Riposte Catholique

A l’approche de Pâques, des pétitions pour avoir la messe ou la communion
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En Italie, circule la pétition soutenue par le vaticaniste Marco Tosatti, de Stilum Curiae: « En tant que simples citoyens, pratiquants ou non, de foi catholique, nous nous adressons aux plus hautes institutions qui gouvernent politiquement et spirituellement le territoire italien, afin que les éléments constitutifs de la foi catholique, à savoir les sacrements, et en particulier l’extrême-onction et l’eucharistie au cours de la Sainte Messe, continuent à être librement transmis, tout en respectant les mesures mises en place par le gouvernement. »

Aux requêtes de ce type, Matteo Salvini est venu apporter son soutien dans un entretien accordé sur Sky TG24 : « Je soutiens les requêtes de ceux qui demandent, en assurant qu’ils respecteront l’ordre, la discipline et les règles sanitaires, de pouvoir entrer dans l’église. De leur permettre à trois, quatre ou cinq personnes d’assister à la messe de Pâques à Pâques. Vous pouvez aller chez le buraliste car sans cigarettes rien ne va plus, or pour beaucoup le soin de l’âme est aussi fondamental que le soin du corps. »

En France, une pétition promue par L’Homme nouveau demandait, dans le plein respect des conditions sanitaires, que les catholiques a la messe et aux sacrements à l’approche de Pâques : « Que les églises et chapelles restent ouvertes, notamment le dimanche ; que chaque prêtre y dise autant de messes qu’il lui paraîtra nécessaire, du fait de la gravité de la situation ; que les fidèles, sans rassemblement, avec toutes les précautions voulues, notamment de distance les unes des autres (organisation de l’entrée et de la sortie de l’église, brièveté de l’office), puissent s’y trouver et y prier au moment de l’office. »

Et à défaut de messe, au minimum, la communion physique le jour de Pâques, réclame une nouvelle pétition : « Nous demandons qu’il soit possible, en respectant strictement les règles de la distance sociale, comme demandé, de venir, au besoin sans entrer dans les églises, communier au corps du Christ ressuscité. Face à la peur qui paralyse le monde, nous voulons manifester la confiance qui libère. Nous voulons attester que c’est bien le Christ ressuscité qui est là vivant, présent au milieu de nous. Seule assurance ultime que nous puissions jamais avoir en ce monde. » .

Aucune époque, aucune épidémie, aucune guerre, n’ont produit une telle éclipse du visage du Christ, à Rome même, dit la pétition italienne.

La déposition du pape hérétique
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Maxence Hecquard conteste la légitimité des Papes de Vatican II et de leurs successeurs (il a d’ailleurs écrit un livre fort intéressant sur ce sujet). Ce n’est pas le cas de la rédaction de Riposte catholique, mais il nous a semblé intéressant de publier l’article qu’il a écrit en défense de sa thèse contre la théorie de Cajetan sur la déposition du Pape hérétique.

Si vous souhaitez lire cet article, vous pouvez le télécharger ici:

Article de Maxence Hecquard sur la déposition du pape hérétique (avril 2020)
Suppression du titre de “Vicaire du Christ”
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Dans l’édition 2020 de l’Annuario Pontifio, le Pape n’est plus désigné comme “Vicaire du Christ” et la mention est reléguée en note au rang de “titre historique”. Cette décision surprise, qui relève selon toute vraisemblance du Pape lui-même, est extrêmement surprenante. Et, disons-le tout net, elle semble même friser l’hétérodoxie, car on voit mal comment on pourrait toucher à ce titre sans toucher à la primauté de Pierre – et donc à la volonté du Christ Lui-même. Le cardinal Müller, ancien préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, que l’on peut difficilement taxer “d’intégrisme”, parle, quant à lui, de “barbarie théologique”.

Un appel aux évêques
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L’universitaire Edouard Husson et quelques autres ont lancé cet appel aux évêques, que nous relayons volontiers.

Catholiques libres et responsables: nous voulons communier le jour de Pâques.
Notre pays traverse une terrible épreuve. Les vies de nos concitoyens sont bouleversées. Le confinement nous invite à retrouver l’essentiel. Catholiques, nous sommes confrontés depuis plusieurs semaines à l’interdiction de célébrer la messe en public. C’est une situation étonnante puisqu’il il est possible de sortir du confinement pour se livrer une activité physique, promener un animal domestique, pour aller faire des courses alimentaires ou effectuer toute démarche de “première nécessité”. En revanche il ne nous est pas possible de répondre au besoin spirituel élémentaire qu’est pour tout catholique l’assistance à la messe et la communion eucharistique. Besoin impérieux, particulièrement dans ces circonstances tragiques, comme l’atteste toute l’histoire des grands malheurs de notre pays. Cette situation ne saurait perdurer, sauf à violer la liberté de conscience et porter atteinte à la liberté religieuse en cette matière. Le Pape François l’a d’ailleurs fait clairement remarquer dans son homélie du 12 mars 2020, lorsqu’à propos de la situation créée par le COVID 19, il a déclaré: “Les mesures drastiques ne sont pas toujours bonnes si elles laissent le peuple de Dieu seul”.
C’est pourquoi nous adressons une demande pressante à nos évêques: que soit organisée pour tous les catholiques qui le voudrons, la possibilité de communier le jour de Pâques, fête de la Résurrection du Seigneur. Nous comprenons bien toutes les précautions qu’il faut prendre. Bien que ce soit une souffrance, nous ne demandons pas à participer à la messe ce jour-là, nous prierons en union avec les prêtres qui la célèbrent pour nous.
Mais nous voulons communier.
Nous demandons qu’il soit possible, en respectant strictement les règles de la distance sociale, comme demandé, de venir, au besoin sans entrer dans les églises, communier au corps du Christ ressuscité. Face à la peur qui paralyse le monde, nous voulons manifester la confiance qui libère. Nous voulons attester que c’est bien le Christ ressuscité qui est là vivant, présent au milieu de nous. Seule assurance ultime que nous puissions jamais avoir en ce monde.
Nous sommes prêts, dans un esprit de responsabilité, à aider nos paroisses pour que soient mis en place des dispositifs qui rassurent l’Etat sur la faculté des catholiques à respecter les règles sanitaires des temps de confinement.
Si vous voulez le signer, c’est ici.
Etat d’exception liturgique?
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La récente publication de documents relatifs au rite romain traditionnel par la congrégation pour la Doctrine de la foi (qui a succédé à la commission Ecclesia Dei) suscite des remous dans l’Eglise – où certains auraient aimé pouvoir dire que la liturgie traditionnelle était morte. Une lettre ouverte sur “l’état d’exception liturgique” a été publiée par Andrea Grillo, professeur de théologie sacramentaire à l’Université Saint-Anselme de Rome. Plusieurs théologiens et liturgistes l’ont signée (dont les Français Philippe Barras, Hélène Bricout, Pierre Vignon, Francois Cassingena-Trevedy et Isaïa Gazzola – la plupart venant de l’Institut supérieur de liturgie de l’Institut catholique de Paris).

Cette lettre ouverte a suscité la réponse suivante de Mgr Markus Graulich, Sous-Secrétaire du Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs:

 

La Lettre ouverte, dans laquelle des spécialistes de la Liturgie demandent le retrait des deux décrets publiés par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi le 25 mars et le « retour » à la Congrégation pour le Culte Divin de tous les pouvoirs accordés à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en matière de liturgie, fait partie d’une série de polémiques, dont certaines n’ont pas été réglées chez les signataires de cette Lettre ouverte depuis la publication du Motu proprio Summorum Pontificum.

La Lettre ouverte contient diverses idées fausses (pour ne pas parler d’erreurs), qui suggèrent un manque de connaissance ou une connaissance idéologiquement déformée du sujet de la part des auteurs.

Le troisième paragraphe parle de « deux rites différents » : « le rite conciliaire et celui qui le nie ». Cette juxtaposition est en soi fausse et montre une ignorance de l’intention du pape Benoît XVI lorsqu’il a publié le Motu Proprio Summorum Pontificum : il n’a pas permis deux rites parallèles, mais deux expressions du même rite. À cet égard, il déclare à l’article 1 du Summorum Pontificum : « Ces deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvre de l’unique rite romain »

Dans les deux premiers tirets de la lettre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi se voit refuser la compétence pour émettre les deux décrets et est accusée de manquer de « compétences historiques, textuelles, philologiques et pastorales ». Cette accusation ignore deux choses : « La réglementation de la Sainte Liturgie… est de la compétence du Saint-Siège » (can. 838 §1 CIC), c’est-à-dire en règle générale de la Congrégation pour le Culte Divin. Cependant, le Pape est libre de confier cette matière à d’autres Dicastères du Saint-Siège. Par le Motu Proprio Summorum Pontificum (art. 12), le Pape Benoît XVI a confié la compétence de la forme extraordinaire du rite romain à la Commission Ecclesia Dei (aujourd’hui une section de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi), qui est incluse dans la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Les compétences spécifiques ont été définies plus en détail dans une Instruction du 30 avril 2011, qui a été approuvée par le Pape. Formellement et juridiquement, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a donc agi dans le cadre de ses compétences et a rempli le mandat qui lui a été confié. Sur le plan du contenu, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est également compétente, soit par ses collaborateurs, soit par ses consultants, qui traitent de tous les sujets de nature théologique.

Le reproche suivant de la lettre ouverte, qui postule une division entre la lex orandi et la lex credendi dans l’Eglise et évoque le danger qu’il est inévitable « qu’une forme rituelle double et conflictuelle conduise à une division significative de la foi », méconnaît à la fois l’intention de Summorum Pontificum (cf. l’article précité n. 1) ainsi que le fait que le Missel de 1962 est une expression de la même foi que le Missel de Paul VI. Les deux décrets publiés aujourd’hui par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne promeuvent pas la dualité mais – comme l’a demandé Benoît XVI – travaille à l’enrichissement mutuel des deux formes du rite romain. À ce sujet, Benoît XVI avait déclaré dans sa lettre d’accompagnement annexée au Motu Proprio Summorum Pontificum : « D’ailleurs, les deux Formes d’usage du Rite Romain peuvent s’enrichir réciproquement: dans l’ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission « Ecclesia Dei », en lien avec les diverses entités dédiées à l’usus antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques ». C’est exactement ce qui s’est passé maintenant avec ces deux décrets ; ni plus ni moins !

Cette mesure ne se traduit donc pas par une rupture au niveau de l’Église, mais par un enrichissement dont de plus en plus de fidèles sont convaincus.

Il convient de signaler une dernière contradiction dans la lettre ouverte : les signataires déclarent : « il n’est plus logique de promulguer des décrets pour “réformer” un rite qui est fermé dans le passé historique, inerte et cristallisé, sans vie et sans vigueur. Il ne peut y avoir de réanimation de ce rite ». C’est précisément l’ajout de la forme extraordinaire (et non – comme le disent les signataires – le rite) qui montre clairement qu’elle n’est pas fermée dans le « passé historique », mais qu’elle peut se développer de façon organique. Le fait que la forme extraordinaire ne soit pas « sans vie ni sans vigueur » est démontré partout où on peut assister à une célébration eucharistique dans la forme extraordinaire du rite romain. Que cela convienne ou non aux soi-disant liturgistes.

Une nouvelle Eglise du silence?
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A. Ce qui figure ci-dessous est inspiré par le fait qu’il y a de quoi être intrigué, voire révolté, par le silence de bien des clercs qui sont témoins des manifestations de créativité doctrinale ou pastorale de certains d’entre eux, au plus haut niveau de responsabilité, dans l’Eglise catholique, à telle enseigne que l’on se demande si, depuis que l’Eglise est passée au dialogue ad extra, elle n’est pas devenue une nouvelle “Eglise du silence” ad intra.

B. Ainsi, bien des clercs catholiques, heureusement plus fidèles au christianisme catholique qu’ouverts sur sa dénaturation, ou sur sa détérioration, par le consensualisme fraternitaire, semblent souvent aussi lucides en privé que silencieux en public, face à l’inclusivisme périphériste, que celui-ci se manifeste dans le domaine de la religion et en direction des convictions et des croyances non chrétiennes, dans ce domaine, ou en matière de morale et en direction des conceptions et des conduites non chrétiennes, en cette matière.

Que ceux qui ne voient pas trop où est le problème s’interrogent sur le caractère consensualisateur, et non évangélisateur, d’une part de la conception et du déploiement (post-)wojtyliens du dialogue interreligieux, d’autre part de la conception et du déploiement bergogliens du dialogue interconvictionnel, alors que, même sous la plume de Paul VI (relisez le n° 53 d’Evangelii nuntiandi, 1975), il n’a presque jamais été question d’aller aussi loin, en direction de l’équivalent du dialogue interreligieux (post-)wojtylien, et alors que, sous Jean-Paul II puis Benoît XVI, il n’a quasiment jamais été question d’aller aussi loin, en direction de l’équivalent du dialogue interconvictionnel bergoglien.

C. Mais ces philosophes, ces théologiens, ces évêques et ces cardinaux, d’autant plus embarrassés par cet inclusivisme périphériste, que le plus haut niveau, dans la hiérarchie et l’institution ecclésiales, a commencé puis continué à utiliser et à valoriser ce “logiciel”, ont-ils bien conscience du fait qu’il leur suffirait de préciser ou de rappeler ce qui suit, qui tient en quelques phrases, pour commencer à “tuer le match”, face au même “logiciel” ?

D. En effet, comment se fait-il que les mêmes clercs catholiques n’aient pas plus souvent la présence d’esprit de préciser ou de rappeler ceci :

Toute prise de parole ou de position doctrinale et toute mise en action ou en mouvement liturgique, pastorale ou spirituelle, qui ont pour objet de donner à croire ou pour effet de laisser entendre qu’il n’y a pas de différence de nature entre la religion chrétienne et une religion non chrétienne en particulier, ou les religions non chrétiennes en général, sont, par nature et par principe, illégitimes car très imprudentes.

Ces prises de parole ou de position et ces mises en action ou en mouvement contreviennent gravement à la nécessité de maintenir ou de remettre en pleine lumière les conceptions et les distinctions catholiques qui permettent, précisément, de faire connaître et comprendre quels sont les fondements et quel est le contenu de cette différence de nature entre la religion chrétienne et les religions non chrétiennes.

De même…

Toute prise de position doctrinale et toute mise en mouvement liturgique, pastorale ou spirituelle, qui ont pour objet de faire croire ou pour effet de laisser entendre qu’il n’y a pas de différence de nature entre la morale chrétienne et une morale non chrétienne en particulier, ou les morales non chrétiennes en général, sont elles-aussi, par nature et par principe, illégitimes car très imprudentes.

Ces prises de parole ou de position et ces mises en action ou en mouvement contreviennent, tout aussi gravement, à la nécessité de maintenir ou de remettre en pleine lumière les conceptions et les distinctions catholiques qui permettent, précisément, de faire connaître et comprendre les fondements et le contenu de cette différence de nature entre la morale chrétienne et les morales non chrétiennes.

(En l’occurrence, ce qui est “illégitime car très imprudent” ne l’est pas au sens de : “totalement nul”, ni au sens de : “mal élaboré, mal intentionné ou mal organisé”, mais au sens de : tellement contre-productif, non pour des raisons circonstancielles, mais pour des raisons fondamentales, car tellement attentatoire à une appréciation explicitement et spécifiquement chrétienne, d’une part de la religion et de la morale chrétiennes, d’autre part des religions et des morales non chrétiennes, que cela ne peut ni ne doit être mis en oeuvre et en valeur.)

E. A partir de là, on est vraiment en droit de se poser la question de savoir

– si les clercs catholiques connaissent et comprennent encore les conceptions et les distinctions catholiques qui permettent de connaître et de comprendre les différences de nature, d’une part entre la religion chrétienne et les religions non chrétiennes, d’autre part entre la morale chrétienne et les morales non chrétiennes,

et

– si ces clercs catholiques admettent et approuvent encore ces conceptions, ces distinctions et ces différences de nature, ou admettent et approuvent encore le fait que d’autres clercs catholiques, ou le fait que des laïcs essaient de faire connaître et comprendre les mêmes conceptions, distinctions et différences de nature.

F. Mais compte tenu du fait que Jean-Paul II et Benoît XVI eux-mêmes n’ont pas donné un maximum de prolongements doctrinaux et pastoraux à la lettre encyclique Veritatis splendor, parue en 1993, et surtout ont donné un minimum de prolongements doctrinaux et pastoraux à la déclaration Dominus Iesus, parue en l’an 2000, on est en droit de se demander pour quelle raison le problème évoqué ici ne date pas du tout du 13 mars 2013…

Il est certain que si Jean-Paul II puis Benoît XVI avaient voulu faire en sorte que ces deux textes, absolument fondamentaux, fassent vraiment davantage autorité, ou soient porteurs de davantage de rayonnement, au sein de l’Eglise catholique, cela les aurait obligé

– à se démarquer beaucoup plus du mode de raisonnement propre au gaudium-et-spisme qui est fréquemment à l’ordre du jour depuis le Concile, et de celui, propre à Nostra aetate, qui est très souvent à l’ordre du jour depuis Vatican II,

– à entrer davantage en divergence d’appréciation avec les docteurs et les pasteurs catholiques qui, eux, continuent à adhérer pleinement au mode de raisonnement propre à chacun de ces deux textes, et à la pastorale qui en découle,

– à donner naissance à l’impression qu’ils étaient en train de renier une partie de leurs propres conceptions et de leurs propres convictions.

G. C’est que, voyez-vous, nous sommes ici en présence de deux confusions :

– nous sommes d’abord en présence d’une confusion ad intra, entre la communion dans la vérité et la communion dans le consensus : l’explicitation par un clerc catholique des quatre phrases qui figurent ci-dessus en caractères gras (cf. D) s’effectuerait certainement au bénéfice de la connaissance et de la compréhension de la vérité, mais cette explicitation s’effectuerait également au préjudice du consensus ; or, le néo-catholicisme post-conciliaire est caractérisé, fréquemment et notamment, par la soumission de la transmission de la vérité à la production du consensus ;

– nous sommes ensuite en présence d’une confusion ad extra, entre le respect total effectivement et authentiquement dû aux croyants non chrétiens, en tant que personnes, et le prétendu respect total, ou le soi-disant respect total, qui est irénistement et utopiquement considéré comme “dû” aux religions non chrétiennes ; or, le néo-catholicisme post-conciliaire est caractérisé, tout aussi fréquemment, par la soumission de la mise en oeuvre de la charité envers les croyants non chrétiens à la mise en action de la gentillesse envers les croyances non chrétiennes.

H. Et que ceux qui mettent en cause ou en doute le bien-fondé de la notion de “néo-catholicisme post-conciliaire” s’interrogent sur la date et le lieu de naissance, au plus haut niveau de définition du Magistère et de la pastorale de l’Eglise, de ces deux confusions : ils comprendront ainsi que c’est le numéro 17 de la constitution dogmatique Lumen gentium qui est aussi souvent oublié, éludé ou, dans les faits, quasiment censuré, depuis 1965.

17. Le caractère missionnaire de l’Église

En effet tout comme il a été envoyé par le Père, le Fils lui-même a envoyé ses Apôtres (cf. Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 18-20). Ce solennel commandement du Christ d’annoncer la vérité du salut, l’Église l’a reçu des Apôtres pour en poursuivre l’accomplissement jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8). C’est pourquoi elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16) : elle continue donc inlassablement à envoyer les hérauts de l’Évangile jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et en état de poursuivre elles aussi l’œuvre de l’évangélisation. L’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier.

En prêchant l’Évangile, l’Église dispose ceux qui l’entendent à croire et à confesser la foi, elle les prépare au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ pour croître en lui par la charité jusqu’à ce que soit atteinte la plénitude. Son activité a le résultat non seulement de ne pas laisser se perdre tout ce qu’il y a de germe de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou de leurs rites propres et leur culture ; mais (aussi) de le guérir, l’élever, l’achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme. À tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l’expansion de la foi.

Mais si le baptême peut être donné aux croyants par n’importe qui, c’est aux prêtres cependant qu’il revient de procurer l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique en accomplissant les paroles de Dieu quand il dit par la voix du prophète : « De l’Orient jusqu’au couchant, mon Nom est grand parmi les nations, et en tous lieux est offert à mon Nom un sacrifice et une offrande pure » (Ml 1, 11. Ainsi, l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire.

Les visites de l’archevêque de Paris
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Lundi, Mgr Michel Aupetit s’est joint à la distribution alimentaire à Saint Jean-Baptiste de la Salle (15e). Il a remercié les équipes de bénévoles qui assurent ces distributions. Il a également remercié les équipes du Service catholique des funérailles très sollicitées.

Mardi, Mgr Michel Aupetit a visité la maison Marie-Thérèse (14e) qui accueille les prêtres aînés.

Mercredi, l’archevêque de Paris a prêté main forte à la paroisse Saint Ambroise (11e) pour la distribution alimentaire.

Toutes ces visites sont une excellente chose. Mais alors ? Serait-il possible que l’archevêque, et ses prêtres, visitent les personnes pour les confessions ? Et si l’archevêque distribue de la nourriture pour les personnes dans le besoin, ne peut-il pas aussi distribuer la sainte communion ?

Les avertissements prophétiques ne sont prophétiques que pour ceux qui croient aux prophètes !
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A l’occasion de la pandémie, le cardinal André Vingt-Trois a été interrogé dans le journal de l’archidiocèse de Paris :

Un simple virus terrasse toute l’humanité, y compris l’homme occidental qui se montrait omnipotent. Comment l’interpréter ?

Il y a eu la Chine, puis l’Italie. Et cette tendance à penser que cela n’arriverait pas en France. Aujourd’hui, tout le monde est concerné. Il n’y a plus de compétition ou de concurrence, mais un sort commun. Cette vulnérabilité est la première leçon de cette crise. La vulnérabilité des individus qui peuvent être contaminés sans même en avoir conscience, la vulnérabilité du système économique mondial, et, en ce qui concerne les pays occidentaux, la vulnérabilité d’un mode de vie. Nous sommes amenés à vivre ce moment à travers le confinement, c’est-à-dire à travers la suppression d’un nombre considérable d’éléments de notre vie qui nous semblaient aller de soi alors qu’ils étaient fondés sur une inégalité de répartition des richesses. Ce déséquilibre économique et social, qui était notre équilibre, est en train de s’effondrer.

Pour continuer à vivre, il faut s’arrêter. Une aberration pour un système fondé sur la croissance. N’est-ce pas le symptôme que ce système est invivable ?

Tout à fait. La Première guerre mondiale a été la fin du mythe du salut par le progrès scientifique tel qu’il s’était élaboré au XIXe. Le XXe siècle a élaboré son propre mythe du progrès, un progrès économique fondé sur la croissance appuyée sur la consommation. Ce système de développement permanent de la consommation s’inscrit dans la perspective que l’univers est illimité. Nous voyons bien, aujourd’hui, à travers cette crise sanitaire, la difficulté de notre société à prendre conscience que les ressources ne sont pas illimitées. Qu’il faut les économiser, ne pas les gaspiller, et, les partager. Cette crise impose un certain dénuement, de relations, de loisirs, d’activités. Ce dénuement nous force à reprendre en considération des aspects de l’existence auxquels plus personne ne pensait. Des choses qui tiennent à la vie, à la mort, à la santé, à la précarité de nos relations affectives, de nos relations sociales. René Descartes disait qu’il fallait s’enfermer dans sa chambre pour pouvoir penser. Pour prendre une référence chrétienne, nous sommes en train de vivre un Carême de réalité et non plus un Carême d’intention. Débarrassés d’un certain nombre de divertissements, les conditions nous sont plus favorables pour nous recentrer sur l’essentiel de notre vie.

Ne pouvons-nous pas voir dans cette crise mondiale un avertissement prophétique ?

Les avertissements prophétiques ne sont prophétiques que pour ceux qui croient aux prophètes ! Le prophète ne dit-il pas précisément : « Ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas ! » (Jérémie 5, 21) ? Le système dans lequel nous vivions était un système paradoxal. D’un côté, il exaltait la dimension universelle et internationale ; de l’autre, il ne tenait compte que de l’individu. C’était l’individu versus le monde entier. Or, on comprend aujourd’hui que l’individu n’est pas le summum de l’existence humaine. L’individu ne peut vivre que s’il est dans un système de relations et donc dans un système de solidarité avec le monde. Celle-ci ne consiste pas à déporter le travail à l’endroit où il est le moins cher. Mais bien à reprendre conscience de nos solidarités immédiates, de reprendre conscience qu’une nation n’est pas simplement une somme d’individus indépendants les uns des autres, mais bien une collectivité dans laquelle tous dépendent de tous. La question posée aux jeunes adultes d’aujourd’hui est : qu’allez-vous rechercher ? La situation la plus profitable pour vous ? Ou bien le désir de faire entrer, d’une façon ou d’une autre dans l’élaboration de votre projet, la question du service des autres ?

Comment vivre au mieux cet événement, sans le fuir mais l’accueillir pleinement ?

Comme tous les événements de notre vie. Ou bien nous vivons dans un univers clos sur lui-même. Ou bien nous vivons dans un univers qui se réfère à quelqu’un. S’il n’y a personne, si Dieu n’existe pas, nous n’avons alors pas d’autre horizon que le petit univers que nous connaissons. Chaque événement qui perturbe ou abime notre petite vision du monde devient alors toujours une catastrophe mortelle. Mais si nous considérons, dans la foi, que cet univers a été donné à l’homme pour qu’il en fasse un usage positif, alors il nous faut rechercher comment ce qui arrive peut être un chemin et un appel. Pour un certain nombre de personnes, la crise sanitaire actuelle est l’occasion d’un réveil. On redécouvre les relations de voisinage, de solidarité. On reprend conscience que, dans notre société, des personnes exercent une profession non simplement pour leur propre profit mais pour le service des autres. Je pense aux éboueurs, aux caissiers, au personnel soignant…

En tant que chrétiens, nous n’avons plus accès aux sacrements. Est-ce un désert spirituel à vivre ou une purification de notre manière de croire ?

La grâce de Dieu n’est pas limitée par les sacrements. La grâce de Dieu réside dans la profusion de son amour. Cette privation est peut-être l’occasion de reprendre conscience que les sacrements ne sont pas des rites sociaux que l’on fait par habitude mais vraiment une rencontre avec Dieu. Si elle n’a plus le support visible des signes liturgiques, sa réalité demeure.

Comment rendre ce moment fécond pour l’avenir ?

L’un des chemins est de prendre conscience qu’il existe une hiérarchie entre les valeurs. Une hiérarchie entre les activités auxquelles on consacre beaucoup de temps et d’argent. C’est peut-être une opportunité pour ne pas renouer avec le mode de vie précédent. Je pense à quelque chose. Beaucoup de familles vivaient avec des activités complètement dissociées. Une génération d’un côté ; une autre, de l’autre. Un époux d’un côté ; l’autre, de l’autre. Tout le monde était surbooké. Peut-être est-ce l’occasion de redécouvrir que la vie de famille est un moment fort, plus important que ce qu’on peut faire ailleurs ? Et pour ceux qui sont seuls ? Vous savez, nous ne sommes jamais seuls. Nous avons tous un monde intérieur. Un monde culturel de lectures, de musiques. Un monde où notre isolement peut devenir un espace de communication nouveau avec Dieu et avec les autres.

Rosaire pour la France
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L’équipe du Rosaire pour la France nous prie de diffuser ce message.

Samedi 4 avril 2020, 16h, aura lieu le Rosaire pour la France.

En raison des circonstances bien connues, nous ne pourrons nous réunir comme à l’accoutumée, aussi je vous propose de dire le Rosaire pour la France en union de prières, soit depuis votre maison, soit depuis une église proche et ouverte par la bonté du prêtre, si vous avez cette possibilité.

Vous pouvez bien sûr faire cette prière à une autre heure de ce samedi si 16h ne vous convient pas, l’essentiel étant d’honorer notre rendez-vous avec notre Sainte Mère du Ciel en ce premier samedi du mois.

Pour ceux qui auraient des difficultés à retrouver la façon de réciter notre Rosaire pour la France, j’en ai retranscris intégralement les paroles ici (je peux aussi vous les envoyer en PDF).

Nous pourrons consacrer ce Rosaire à toutes les âmes des personnes décédées, à leur entourage meurtri, au courageux personnel soignant qui se dévoue sans faille face à ce fléau incompréhensible.

Au-delà de ces blessures vives et concrètes, il en est une autre d’une profondeur invisible et immesurable.

Aujourd’hui nous n’avons plus de messes publiques, plus de sacrements, plus de funérailles chrétiennes.
La plus grande fête de la Chrétienté, Pâques, se déroulera semble-t-il dans un long silence.

Pourtant, que l’on se félicite des mesures prises par l’état ou qu’on les déplore, une seule chose demeure certaine : le plus sûr et le meilleur des recours demeure en Dieu seul.

Mais voilà la France retombée à un état de paganisme inédit. Faut-il remonter au baptême de Clovis, ou avant, pour retrouver pareil désert ?
Plus que tout autre mal, c’est peut-être celui-là qui doit inquiéter.

Il s’agit, nous dit-on, de préserver au mieux les corps.
Or pour un chrétien le bien des âmes n’est-il pas infiniment supérieur, dût-il aller parfois même contre celui du corps ?

Jadis durant les grandes épidémies, les églises étaient comble, les processions ferventes, on consacrait les villes touchées à la Sainte Vierge, au Sacré-Cœur de Jésus.
Et l’épidémie disparaissait.

Aujourd’hui on idolâtre la science et la technique, alors même qu’aucun consensus en ce domaine ne semble clairement établi vis-à-vis de la situation présente, que la cacophonie semble régner concernant la pertinence des mesures à prendre.

Enfin, puisqu’il nous faut rester à la maison, préparons-nous du moins le mieux possible.
Mettons à profit ce temps béni du Carême.
Je me permets à cet effet de vous joindre les conseils spirituels de nos bons prêtres :

https://francechretienne.forumactif.com/t1112-conseils-spirituels-en-temps-de-confinement

Et dès la plus petite ouverture, dès la première esquisse de levée des interdictions, remplissons les églises comme jamais, organisons des processions dans nos villes, clamons notre Foi au Christ, portons l’estocade au règne de Satan et de ses affidés sur cette terre !

Qu’ils voient bien que la France n’est pas à eux, qu’ils ont partie perdue et que Christ est vainqueur.

Par la grâce de la Très Sainte Vierge Marie, de l’Archange Saint Michel et de tous les saints de notre pays,

en union de prières et de combat pour la France,

A samedi !

Grande est la force d’une armée qui tient en main non l’épée mais le Rosaire.
Pape Pie IX

Redécouvrir la philosophie réaliste pour sortir de la crise de l’Eglise
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Reçu d’un lecteur.

Ce qui figure ci-dessous est destiné à tous ceux qui commencent à comprendre que, dans le cadre de la confrontation post-conciliaire entre la priorisation de la fidélité à ce que comporte la Tradition et celle de l’ouverture sur ce qui découle du “renouveau”, nous en sommes arrivés au constat suivant : c’est la fidélité, bien comprise, qui est libératrice et sanctifiante, et c’est l’ouverture qui est, non libératrice, mais libératoire (à l’égard de la conception de la Tradition la plus orthodoxe et réaliste qui soit) et qui est libératoire au point de continuer à être de plus en plus asservissante. En d’autres termes, soixante ans après le début des années 1960, il apparaît assez clairement que la priorisation de la “fidélité” est, certes, de son côté, parfois synonyme de “confinement” ad intra, mais aussi que celle de “l’ouverture” est, pour sa part, souvent synonyme “d’alignement” ad extra.

I.

A. L’année 2020 est dès à présent marquée par une crise financière, et surtout par une crise sanitaire, l’une et l’autre étant de très grande ampleur. Mais l’année 2020 sera aussi celle du 70° anniversaire de la parution, le 12 août 1950, de la lettre encyclique Humani generis, de Pie XII et du 60° anniversaire de la parution, en 1960, du livre les Eléments de philosophie chrétienne, d’Etienne Gilson.

B. En d’autres termes, l’année 2020 sera l’occasion de revenir sur les origines proprement philosophiques, ou philosophico-théologiques, de la crise de l’Eglise, et sur une partie des moyens, en l’occurrence philosophiques, ou, eux-aussi, philosophico-théologiques, de remédier à cette crise.

C. Que ceux qui, parmi les lecteurs de Riposte catholique, ne connaissent pas ou ne comprennent pas ce dont il est question ici, lisent donc Humani generis, de Pie XII, ainsi que les Eléments de philosophie chrétienne, de Gilson, qui ont été réédités en 2018 : ils entreront ainsi en contact avec le vocabulaire, les argumentaires, les analyses, les appréciations et la problématique de la défense et de la promotion, face à la “philosophie moderne”, de la “philosophia perennis” dont on a commencé à ne plus vouloir, ou à vouloir le moins possible, dès le début de l’avant-Concile, sous Pie XII.

D. Or, ce n’est pas avant tout ni seulement, mais c’est notamment parce que l’on ne veut plus, ou parce que l’on veut le moins possible continuer ou recommencer à faire bon accueil au réalisme thomiste, dans l’Eglise catholique, que l’on en est là où l’on en est aujourd’hui, dans bien des esprits.

II.

E. Si l’on préfère, la modification d’une forme de “modus cogitandi”, d’un certain mode de mise en réflexion philosophique, et d’un type de “modus colligendi”, d’un certain mode de mise en relation philosophique, au préjudice du plus indispensable réalisme, a une grande part de responsabilité dans la préparation puis dans le déroulement de la crise de l’Eglise, cette part de responsabilité étant souvent moins connue et moins comprise que celle qui découle de la modification de la “lex credendi” et de la “lex orandi” à laquelle les catholiques ont eu droit, surtout à partir de la fin des années 1960, dans la liturgie et les sacrements de l’Eglise.

F. C’est notamment parce que, en gros depuis 1945, bien des clercs catholiques ne veulent plus recourir au “modus cogitandi” et au “modus colligendi” thomistes, que nous connaissons dans l’Eglise, depuis cette date, plusieurs entreprises ou tentatives de conciliation entre telle philosophie d’inspiration chrétienne et telle philosophie ouvertement agnostique, voire ouvertement athée, “plus ou moins à la mode au moment où l’on parle”.

G. Ainsi, l’idéalisme, l’évolutionnisme, l’existentialisme, le matérialisme, l’historicisme, l’herméneutisme, le phénoménologisme, l’intersubjectivisme,  le postmodernisme (lequel fonctionne à la “déconstruction”, émancipatrice, des “stéréotypes”, et à la “destitution”, égalitariste, des “discriminations”)  ont été, hier, ou sont, encore aujourd’hui, plus ou moins à la mode, dans le monde contemporain.

H. Eh bien, pour certains clercs catholiques, il n’y pas eu “le moindre problème”, et c’est ainsi que nous avons connu diverses “générations” de clercs catholiques qui ont “flirté”, successivement, tout d’abord avec l’idéalisme puis avec l’évolutionnisme, ensuite avec l’existentialisme puis avec le matérialisme, en outre avec l’historicisme puis avec l’herméneutisme, et enfin avec le phénoménologisme puis avec l’intersubjectivisme, avant de commencer à “flirter” davantage avec le postmodernisme…

(La philosophie de la libération et la théologie du peuple dont il est particulièrement question depuis l’année 2013 découlent notamment d’une inspiration postmoderne, c’est-à-dire d’une inspiration sous l’influence de laquelle on considère globalement que la vigilance et la résistance catholiques face à l’abrahamisme (cf. Abou Dhabi), au consensualisme, au confusionnisme, à l’égalitarisme diversitaire, à l’horizontalisme humanitaire, à l’herméneutisme, à l’historicisme, au panenthéisme (cf. l’Amazonie), au relativisme et au subjectivisme, dans le domaine de la religion, n’ont pas une grande légitimité ni une grande signification “évangéliques”, comme on dit aujourd’hui…)

III.

I. Ces diverses entreprises ou tentatives de conciliation entre un mode de raisonnement d’inspiration chrétienne et tel mode de raisonnement philosophique non chrétien, voire non croyant, n’ont évidemment pas donné que des résultats négatifs, mais ont amplement contribué, dans l’Eglise catholique, à un genre de désorientation des esprits, sur le plan philosophique et sur le plan théologique, et à une sorte de démotivation des esprits, au préjudice de la poursuite de la réception, de la prise en compte et de la transmission de la philosophie d’inspiration chrétienne la plus réaliste qui soit et de la théologie catholique la plus orthodoxe qui soit.

J. Alors que Karol Wojtyla / Jean-Paul II n’était pas “réaliste”, en philosophie, ni “orthodoxe” en théologie, dans l’acception thomiste de ces notions (ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’il était foncièrement et formellement à la fois anti-réaliste, anti-orthodoxe, et anti-thomiste), même lui a fini par reconnaître quelle est la nature du problème, et par commencer à le faire connaître et à le faire comprendre, dans la lettre encyclique Fides et ratio.

K. Certes, nous sommes ici en présence de questions difficiles à connaître et à comprendre, dans un domaine dans lequel on peut facilement et rapidement se tromper, en “diabolisant” la philosophie moderne et/ou en “dogmatisant” la philosophie chrétienne, dans son acception “gilsonienne”.

L. Mais que les lecteurs de Riposte catholique partent donc à la découverte ou, pour certains d’entre eux, à la redécouverte des raisons pour lesquelles et des moyens par lesquels tant de docteurs et de pasteurs catholiques ne veulent pas, NE VEULENT PAS que les catholiques adhèrent, de tout leur esprit et de tout leur coeur, à une philosophie d’inspiration chrétienne réaliste et à une théologie catholique orthodoxe, dans l’acception thomiste de chacun de ces termes, notamment parce que, voyez-vous, une telle philosophie et une telle théologie, bien reçues et bien comprises, peuvent grandement contribuer à ce que les catholiques acquièrent des capacités d’analyse et d’appréciation, une compréhension et un discernement (dans l’acception non “inclusiviste” de cette notion), donc une intelligence chrétienne et critique (dans l’acception non kantienne de ce concept) sur les causes, le contenu et les effets de la crise de l’Eglise, alors qu’il est “bien entendu hors de question” que les catholiques acquièrent cette intelligence.

IV.

M. Que voulez-vous… Il ne faut pas, IL NE FAUT PAS que les catholiques connaissent et comprennent ce que sont la philosophie réaliste et la théologie catholique thomistes, et IL NE FAUT PAS davantage qu’ils connaissent et comprennent pour quelles raisons et par quels moyens la philosophie réaliste et la théologie catholique thomistes ont commencé puis continué à être marginalisées, à partir de l’année 1945, dans l’Eglise.

N. Il ne le faut pas, parce que si davantage de catholiques se mettaient à connaître et à comprendre les postulats, le contenu, le déploiement et les résultats de cette marginalisation, ils seraient plus nombreux à demander des comptes aux hommes d’Eglise d’aujourd’hui, qui sont, notamment pour des raisons chronologiques, mais aussi pour des raisons programmatiques, les continuateurs des “marginalisateurs du thomisme” qui ont agi hier.

O. Or, il est “évidemment hors de question” que les catholiques d’aujourd’hui disposent des ressources intellectuelles susceptibles de leur permettre de demander des comptes aux responsables religieux catholiques d’aujourd’hui, sur leur gestion palliative des conséquences de la marginalisation du thomisme, et sur leur répugnance, ou sur leur réticence, face à telle perspective ou tentative de réhabilitation du thomisme dans l’Eglise catholique.

P. Au terme de cette brève réflexion, il est d’ailleurs à noter que le problème qui est évoqué ici ne concerne pas que le mode de raisonnement thomiste, ou le modus cogitandi et le modus colligendi thomistes : la période qui a commencé avec l’année 1945 a également été placée sous le signe de la marginalisation du mode de raisonnement augustinien, le positionnement philosophique et théologique augustinien de Joseph Ratzinger / Benoît XVI ayant eu un caractère minoritaire, ce qui l’a pleinement empêché d’avoir l’influence qu’il aurait pourtant vraiment mérité d’avoir, en tant que pape.

Cela étant écrit, notamment à la suite de la récente canonisation du cardinal Newman, rien n’empêche les catholiques non “philo-postmodernes” ni “philo-pluralistes” de commencer, ou de continuer davantage, à réfléchir, que ce soit d’une manière plutôt “thomiste” ou plutôt “augustinienne” : non seulement cela fait énormément de bien, sur le plan philosophique et sur le plan théologique, mais en outre cela contribue à maintenir en vie tout ce qui peut contribuer à un minimum de solidarité doctrinale et spirituelle entre les générations de fidèles, dans le respect et le souci de la foi catholique…

Bénédiction de la ville d’Albi
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Le 28 mars, le P. Paul de Cassagnac, curé de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, a béni la ville avec le Saint-Sacrement, après une veillée de prière à à saint Roch, que l’on prie notamment contre les épidémies, et saint Salvi, protecteur de la ville.

Remarques sur le dialogue interreligieux
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Reçu d’un lecteur

I.

A. Profiter du confinement pour consacrer un peu de temps au confinement intra-ecclésial et post-conciliaire des questions qui déplaisent, ou des réalités qui dérangent, peut contribuer à une meilleur connaissance et à une meilleure compréhension de ces questions et de ces réalités.

B. Ainsi, il se trouve que nous sommes en mars 2020, c’est-à-dire au début de la première année de ce qui risque fort de constituer LA SEPTIEME DECENNIE CONSECUTIVE DE CRISE DANS L’EGLISE, OU DE CRISE DE L’EGLISE, ce qui ne veut évidemment pas du tout dire qu’il n’y a jamais eu de crises, dans l’Eglise, en amont du début des années 1960, ni que presque tout s’est bien passé, jusqu’à la mort de Pie XII, et que presque rien ne se passe bien, depuis l’élection de Jean XXIII, mais ce qui veut dire que nous continuons à être en présence d’une crise d’une nature tout à fait particulière, presque sans précédent, puisqu’il s’agit d’une crise de la foi catholique, et d’une crise qui continue à “vivre sa vie” en raison, et non en dépit, des positions de bien des clercs, c’est-à-dire en raison des enseignements, des explications et des expressions, mais aussi, et peut-être même surtout, en raison des évitements, des occultations et des omissions de ces clercs, notamment dans le domaine du dialogue interreligieux.

C. Et l’année 2020 est aussi celle qui succède à l’année 2019, alors que l’année 2019 a été marquée par une manifestation préoccupante d’abrahamisme pontifical, à Abou Dhabi, au début de l’an dernier, puis par une manifestation très inquiétante de panenthéisme pontifical, à propos de l’Amazonie, vers la fin de l’an dernier.

D. A ce propos, quelqu’un peut-il rappeler aux lecteurs de Riposte catholique si ce sont plutôt dix cardinaux, plutôt vingt cardinaux ou plutôt trente cardinaux qui ont eu le courage et la franchise de préciser ou de rappeler, d’une manière explicite, officielle, spécifique et substantielle, que “l’abrahamisme”, en l’occurrence “aboudhabien”, et le “panenthéisme”, en l’espèce “amazonien”, découlent de conceptions et de convictions porteuses d’hétérodoxie, et déploient des conceptions et des convictions propices à l’hétérodoxie ?

Mais plus de cinq cardinaux ont-t-il eu le courage et la franchise d’expliciter, “ex cathedra et ès qualités”, cette précision ou ce rappel, au point de bien identifier la part de responsabilité qui est celle des inspirateurs et celle des subordonnés de François, voire celle de François lui-même, à Abou Dhabi puis à propos de l’Amazonie ?

II.

E. Néanmoins, il serait non seulement inexact, mais aussi injuste, de considérer que François est le premier pape, au pontificat entièrement post-conciliaire, qui a une vision des religions et des traditions croyantes non chrétiennes, ainsi qu’un rapport aux religions et aux traditions non croyantes non chrétiennes, qui n’est certainement pas d’inspiration catholique orthodoxe et réaliste ante-conciliaire, à moins qu’il ne faille dire ante-postmoderne.

(La caractéristique de la mentalité postmoderne, qui se manifeste beaucoup dans la théologie fondamentale depuis la fin des années 1960, et, un peu, dans la pastorale pontificale depuis la fin des années 1970, est qu’elle préfère très souvent le consensus à la vérité, et qu’elle n’hésite pas à faire croire ou à laisser penser que bien des conceptions et des distinctions indispensables à la connaissance, à la compréhension, à la réception, à la transmission, à la promotion et à la protection de la foi catholique, constituent autant de risques de “stéréotypes” (qui agiraient au préjudice des catholiques), qu’il convient de soumettre au “renouveau” ad intra, et de risques de “discriminations” (qui séviraient au préjudice des non catholiques) qu’il convient de soumettre au “dialogue” ad extra.)

F. Dans ce domaine, il ne faut pas accuser les personnes, c’est-à-dire les papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François, d’être des papes “apostats” ou “hérétiques”, ou d’être des papes partisans ou promoteurs du “relativisme” et du “subjectivisme” en matière religieuse, à cause ou du fait du dialogue interreligieux et de tout ce que l’on défait, dit, fait, tait, ou soumet au consensualisme, sous couvert de mise en oeuvre de ce dialogue interreligieux.

G. Dans le même domaine, il ne faut pas accuser les personnes, mais il faut constater que leur Magistère (sauf exceptions isolées, presque sans lendemains : Dominus Iesus) et surtout leur pastorale ressemblent fréquemment à une stratégie qui prend appui sur du quasi “perspectivisme” et sur du quasi “sincéritisme”.

H. – D’une part, ce quasi “perspectivisme” est une position assez proche de celle d’après laquelle la réalité, dans le domaine de la religion, se compose de la somme des perspectives croyantes que nous avons sur elle : d’après cette position, ce sont les différents points de vue croyants que nous avons sur la réalité, dans le domaine de la religion, qui constituent cette réalité, dans ce domaine, chaque religion ou tradition croyante étant quasiment indispensable à la connaissance et à la compréhension de la réalité, donc à celles de la plénitude de la révélation divine, dans le même domaine.

– D’autre part, ce quasi “sincéritisme” est une position assez proche de celle selon laquelle ce qui importe le plus, dans le domaine de la religion, est situé avant tout au coeur de la sincérité subjective des croyants, et non au sein de la véracité objective des croyances, cette position amenant à faire comprendre ou à laisser entendre que chaque religion non chrétienne mérite pleinement le respect, en provenance de l’Eglise et des fidèles catholiques, notamment parce que, dans chacune de ces religions non chrétiennes, il existe sûrement de nombreuses personnes croyantes sincères.

(Chacun peut comprendre qu’il existe une “part de vérité”, respectivement sociologique et psychologique, dans ces deux positions, mais aussi que la surappréciation ou la surestimation des mêmes positions peut conduire à une véritable catastrophe, dans l’Eglise catholique, c’est-à-dire

– à une dynamique de subordination, presque complète et définitive, de l’évangélisation à la consensualisation, ou de la mission en direction des croyants non chrétiens au partenariat en direction des religions non chrétiennes,

et

– à une dynamique de subordination de l’explicitation de la foi catholique, en direction des diverses générations de catholiques, à des dissimulations, à des édulcorations, à des euphémisations et à des minimisations très graves, sur le plan doctrinal et sur le plan spirituel.)

III.

I. Certes, ce quasi “perspectivisme” n’est pas nécessairement approbateur ou inspirateur du relativisme au sens propre du terme, mais il faut vraiment être aveugle pour ne pas percevoir que tout clerc catholique, chronologiquement et programmatiquement post-assisien ou post-wojtylien, qui adhère, même incomplètement et indirectement, au même quasi “perspectivisme”, ne se met pas vraiment en mesure, c’est le moins que l’on puisse dire, de distinguer, ad extra et ad intra, d’une manière aussi orthodoxe que réaliste, entre ce qui est erroné et ce qui révélé, dans le domaine de la religion.

J. De même, ce quasi “sincéritisme” n’est pas nécessairement justificateur ou légitimateur du subjectivisme au sens strict du terme, mais il faut vraiment être candide pour ne pas comprendre que tout clerc catholique, doctrinalement et pastoralement post-assisien ou post-wojtylien, qui adhère, même partiellement, au même quasi “sincéritisme”, ne se met vraiment pas en mesure, là aussi, c’est le moins que l’on puisse dire, d’inciter les catholiques à exhorter les personnes croyantes non chrétiennes, dont celles qui sont sincères, à s’ouvrir sur leur conversion par et vers Jésus-Christ.

K. Il est toujours possible de contester, de critiquer, ou d’améliorer les définitions qui figurent ci-dessus, mais qui peut contester le fait que, depuis le début du pontificat de Jean-Paul II, et plus encore, évidemment, depuis Casablanca (1985) et surtout Assise (1986), un énorme problème se pose dans l’Eglise, et s’impose aux fidèles, compte tenu des conceptions doctrinales et du déploiement pastoral caractéristiques du dialogue interreligieux ?

L. Or, alors que l’année 2020 suit l’année 2019, laquelle s’est déroulée quarante ans après la première année complète du pontificat de Jean-Paul II (c’était à la fois “hier” et il y a au moins “un siècle”, compte tenu de ce qu’est devenu notre rapport au temps…), force est de constater que le néo-catholicisme post-conciliaire ressemble de plus en plus à un néo-catholicisme plus partenarial ad extra que théologal in Christo, ou, en tout cas, à un néo-catholicisme philo-postmoderne et philo-pluraliste, dans sa conception des religions non chrétiennes et dans ses relations avec ces religions.

IV.

M. Certes, le catho-diplomatisme montinien, puis post-montinien, et surtout le catho-consensualisme wojtylien, puis post-wojtylien, pèsent de tout leur poids dans cette affaire, et ce n’est un mystère pour personne : depuis les années 1960, dans le domaine de la religion, et en direction des religions non chrétiennes, non seulement les hommes d’Eglise ne veulent presque plus jamais s’exposer au risque de déplaire, mais en outre les mêmes hommes d’Eglise veulent fréquemment s’exposer à celui de plaire, de plaire à leurs “partenaires”, sinon à leur “homologues” croyants non chrétiens.

N. Mais puisque la lutte contre le maintien en vigueur du confinement intra-ecclésial et post-conciliaire des questions qui dérangent est, ici, à l’ordre du jour, on est aussi et vraiment en droit d’aller au-delà de la dimension diplomatiste, consensualiste, partenariale ou relationnelle de ce problème, et de s’interroger sur les fondements et le contenu effectifs de la théologie de la révélation, de la théologie trinitaire, de la philosophie de la religion, de la théologie des religions non chrétiennes, de la pneumatologie et de la sotériologie des théologiens et des évêques catholiques post-conciliaires.

O. Ainsi, quelle est donc la conception de la plénitude de la révélation divine, de Dieu Trinité, de la religion, des religions non chrétiennes, de l’Esprit saint et du salut en Jésus-Christ, qui est, globalement, commune à l’ensemble des clercs catholiques, au sens large, qui pensent et vivent dans l’acceptation, voire dans l’approbation de l’idéologie du renouveau ad intra et du dialogue ad extra qui se manifeste depuis le début des années 1960 ?

P. Les philosophes chrétiens, les théologiens catholiques, les évêques, les cardinaux et même les papes, dont il est question ici, encore plus depuis le début de l’après-Assise, sous Jean-Paul II, que depuis le début de l’après-Concile, sous Paul VI, sont-ils “plutôt pour” ou “plutôt contre” le mode d’analyse et le mode d’appréciation, en direction de la conception “dialogophile” des religions non chrétiennes et des relations “dialogophiles” avec ces religions, que l’on trouve, notamment, chez le jésuite Jacques Dupuis et chez le dominicain Claude Geffré, alors que cette conception et ces relations sont particulièrement propices à l’avènement d’une Eglise catholique presque post-missionnaire et d’une foi catholique quasiment post-trinitaire ?

V.

Q. Si bon nombre d’entre eux sont “plutôt pour”, pourquoi ne vont-ils pas jusqu’au bout des conséquences de leur approbation de cette “dialogophilie”, et si quelques-uns d’entre eux sont “plutôt contre”, pourquoi ne vont-ils pas jusqu’au terme des conséquences de leur réprobation de la même “dialogophilie”, même si, bien sûr, nul n’est d’autant plus un “bon chrétien” qu’il est “dialogophobe” d’une manière arrogante ou méprisante ?

R. Au terme de ces quelques lignes, comment ne pas rappeler ici que le dialogue ne devrait pouvoir être qu’un moyen, parmi d’autres, au service de la mission, et qu’une grande partie de la crise ou du drame actuel découle du fait que le dialogue est fréquemment devenu une véritable “fin en soi” ?

S. Il semble bien que même à Rome on ait fini par le comprendre, d’où le document suivant, Dialogue dans la vérité et la charité, publié en 2014 :

https://www.pcinterreligious.org/pcid-documents

https://www.pcinterreligious.org/download/60

T. A l’intérieur de ce document, on trouve les points suivants :

Obstacles et dangers du dialogue

44. Dans “Dialogue et annonce” (1991), certains des écueils et des dangers à éviter ou à surmonter dans le dialogue interreligieux ont été mis en évidence. Il est ici utile d’en rappeler quelques-uns et d’en identifier de nouveaux :

45. Le manque d’enthousiasme dans le témoignage et l’annonce du Christ et la substitution de l’annonce par le dialogue constituent un danger pour la mission évangélisatrice de l’Église.

46. Il faut ajouter à cela l’erreur que constitue le relativisme, lorsqu’un partenaire du dialogue tend à réduire les vérités religieuses à de simples points de vue personnels, estimant qu’une religion vaut autant qu’une autre. C’est le fruit de la « mentalité indifférentiste ». Le Pape Paul VI enseigne que « l’apostolat ne peut transiger et se transformer en compromis ambigu au sujet des principes de pensée et d’action qui doivent distinguer notre profession chrétienne ».

47. Le relativisme peut aussi conduire au syncrétisme qui relève d’un mélange d’éléments, notamment au niveau des doctrines et des pratiques de différentes religions.

48. L’irénisme, cette tentative désordonnée de faire la paix à tout prix en éliminant les différences, est une « des formes de scepticisme envers la force et le contenu de la Parole de Dieu que nous voulons prêcher ».

49. Dans un monde de plus en plus sécularisé, un nombre croissant de personnes sont insuffisamment enracinées dans leur propre croyance. Ceux qui ne connaissent pas très bien les doctrines de leur religion et tentent de s’engager dans le dialogue interreligieux peuvent parfois semer la confusion et donner des informations inexactes aux partenaires d’autres croyances religieuses.

50. Le manque de connaissance et l’incompréhension des croyances et des pratiques des autres religions peuvent également créer des difficultés dans le dialogue. Alors qu’un interlocuteur n’est pas censé être un expert des doctrines religieuses de l’autre croyant, il se doit cependant de faire l’effort de comprendre au moins les aspects fondamentaux des croyances du partenaire dans le dialogue.

51. Le sentiment d’autosuffisance est également un obstacle au dialogue. Le chrétien sait que toute vérité religieuse est en Christ. Néanmoins, une personne qui n’apprécie pas les éléments positifs des autres religions – en tant que témoignages de la quête humaine de Dieu – est clairement un interlocuteur inapproprié pour le dialogue interreligieux.

52. Imposer des restrictions sur les questions de croyance devant être discutées et manquer d’ouverture peuvent faire du dialogue interreligieux un exercice futile. Une telle approche peut donner l’impression de « se réunir pour se réunir », sans réelle intention de jeter des ponts de compréhension mutuelle et de collaboration.

53. L’instrumentalisation du dialogue à des fins personnelles, politiques ou économiques est un abus.

54. Bien que l’Église catholique soit officiellement engagée dans le dialogue interreligieux depuis des décennies, il existe encore des personnes qui se méfient de ce qui la motive à aller vers les autres. En l’absence de confiance mutuelle, le dialogue interreligieux reste difficile à mettre en œuvre.

Mais pourquoi tant d’hommes d’Eglise semblent vraiment ne pas vouloir tenir le moindre compte de l’un ou l’autre de ces dix points d’attention ? Et pourquoi ce qui figure dans, ou découle de Ecclesiam suam, de Paul VI, et de la première partie de Nostra aetate, de Vatican II, est-il souvent considéré, non de jure, mais de facto, comme un quasi “dogme”, ou comme si cette lettre encyclique et cette déclaration pastorale étaient deux “constitutions dogmatiques” ?

N’attendons pas de Dieu qu’il fasse des miracles
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Ainsi va la foi de Mgr Stenger, évêque de Troyes… :

Chers amis,

Nous expérimentons tout particulièrement en ce moment, à cause de l’épreuve du coronavirus, la justesse de la phrase de l’apôtre Paul : « C’est quand je suis faible que je suis fort ». Devant cette pandémie, nous expérimentons combien nous sommes impuissants. Nous ne pouvons que prendre acte chaque jour du nombre des personnes touchées et de celles qui meurent, des réunions et manifestations ajournées ou annulées, des confinements qui demandent de nouvelles organisations. Où donc est notre force dans ce contexte de crise que nous subissons ?

Elle est dans notre capacité de rester debout. Dans notre système de santé, des hommes et des femmes se battent jour après jour pour faire face à l’épreuve vécue par ceux qui sont malades. Et nous-mêmes ? Ce qui est interpellé d’abord, c’est notre solidarité. Nous conformer aux attitudes recommandées est le signe que nous voulons du bien à nos frères humains, que c’est même ce qui nous importe le plus. Ce qui est interpellé aussi c’est notre sens de la responsabilité. De notre attitude dépend l’intégrité physique de nos frères. Ce qui est interpellé enfin c’est notre foi. Croyons-nous que la force de Dieu vient au secours de notre faiblesse ? N’attendons pas de lui qu’il fasse des miracles, qu’il nous débarrasse du « coronavirus ». Mais sachons reconnaître qu’il accompagne avec amour notre faiblesse, qu’il habite et veut combler nos manques.

Il y a de fortes chances que d’autres mesures nous soient prescrites dans les jours à venir, en particulier concernant les messes du dimanche et autres rassemblements ordinaires. Accueillons-les avec confiance, dans une volonté de solidarité avec nos frères, avec un vrai sens de la responsabilité, avec foi et espérance. A mesure que les informations sur ce qu’il faut faire nous parviendront, nous vous les communiquerons.

Il y a une chose que nous pouvons faire dès maintenant et qui ne dépend d’aucun règlement. C’est de nous rejoindre dans la prière. Je vous propose une prière toute simple que nous pourrions dire chez nous, en communion avec nos frères et sœurs, et ensemble chaque fois que nous nous retrouverons.

Fraternellement.

+Marc STENGER

Consécration du diocèse de Beauvais à la Sainte Vierge
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Mgr Jacques Benoit-Gonnin renouvellera la consécration de notre diocèse à la Vierge Marie. Célébration en direct sur Facebook et communion de prière lors de la fête de l’Annonciation : mercredi 25 mars à 18h30 :

Chers frères et sœurs,

J’ai annoncé une « Année avec Marie », pour qu’elle nous aide à avancer et persévérer, dans la marche que nous avons engagée depuis plusieurs années.

J’envisageais d’en dire les raisons et d’en préciser les modalités, dans une lettre de fin mai prochain. Le lancement de cette année était prévu pour le 8 septembre, en diocèse, et le 13 septembre, en paroisses, avec le renouvellement de la consécration du diocèse, faite en 1914, par Mgr DOUAIS, et renouvelée en 1916, par Mgr LE SENNE.

Les événements que nous sommes en train de vivre m’incitent à modifier ce calendrier, et à envisager le renouvellement de cette consécration du diocèse et de nos vies à Marie, à l’occasion de la solennité de l’Annonciation (mercredi 25 mars prochain). (Ce qui ne nous empêchera pas de nous retrouver, en septembre !)

Nous sentons bien que nous sommes en train de vivre un moment décisif de l’histoire, dont le sens profond nous échappe. C’est donc le temps d’offrir nos vies et nos libertés, comme Marie et avec elle, à Dieu qui aime tous les êtres humains et travaille notre temps pour faire advenir un monde de justice, de fraternité et de paix.

Mercredi 25 mars, à 18h30, je célébrerai la messe de l’Annonciation, (en privé, à cause du confinement), et je renouvellerai, en votre nom, l’offrande de nos vies et de nos communautés au Seigneur, par Marie. Chacun pourra s’y associer, en pensée ou par connexion sur facebook.com/jacques.benoitgonnin/ . La page est publique. Même ceux qui n’ont pas un compte facebook pourront y accéder.

À 19h30, en communion avec le pays et les diocèses de France, les cloches des églises du diocèse et de France qui le pourront (en concertation avec les Maires) sonneront, tandis que des lumières seront allumées sur nos fenêtres comme signes d’espérance, et que ceux qui le voudront réciteront le chapelet. Ils demanderont sa protection à la Mère de Jésus, et ils s’offriront, comme elle, à servir Dieu pour l’accomplissement de son projet d’amour et de paix.

Dans l’espérance et la joie de cette communion.

+ Jacques Benoit-Gonnin,

Évêque de Beauvais, Noyon et Senlis

Consécration du diocèse de Luçon au Coeur Immaculé de Marie
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Belle initiative de Mgr Jacolin, qui rejoint celle des évêques de Pologne, du Portugal et d’Espagne.

La consécration sera diffusée en direct sur

Elle sera rediffusée sur RCF Vendée

A 12h Introduction et prière du Notre Père en communion avec le Pape et tous les chrétiens du monde

Message vidéo de Mgr à tous les vendéens et aux fidèles catholiques de Vendée

Bénédiction du Saint Sacrement : 4 fois aux 4 points cardinaux du clocher de la cathédrale

Chant : En toi, j’ai mis ma confiance

En toi, j’ai mis ma confiance, Ô Dieu Très Saint,
Toi seul es mon espérance et mon soutien,

c’est pourquoi je ne crains rien, j’ai foi en Toi Ô Dieu Très Saint (bis)

Acte de consécration du diocèse au Cœur Immaculé de Marie

O Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère,
je consacre notre diocèse de Luçon et tous ses fidèles à votre Cœur Immaculé
pour que nous soyons pleinement offerts et consacrés au Seigneur.

Veuillez s’il vous plaît nous prendre sous votre protection maternelle,
défendez-nous contre les dangers notamment contre cette épidémie,
aidez-nous à vaincre les tentations notamment du désespoir et du découragement,
à fuir les péchés,
et veillez, nous vous en supplions sur notre Eglise de Luçon et sur tous les vendéens.

Que votre Cœur Immaculé soit notre refuge et le chemin qui conduit jusqu’à Dieu.

Donnez-nous la grâce de prier
et de nous sacrifier par amour pour Jésus,
pour la conversion des pécheurs
et en réparation des péchés commis contre votre Cœur Immaculé.

En nous confiant à Vous
et en union avec le Cœur de votre divin Fils,
nous voulons vivre pour la Très Sainte Trinité
en qui nous croyons,
que nous adorons,
que nous espérons et que nous aimons.

Ainsi soit-il.

Puis ensuite acte personnel de consécration à Jésus par Marie selon la prière de St Louis-Marie :

Je vous choisis, aujourd’hui, ô Marie,
en présence de toute la Cour Céleste,
pour ma Mère et ma Reine.
Je vous livre et consacre,
en toute soumission et amour,
mon corps et mon âme,
mes biens intérieurs et extérieurs,
et la valeur même de mes bonnes actions
passées, présentes et futures,
vous laissant un entier et plein droit
de disposer de moi
et de tout ce qui m’appartient,
sans exception,
selon votre bon plaisir,
à la plus grande Gloire de Dieu,
dans le temps et l’éternité.

Amen !

Cœur Immaculé de Marie, cause de notre joie, priez pour nous !

Chant : Je Vous Salue Marie

Nette amélioration au séminaire de Wigratzbad: le nombre de malades en baisse
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C’est une bonne nouvelle pour le séminaire de Wigratzbad: le nombre de malades du coronavirus aurait baissé. Il serait de moins d’une dizaine.

Voir aussi le blog du séminaire qui annonce cette heureuse nouvelle.

Prions saint Roch!
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Nos amis du Centre grégorien saint Pie X (pour se former au chant grégorien) viennent de mettre en ligne une prière à saint Roch pour lutter contre les épidémies:

O Dieu, qui avez accordé à saint Roch, votre serviteur fidèle, la grâce de guérir par le signe de la croix tous ceux qui étaient atteints de maladies, nous vous prions, par ses mérites et son intercession, de nous préserver dans votre miséricorde, de ces dangereuses maladies ainsi que d’une mort subite et imprévue, par Jésus-Christ Notre Seigneur. Ainsi soit-il.

 

 

 

Ce ne sont pas les évêques qu’il faut changer, mais le scénario doctrinal!
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A. En l’occurrence, le problème que vous soulevez n’est pas avant tout un problème de “casting” épiscopal franco-français, mais est avant tout un problème de “scénario” intra-ecclésial post-conciliaire, ce qui ne veut bien sûr pas dire que l’épiscopat français a toujours été chrétiennement éclairant et exigeant, dans la fidélité aux fondamentaux de la foi catholique et de la morale chrétienne, jusqu’à la fin des années 1950 ou jusqu’au début des années 1960, ni qu’absolument évêque français n’est à la hauteur des enjeux, de sa mission et de la situation, depuis le début de la même décennie.

B. Il est possible qu’il soit nécessaire “d’essayer d’autres évêques”, d’autres évêques diocésains, mais il est certain qu’il est nécessaire de bien identifier et de bien analyser le mode actuel de détection et de formation des futurs prêtres diocésains, ainsi que le mode actuel de promotion et de sélection, parmi eux, des futurs évêques diocésains, dans le but de remédier à la situation actuelle, qui est porteuse d’un risque sérieux d’inscription, dans la longue durée, de l’amollissement et de l’attiédissement, hier “conciliaires”, aujourd’hui “évangéliques”, du catholicisme, que nous subissons depuis le début des années 1960, avant tout dans le domaine de la réception et de la transmission des fondamentaux de la foi catholique.

C. Or, dans cet ordre d’idées, force est de constater que l’irénisme utopiste produit des catholiques irénistes et utopistes presque aussi constamment que le pommier produit des pommes, ou, si l’on préfère, force est de constater que le consensualisme fraternitaire, ou l’idéologie du dialogue ad extra et du renouveau ad intra, produit des consensualistes fraternitaires, ou des partisans et des promoteurs de cette idéologie du dialogue et du renouveau, presque aussi sûrement que le pommier produit des pommes. (L’irénisme utopiste fonctionne au remplacement ou à la transformation du christianisme catholique, au contact et au moyen d’un genre de pacifisme universel et d’une sorte d’utopie porteuse de conciliation générale entre l’Eglise catholique et le monde contemporain ou son environnement extérieur.)

D. Au demeurant, compte tenu de ce que sont fréquemment, sinon constamment, le Magistère et la pastorale qui ont été “conciliairement corrects”, hier, et qui sont “évangéliquement”, inclusivement et synodalement “corrects”, aujourd’hui, on ne voit pas très bien pourquoi cet irénisme utopiste devrait et comment le même irénisme utopiste pourrait produire, fréquemment, autre chose que des catholiques irénistes et utopistes, ou conciliateurs voire consensualistes ad extra, et rénovateurs voire transformateurs ad intra, notamment dans le domaine de la liturgie et des sacrements de l’Eglise.

E. Certains de vos lecteurs se demandent peut-être en quoi il y a une certaine forme d’hégémonie doctrinale et pastorale de l’irénisme utopiste, ou en quoi il y a un certain type d’hégémonie intellectuelle et relationnelle de l’idéologie du dialogue ad extra et du renouveau ad intra, dans l’Eglise, depuis le début des années 1960.

F. Il est possible de leur faire remarquer que depuis à peu près, sinon un peu plus de soixante ans, les responsables religieux catholiques tiennent absolument, ou tiennent à tout prix,
– à ce que la conception dominante du dialogue interconfessionnel, du dialogue interreligieux et du dialogue interconvictionnel, conception qui est amplement et nettement propice à un dialogue interconfessionnel oecuméniste, à un dialogue interreligieux unanimiste et à un dialogue interconvictionnel inclusiviste, continue à avoir une autorité incontestable et indiscutable et à inspirer une orientation irréversible et irrévocable,
et
– à ce que la remise en cause, depuis l’intérieur des diocèses, remise en cause qui pourrait être philosophiquement et théologiquement fondée, des origines, des composantes ou des conséquences du déploiement de cette conception dominante, soit non seulement presque impossible, mais aussi quasiment impensable.

G. En conclusion, il faut le dire avec force : le plus souvent – certes, pas toujours, mais le plus souvent –, ce n’est pas en contradiction et en dépit, mais en conformité et en raison des expressions et des omissions consensualistes et rénovatrices, ou des explications et des occultations diplomatistes et transformatrices, en provenance des plus hautes autorités de l’Eglise (non seulement en ce qui concerne les confessions chrétiennes non catholiques, les religions non chrétiennes, les valeurs et les visions “officielles” de l’homme et du monde contemporains, mais aussi pour ce qui a trait à la foi catholique, à la morale chrétienne, à la liturgie et aux sacrements de l’Eglise), que nous avons les futurs prêtres diocésains et les futurs évêques diocésains que nous avons. Sous cet angle, le “recentrage” officiel, propre à la période comprise entre 1979 et 2012, n’a nullement empêché la suite… (A qui donc fera-t-on croire qu’il serait cohérent, pertinent et, tout simplement, possible d’être à la fois clairement partisan des textes de Vatican II les plus porteurs de l’esprit du Concile et fermement opposé à l’usage qui en est fait par bien des théologiens et par bien des évêques qui, encore aujourd’hui, voire plus que jamais, en ce moment, adhèrent à un dialogue interconfessionnel oecuméniste, à un dialogue interreligieux unanimiste et à un dialogue interconvictionnel inclusiviste qui sont matériellement permis, voire formellement prescrits, par les mêmes textes ou par le même esprit ?)

H. Face à cela, il ne faut pas être fataliste, mais il faut savoir que le prix à payer pour renouer avec un catholicisme non consensualiste fraternitaire, ou non iréniste ni utopiste, ou encore bien plus “théologal” ad intra et bien moins “partenarial” ad extra, sera très lourd : il faudra que les évêques des années 2020 reconnaissent, ne serait-ce qu’implicitement ou indirectement, que leurs prédécesseurs des années 1960-1970 ont été trompés, dès la préparation des esprits, avant le Concile, se sont trompés, au moyen d’une partie du Concile, et ont trompé, après le Concile, au moins sous Paul VI. Quand une Eglise qui a pour mission d’être, pour ainsi dire, avant tout annonçante, confessante et conversive, semble vraiment devenir, sous la conduite d’une idéologie placée sous le signe du dialogue ad extra et du renouveau ad intra, une Eglise qui se dit et se veut de plus en plus, en quelque sorte, “dialoguante”, “écoutante” et “inclusive”, n’y a-t-il pas, au minimum, exposition des laïcs, des prêtres et des évêques, mais aussi des futurs prêtres et des futurs évêques, à un risque de contrefaçon au moins partielle, sinon à un risque de “tromperie sur la marchandise” ?

Epidémie – Vivre et mourir
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Un lecteur nous propose cet article:

 

Il est inutile de s’attarder sur l’agenda mondialiste en cours pour lequel les épidémies et les attentats terroristes servent de prétexte à l’instauration du totalitarisme du Nouvel Ordre Mondial. Les informations en ce domaine sont largement partagées sur le Web pour qu’un esprit aimant la vérité soit au fait de cela.

Il est inutile aussi de s’attarder sur les conséquences mortelles possibles du coronavirus. La maîtrise efficace de l’épidémie par la Chine montre finalement que le nombre de morts chinois dû au coronavirus est largement inférieur à celui d’une grippe saisonnière en France.

Il est inutile de parler du saccage des hôpitaux français par l’Etat depuis des années, alors que les grèves du personnel hospitalier ne sont même plus évoquées depuis des mois par les médias aux ordres. Cela aussi, qui souhaite ne pas l’entendre restera étranger à ces réalités.

Sans vouloir prendre de grands risques, il est inutile de préciser que le nombre de morts en France servira de justification pour la mise en place d’un plus grand totalitarisme. Le principe de vaccination forcée sera bien entendu inoculé en premier lieu dans les esprits afin que la population apeurée demande elle-même sa vaccination générale. La grippe H1N1 de 2009 avait joué le rôle d’exercice grandeur nature d’une phase de test en vue d’une suite qui se déroule actuellement sous nos yeux.

Aujourd’hui, l’intérêt de l’épidémie de coronavirus est de montrer comment nous vivons de manière si différente les bouleversements de nos vies quotidiennes. Face à l’ “ordo ab chaos” qui est généré, la bonne question n’est-elle pas de savoir comment nous allons maintenant conduire notre vie ?

Accepter de vivre dans la matrice du mensonge ne peut que vous condamner à une vie terrestre d’angoisse que chaque jour les medias et les politiques vont venir amplifier. Il est normal que ceux qui refusent le réel, taisent la vérité et détruisent la vie finissent par devenir des morts-vivants devant leur poste de télévision. La véritable épidémie est celle qui fait accepter l’égoïsme, divertissement et mercantilisme comme norme sociétale. Actuellement, toute la population est très largement infectée. Vouloir guérir de cela devrait être la préoccupation première plutôt que stocker des aliments chez soi.

Une fois ces nombreux aspects évoqués, il est infiniment plus important de parler de ceux qui savent vivre et mourir. Ceux qui durant des épidémies et des famines, demeurent charitables, bâtissent des hôpitaux et aident leur prochain. Rappeler leur sainteté dans ces moments pourra être infiniment plus utile qu’énumérer les consignes élémentaires de protection contre la diffusion d’une épidémie. En ces temps de quarantaine imposée, entendre le film de Maurice Cloche “Monsieur Vincent” paru en 1947 et retraçant la vie de saint Vincent de Paul depuis une épidémie de peste sera plus secourable à la population que toutes les annonces officielles.

Chacun est libre de ses choix. Vivre dans Babylone ou vivre et mourir en homme.

En Belgique, pénitence gouvernementale
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Reçu d’un lecteur belge de Riposte catholique:

 

La Belgique est entrée en carême. Certes, assez tard, samedi 14 mars seulement, mais mieux vaut tard que jamais. Les évêques de la conférence épiscopale ont écrit une belle lettre pastorale et c’est chose faite: tous les cafés, bars, restaurants, cinémas et discothèques du royaume sont fermés. Voilà un beau geste de pénitence!

Euh, excusez-moi… je m’emmêle un peu les pinceaux. En fait, c’est le gouvernement qui a imposé cette fermeture des débits de boissons et lieux de divertissement. Les évêques, eux, ont appelé “à vivre ce carême comme un temps (…) de partage fraternel, et d’une plus grande attention à autrui“. Je vous avoue qu’en voyant ces termes à connotation “humaniste”, j’avais pensé qu’il s’agissait justement du communiqué du gouvernement, ou de la croix rouge. Les “successeurs des apôtres” n’ont même pas pensé à saisir la balle au bond pour souligner que cette fermeture des bars et lieux d’amusement était une occasion providentielle de faire pénitence en carême.

Il faut avouer que ce texte épiscopal décrit tout de même aussi le carême comme un “temps de prière, de conversion“. Il n’empêche que, dans l’ensemble, on est frappé par sa pauvreté, son indigence et son manque de sens du surnaturel.

Ainsi, pas la moindre réflexion sur la maladie comme occasion de pénitence et de conversion. De même, les épiscopes s’empressent d’annoncer l’arrêt des cérémonies liturgiques publiques mais ne rappellent nulle part à leurs diocésains l’obligation de sanctifier le dimanche en tout état de cause (point pourtant fréquemment oublié), ni ne les invitent à s’unir aux messes que les prêtres continueront à célébrer privatim, pour implorer de Dieu le pardon de nos péchés et la fin de l’épidémie. Où est la prise de conscience de ces bergers au sujet des grâces infinies découlant du Saint Sacrifice? À vrai dire, je suis peut-être trop naïf car combien de prêtres célèbrent encore l’eucharistie sine populo, vu que la messe est désormais conçue essentiellement comme un rassemblement au lieu d’être le sacrifice du calvaire offert à Dieu le Père?

Certains ont qualifié de “prudence naturelle” la suspension des célébrations liturgiques publiques. Voire… On comprend bien que, en saine doctrine, la grâce présuppose l’ordre naturel et s’appuie sur lui mais, dans ce cas-ci, je n’aperçois justement que l’humain (trop humain, comme aurait dit Nietzsche) et j’ai beaucoup de mal à voir où est le surnaturel. Une saine articulation du naturel et du surnaturel aurait consisté, si l’on admet la nécessité de suspendre les offices publics (Renaissance Catholique a fourni une intéressante réflexion à ce sujet), à impérer des messes votives ou au moins des oraisons votives. De tout cela, pas un seul mot sous la plume de la conférence épiscopale. Pourtant, même si l’on admet l’opportunité d’interrompre les actes publics du culte, il aurait suffi de demander aux fidèles de s’unir à de telles messes votives célébrées massivement privatim par les prêtres, voire de faire télédiffuser de telles messes célébrées par les évêques dans leurs cathédrales. Mais non, vous dis-je, rien de tout cela: nos épiscopes sont muets et n’expriment aucune vision surnaturelle de cette épidémie. La sainte Écriture ne manque pourtant pas d’épisodes pertinents. Et l’exemple de leurs prédécesseurs, lors de la pandémie de grippe espagnole (1918-1919), aurait pu aussi les inspirer mais, encore une fois, rien de rien: c’est le désert surnaturel, c’est une vision aplatie, terriblement appauvrie et purement naturelle qui prévaut. “Si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les gens“. C’est d’ailleurs ce qui se passe, comme on va le voir plus bas.

Entre l’attitude des évêques il y a un siècle, lors de la grippe espagnole, et celle d’aujourd’hui, il y a un monde. Et il y a aussi un concile œcuménique. Affirmer que cette perte de vision surnaturelle n’aurait rien à voir avec Vatican II n’est pas sérieux. Bien sûr, les causes de la “profanation” de l’Église sont complexes mais l’esprit de Gaudium et Spes est passé par là, de même que celui de Populorum Progressio, où Paul VI qualifiait l’Église de “rerum humanarum peritissima” (“experte en humanité”). Est également passée par là une liturgie aplatie, affadie, dont il est facile de pointer “les applications abusives” mais qui a bel et bien éliminé, le plus officiellement du monde, de son missel le terme “anima” et qui a supprimé quasiment toutes les occurrences du mot “jejunium” (jeûne) des textes liturgiques du carême. Le poisson pourrit par la tête. Felix qui potuit rerum cognoscere causas

J’ai d’ailleurs été frappé, lors de l’annonce des mesures gouvernementales, par cet éditorial de La Libre Belgique (un des plus grands quotidiens du royaume): Francis Van de Woestyne s’y lamente que les Belges soient condamnés à passer “trois semaines, sans bar, sans restaurant (…), sans faire la fête entre copains“. Mais oui, M. Van de Woestyne, ça fait partie du carême et ça dure même six semaines. Quand on sait que La Libre Belgique était autrefois un journal à l’identité catholique affirmée… Et on comprend encore mieux la liquéfaction du clergé belge quand on sait aussi qu’il reste massivement abonné à ce journal, qui offre désormais des tribunes à la “courageuse” (sic) Simone Veil pour parler de l’avortement. “Pauvre Belgique“, comme disait Baudelaire…

En bref, c’est le gouvernement qui a mis en œuvre le carême, tandis que nos évêques prônaient une vision purement “humaine” de la pandémie. Jusqu’où est tombée notre Église? Jerusalem, Jerusalem, convertere ad Dominum Deum tuum!

Qui s’étonnera d’ailleurs qu’une Église qui se roule dans la fange du naturalisme soit frappée par le bras séculier? La Jérusalem déchue sur laquelle pleurait Jérémie n’avait-elle pas été livrée à ses ennemis? Ainsi, avant même le confinement général imposé par le gouvernement national, certains bourgmestres (maires) avaient déjà prétendu imposer la suspension des cérémonies publiques dans les églises de leurs communes respectives. Sans la moindre réaction épiscopale, bien entendu. Si la Providence se sert de tout, même d’un gouvernement en affaires courantes depuis plus de 400 jours, pour imposer le carême, il se sert aussi du pouvoir laïc pour châtier les clercs défaillants. C’est ce qu’on voit par exemple en matière de pédophilie cléricale; c’est ce qu’on voit aussi dans cette affaire de carême. En 2016, après les attentats terroristes, le bourgmestre d’Etterbeek, une des 19 communes qui composent Bruxelles, avait prétendu appliquer aux églises de sa commune les mesures de confinement et d’interdiction de rassemblement – c’est-à-dire en pratique interdire l’exercice du culte. Il faut dire que le personnage, vraisemblablement de la loge, ne cache pas son anti-christianisme. Toutefois, il avait été obligé de reculer sur ce point. 4 ans plus tard, c’est chose faite: l’autorité communale peut se permettre, sans retour de crosse épiscopale, d’interdire les offices religieux. Pourquoi se priver, puisque les évêques eux-mêmes en rajoutent? Ils ont en effet décrété l’arrêt de tous les baptêmes.
Tiens, il me semblait avoir appris au catéchisme que le baptême est “le premier et le plus nécessaire des sacrements“… Depuis quand peut-on priver un nouveau-né de la grâce surnaturelle, indispensable au salut? Les nourrissons seraient fondés à crier: “Évêque, c’est par toi que je meurs“. On pourrait comprendre que les diocèses demandent aux prêtres et diacres de baptiser uniquement en présence des parents et parrains mais jeter l’interdit sur le baptême, voilà qui doit laisser pantois… tout baptisé. Nos évêques ont-ils encore conscience de ce qu’est le baptême, ou bien le conçoivent-ils seulement comme une coutume traditionnelle qui est l’occasion d’une fête de famille? Cette crise sanitaire était justement l’occasion de rappeler la vraie conception du baptême, comme sacrement – et sacrement fondamental et indispensable – et non comme réunion de famille. Dans le pire des cas, le communiqué de Cathobel-Kerknet aurait dû demander aux parents d’ondoyer eux-mêmes leurs enfants. Mais non, nos mitrés ne rappellent pas aux parents l’obligation de baptiser “quam primum“. Foulant aux pieds le droit canonique, ils préfèrent prendre le risque de priver des enfants de la vision béatifique. Pauvre Église, pauvre Belgique…

Il y a dix ans, dans ces colonnes, Vini Ganimara avait publié une longue série d’article sur la Belgique (post)catholique, en laissant clairement entendre que l’Église dans ce pays glisserait dans un coma irréversible si la nomination de Mgr Léonard à Malines était conçue comme un sommet indépassable plutôt que comme une étape obligée d’une véritable restauration. Mgr Léonard est en effet un évêque très moyennement “modéré” (comme l’ont confirmé ses années comme primat), aux visées nullement restaurationistes, et admirateur avoué du cardinal Lustiger et de son séminaire. Eh bien, les nominations épiscopales sous Benoît XVI comme sous François ayant été ce que nous savons, dix ans plus tard nous y sommes: l’Église qui fut en Belgique est morte, achevée par le virus coronarien. Parce, Domine, parce populo tuo!

Un évêque espagnol sauve l’honneur de l’Église
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Une grande nuit religieuse s’étend sur la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne : sous prétexte d’épidémie et de “principe de précaution”, appliqué de manière manifestement disproportionnée, toutes vies sont suspendues, même la plus importante de toute, la vie sacramentelle de l’Église. En France, dans de nombreux diocèses, plus de messes publiques, en tout cas de messes dominicales, plus de baptêmes, plus de mariages, les évêques ayant anticipé ou amplifié les décisions gouvernementales. Les cours de catéchisme ont cessé dans les paroisses. On semble revenu aux pires heures de la Révolution.

Pour l’honneur de l’Église, un évêque diocésain, Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque d’Alcalá de Henares, près de Madrid, dans un entretien du 20 mars donné à Andrea Zambrano a fait savoir qu’il avait décidé de maintenir messe et communion dans son diocèse pendant l’épidémie actuelle, avec toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation de la contagion : « En tant qu’évêque, j’ai décidé de maintenir les églises ouvertes et de respecter l’horaire habituel des célébrations de la Sainte Messe. Je veux ainsi offrir aux fidèles le signe que l’Église n’abandonne pas ceux qui ont besoin de l’aide de Dieu, en particulier des sacrements. À cette fin, nous organisons les célébrations en suivant toutes les directives préventives recommandées par les autorités sanitaires (1).

L’Homme nouveau rapporte le soutien que le cardinal Burke a immédiatement apporté à l’évêque espagnol. Mgr Athanasius Schneider parle de « dictature sanitaire », qui a pour effet « l’interdiction croissante et sans compromis de toute forme de culte public ».

Dans l’article qu’il consacre à la consolante nouvelle venue d’Espagne, L’Homme nouveau pose la question : « À quand un évêque français ? ».

Nous reprenons, pour notre part, cette question au nom de tous les catholiques de France : dans quinze jours s’ouvre la Semaine Sainte, dans moins de trois semaines sera la fête de Pâques. Nos pasteurs, permettront-ils que le culte public de l’Église continue d’être ainsi enchaîné pour le plus grand dommage des âmes ?

(1) L’information a été donnée en premier par Le Petit Placide. Le texte complet a été traduit par Jeanne Smits.

Trier les malades ? La lettre de Mgr Aupetit aux soignants
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L’archevêque de Paris, qui fut médecin, écrit au personnel soignant :

Wigratzbad: la plupart des prêtres et la moitié des séminaristes malades
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Riposte catholique avait rappelé que le séminaire de Wigratzbad était sous quarantaine. On apprend cette fois-ci  que la plupart des prêtres et que la moitié des séminaristes auraient contracté le coronavirus. C’est une triste nouvelle pour ce séminaire de la Fraternité Saint-Pierre.

Comme prévu, le virus a fait son oeuvre au séminaire, et désormais la plupart des prêtres et la moitié des séminaristes sont malades. Mais tout abandonnés à la Providence de Dieu.Avec le secours puissant de la foi, de l’espérance et de la charité, nous ne nous laissons pas abattre. Dans quelques jours, les premiers guéris pourront prendre le relais des nouveaux malades, pour maintenir la vie spirituelle et matérielle de la maison. Au temps de l’épreuve si inattendue, chacun mesure la grâce qui nous est faite de vivre ces temps difficiles en vrais chrétiens. Comme le Seigneur ne permet le mal que pour un plus grand bien, nous avons confiance que se produiront de nombreux retours à Dieu, seul capable de donner un sens à notre existence éphémère sur cette terre. C’est l’intention que nous confions aujourd’hui à Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle et de la bonne mort. Bien sûr nous vous assurons tous, surtout les malades et le personnel soignant, de notre proximité et de nos voeux de bonne santé. Que Dieu vous garde, sursum corda !

Adjutorium nostrum in nomine Domini.

Source: blog du séminaire de Wigratzbad

Addendum du 22/03 : On m’indique qu’un des prêtres (français) du séminaire est actuellement hospitalisé.

La vieille Église de France apparaît en ce temps d’épreuve collective comme une Église 2.0 débordante de ferveur et de créativité
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Article de Mgr Rougé, évêque de Nanterre, paru dans le Figaro :

“L’épidémie de coronavirus, dans sa violence sidérante, nous a pris par surprise. Le monde entier, où la performance technologique et le consumérisme débridé semblaient régner en maîtres, a un genou à terre pour une histoire invraisemblable de pangolin et de chauve-souris!

«On franchit une montagne et on bute sur un caillou», a pu écrire Georges Bernanos. Notre époque est capable d’exploits apparemment sans limites mais trébuche sur un virus insaisissable et minuscule. Voilà qui nous met devant le mystère de la fragilité de toute vie humaine, cette fragilité que nous sommes constamment tentés de nier et qui se rappelle violemment à notre conscience aujourd’hui comme une réalité essentielle à assumer. Les figures bibliques de la tour de Babel et du colosse aux pieds d’argile n’ont décidément rien perdu de leur actualité salutaire.

«Esprits sans intelligence! Comme votre cœur est lent à croire…», a pu reprocher Jésus à ses disciples. De manière analogue, pourquoi tant d’incrédulité face à l’approche de la déferlante épidémique? Notre gallicanisme et notre orgueil impénitents nous ont conduits à faire preuve de condescendance à l’égard de nos amis italiens au point de rester sourds à leurs appels à une mobilisation accélérée. Un peu d’humilité ultramontaine nous aurait permis davantage de réalisme responsable. Comme évêque, j’ai été saisi d’émotion en apprenant que mon confrère de Bergame avait perdu un prêtre par jour durant la semaine du 9 mars.

Nous voici à présent entrés en quarantaine nationale. Ce carême (c’est le même mot que «quarantaine») profane et républicain est en train de nous faire redécouvrir les vertus d’un certain retrait, de relations familiales vécues sans stratégie d’évitement, de la lecture, voire de la prière. Même si les derniers jours avant le confinement ont vu un peu de précipitation dans les supermarchés, chacun va enfin s’exercer à cette sobriété joyeuse qui constitue le meilleur du souci écologique contemporain mais à laquelle nous peinons tous à nous convertir réellement.

Comme le carême des chrétiens, la quarantaine nationale passe parle recueillement, une forme de jeûne et le partage. Qu’il est important, en ces temps d’inquiétude et de solitude, de veiller en particulier sur les personnes fragiles, âgées ou malades! Il est magnifique de voir surgir ici et là de nouveaux modes de solidarité et se déployer une véritable créativité de la charité. Des voisins qui se connaissaient à peine il y a encore quelques heures veillent à présent attentivement les uns sur les autres tout en respectant soigneusement les consignes sanitaires.

On a beaucoup insisté dans les médias audiovisuels sur les entorses des premiers jours aux règles du confinement. Certains bars et certaines boîtes de nuit, quelques pelouses de jardins publics ont certes eu un peu de retard à l’allumage de la mobilisation générale mais beaucoup plus impressionnante est, me semble-t-il, la rapidité du passage du plus grand nombre au télétravail, au télé-enseignement et au confinement volontaire. Sans doute un réflexe viscéral de survie a-t-il sa part dans cette mise en œuvre disciplinée des directives gouvernementales. Mais elle constitue aussi un signe de la belle vitalité humaine et professionnelle de nos concitoyens.

Pour les catholiques – même pour cette majorité paradoxale que forment les croyants non pratiquants -, la suspension des messes ouvertes à tous est une source d’incompréhension et de douleur profondes, expression en creux d’un attachement plus grand que ce qu’on serait tenté d’imaginer au rendez-vous dominical. Mais, dans le même temps, des paroisses ont redoublé d’énergie, de compétence et de réactivité pour que leurs fidèles retrouvent, sans interruption liturgique aucune, la messe de leur paroisse sur les réseaux sociaux. La vieille Église de France, qui semble souvent fatiguée et affaiblie, apparaît en ce temps d’épreuve collective comme une Église 2.0 débordante de ferveur et de créativité.

Il ne s’agit pas de faire aujourd’hui comme si l’épreuve nationale en elle-même était bienfaisante. Le drame sanitaire en cours et les rudes conséquences économiques qu’il annonce causent et causeront beaucoup de souffrances. Le dévouement héroïque des soignants coexistera vraisemblablement avec les malhonnêtetés et les trahisons typiques des temps troublés. Mais, quoi qu’il en soit, ce que nous avons à vivre de douloureux peut et doit être l’amorce de renouveaux salutaires pour l’avenir. À condition que nous ne cherchions pas à résister par le divertissement avant de tourner la page dans l’amnésie.

Comme dans la chanson, le temps des retrouvailles et de la liberté «reviendra à Pâques ou à la Trinité». Mais cette quarantaine, ce carême national et mondial, est faite pour aboutir à la lumière. Nous avons un genou à terre mais c’est pour nous relever.”

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