Questions et analyses

Méditer l’évangile chaque jour…
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Depuis une quinzaine d’années, l’Evangile au Quotidien propose de vous envoyer par courriel chaque jour l’évangile du jour et un texte de méditation en rapport avec celui-ci. Un service est proposé pour les fidèles attachés à la liturgie dans la forme extraordinaire : Per Ipsum disponible en Français, Anglais ou Espagnol. Vous pourrez ainsi recevoir l’épitre et l’évangile du jour, ainsi qu’un commentaire qui suivent le calendrier propre.

Quel service proposons-nous ?
« Per Ipsum » est un service Evangelizo.org.
« Per Ipsum » vous propose de recevoir chaque matin par courrier électronique personnalisé, gratuitement et sans aucune contrainte (publicitaire ou autre), le texte de l’évangile du jour selon les calendriers liturgiques fixés par l’Église catholique. A ce jour, le service est proposé selon les calendriers liturgiques des rites suivants : romain ordinaire et extraordinaire, maronite, byzantin, arménien, ambrosien.
Plusieurs rites et calendriers liturgiques sont en usage au sein de l’Église catholique. Le rite romain est celui de la majorité des catholiques, d’autres sont adoptés par des millions de croyants en communion avec le Siège Apostolique Romain, en particulier au sein des Églises orientales. En proposant les lectures selon les différents rites catholiques, Evangelizo souhaite refléter cette richesse de la tradition de l’Église.
De même, Evangelizo souhaite faire connaître les écrits spirituels des Pères et Docteurs de l’Église et contribue à cette fin à leur traduction dans de nouvelles langues, avant de les diffuser en commentaire de l’Évangile ou de la fête du jour.

Inscrivez-vous… c’est gratuit

Chartres et le voile de la Sainte Vierge
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Notre-Dame de Chrétienté a interrogé Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres, sur la Cathédrale de Chartres et le voile de la Sainte-Vierge.

 

A propos de la prélature personnelle
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Côme de Prévigny, pour notre confrère Rorate Caeli, s’interroge sur la pérennité de la potentielle prélature  dans le temps :

05-econeFaut-il accepter la prélature personnelle présentée par Rome à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ? Certains présentent leur avis négatif du fait des circonstances, mais la question est mal posée. Il faudrait plutôt demander : Peut-on refuser la reconnaissance canonique quand aucun préalable inacceptable n’est assorti à cette concession ? Mgr Lefebvre n’a jamais refusé de structure canonique en elle-même, de son vivant. Il a uniquement refusé les exigences conditionnant la structure qu’il avait originellement souhaitée et obtenue et qui lui a été injustement retirée. Jamais il n’a aspiré à rompre de son propre chef le lien canonique qui le liait officiellement à Rome et même à cette Rome pourtant infestée de modernistes. Bien au contraire, il a subi : il a contesté la publication de rupture de ce lien et a fait appel des décisions des autorités ecclésiastiques. Par conséquent, Mgr Lefebvre n’a jamais été confronté à la situation que nous vivons : la Fraternité se voit proposer une structure canonique sans condition. D’ailleurs sur quel motif la refuser si aucune condition n’est imposée (et même si les conditions étaient neutres) et que nous considérons que le pape, en vertu du mandat de droit divin que Notre Seigneur a confié à Pierre et à ses successeurs, continue à détenir le pouvoir surnaturel de lier et de délier, en dépit de toutes ses misères ? La crise ferait-elle de la primauté de Pierre et du pouvoir des clefs des vérités catholiques embarrassantes, optionnelles et superflues ?

Certains objecteront que le contexte ne permet pas cette régularisation et que sur le trône de Pierre n’a jamais régné pire progressiste. Mais une structure canonique ne dure pas le temps d’un seul pontificat, elle survit aux papes qui passent, et son acceptation n’est pas un placet pour le pontife du moment. On ne peut pas imaginer une régularisation sous Benoît XVI, sans prévoir qu’elle sera toujours effective sous son successeur. Quelle attitude faudra-t-il adopter demain ? Devrons-nous devenir sédévacantistes quand les pontificats seront calamiteux et « dénoncer le contrat » à notre guise au fil du temps ? Ce n’est guère cohérent. Même si un pontife bien traditionnel est attendu, il n’est jamais à l’abri d’être suivi par un successeur désastreux. La sécurité totale n’existe pas ici-bas et le statut canonique de la FSSPX doit pouvoir perdurer, quel que soit le pape régnant. C’est pour cette raison que son supérieur général s’assure préalablement de son étanchéité et de la pérennité de son administration pour tous les types de pontificats, malgré les assauts en tous genres.

Le jour où la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre sera régularisée, on imagine bien que le pape actuel ne touchera pas au cours de son pontificat à cet équilibre qui a été recherché par tous les moyens depuis quarante ans. La curie a bien tenté la mise au pas de la Fraternité Saint-Pierre en 1999 et n’y est plus jamais revenue, après avoir essuyé un échec. En concédant, l’année dernière, une confirmation définitive des statuts de l’Institut du Christ-Roi, on peut même affirmer que le Saint-Siège a entériné le fait que le monde traditionnel n’était plus à démanteler et cela après la libération du missel traditionnel et la reconnaissance des confessions des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X. Telle est la situation actuelle même si en soi, tout cela peut changer aussi.

L’objectif de Mgr Fellay est plutôt réaliste. Il est évident qu’il n’est pas aveuglé par la « kaspérite » ambiante et qu’il préfère Summorum pontificum à Amoris Laetitia… Néanmoins, il considère que c’est justice que soit rendue à la Fraternité la reconnaissance qui lui a été indûment retirée et que plus personne dans l’Église ne lui dénie désormais. Cela se fait sans doute avec le pontife du moment, mais lequel passera et sera suivi d’un meilleur ou d’un pire. Il se trouve que les conditions pour acter la régularisation n’ont jamais été aussi peu contraignantes qu’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un accord avec ce que fait François, mais d’une régularisation par le Saint-Siège qui a été fondé, qu’on le veuille ou non, par Notre Seigneur Jésus Christ.

Brèves: “Pour Rome, un accord est en vue avec la Fraternité Saint-Pie-X” selon Mgr Pozzo
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La Croix reprend notamment les propos de Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Pontificale Ecclesia Dei, dans le journal Vatican Insider, qui prolongent l’interview de Mgr Felley sur TV Libertés. Il indique notamment qu’un accord est en vue, même si cela peut prendre encore un peu de temps : “En ce moment, nous travaillons à perfectionner certains aspects de la forme canonique qui sera celle d’une prélature personnelle“.

Article complet ici

L’école et le collège d’Annecy ont besoin de vous…
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Situé à Seynod (à la sortie d’Annecy), l’école Sainte Cécile (fondée en 2011) et le Collège Sainte-Philomène (fondé en 2015) ont besoin de votre soutien pour acquérir des locaux pour as0surer leur avenir. L’aumônerie est assurée par un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre. ecoleannecyecolleannecy2

Collège Sainte Philomène

Ecole Sainte Cécile

Agenda: Conférence ‘Tactiques du diable et délivrance’ à Bougival
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Le Père Jean-Baptiste, chanoine régulier de la Mère de Dieu, auteur d’une thèse de doctorat sur le sujet, donnera sa conférence ‘Tactiques du diable et délivrance’ à l’église Notre-Dame de Bougival le 23 janvier à 20h30. Cette conférence donnée à travers de la France depuis un an connait un grand succès.

conflagrasse

Publication: Ordo liturgique 2017 publié par la FSSP
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Mise en page 1Le district de France de la Fraternité Saint-Pierre vient de publier son ordo liturgique 2017, avec “le calendrier détaillé de toutes les fêtes de l’année liturgique, le répertoire des messes dans la forme extraordinaire du rite romain en France et en Belgique, et l’ensemble des établissements scolaires dans lesquels interviennent les prêtres de la Fraternité Saint-Pierre“.

Commander cet ordo

Signalons également que le Monastère Saint-François (Domaine de Lanorgard – 29380 Le Trévoux) publie un ordo papier avec le calendrier liturgique et les lieux que desservent par des prêtres de la FSSPX et communautés amies.

Notre-Dame de Chrétienté reprend ses vidéos de formation pour l’Avent
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Notre-Dame de Chrétienté reprend son cycle de formation en vidéo avec une première vidéo sur le péché. N’hésitez pas à faire connaître cette initiative !

Notre-Dame de Chrétienté

Prochain Pèlerinage Summorum Pontificum à Rome à Rome pour les 10 ans du Motu Proprio
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Nous vous transmettons ce communiqué du Coetus Internationalis Summorum Pontificum à l’occasion de son prochain Pèlerinage à Rome :

COETUS INTERNATIONALIS SUMMORUM PONTIFICUMdsc03960
GIOVANI E TRADIZIONE
AMICIZIA SACERDOTALE SUMMORUM PONTIFICUM
Du 14 au 17 septembre 2017, pour ses 10 ans, le peuple Summorum Pontitificum a rendez-vous à Rome
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Rome, 27 novembre 2016, Ier dimanche de l’Avent
« Puisse la messe traditionnelle fleurir dans l’Église ! »
Cette exhortation, formulée par Mgr Sample, archevêque de Portland, en conclusion du dernier pèlerinage international Populus Summorum Pontificum à Rome (27-30 octobre 2016), trouvera sa meilleure illustration l’an prochain, le 14 septembre 2017, lorsque le peuple Summorum Pontificum se retrouvera ad Petri Sedem pour fêter le dixième anniversaire de l’entrée en vigueur du motu proprio de Benoît XVI.
L’anniversaire de l’application du texte par lequel Benoît XVI a libéré le missel de saint Jean XXIII des interdits qui pesaient sur lui est en effet aussi celui de tous les prêtres, religieux et fidèles qui, depuis, ont nourri, enrichi et renouvelé leur foi à l’aune de ce qu’il est convenu d’appeler désormais la « forme extraordinaire du rite romain ».
C’est pourquoi, après consultation de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le Coetus Internationalis Summorum Pontificum a exceptionnellement décidé d’avancer les dates de son pèlerinage 2017 : celui-ci s’ouvrira le jeudi 14 et se terminera le dimanche 17 septembre 2017.
Le pèlerinage commencera, jeudi 14 septembre 2017, par le Vème congrès Summorum Pontificum qu’organiseront l’association Giovani e Tradizione et l’Amicizia Sacerdotale Summorum Pontificum. Il se poursuivra les 15, 16 et 17 septembre et, comme chaque année depuis sa fondation en 2012, trouvera son point d’orgue lors de la procession solennelle qui parcourra les rues de Rome pour conduire les pèlerins en la basilique Saint-Pierre le samedi 16 septembre 2017 où sera célébrée une messe pontificale.
Pèlerinage en Terre-Sainte avec la Fraternité Saint-Pierre
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Du 10 au 19 mai 2017, ce pèlerinage, accompagné par l’abbé Loïc Courtois de la Fraternité Saint-Pierre, vous transportera dans les terres foulées par Notre-Seigneur : Bethléem, Nazareth, Jérusalem, Béthanie et encore d’autres hautes lieux des origines du christianisme.

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Fraternité Saint-Pierre

Conférence- Robert Di Mattei à Bruxelles
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Roberto De Mattei donnera une conférence ce mardi 12 avril à Bruxelles sur le Concile Vatican II.

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De la puissance de Dieu
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Dom Louis-Marie de Geyer, osb, père abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, évoque une de ses discussions avec des jeunes musulmans.

Extrait de la lettre des Amis du Monastère

LesAmisduMonastère156_BarrouxMais comment se manifeste cette puissance ? Saint Benoit, tout d’abord, croit fermement que Dieu manifestera sa puissance par le jugement qui sera précis, juste et sans appel : celui qui aura refusé de le servir ici-bas sera traité comme un fils déshérité ou, pis, comme un misérable serviteur, livré à la peine éternelle. Par contre, celui qui aura suivi le Christ entrera dans la gloire de Dieu. L’apparente injustice de ce monde n’est pas l’expression d’une impuissance de Dieu mais manifeste sa patience et son désir ardent de notre conversion. Dieu n’est pas interventionniste et laisse une grande place à notre responsabilité personnelle et collective. Le drame du 13 novembre dernier est une abomination aux yeux de Dieu, une abomination que les responsables politiques ont laissé faire par manque de prévoyance, une abomination qui trouvera son jugement dans l’éternité.

Ensuite saint Benoît affirme que, dans le temps présent, Dieu est tout-puissant par sa grâce. C’est pour cela qu’il exhorte les moines à supplier le Seigneur, dans une prière très instance, de conduire à bonne fin le bien entrepris. Tout le bien que nous pouvons faire vient non pas de notre fond mais de l’action de Dieu opérant en nous. Le Christ est comparé à un roc indestructible contre lequel nous pouvons briser toutes les tentations. Saint Benoît croit à la puissance de la grâce, à la grâce opérante qui est l’action de Dieu en nous. La puissance de Dieu revêt alors une infinie tendresse : avant même que nous l’invoquions, Il nous dit : « Me voici. » La puissance de Dieu est celle d’un Père. D’un Père qui nous voit, qui nous parle, nous avertit, nous écoute et nous guide.

 La lettre des Amis du Monastère du Barroux reprend également une chronique de la vie de l’Abbaye et de sa fondation, le Monastère Sainte-Marie de la Garde à côté d’Agen

Très Sainte Fête de la Nativité
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Nous vous souhaitons une Très Sainte Fête de la Nativité !

livretavent_Noel2015_FSSPPour l’Avent, la Fraternité Saint-Pierre a diffusé un calendrier (d’où est tiré cette illustration) avec quelques prières et réflexions propre à ce temps.

La Fraternité Saint-Pierre en chiffres…
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clesfsspCLa Fraternité Saint-Pierre vient de publier ses statistiques annuelles.

La Fraternité Saint-Pierre compte aujourd’hui : 253 prêtres (dont 236 incardinés, 11 incorporés ad anum, 1 associé et 5 postulants).

Elle compte 160 séminaristes dans ses séminaires de Denton et Wigratzbad (dont 16 diacres).

Sur 407 membres (prêtres et séminaristes), la FSSP compte 138 américains, 112 français et 51 allemands (alors qu’elle compte 79 prêtres français, 78 prêtres américains et 38 prêtres allemands).

Elle oeuvre dans 120 diocèses et 214 chapelles et églises (Les évêques lui ont confié 30 paroisses personnelles).

chiffres2Nombre de membres de la FSSP

Source FSSP – Maison Générale

 

La Fraternité Saint-Pie X en chiffres…
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La Fraternité Saint-Pie X vient de publier différentes statistiques concernant ses effectifs au 1er juillet 2014.
On notera que la Fraternité Saint-Pie X compte : 589 prêtres et 187 séminaristes

Nombre total de prêtres
1-nombrepretres_2014

 

Répartitions des prêtres par nationalité4-pretreparpays_juillet2014

Nombre d’ordinations par an2-ordinations_2014

Séminaristes par nationalité6-seminaristesparpays_2014

Source : www.fsspx.org

A propos de la communion
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20140729102028_ima450_couv_corpuschristiNos amis de Paix Liturgique dans leur livraison du 29 juillet (n°450) nous offre la préface du dernier ouvrage de Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan), intitulé Corpus Christi.

Cette préface a été rédigée par le cardinal Burke, préfet du Tribunal de la Signature Apostolique, nous en livrons un bref extrait (vous pouvez la lire intégralement)

Des années plus tard, en mai 1969, la pratique de recevoir la Communion dans la main a été autorisée, au jugement des Conférences épiscopales, en parallèle avec la pratique multiséculaire de recevoir la communion directement sur les lèvres. L’un des arguments avancés pour introduire cette deuxième option était l’existence d’un usage antique de recevoir la sainte Communion dans la main. Dans le même temps, l’instruction de la Congrégation pour le Culte Divin, qui permettait la pratique de la réception de la sainte Communion dans la main, soulignait le fait que la tradition multiséculaire de recevoir la Communion sur la langue devait être préservée en raison du respect des fidèles envers la sainte Eucharistie qu’exprime cette pratique. En ce sens, il est intéressant de noter que le Pape Paul VI (durant le pontificat duquel la permission de recevoir la sainte Communion dans la main a été donnée), dans sa lettre encyclique Mysterium Fidei sur la doctrine et le culte du Très Saint Sacrement promulguée quatre années avant la concession de cette permission, se réfère à un usage antique des moines vivant dans la solitude, ainsi que des chrétiens persécutés, selon lequel ils prenaient la sainte Communion avec leurs propres mains. Néanmoins, le Pape ajoute aussitôt que cette référence à un usage d’autrefois ne remet pas en question la discipline qui s’est répandue par la suite concernant la manière de recevoir la sainte Communion.
La pratique traditionnelle est mieux comprise à la lumière de l’herméneutique de la réforme dans la continuité, opposée à l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture, dont a parlé le Pape Benoît XVI dans son discours de Noël 2005 à la Curie romaine. Dans l’herméneutique de la continuité, l’unique Église « grandit dans le temps et (…) se développe, restant cependant toujours la même. » Ainsi, la pratique traditionnelle de recevoir la sainte Communion manifeste-t-elle une croissance et un développement tant de la Foi eucharistique que de l’expression de révérence envers le Très Saint Sacrement. L’on pourrait dire par rapport à la manière traditionnelle de communier ce que le Pape Benoît XVI disait par rapport à l’Adoration eucharistique dans son Exhortation Apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis : « L’Adoration eucharistique n’est rien d’autre que le développement explicite de la célébration eucharistique, qui est en elle-même le plus grand acte d’adoration de l’Église. » 
Malheureusement, l’entreprise de rétablissement de l’antique usage survint précisément à un moment où de nombreux abus liturgiques avaient gravement diminué la révérence et la dévotion dues au Saint Sacrement. En outre, l’époque était à une sécularisation et à un relativisme croissants, dont les effets furent dévastateurs dans l’Église. Qui plus est, la “restauration” de cette pratique fut incomplète, puisqu’elle se borna à la réception de la Communion dans la main sans toutefois incorporer les autres détails très riches de l’usage antique. À la suite de cela, la réception de la sainte Communion est devenue l’occasion de négligences – voire même d’irrévérences effectives – et, dans quelques cas particulièrement déplorables, le Saint Sacrement reçu dans la main n’est pas consommé mais au contraire soumis à des formes d’abus, jusqu’au cas extrême où des personnes emportent le Corps du Christ pour Le profaner plus tard au cours d’une « messe noire ». Dans ma propre expérience pastorale, les cas où la sainte Hostie est laissée dans un livre de chants ou en d’autres endroits, ou même emportée à la maison pour la dévotion privée – cela me déplaît de devoir le signaler –, n’ont pas été rares. Il est également attristant d’avoir vu assez fréquemment des communiants arracher littéralement l’Hostie de mes mains plutôt que de recevoir le Corps du Christ de manière convenable.  
Mgr Athanasius Schneider, pasteur d’âmes exemplaire, a fait face avec un amour courageux à la situation actuelle quant à la réception de la sainte Communion dans le rite romain. Puisant en sa propre et riche connaissance de la foi et de la pratique eucharistiques en un temps de persécution dans son pays natal, il a été poussé à étudier en profondeur cet antique usage de recevoir la sainte Communion dans la main, ainsi que son actuelle restauration. De façon claire et soignée, il explique le soin qu’avait la pratique antique d’éviter tout ce qui peut suggérer l’auto-communion – en soulignant l’aspect infantile de la Communion – ; et d’empêcher que même une seule parcelle ne soit perdue, et ainsi sujette à profanation. Il décrit aussi brièvement les étapes de l’introduction de l’usage actuel, qui diffère de manière importante de la vieille pratique de l’Antiquité.

 

Mgr Athanasius Schneider, Corpus Christi – La communion dans la main au cœur de la crise de l’Église, Ed Contretemps pour Renaissance catholique Publications, 116 pages, 13 euros.
En vente sur le site de Renaissance catholique ou sur demande au 01 47 04 93 20.

La responsabilité historique de Mgr Fellay
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Fellay

 

Jusqu’au bout donc Benoît XVI tente de régler le problème de la Fraternité Saint-Pie X. À vrai dire, présenter les choses ainsi, c’est finalement prendre la situation par le mauvais côté. Ce que souhaite le pape Benoît XVI, c’est parfaire, par la réintégration canonique de la Fraternité Saint-Pie X, son œuvre de restauration catholique, œuvre pour laquelle – il l’a dit le lundi 11 février dernier – il n’a plus les forces nécessaires.

par Christophe Saint-Placide

En sens inverse, on craint du côté de la Fraternité Saint-Pi X de collaborer à l’augmentation de la confusion religieuse, à l’amplification de l’incertitude théologique et dogmatique, à la démocratisation à grande échelle de la vérité religieuse soumise aux tendances et aux partis, voire à la transformation définitive de l’Église catholique en une sorte d’Église anglicane à grande échelle, mais découpée comme elle en branches diverses, unies par un minimum commun.

Cette crainte serait juste et justifiée si la Fraternité Saint-Pie X ne représentait qu’elle même. 

Mais justement, ce n’est pas le cas. Malgré les imperfections de ses membres, elle porte en elle le poids de la vérité catholique, de la Tradition catholique, du dogme catholique. Réintégrer canoniquement la Fraternité Saint-Pie X dans l’Église, c’est certes prendre le pari de supporter des hommes pas toujours commodes, mais surtout de prendre le plus beau risque, qui est celui de la Tradition. Or celle-ci a sa propre force, sa propre capacité à séduire les cœurs catholiques. Tous les grands prélats l’ont dit, du cardinal Pie à Mgr Lefebvre, en passant par dom Guéranger. Il y a une force évangélisatrice propre à la vérité et à la Tradition. 

La vraie question donc n’est plus de savoir si la Fraternité Saint-Pie X a confiance ou non dans le personnel romain. À juste titre, sa confiance sera relative, prudente. Mais a-t-elle confiance dans la force propre de la Tradition et de la vérité ? La réponse appartient à Mgr Fellay. Et c’est pourquoi nous vivons doublement un moment historique !

C’est dans ce sens, me semble-t-il, qu’il faut lire l’article de Jean-Marie Guénois que l’on trouvera intégralement sur son blog

 

« Il est minuit moins le quart Mgr Fellay ». Cette parodie du titre du film consacré au Docteur Schweitzer, un grand protestant, est très mal choisie pour évoquer la très catholique question Lefebvriste, mais il se trouve que ce dossier qui semblait perdu pourrait marquer les tous derniers jours du pontificat de Benoît XVI. Des discussions, ultimes, sont en cours entre Rome et Ecône… Jusqu’au bout le Pape tente de trouver un accord. 

J’ai moi-même écris après l’annonce de la démission de ce Pape le 11 février que ce dossier des négociations avec la Fraternité Saint Pie X fondée par Mgr Marcel Lefebvre s’annonçait comme l’un des « échecs » du pontificat. Si ce n’est son échec majeur : Benoît XVI a accepté toutes les requêtes de la Fraternité : réhabilitation de la messe selon l’ancien rite, levée des excommunications, proposition d’un accord doctrinal. Il y a mis tout son cœur de pasteur éperdu de l’unité du troupeau. Jamais un Pape n’avait consacré autant de labeur personnel à un dossier si particulier au risque d’être totalement incompris. Il a d’ailleurs subi une infamie mondiale lors de l’affaire Williamson. 

Cette négociation, souvent considérée en Italie ou dans l’Eglise universelle comme une « question française » ne l’est pas en réalité. Elle est l’un des symboles du pontificat. Ce qui pourrait advenir ou échouer dans les jours qui viennent est donc très important à l’échelle de l’Eglise catholique. 

S’il fallait en effet résumer en un mot le pontificat de Benoît XVI ce serait : réhabilitation de la foi et de l’identité catholique. Une image résume le tout. Les JMJ de Madrid ont vu, lors de la veillée et avant la tempête et le déluge qui s’est soudain levé, non pas le show d’un Pape devant plus d’un million de jeunes, mais un incroyable silence de prière devant une hostie consacrée… avec un Pape, à genoux, au premier rang. Dans la vision catholique, donc, l’adoration de… Dieu puisque l’Eglise considère que le Christ est « réellement présent » dans l’hostie consacrée sous « l’apparence » du pain. 

Il faut ajouter ce fait : les monastères et séminaires qui sont remplis, les nouvelles communautés et les prêtres qui ont du rayonnement, sont le plus souvent des gens qui plient le genou devant l’Eucharistie. 

On peut tourner en dérision cette pratique, la voilà toutefois réellement réapparue ! Lancée sous Jean-Paul II, ce retour de la foi eucharistique a comme trouvé son épanouissement sous le pontificat de Benoît XVI. 

Et l’on ne comprend strictement rien à l’évolution actuelle de l’Eglise, ou alors seulement de l’extérieur, si l’on ne saisit pas cette clé de lecture essentielle. 

Une autre façon de le dire, plus ramassée, serait la suivante – elle est sans aucune acrimonie pour les protestants : le pontificat de Benoît XVI a comme « dé-protestantisé » l’Eglise catholique. Au grand dam de l’aile progressiste. Mais c’est bien cette réalité objective qui fait grincer des dents. 

 

Christophe Saint-Placide

Fin de la Semaine de l’Unité : un autre climat entre Rome et Menzingen
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25 janvier : nous sommes aujourd’hui à la fin de la Semaine de Prière pour l’Unité des Chrétiens (dont on sait peu qu’elle a été approuvée par saint Pie X).


par Christophe Saint-Placide

Le premier jour, le 18 janvier, moi-même puis Jean-Marie Guénois dans Le Figaro, faisions connaître qu’une lettre privée de Mgr Di Noia, Vice-Président de la Commission Ecclesia Dei, avait été communiquée à tous les prêtres de la FSSPX. Le lendemain, Il Sismografo publiait tant l’original anglais que la version française de cette lettre.

Dans le courant de la semaine (de l’Unité) qui s’achève, le retentissement de ce pas fait par le mandataire du Pape en charge du dossier fut considérable dans le monde. On relevait le ton spirituel de la missive, les ouvertures faites à une discussion encadrée de Vatican II par l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien de 1990. On relevait aussi les formules indiquant avec délicatesse que le temps du statu quo ne pouvait plus durer très longtemps : « Il est clair qu’un élément nouveau doit être introduit dans nos échanges, si nous ne voulons pas apparaître à l’Église, au grand public et, au fond, à nous-mêmes, comme engagés dans un échange courtois, mais sans issue ni fruit. […] Une réconciliation ecclésiale immédiate et totale mettra-t-elle fin aux soupçons et à la méfiance qui ont surgi de part et d’autre ? Sans doute pas si facilement. […] Voici venu le moment d’une grâce extraordinaire : saisissons-le de tout notre cœur et de tout notre esprit. […] Le seul avenir imaginable pour la Fraternité sacerdotale saint Pie X se trouve sur le chemin d’une pleine communion avec le Siège Apostolique ».

 

Et voici une correspondance étonnante : cette lettre a été envoyée à Mgr Fellay en novembre dernier, quand allait commencer l’Avent. La rédaction a donc été concomitante de celle du discours que le Pape a adressé le 15 novembre dernier à l’assemblée plénière du Conseil Pontifical pour la Promotion de l’Unité des chrétiens (dont le Président est le cardinal Koch). Le Pape remarquait :  « l’importance des dialogues théologiques et des conversations avec les Églises et les Communautés ecclésiales dans lesquels l’Église est engagée ». Elles permettent de saisir, « en même temps que les résistances et les obstacles, également la richesse d’expériences, de vie spirituelle et de réflexions théologiques, qui deviennent un encouragement pour un témoignage toujours plus profond ». Comme Mgr Di Noia, le Pape insistait sur le fait que l’unité « n’est pas une œuvre que nous, les hommes, pouvons simplement réaliser », mais qu’elle « est un don de Dieu ». C’est pourquoi, elle exige « avant tout patience, humilité, abandon à la volonté de Dieu ». Avec cet avertissement : il ne faut pas que les uns et les autres « s’arrêtent le long du chemin, en acceptant les diversités contradictoires comme quelque chose de normal ou comme le mieux que l’on puisse obtenir ». Bien sûr, objectera-t-on, la réconciliation avec la FSSPX n’est pas de même nature que le retour des orthodoxes et des anglicans. Les similitudes entre la Lettre Di Noia et le discours pontifical montrent tout de même où se trouve la vraie préoccupation du Siège Apostolique.

Comment les prêtres de la FSSPX ont-ils reçu la lettre que Mgr Di Noia leur a adressée ? L’un d’eux, qui tient à garder l’anonymat, pense qu’un bon procédé proportionné de la part de la FSSPX s’impose. Il pense (il est vrai que son ancienneté lui permettrait d’y participer) à la réunion d’un chapitre de la FSSPX pour prendre la mesure de cette atmosphère nouvelle. Il estime qu’à l’appel du temps de grâce de l’Avent devrait correspondre une réponse du temps de grâce de Carême.

Christophe Saint-Placide

FSSPX : pour combien de temps encore le statu quo ? Une intervention de Mgr Di Noia
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Le renvoi de Mgr Williamson annonce inéluctablement une scission dans la FSSPX. Pour autant, cela ne resserre pas les rangs de la majorité de ses prêtres autour de Mgr Fellay, dont la ligne de conduite est peu lisible.

Le statu quo peut-il perdurer longtemps ? Le choix va finir par s’imposer à la FSSPX ou lui être imposé, choix entre reconnaissance canonique et rupture (sans grandes conséquences immédiates pour ses apostolats et séminaires, mais désormais sans issue à vue humaine).

Chaque prêtre de la Fraternité Saint-Pie-X vient de recevoir une très longue lettre de Mgr Di Noia, Vice-Président de la Commission Ecclesia Dei. Le mandataire du Pape prend acte du désaccord inchangé entre le Saint-Siège et la FSSPX : le Saint-Siège estime qu’il faut interpréter les textes du Concile à la lumière de la Tradition ; la FSSPX pense que certains des enseignements de Vatican II sont erronés. Toute la question, elle-même inchangée, est de rendre ce désaccord supportable.

À l’aide de textes de saint Paul, saint Augustin, saint Thomas, Mgr Di Noia propose donc une nouvelle approche, spirituelle. Il demande que les deux parties procèdent, chacune pour sa part, à un examen de conscience à propos de l’humilité, de la douceur, de la patience, de la charité. La FSSPX estime que cela ne peut exclure, compte tenu des questions doctrinales en jeu, la rigueur de la confession de la foi. D’autant que le morcellement de la foi, de la catéchèse, des pratiques sacramentelles, amène beaucoup d’eau à son moulin. Inversement, il est vrai, on pourrait dire que la dégradation continue de la situation de la foi catholique est une invitation pressante à quitter son splendide isolement et à se joindre aux corps officiels de secouristes dans les lieux sinistrés eux-mêmes.

L’esquisse de la solution concrète est laissée, sans doute volontairement, dans une certaine incertitude par Mgr Di Noia. Il rappelle en passant que Rome attend de Mgr Fellay une réponse au document qui lui a été remis le 14 juin dernier. Mais par ailleurs, il propose à la FSSPX un processus que l’on pourrait qualifier de transactionnel :

  • D’une part, la FSSPX retrouverait le charisme positif de ses premières années à Fribourg et Écône (elle chercherait à réformer ce qui doit l’être, d’abord par la formation de prêtres traditionnels et en les missionnant pour un magistère conforme à leur formation).

  • Mais d’autre part, la FSSPX estimant toujours que certains passages de l’enseignement de Vatican II ne peuvent être conciliés avec le magistère antérieur, elle pourrait les discuter, sous réserve :

    • D’éviter de recourir par principe aux médias de masse ;

    • De ne pas s’ériger en magistère parallèle ;

    • De présenter toujours les objections de manière positive et constructive ;

    • De fonder toutes ses analyses sur des bases théologiques profondes et larges.

Restrictions qui sont du type des réserves de pure forme. Référence est faite à l’instruction Donum veritatis sur la vocation ecclésiale du théologien (24 mai 1990). Cela revient, certes, à vouloir réduire les contestations de Vatican II, dans la forme qu’elles peuvent prendre, à de simples divergences théologiques, mais cela consiste aussi à admettre des divergences publiques sur le fond.

Le Saint-Siège ne peut-il proposer plus ? La FSSPX peut-elle estimer qu’on ne lui donne assez ?

Elle peut bien sûr essayer de gagner encore un peu de temps. Mais le statu quo institutionnel (FSSPX ni excommuniée ni reconnue) ne peut s’éterniser. Quand il cessera, elle aura à régir une situation nouvelle, soit celle d’après la rupture pour une durée désormais indéfinie, soit bien celle d’après la reconnaissance canonique. Ce qui veut dire que le statu quo interne à cette Fraternité est lui aussi appelé à être modifié.

Mgr Gerhard Müller sur la FSSPX
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Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et président de la Commission pontificale Ecclesia Dei depuis juillet dernier, Mgr Gerhard Müller vient d’accorder un entretien au magazine catholique britannique Catholic Herald qui en a fait paraître des extraits sur son site internet hier. Il s’y exprime, notamment, sur la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Voici ses propos, recueillis par Madeleine Teahan, que nous reproduisons sans commentaire…

muller_this-440x295« Mgr Müller (…) supervise les discussions de réconciliation avec la FSSPX (…). Il a déclaré à Catholic Herald que “la FSSPX doit accepter la totalité [fullness] de la foi catholique et de sa pratique” car “la désunion a toujours été préjudiciable à la proclamation de l’Évangile en obscurcissant le témoignage de Jésus-Christ”. Il a déclaré : “La FSSPX doit distinguer entre l’enseignement authentique du concile de Vatican II et des abus particuliers qui se sont produits après le concile mais qui n’ont pas de fondements dans les documents conciliaires”. Il poursuit plus loin : “Tout catholique doit s’interroger s’il ne choisit pas des aspects de l’enseignement de l’Église au service d’une idéologie. Qu’est-ce qui est le plus important : une idéologie ou la foi ? Je veux dire aux gens qui appartiennent à des groupes extrêmes : mettez votre idéologie de côté et venez à Jésus-Christ” ».

 

Paix Liturgique tire le bilan du pèlerinage à Rome
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Paix Liturgique, une association de laïcs catholiques français mais de rayonnement international, qui se consacre à la promotion de la liturgie traditionnelle et aux études sur l’application de Summorum Pontificum dans les paroisses, vient de faire paraître la dernière livraison de sa Lettre d’information (n° 362, 21 novembre 2012). Elle livre un bilan très intéressant du pèlerinage organisé par la Cœtus Internationalis Summorum Pontificum au début de ce mois. En voici l’essentiel.

1) Succès spontané : en rappelant que “cette Sainte Messe a été souhaité par le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum”, le Préfet du Culte divin souligne que ce pèlerinage est à l’origine une initiative essentiellement laïque. Le succès en quelque sorte spontané du pèlerinage n’en est que plus méritoire.
Sans y insister, on peut évoquer la malsonnante campagne de dénigrement en Italie lors du lancement du pèlerinage sur quelques médias traditionalistes avec leurs petites guéguerres, hélas !, classiques. Broutilles : les pèlerins italiens ont été largement au rendez-vous.
2) Succès populaire : du coup, il est apparu que la plupart de ces fidèles de la Péninsule étaient distincts du milieu traditionaliste transalpin et, soit venaient de paroisses ” ordinaires ” ouvertes à la liturgie traditionnelle grâce au Motu Proprio, soit étaient des fidèles ne bénéficiant pas de la forme extraordinaire mais attirés par elle. En Italie, ces nombreux catholiques de sensibilité traditionnelle se qualifient eux-mêmes de « lefebvriens », au sens large bien entendu : le fait nouveau très remarquable est qu’ils se mettent à pratiquer selon la forme extraordinaire quand cela leur est possible – ce qui infirme une déclaration que l’on prête au Vicaire de Rome, le cardinal Vallini : « La messe extraordinaire n’intéresse que les Français et les Américains, pas les Italiens ».
D’ailleurs, un certain nombre de fidèles de la Fraternité Saint-Pie X étaient présents, pour témoigner, comme l’a confié l’un d’entre eux, “de leur plein accord avec les finalités spirituelles du pèlerinage” et, notamment, de leur foi una cum papa nostro. Si on lit avec attention le message que le Pape a demandé au cardinal Bertone d’adresser aux pèlerins, il est aisé de comprendre que cette intention unificatrice en direction de la Fraternité Saint-Pie X était aussi présente dans la bienveillance des autorités romaines à l’égard de ce pèlerinage Summorum Pontificum.
3) Cette initiative laïque appuyée par un certain nombre de prêtres et par l’extrême bienveillance du Préfet de la Congrégation du Culte divin et de la Commission Ecclesia Dei est parvenue à recouvrir une dimension internationale. Lors des messes à la Trinité-des-Pèlerins comme lors de la journée de clôture, on a pu croiser des pèlerins d’Amérique du Sud (Brésil, Argentine), du Nord (États-Unis : le fameux Father John Zuhlsdorf était là, Canada), d’Europe (Pologne, Croatie, Allemagne, Angleterre, Irlande, Espagne, France, Hongrie, Italie…) et même quelques asiatiques. Une délégation de religieux cisterciens sont venus de République tchèque en suivant, comme ils l’expliquaient à Saint-Pierre de Rome, non une étoile apparue en Orient, mais les indications qu’ils avaient trouvées sur Internet.
Parmi le clergé officiant tout au long du pèlerinage, on retrouvait aussi cette représentation internationale : un cardinal allemand (Mgr Brandmüller), un autre espagnol (Mgr Cañizares), un aumônier français (l’abbé Barthe), un cérémoniaire brésilien (don Almiro de Andrade), un évêque italien (Mgr Sciacca), un curé australien (le père Kramer de la Trinité des Pèlerins), etc.
4) Tout à fait remarquable, en outre, a été l’aspect « officiel » de l’appui ecclésiastique au pèlerinage : celui de la paroisse personnelle romaine dédiée à la liturgie traditionnelle et voulue par Benoît XVI – la Trinité des Pèlerins, fondée par saint Philippe Néri, et qui a parfaitement fait honneur à son nom tout au long du pèlerinage – ; celui de la Commission Ecclesia Dei, présente au chœur lors de la messe de clôture du cardinal Cañizares (Mgr Di Noia, son nouveau vice-président ; Mgr Pozzo, nommé le jour même archevêque ; Mgr Perl, ancien vice-président de la Commission pontificale ; don Almiro de Andrade, officiel pour le monde sud-américain et ibérique, cérémoniaire de la messe ; et essentiellement, la célébration par le Préfet du Culte divin, le cardinal Cañizares, le ‘ministre de la liturgie’ du pape.
5) Les observateurs ont été surpris, lors des messes pontificales à la Trinité-des-Pèlerins, lors de la procession portant à Saint-Pierre, puis bien sûr au cours de la messe elle-même à Saint-Pierre, par le nombre important de séminaristes et de prêtres diocésains. Citons-en un, inconnu en dehors de son diocèse mais ô combien symbolique : le père Rinaldo Bombardelli, en charge de la forme extraordinaire dans le diocèse de Trente. Les organisateurs du pèlerinage ont d’ailleurs tenu à saluer celui qui a ramené la messe « tridentine »… à Trente en en faisant l’un des familiers du cardinal Cañizares lors de la messe pontificale (l’un des membres de sa famille qui le servent selon les rites du Cérémonial des Évêques).
6) Le pèlerinage, comme nous l’avons dit dans une précédente lettre, a été béni par le pape. Par le Saint-Siège oserons-nous dire puisque le message adressé aux pèlerins par le cardinal Bertone au nom du Saint Père a été repris par les médias officiels du Vatican : L’Osservatore Romano, Radio Vatican, la Salle de presse vaticane ; sans oublier, comme il se devait, le mitraillage du photographe attitré du Vatican.
Le traitement relativement conséquent de L’Osservatore Romano (sans titre dans l’édition générale, avec titre (“Pour que les fidèles manifestent leur unité dans la foi”), sans doute une “fleur” faite au cardinal Cañizares dans son édition espagnole, est aussi un signe de progrès, quand on connaît les réserves que manifestait jusqu’à aujourd’hui ce journal vis-à-vis de la messe traditionnelle.
7) Mais ce que nous soulignerons surtout, pour notre part, c’est l’aspect « normal » pour reprendre le mot du cardinal Cañizares, que les autorités ont voulu reconnaître à la forme extraordinaire de la messe : procession accompagnée par la Questure de Rome, puis par la police vaticane au centre de la Place Saint-Pierre, ouverture des portes centrale de la Basilique : autant de petits signes dans une monde romain où chacune de ces choses a un prix symbolique fort.
8) Au total, donc : jeunesse du clergé (les nombreux séminaristes romains), son nombre et son caractère essentiellement diocésain ; fidèles (prédominance masculine et jeune, les trentenaires étant nombreux), mais aussi familles et enfants, le tout ayant un caractère frappant pour des cérémonies traditionnelles en Italie.
Bref, cela répondait au vœu émis par l’abbé Claude Barthe, aumônier du pèlerinage, en amont de l’événement : on peut dire que, lors de ce pèlerinage Una cum Papa nostro sur le Tombeau de l’Apôtre, le peuple Summorum Pontificum, clercs et fidèles, et ses plus élevés pasteurs se sont donnés la main. Ce dont Paix liturgique ne peut que se réjouir pour sa part.

 

Wapo : l’Académie de la latinité, nouveau rameau d’olivier aux tradis
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On a signalé ici hier que la fondation de la Pontificia Academia Latinitatis présentait, en filigrane, un intérêt pour la messe traditionnelle. Le Wapo, autrement dit le Washington Post, une vache sacrée de la presse progressiste américaine, ne s’y est pas trompé. Dans sa livraison du 10 novembre, que nous découvrons aujourd’hui, on peut en effet lire dans un article titré « Le pape crée une Académie vaticane pour stimuler les études latines – nouveau rameau d’olivier tendu aux traditionalistes », ce qui suit : « L’initiative de Benoît XVI est une nouvelle preuve de sa tentative pour restaurer les racines traditionnelles de l’Église alors qu’elle se bat pour empêcher ses fidèles d’être écartés du bon chemin dans le monde d’aujourd’hui qui poursuit sa sécularisation (…) Cette est aussi un rameau d’olivier tendu aux catholiques traditionalistes qui déplorent depuis longtemps les réformes de modernisation [prises par] le concile de Vatican II qui a remplacé la liturgie en latin par la messe en vernaculaire ». Même si les rédacteurs du Wapo seraient bien avisés de (re)lire Sacrosanctum Concilium, la constitution conciliaire sur la liturgie, qui ne dispose pas de ce changement radical, leur analyse n’est pas si fausse…

 

La messe tridentine source de la vocation d’un séminariste américain
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Photo prise le deuxième dimanche de l’Avent 2006, premier anniversaire de la messe tridentine dans la paroisse en présence de Mgr Kurtz. À gauche Michael Hendershott …

Bien que tous les séminaristes américains du Pontifical North American College de Rome soient nés après le concile de Vatican II et donc après la réforme liturgique qui l’a suivi, « un assez grand nombre » d’entre eux est familiarisé avec la messe dite tridentine célébrée selon le missel de 1962. Certains veulent même l’étudier pour être « prêts si on leur demande de la célébrer » déclarait en septembre dernier Monseigneur James F. Checchio, recteur de ce séminaire pontifical américain de Rome. Ce séminaire a reçu pour sa dernière rentrée, le 28 août, le plus grand nombre de séminaristes jamais enregistré depuis quarante ans : 62 ! Petite anecdote : les 62 impétrants sont allés donner une “sérénade” au pape Benoît XVI à Castelgandolfo le 13 août, avec l’Ad multo annos entonné en… latin, à la satisfaction du Saint Père qu’il l’a chaleureusement applaudie !

Parmi ces jeunes séminaristes, signalons le cas de Michael Hendershott du diocèse de Knoxville (Tennessee) qui explique, dans la belle petite vidéo qui suit et produite par Catholic News Service – l’agence de presse de la Conférence épiscopale des États-Unis – et mise en ligne le 31 août dernier. Elle présente cinq portraits  de jeunes Américains d’origine très différentes, qui se destinent au sacerdoce et sont entrés au Pontifical North American College à la fin de l’été. Dans son témoignage, Michael Hendershott explique que son évêque, à l’époque Joseph F. Kurtz – il est depuis 2007 archevêque de Louisville, Kentucky – ayant autorisé la célébration de la messe tridentine dans sa paroisse de St. John Neumann de Farragut en 2005, elle lui a permis de découvrir sa vocation sacerdotale : « cela m’a vraiment montré, cela a vraiment rendu clair dans mon esprit que le prêtre est un homme ordonné pour offrir le sacrifice pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ». Michael Hendershott est entrée en première année de théologie à Rome et se destine à devenir prêtre diocésain. Cela montre que l’attrait pour la messe tridentine et sa nature de source de vocation ne se limite pas aux instituts spécialisés et à leurs apostolats au demeurant indispensables.


Une boussole, vraiment ?
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Les anniversaires donnent toujours lieu à un débordement d’hyperboles et le cinquantenaire de l’ouverture du concile Vatican II n’y manque pas. Reprenant les paroles même de son prédécesseur, le pape Benoît XVI vient de rappeler que « Vatican II est une boussole pour notre temps ».

Il n’est pas de mon propos ni de mon dessein d’entrer dans des discussions théologiques qui dépassent ma compétence. En revanche, il me tient à cœur d’essayer de comprendre les évolutions de l’Église et certaines affirmations des autorités compétentes. Or, je l’avoue franchement, cette image de la boussole, utilisée par deux papes, ne me semble pas pertinente.

Concernant Vatican II, Benoît XVI a d’abord opéré, en 2005, une distinction entre une « herméneutique de la rupture » et une « herméneutique de la réforme dans la continuité » (et, non, une « herméneutique de la continuité », comme beaucoup l’ont affirmée). C’était admettre que les textes conciliaires ouvrent la voie à des interprétations bien différentes. Comme petit laïc de base, j’attendais que cette distinction, qui n’est pas déjà bien claire en elle-même, conduise à des explicitations des points obscurs ou difficiles des textes conciliaires, notamment ceux relevés par certains théologiens.

Sans même prendre en compte les objections les plus virulentes, venant des opposants à Vatican II, certains textes conciliaires sont, en effet, interprétés diversement par des théologiens considérés comme « idoines » par les autorités. De plus, leurs interprétations sont rarement reprises par le Magistère. Prenons seulement l’exemple de la déclaration sur la liberté religieuse.

Je n’ai ni autorité ni compétence pour juger l’interprétation de ce texte faite par le Père Basile du Barroux, par exemple, certainement l’un des travaux les plus sérieux sur le sujet. Le résumé qu’il en a fait lui-même est un monument de logique et de références, et je suppose qu’il en va de même de sa thèse proprement dite en six volumes. Le Père Basile ne m’a pas convaincu, mais là n’est pas le problème. Malgré la rigueur, le sérieux de ce travail et sa logique implacable, cette thèse n’a pas été reprise (à ma connaissance) à son compte par le Magistère. Elle n’est qu’une opinion personnelle, qui certes est davantage fondée que la mienne en ce qu’elle s’appuie sur un véritable travail et une vraie réflexion, mais, elle reste malgré tout du domaine de l’opinion théologique fondée scientifiquement.

À ce jour, le Magistère, comme magistère, et avec les degrés d’autorité nécessaires, a peu indiqué le sens qu’il fallait donner aux points considérés comme obscurs dans les textes conciliaires. Globalement, nous sommes plutôt placés dans une situation générale, comme le faisait déjà remarquer Mgr Gherardini, où le concile est explicité par le concile, ce qui ne répond pas à une démarche tout à fait scientifique. Mais, peut-être, est-ce ainsi qu’il faut vraiment entendre ce que le pape appelle « herméneutique de la réforme dans la continuité » ? Plus que la continuité donc (ou, la Tradition, pour le dire autrement), c’est la réforme qui semble devoir expliquer la réforme. Mais, si c’est le cas, nous tournons tout simplement en rond.

À ce stade de ma réflexion, une question me vient que j’adresse aux historiens. Le Concile de Trente a-t-il donné lieu lui aussi dans ses lendemains à l’équivalent de ces questions d’herméneutiques ? Y a-t-il eu débat sur l’interprétation de Trente ou sur la distinction entre la « lettre » de Trente et « l’esprit » de Trente ? Les évêques conciliaires ont-ils mis en application dans leur diocèse une pastorale se réclamant de Trente tout en s’éloignant, dans l’ensemble ou dans le détail, des prescriptions de Trente ? Et si jamais, ce n’est pas le cas, quelle est la raison qui expliquerait cette différence ?

Pour revenir à Vatican II, celui-ci nous est présenté à nouveau comme une boussole. L’image vaut ce qu’elle vaut et je sais bien qu’il ne faut pas exagérer la portée d’une image. Mais je constate au moins deux choses :

– cette boussole est capable d’indiquer des « Nords » différents (pour rester dans cette image) comme l’indique le constat de deux herméneutiques ;

– on n’arrive pas à situer vraiment le « Nord » (toujours pour rester dans l’image) dans des textes contradictoires ou dépassés.

Prenons l’exemple de Sacrosanctum concilium, constitution sur la sainte liturgie. Ce que nous y lisons correspond peu avec la liturgie née du concile, se réclamant du Concile, par l’autorité d’un pape, imposée à la chrétienté par ce même pape et déclarée en 2007 « forme ordinaire » par le pape actuellement régnant, au même titre que l’antique liturgie romaine.

Prenons, à titre d’exemple, le numéro 36, consacré à la langue latine. Nous lisons :

1. L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins

Mais tout de suite après, le texte conciliaire affirme aussi catégoriquement :

2. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas.

Où se trouve exactement le « Nord » ici ? Dans l’affirmation de l’usage conservé du latin ou dans l’emploi plus large possible des langues vernaculaires ?

On retrouve la même démarche au numéro 54 :

On pourra donner la place qui convient à la langue du pays dans les messes célébrées avec le concours du peuple, surtout pour les lectures et la « prière commune », et, selon les conditions locales, aussi dans les parties qui reviennent au peuple, conformément à l’article 36 de la présente Constitution.

On veillera cependant à ce que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble, en langue latine, aussi les parties de l’ordinaire de la messe qui leur reviennent.

Mais si quelque part un emploi plus large de la langue du pays dans la messe semble opportun, on observera ce qui est prescrit à l’article 40 de la présente Constitution.

Le Nord se trouve-t-il dans le principe rappelé et maintenu ou dans l’exception introduite aussitôt et qui le ruine pratiquement ?

Nombre de passages des textes conciliaires pourraient donner lieu à de telles questions. Au lieu de placer l’anniversaire de l’ouverture du Concile sous l’hyperbole de l’image de la boussole, n’aurait-il pas été nécessaire, puisqu’il ne s’agit pas d’un « super-dogme » (dixit le cardinal Ratzinger) d’en proposer une évaluation historique, en d’autres mots un bilan, afin que le magistère agisse comme il le doit par la suite ?

Ce discernement, sans le dire d’ailleurs, a lieu au sein même du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation. On peut lire dans l’instrumentum laboris du synode :

Diverses réponses aux Lineamenta ont essayé d’identifier les raisons pour lesquelles beaucoup de fidèles se détachent de la pratique chrétienne, dans une véritable « apostasie silencieuse », dans le fait que l’Église n’aurait pas donné une réponse adéquate et convaincante aux défis des scènes qui ont été décrites. En outre, ont été constatés l’affaiblissement de la foi des croyants, le manque de la participation personnelle et expérientielle dans la transmission de la foi, ainsi que l’insuffisance de l’accompagnement spirituel des fidèles pendant leur parcours formatif, intellectuel et professionnel. Une bureaucratisation excessive des structures ecclésiastiques a été déplorée, celles-ci étant perçues comme éloignées de l’homme commun et de ses préoccupations existentielles. Tout cela a entraîné la diminution du dynamisme des communautés ecclésiales, la perte de l’enthousiasme des origines, l’affaiblissement de l’élan missionnaire. Et il ne manque pas de personnes qui ont regretté des célébrations liturgiques formelles et des rites répétés presque par habitude, dénués de toute expérience spirituelle profonde, qui éloignent les personnes au lieu de les attirer. Outre le contre-témoignage de certains de ses membres (infidélité à la vocation, scandales, sensibilité moindre pour les problèmes de l’homme d’aujourd’hui et du monde actuel), il ne faut pas sous-estimer toutefois le « mysterium iniquitatis » (2 Ts 2, 7), la lutte du Dragon contre le reste de la descendance de la Femme, « contre […] ceux qui gardent les commandements de Dieu et possèdent le témoignage de Jésus » (Ap 12, 17).

Outre ce constat de l’apostasie silencieuse – globalement attribuée aux effets de la sécularisation dans les premiers travaux du synode, sans prendre conscience qu’il s’agit là en partie d’un constat d’échec pour le concile qui n’a pas préparé les fidèles à ce choc et ne l’a pas perçu  dans les signes des temps qu’il était censé discerner – la crise interne est bien nommée (à défaut d’être analysée) :

On a l’impression qu’un grand nombre de communautés chrétiennes n’a pas encore perçu pleinement la portée du défi et l’entité de la crise engendrée par ce climat culturel au sein de l’Église même. À ce propos, on attend du débat synodal qu’il aide à prendre conscience, de façon mature et profonde, de la gravité de ce défi auquel nous nous mesurons.

Prendre conscience de la crise de « façon mature », c’est aussi s’interroger vraiment sur ses causes, évaluer le Concile, le préciser ou le corriger doctrinalement si nécessaire, définir une pastorale conforme à l’être même de l’Église. Espérons que nous y verrons plus clair, au moins pour l’anniversaire de la fermeture du Concile. 

De l’opportunité de nommer des évêques spécialisés dans la forme extraordinaire
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Nous avons évoqué hier, à la fin d’un article, la nécessité d’évêque motu proprio (Summorum Pontificum). Nous reproduisons ici un extrait d’une contribution de l’abbé Claude Barthe, publiée avec une série d’autres dans le livre Enquête sur la Messe traditionnelle (La Nef, 1998), sous la direction de Christophe Geffroy et Philippe Maxence, à l’occasion des 10 ans du Motu Proprio Ecclesia Dei. Dans un prochain article, nous publierons un autre texte, du même auteur, datant de 2007. Et par la suite, nous développerons ce thème dont l’acuité, aujourd’hui, nous paraît s’intensifier, et nous expliquerons pourquoi.

Le raisonnement est simple et de bon sens :

1°/ l’expérience prouve que, si la messe traditionnelle est faite pour être dite par tous les prêtres, elle appelle tout naturellement des prêtres spécialisés dans sa célébration ;

2°/ de même, les messes et les prêtres traditionnels peuvent être célébrées et ordonnés par tous les évêques de l’Église, mais ces messes et ces prêtres appellent tout naturellement des évêques spécialisés dans la célébration de ces messes et l’ordination de prêtres pour cette messe.

Il ne s’agit donc nullement de parler de droit à des évêques spécialisés, mais de convenance très forte (de congruence diraient les théologiens) de l’existence de ces évêques. 

Un thème déjà abordé en 1988, dans un autre contexte, par l’abbé Barthe, mais qui mérite d’être relu aujourd’hui : 

 

 

« ….Messe, prêtres … Si l’on remonte encore dans la chaîne des causes, il est nécessaire que des évêques veuillent ordonner de tels prêtres pour que la pérennité concrète de la célébration traditionnelle soit assurée. Certains le font au coup par coup. Le point crucial des négociations de 1988, y compris dans le fait qu’elles aient eu lieu, était d’abord la question des évêques St Pie V: c’est l’annonce de consécrations épiscopales par Mgr Lefebvre qui a été déterminante pour la conclusion du protocole et c’est la réalisation autonome de ces consécrations qui a provoqué la publication du Motu Proprio Ecclesia Dei. On peut dire d’ailleurs que cette pression épiscopale d’origine perdure en quelque sorte dans l’existence concurrentielle de la Fraternité St-Pie-X pourvue d’évêques, alors que les diverses communautés en lien avec la commission instituée par le Motu Proprio Ecclesia Dei n’en sont pas pourvues.

Car à la différence du Motu Proprio Ecclesia Dei, le protocole envisageait aussi la création d’une situation tout à fait extraordinaire en annonçant la nomination d’un évêque St Pie V: c’était l’ébauche d’un véritable rite saint Pie V au côté du rite de Paul VI, coexistence inouïe dans l’histoire en ce qu’elle n’aurait pas été fondée sur des contextes régionaux distincts, mais sur le refus d’une réforme.

Messe, prêtres, mais pas évêques. Si la voie du protocole d’accord (juridiquement caduc, mais qui conserve une espèce d’existence virtuelle) et la voie du Motu Proprio Ecclesia Dei me paraissent insatisfaisantes en ce qu’elles ne prennent pas directement et expressément en compte le lien entre la lex orandi et la lex credendi (le problème de fond n’étant pas à mon sens celui de la conservation de la messe tridentine, mais celui de la remise en cause de la messe pauline en raison de ses défectuosités intrinsèques), elles ont l’avantage – outre celui prépondérant d’empêcher le jeu de la prescription à l’égard du rite traditionnel – de mettre en évidence le lien entre l’épiscopat, la transmission du sacerdoce et la forme de la célébration. Ce lien est d’ailleurs dans la nature des choses.

Quel est donc l’avenir de la célébration anté-conciliaire? Il faut le dire clairement: en dernière analyse, cet avenir dépend d’évêques qui la prendront ou ne la prendront pas pleinement en charge. Plus fondamentalement, c’est la résolution de la crise liturgique qui dépend de cette prise en charge. Pour le dire autrement: la critique non seulement théorique, comme celle du cardinal Ratzinger, mais aussi pratique – les deux aspects étant inséparables en cette matière – de la réforme liturgique de 1969 n’a d’avenir que si elle devient le fait d’évêques. A plus forte raison si l’on veut bien admettre que le problème liturgique né de cette réforme est en lien direct avec celui de la traduction de Vatican II dont elle est, après tout, le signe principal et quotidien. »

 

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