dans telle île, nation ou principauté synonyme de paradis fiscal),

et

b) compte tenu du fait qu’il n’y a presque aucun “Etat nanti”, aujourd’hui, en Europe occidentale : ils sont tous confrontés à de l’endettement et à des engagements financiers synonymes de quasi faillite ;

ou

– pour tout démenti, si jamais il apparaît que ce communiqué de Mgr Jachiet n’est pas un authentique, un véritable communiqué de Mgr Jachiet.

C. Pour ma part, alors que nous en sommes à dix années de fragilisation des économies et des sociétés, depuis septembre 2008, je n’ose imaginer qu’un évêque un tant soit peu informé sur l’état réel de l’économie et de la société, en France et chez nos voisins européens, ait pu écrire que nous sommes en présence de “nations européennes économiquement préservées” et “d’Etats nantis”, et je vous remercie vivement de bien vouloir me rassurer, et de bien vouloir me confirmer que ce communiqué officiel a été imaginé par ceux qui en font état, sur internet, depuis le 07/12/2018.

D. Je profite de ce message et de cette occasion pour vous préciser ou vous rappeler ce qui suit.

1. Ce n’est pas parce que les “nations européennes” sont apparemment “économiquement préservées”, par rapport à bien des nations d’Amérique centrale, d’Amérique du sud, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, qu’elles sont réellement “économiquement préservées”, depuis septembre 2008, et c’est précisément parce que ces “nations européennes” ne sont pas “économiquement préservées” que nous avons droit, ici ou là, à telle ou telle mobilisation populaire, souvent jugée, à juste titre ou non, “populiste”, contre les élites bénéficiaires, partisanes et promotrices de la mondialisation, DONC AUSSI de la paupérisation des économies et des sociétés européennes, notamment en ce qui concerne l’ensemble des classes moyennes.

2. Au sein de l’Union européenne en général, et de l’Union économique et monétaire en particulier, les Etats sont, presque tous, non des “Etats nantis”, mais des Etats en faillite ; renseignez-vous le mieux et le plus possible : si la BCE ne se comportait pas comme elle se comporte, depuis mars 2015, presque tous les “Etats nantis” de la zone Euro auraient “sauté”, l’un après l’autre, y compris l’Allemagne, je répète : y compris l’Allemagne, car la soumission des économies, des sociétés et des Etats au capitalisme financiarisé, à laquelle nous avons droit, au moins depuis le début des années 1990, ne peut que finir par conduire les Etats, mais aussi bien des entreprises et bien des particuliers, jusqu’à la quasi faillite.

(En ce moment, l’une des banques les plus dangereuses du monde est la Deutsche Bank, or il suffirait qu’elle “saute” pour que l’Allemagne “saute”…)

E. D’une manière générale, je souhaite que les évêques commencent, ou plutôt continuent davantage, à être orthodoxes, dans le domaine de la foi catholique et de la morale chrétienne, ET à être réalistes, en ce qui concerne l’économie et la société, et je les incite donc à dire oui, bien sûr, au réalisme, DONC non, bien sûr, à l’immigrationisme, qui est médiatiquement et mondialistement correct, et qui n’est pas, bien sûr, “évangélique”.

F. De même, je souhaite que les évêques commencent, ou plutôt continuent davantage, à mettre en avant et en valeur, en eux et autour d’eux, une encore plus grande aptitude à la réflexion personnelle, orthodoxe ET réaliste ; en effet, ce n’est pas parce qu’un pape, quel qu’il soit, se soumet à la tentation de “l’immigrationisme bien intentionné”, ou donne l’impression qu’il le fait, qu’il faut commettre la même erreur, apparente ou effective.

G. Au contraire, l’infaillibilité pontificale n’étant pas ici de mise, il convient que les évêques soient non seulement avant tout orthodoxes, dans les domaines qui nécessitent un point de vue avant tout orthodoxe, mais aussi avant tout réalistes, dans les domaines qui nécessitent avant tout du réalisme, et Dieu sait qu’il convient d’être avant tout réaliste, et non, bien sûr, européiste, humanitariste, immigrationiste ou mondialiste, dans le cadre de l’analyse des fondements et du contenu de l’organisation, du fonctionnement, de l’évolution et de l’orientation de l’économie et de la société.

H. Certes, je n’ignore pas que “l’idéologie du dialogue, dans le consensus et le suivisme”, à laquelle nous avons souvent droit, au moins depuis le début de l’après-Concile, sous Paul VI, conduit souvent les hommes d’Eglise à ne pas distinguer clairement et fermement entre ce qui est orthodoxe et ce qui est hétérodoxe, dans les domaines dans lesquels cette distinction est de mise, et à ne pas distinguer clairement et fermement entre ce qui est réaliste et ce qui est irréaliste, dans les domaines dans lesquels cette distinction est de mise.

I. Mais justement, il devient urgent et vital de commencer, ou de continuer davantage, à prendre de saines et de saintes distances, vis-à-vis de cette “idéologie”, qui fonctionne notamment à l’autocensure et à l’unanimisme, mais aussi au contournement et au dépassement des connaissances qui contribuent à un point de vue orthodoxe et/ou réaliste, souvent au profit d’un irénisme et d’un utopisme consensuels ad extra assez attiédissants.

J. Je sais bien que c’est non seulement une partie du Concile lui-même, mais aussi une grande partie de l’après-Concile, qui a transformé bien des clercs en des partisans de la transformation de l’Eglise catholique en une “Eglise de Laodicée”, face aux erreurs sur Dieu et face à l’esprit du monde (notamment en ce qui concerne l’économie et la société), mais ce n’est pas une raison pour que les clercs d’aujourd’hui et de demain soient eux-aussi des partisans de cette transformation, par le dialogue, dans le consensus et le suivisme, aussi bien intentionnée cette transformation soit-elle.

https://www.aelf.org/bible/Ap/3

Je vous remercie vivement pour votre bienveillance et votre compréhension, au contact de ce courriel, et je vous souhaite un bon dimanche.

En union de prière,

un catholique parmi d’autres.

Mgr Ginoux dénonce l’autorité politique, beaucoup trop soumise au pouvoir de la finance
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De Monseigneur Bernard Ginoux, évêque de Montauban :

Aux Catholiques et aux habitants de Tarn-et-Garonne qui souffrent de l’injustice sociale.

« Rendre leur dignité aux travailleurs »

A trois semaines de la Nativité, c’est-à-dire de Noël, de la venue de Dieu parmi les hommes, ce Dieu que je prie, que je sers, et qui m’aime me dit qu’il s’est fait proche de chaque personne humaine, qu’il aime chacun et veut le biende tous. Aussi je veux porter ce message à vous qui vous sentez écrasés, méprisés, humiliés par un système économique et politique où l’être humain est rejeté au nom du profit et de l’argent. La première violence vient des situationsqui, dans la vie économique et politique, attentent à la dignité de la personne, à la justice et à la solidarité.

L’Eglise Catholique a développé depuis le XIXème siècle une pensée sociale que réactualisent sans cesse les prises de position des papes contemporains. Le pape François, reprenant Jean-Paul II, écrit : « Dieu a donné la terre à tout le genre humain pour qu’elle fasse vivre tous ses membres, sans exclure ni privilégier personne » (Laudato Si, n°93). Pour cela, le travail exercé permet à la personne d’avoir un espace de valorisation, de participation au bien commun, un moment où elle se trouve elle-même. Le chômage durable abîme la personne et nécessairement cause un sentiment d’injustice. De la même manière quand des activités contraignantes comme le travail de la terre ou à l’usine ne permettent plus d’en vivre il y a une atteinte à la dignité du travailleur. Trop de personnes aujourd’hui en France, ne peuvent vivre dignement du fruit de leur travail : c’est injuste ! Le travail humain, écrivait Jean-Paul II, « ne concerne pas seulement l’économie mais implique aussi et avant tout des valeurs personnelles » (Laborem Exercens). Quand des retraités voient leurs enfants et leurs petits-enfants subir le chômage ou devoir accepter un travail mal rémunéré ou n’être pas traités selon leurs droits légitimes, comment ne pas s’émouvoir ? Comment ne pas demander justice ? Dans un passé récent, l’entraide familiale pouvait encore jouer mais les plus petits revenus sont les premiers touchés par les mesures économiques présentes. La situation de beaucoup de personnes âgées se dégrade régulièrement. Beaucoup ne peuvent envisager de payer 2 000 euros par mois (en Tarn-et-Garonne) une pension en maison de retraite. Or ces personnes ont travaillé toute leur vie.

Qu’est-ce qui pousse aujourd’hui nos anonymes Gilets Jaunes à crier leur souffrance ? C’est de voir une société de plus en plus livrée au profit, à la rentabilité, à la performance. Le « petit » n’a plus sa place, le peuple est victime de ce que le pape François nomme la « culture du rebut ». La pensée sociale chrétienne nous rappelle que la recherche du bien commun est aussi la recherche du bien des personnes. Par le travail, l’être humain assure la nourriture pour lui et sa famille, prend sa place dans la société et donc dans la relation aux autres, réalise ses capacités et contribue à transformer le monde. L’être humain n’est pas une machine au service d’un système économique. La crise que nous vivons vient essentiellement du manque d’humanité de nos sociétés technocratiques.

Il est nécessaire de refonder la relation entre le travail et le capital, de rendre à nos concitoyens un moyen de participation aux décisions économiques et financières que le jeu politique ne permet pas. Il est urgent que l’autorité politique, aujourd’hui beaucoup trop soumise au pouvoir de la finance, engage sa responsabilité pour la promotion du droit au travail, en soutenant des entreprises, en stimulant les créations d’emploi, en répondant par des actes au cri de souffrance que nous entendons. La main tendue et le cœur à l’écoute sont nécessaires.

Vous tous qui souffrez et demandez justice, je vous exprime ma proximité même si je ne peux qu’inciter à la dignité, au respect de chacun et à la nécessité de ne pas aggraver la situation de beaucoup. Méfiez-vous de toute violence ! Nous allons fêter la Nativité de Jésus, que ce bébé innocent qui est Dieu parmi nous vous offre son sourire. Il n’a que ça, ce petit enfant né dans une  étable, mais il est notre Sauveur ! Pensez à lui, il pense à vous.

Prière. Point
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Message clair et bref de Mgr Souchu, évêque d’Aire et Dax, à tous les citoyens français Gilets Jaunes :

Chers amis,

Samedi prochain, nous célèbrerons la Vierge Marie en son Immaculée Conception. Elle est la patronne de notre pays. J’invite instamment tous les catholiques à prier pour que nos concitoyens ne cèdent pas à la violence ou à l’anarchie mais s’ouvrent au dialogue et au partage dans la #Paix et l’#Espérance.

Mais on peut prier aussi pour nos gouvernants, qu’ils ouvrent au dialogue et au partage et qu’ils ne cèdent pas à la répression et à l’humiliation ?

Le communiqué de Mgr Jachiet dans le désert…
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Communiqué de l’évêque auxiliaire de Paris, totalement sourd à la crise liée aux gilets jaunes tellement il est focalisé sur l’immigration :

Entendons-nous la voix, celle qui crie dans le désert ? Entendons-nous Jean le Baptiste qui proclame un Baptême de conversion et demande de rendre droits nos sentiers tortueux ? Entendons-nous la voix des prophètes anciens qui nous disent que Dieu vient à nous et que nous devons marcher à sa rencontre ? Entendons-nous la voix des prophètes d’aujourd’hui qui nous invitent à découvrir la place à donner aux petits, aux humbles, aux sans-voix afin que notre société oriente sa marche pour servir le bien de tous et la dignité de chacun ?

Si nous écoutons la voix des prophètes, nous comprendrons que le Seigneur emprunte la voie sur laquelle nous avançons. Nous réaliserons que chaque pas de conversion personnelle rend le Royaume plus proche de nous et aussi plus accessible à ceux qui nous regardent. Tout effort que nous décidons pour rendre notre route plus droite et mieux aplanie hâte la venue du Sauveur en notre monde.

Parmi les prophètes d’aujourd’hui, la voix du pape François retentit dans le désert de nos cœurs minés par l’indifférence ou la peur d’être envahis. Sa voix nous rappelle que l’homme ne saurait accueillir le Christ qui vient s’il ne parvient pas à le voir dans le pauvre, le malade, le prisonnier, l’étranger et le sans abri. Comment se préparer à accueillir le Messie si nous nous fermons d’emblée aux possibilités d’accueillir des exilés, des naufragés et des demandeurs d’asile ?

Lorsque nos nations européennes économiquement préservées refusent de prendre leur part dans les secours humanitaires, lorsque des états nantis fuient devant leurs responsabilités de protection des mineurs ou renoncent à leurs devoirs d’asile envers les réfugiés, oui, la voix du pape crie dans le désert ! Qui s’en fera l’écho en paroles et en actes ? Vont-ils relayer cette voix les disciples de Jésus dont il dit : « si eux se taisent, les pierres crieront. » (Lc 19, 40) ?

Qu’à l’approche de Noël, nos prières fraternelles, nos gestes d’accueil et nos initiatives pour un changement de regard envers nos frères migrants forment un sentier droit sur lequel s’avancera le Seigneur.

Mgr Aumonier appelle à développer l’esprit de service
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Impôts, dialogue, écologie et bla bla
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Et voilà un communiqué des évêques de Normandie :

«Faut-il payer l’impôt ? » : les chrétiens connaissent la question posée à Jésus dans l’Évangile. Sa réponse est davantage connue : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ».

Cette maxime est souvent interprétée pour demander aux croyants de réserver leur foi à Dieu et de se comporter comme tous les autres citoyens pour le reste. Les évêques de Normandie n’entendent pas dicter des décisions, encore moins donner des leçons. Conscients des enjeux qui dépassent toute frontière, ils proposent quatre réflexions. Comme Jésus et tous l’ont compris, la question réelle de l’impôt en cache bien d’autres.

Notre première réflexion est un appel à cesser toute violence. Celle-ci a des formes manifestes, physique ou verbale, et d’autres plus subtiles. L’injustice, le mépris ou l’ignorance sont aussi des violences. Mais une violence n’en justifie pas une autre.

Comment arrêter l’engrenage ? Il n’y a pas d’autres moyens que l’humilité, la reconnaissance de l’autre, et le désarmement. Chacun peut éviter de mettre de l’huile sur le feu, dans ses conversations et par son attitude. Mieux, soyons convaincants auprès de notre voisin tenté par la violence.

« Penser l’économie sans la fraternité est stérile »

La deuxième réflexion est le corollaire de cet appel : tout ce qui est dialogue est bon. La sortie de crise ne se fera pas si on considère qu’il s’agit d’un face-à-face entre citoyens et gouvernants où chacun serait sommé de choisir son camp. Les sondages clivants n’aident pas davantage. Nous encourageons les chrétiens, les hommes et les femmes de bonne volonté à participer à tout débat. Dans ces débats, les corps intermédiaires que sont la famille, l’école, les associations, les organisations syndicales, les partis politiques, les collectivités territoriales, les institutions doivent être reconnus, sans oublier les nations voisines ou plus lointaines.

Une troisième réflexion est le double impératif de la transition écologique et de la transition solidaire. Le pape François a vu juste en répétant « tout est lié » dans Laudato Si. Il y propose une écologie intégrale, le respect de la planète et le développement de l’humain. Pour le chrétien, comment penser un Dieu créateur qui enjoindrait de choisir entre le respect de la planète et la solidarité entre les hommes ? Pour autant, ni l’écologie ni la solidarité ne se trouvent dans la consommation devenue obsédante pour tous, ceux qui doivent survivre, ceux qui sont dans la crainte de perdre du pouvoir d’achat ou en veulent toujours plus, ceux qui ont perdu toute mesure dans l’argent ostentatoire.

Une quatrième réflexion est de faire confiance aux véritables énergies renouvelables que sont le cœur et la raison de tout être humain, et la richesse de la vie commune. C’est ce que nous appelons « des énergies spirituelles ». Prendre soin des enfants, des jeunes, des personnes malades et en fin de vie, aimer, préserver, encourager la famille, reconnaître les leviers de la générosité et de tout ce qui fait le vrai bonheur de la vie en société sont aussi une œuvre politique. Penser l’économie sans la fraternité est stérile.

Faut-il payer l’impôt ? Jésus voit juste en complétant la réponse : ce ne sera jamais suffisant, si nous ne rendons pas à Dieu ce qui lui appartient, l’honneur d’être de sa famille fondée sur l’amour. Quand les chrétiens disent à Dieu « Notre Père », ils ne veulent et ne peuvent exclure personne. Leur prière se fait plus intense et plus fraternelle à l’approche de Noël. »

MMgrs Jean-Claude Boulanger (Bayeux-Lisieux), Jean-Luc Brunin (Le Havre), Jacques Habert (Séez), Laurent Le Boulc’h (Coutances et Avranches), Dominique Lebrun (Rouen), Christian Nourrichard (Évreux).

Les évêques face aux Gilets jaunes : Honte à vous !
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Suite aux quelques communiqués d’évêques sur la crise liée aux Gilets jaunes, nous relayons ce billet du chanoine Gaston Champenier :

Honte à vous !

On finit par croire que les évêques lisent RC. À peine paru le communiqué publié par mes confrères du « Collectif Antioche », les évêques se sont mis à parler… après la sécheresse, le déluge ! Et nous n’avons pas été déçus. Pas déçus, par rapport à nos attentes… Les premiers à parler l’ont fait dans un langage embrouillé, mais qui semblait refléter un certain désir de comprendre et d’entendre la voix d’un pays qui n’en peut plus. Mais le meilleur est venu d’en haut.

Le communiqué signé par Mgr Pontier et transmis par Mgr Ribadeau-Dumas (inénarrable duo) est un monument qui fera date. Il aurait pu tout aussi bien émaner du cabinet du premier ministre, pondu par quelque technocrate sans âme, soucieux d’ânonner pour ses maîtres tous les « éléments de langage » aptes à bien glisser dans le système médiatique, sans choquer les loges. Il manque la dénonciation du « populisme » et l’appel à l’Europe, mais ça viendra.

Il suffit de lire.

D’abord, une remarque. Un mot magique revient cinq fois : « dialogue ». Un mantra qui ne mange pas de pain, et dispense d’insister sur le reste et, plus important, encore, de s’interroger sur les causes des effets que l’on déplore. Dialoguer pourquoi, et en vue de quoi. Le dialogue entre David et Goliath a-t-il un sens ? Le dialogue sans justice est-il un objectif crédible ? Mais le message du président des évêques est aussi brouillé que celui de la République. Quand on commence par évoquer « personnes exprimant leur souffrance et leurs peurs », « des choix politiques mal compris [qui] accentuent le sentiment d’exclusion », on montre à la fois que l’on n’a rien compris et que l’on relaye (une fois encore) sans le discuter le discours du pouvoir en place. Il suffit d’avoir passé cinq minutes avec un groupe de GJ sur un rond-point, pour voir que le problème n’est pas psychologique (peur et souffrance), mais profondément politique : les Français veulent tout simplement la « justice ». C’est pourtant une notion biblique fondamentale. Pourquoi nos princes ecclésiastiques sont-ils incapables de le comprendre ? « Rendre à chacun ce qui lui revient », ce n’est pas sorcier, et quand des élites déracinées s’enferment dans les beaux quartiers (avenue de Breteuil, Paris, VIIe), la marmite finit par exploser.

Le mantra contre la violence est un cache-sexe honteux, car il révèle, bien plus qu’il ne cache, la collusion avec les puissants et les élites décrédibilisées, qui, elles, exercent la violence médiatique, économique, sociale et sociétale, depuis des décennies, sans que l’on ait vu nos chers pasteurs élever la voix plus que cela.

Enfin, il y aurait beaucoup à dire sur l’incapacité absolu des déclarations épiscopales, comme celle des puissants d’aujourd’hui, à reconnaître les erreurs éventuellement commises, à s’excuser et à manifester le plus petit regret par le moindre geste, même symbolique, de « repentance » pour réparer et apaiser. (Les repentances hypocrites pour le passé ne servent à rien). Une part non négligeable de l’exaspération du peuple vient de cette irresponsabilité et de cette impunité tellement insupportables pour les petits et les sans grades qui, eux, payent comptant la moindre broutille, sont harcelés, méprisés et pressurés sans répit.

Je le dis avec gravité et tristesse : honte à vous ! Ne vous étonnez pas si, après avoir perdu la classe ouvrière, puis le peuple paysan, puis les traditionalistes, ce qui restait encore de brave gens, « sociologiquement chrétiens » en quête de sens, vous tourne définitivement le dos. Vous l’aurez bien cherché. Messeigneurs, balayez devant votre porte, avant que le vent terrible de l’histoire vous balaye. Oui, honte à vous !

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