La lettre de Benoît XVI ou le “Viganògate”

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La lettre de Benoît XVI à Mgr Viganò (photo) a défrayé la chronique et pas seulement dans la presse catholique. C’est un scandale qui tâche le pontificat du pape François, parce qu’il montre que ces collaborateurs ne reculent devant rien. Rappel des faits.

Le 12 janvier, Mgr Viganò, préfet du secrétariat pour la communication du pape, écrit à Benoît XVI pour lui demander « une page théologique courte et dense » sur 11 petits volumes qui encensent la théologie pratique du pape François.

Le 7 février, Benoît XVI répond par une lettre dont l’enveloppe porte l’indication : « Personnelle – Réservée ».

Le 12 mars, soit plus d’un mois après, mais veille du 5e anniversaire du pontificat du pape François, Mgr Viganò fait une présentation à la presse des fameux 11 volumes, et lit tranquillement la lettre de Benoît XVI par laquelle le pape émérite, souligne le Vatican, fait l’éloge de son successeur et souligne la continuité entre les deux pontificats. Tout le monde comprend que Benoît XVI a écrit cette lettre à l’occasion du 5e anniversaire de l’élévation au souverain pontificat de son successeur. Toute la presse tombe dans le panneau et souligne la bénédiction apportée par Benoît à François. Il en est fini de la discontinuité apparente entre les deux papes…

Mgr Viganò communique aussi une photo de la lettre, où étrangement les deux dernières lignes de la première page sont floutées, et où tout le texte de la deuxième page, hormis la signature, est caché par… la pile des 11 volumes. L’Associated press s’étonne du procédé, indiquant que cela ne se fait jamais de flouter ainsi une photo. Face aux protestations, le Vatican publie le 13 mars le texte « intégral » de la lettre, dans lequel Benoît XVI dit qu’il n’écrit que sur les livres qu’il a lus et qu’il a autre chose à faire que de lire ceux-là. Et le texte se termine ainsi :

« Je suis sûr que vous comprendrez et je vous salue cordialement. »

C’est une nouvelle dissimulation de la communication du Vatican, qui s’enfonce dans son mensonge. Le 17 mars Sandro Magister fait remarquer que la position de la signature sur la seconde page laisse entendre que le texte au-dessus est bien plus long que ce qui a été communiqué, et que selon ses sources ce paragraphe serait une vive critique de certains auteurs des 11 volumes. Six heures plus tard le Vatican, sur demande de Benoît XVI selon Jean-Marie Guénois, publie enfin la vraie lettre intégrale… Et là c’est la stupeur générale. On s’aperçoit alors que le sens général de la lettre est exactement l’inverse de ce que Mgr Viganò a fait croire, que Benoît XVI s’indigne qu’on lui demande de faire l’éloge d’un texte écrit par un théologien qui a violemment attaqué le magistère, et l’on s’aperçoit aussi que dans la dernière phrase on avait enlevé le mot « refus » :

« Je suis sûr que vous comprendrez mon refus. »

Voici donc l’intégralité de cette lettre :

Benedictus XVI
Papa Emeritus

Rev.mo Signore
Mons. Dario Edoardo Viganò
Préfet du Secrétariat pour la communication

Cité du Vatican
Le 7 février 2018

Monseigneur,

Je vous remercie pour votre aimable lettre du 12 janvier et pour le cadeau qui y était joint contenant les onze petits volumes sous la direction de Roberto Repole.

J’applaudis à cette initiative visant à s’opposer et réagir contre le préjugé stupide en vertu duquel le pape François ne serait qu’un homme pratique dénué de toute formation théologique ou philosophique tandis que je ne serais moi-même qu’un théoricien de la théologie qui n’aurait pas compris grand-chose de la vie concrète d’un chrétien d’aujourd’hui.

Ces petits volumes montrent, à juste titre, que le Pape François est un homme doté d’une profonde formation philosophique et théologique et ils aident en cela à voir la continuité intérieure entre les deux pontificats, nonobstant toutes les différences de style et de tempérament.

Toutefois, je ne peux pas rédiger une brève et dense page théologique à leur sujet parce que toute ma vie, il a toujours été clair que je n’écrirais et que je ne m’exprimerais jamais que sur les livres que j’aurais vraiment lus. Malheureusement, notamment pour des raisons physiques, je ne suis pas en mesure de lire les onze petits volumes dans un avenir proche, d’autant plus que d’autres engagements que j’ai déjà accepté m’attendent.

Ce n’est qu’à la marge que je veux faire mention de ma surprise devant le fait que parmi les auteurs figure aussi le Pr Hünermann, qui au cours de mon pontificat s’est illustré en prenant la tête d’initiatives anti-papales. Il participa de manière significative à la publication de la Kölner Erklärung [déclaration de Cologne] qui, relativement à l’encyclique Veritatis splendor, attaqua de manière virulente l’autorité magistérielle du pape, spécialement à propos des questions de théologie morale. En outre l’Europäischen Theologengesellschaft [l’association des théologiens européens] qu’il a fondée fut initialement conçue par lui comme une organisation en opposition au magistère papal. Par la suite, le sens ecclésial de nombreux théologiens a empêché cette orientation, faisant de cette organisation un instrument normal de rencontres entre théologiens.

Je suis sûr que vous comprendrez mon refus et je vous salue cordialement.

Bien à vous,

Benoît XVI

La lettre ne laisse donc pas entendre que François est un remarquable théologien, elle dit seulement qu’il a reçu « une profonde formation philosophique et théologique », ce qui n’est pas du tout la même chose. D’autre part, l’expression « continuité intérieure entre les deux pontificats » ne veut rien dire : un pontificat s’exprime par le magistère, et le magistère est forcément « extérieur », public. Il n’existe pas de « pontificat intérieur ». Cette ironie de Benoît XVI s’explique par le dernier paragraphe de son courrier. Ce paragraphe dont on comprend maintenant pourquoi Mgr Viganò a voulu le censurer.

Ce qui est très étonnant, c’est qu’à l’heure où j’écris cet article, Mgr Viganò n’ait toujours pas présenté sa démission et n’a pas été relevé de ses fonctions. A croire que lorsque le pape François dénonce les “Fakes news”, cela ne s’applique pas à ses collaborateurs.

74 comments

  1. Georges

    Cette affaire est hélas très édifiante… mais elle ne me surprend pas, venant d’un pontificat construit entièrement sur le culte de la personnalité bergoglienne. Le Vatican semble être devenu en 5 ans, un espace exclusivement dévolu à la délation et à la suspicion.

    Une raison supplémentaire de mettre en doute la validité de ce malheureux pontificat, qui cherche désespérément des appuis, quitte à falsifier certains documents.

  2. hermeneias

    Le liberal-fascism est le même à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Eglise .
    Rien de surprenant de la part de qui l’on sait

  3. Courivaud

    C’est plus simple d’écrire Bergogliogate.
    Ce pape n’en est pas à sa première four berie.
    Personne, parmi les cardinaux, n’est vraiment capable de l’arréter ?

  4. Antoine de Lisbonne

    Triste épisode, misérable épisode…Soucions-nous d’être fidèles à la Divine Volonté et prions, ce monde en a bien besoin…

  5. Roger

    De cet imbroglio je retiens que les fake news sont des infos présentées par des rigides pélagiens…tandis que les bobards lancés par les miséricordieux ouverts à la diversité sont incritiquables ! Seuls les premiers doivent être interdits.

  6. Paul

    L’affaire est particulièrement grave et témoigne de la perméabilité des plus hauts responsables autour du pape au relativisme engendré par le monde actuel, la volonté de contrôler la communication au détriment de la vérité. Ces responsables sont occupés à défendre l’image du pape François comme si c’était un leader politique, quitte à manipuler l’information. Et le pape émérite n’est même pas à l’abri de leurs manoeuvres. Comment les croyants peuvent ils encore avoir confiance? La démission de Mgr Vigano serait un minimum pour réparer cette faute, assortie d’une retraite dans un monastère isolé pour.lui faire oublier les fumées du monde médiatique.

  7. Emilie

    Je ne comprends pas, – et je dois dire que mon indignation croit de jour en jour, et que cela finit par m’insupporter – , que ce pape ne soit pas davantage dénoncé par tous, ou presque tous (je veux dire tous sauf ceux qui sont foncièrement malhonnêtes) dans l’Eglise, comme malhonnête.

    Ce ne devrait être qu’un cri, car c’est la plus totale évidence, et les cris devraient être tellement assourdissants que Bergoglio serait contraint de partir. Pourquoi cette mollesse dans l’Eglise? Ce n’est pas honnête.

    • Courivaud

      Je voudrai être un écho à votre cri d’indignation, Emilie, mais voyez-vous lorsque je dis que ce pape devrait être destitué (car il est déjà hérétique), cela ne plaît pas à certains, sous prétexte que j’appelle, moi, petit fidèle sans grade, à la sédition.
      Que font les cardinaux, y compris le cardinal Sarah ? Sont-ils les “gardiens du Temple” (c’est l’origine de leur titre, et la pourpre, rouge sang, a un certain sens, il me semble) ? Leur manque de courage (sauf pour les 4 auteurs qui l’ont été) décourage les fidèles…..Cela devient une injustice.

  8. secotine

    Et l’on s’étonnera ensuite que les Evangélistes soient en train de tailler des croupières aux catholiques en France.
    Je n’ai jamais apprécié Bergoglio, sachant que c’est un fervent adepte de la théologie de la Libération, d’une part, et que son attitude durant les années de plomb en Argentine a été sujette à caution.
    Après le Christ vient l’antéchrist, et avec un pape qui semble plus se soucier de l’ouverture à l’islam et à l’accueil de musulmans que des chrétiens venus d’orient on peut s’inquiéter pour l’avenir de l’Eglise.

  9. Pierre

    Il en faudra combien, des actes de malhonnêteté, de goujaterie insigne, de crapulerie, pour que la vox populi du peuple chrétien arrive à le pousser enfin dehors afin qu’il cesse enfin de nuire, et de nuire de manière gravissime! Les exemples de tels actes s’accumulent odieusement.

    Premier exemple: trucage de synodes. Dans le premier qui a préparé amoris laetitia, maintien, dans le texte publié, d’un article qui a pourtant fait l’objet d’un vote négatif par l’assemblée. Dans le second, ambiguité du texte publié, qui supprime le mot communion, mais fait comprendre entre les lignes que l’on veut rendre possible au cas par cas la délivrance de la communion aux personnes adultères.

    Deuxième exemple: pousser dans une Exhortation apostolique une hérésie et qui plus est en la camouflant, par le recours à l’astuce de la note de bas de page.

    Troisième exemple: Continuer de pousser l’hérésie, mais toujours sans énoncer celle-ci explicitement, en approuvant par lettre privée, puis publiée, la démarche hérétique d’un diocèse argentin..

    Quatrième exemple: Prétendre ensuite, de manière rocambolesque, donner une portée magistérielle à cette approbation! Donc on érige en magistère une position qui n’est toujours pas énoncée explicitement!!!!!

    Cinquième exemple: goujaterie de laisser sans réponse des questions posées respectueusement par quatre cardinaux.

    Sixième exemple: prévenir par simple coup de fil, la veille seulement de la fin de son mandat, un Préfet pour la congrégation de la doctrine de la foi (le cardinal Müller) qu’il ne sera pas reconduit.

    Septième exemple: dénaturer l’institut Jean-Paul II en changeant la majorité de ses membres et ses statuts, de telle sorte qu’il puisse pousser les idées inverses de celle défendues par son saint fondateur

    Huitième exemple: insulter régulièrement la curie

    Neuvième exemple: stratégie de purges et incitation aux délations.

    Dixième exemple: les couvertures de prélats de manière anormale dans le domaine de la pédophilie.

    Onzième exemple: fermeture des yeux sur l’affaire des orgies au Vatican

    Douzième exemple: voilà maintenant le Viganogate…..

    C’est insupportable, insoutenable, cela doit absolument cesser sans plus tarder.

    • Courivaud

      et puisque c’est insupportable, il faut songer à la destitution du titulaire de la chaire de Pierre. On en est là aujourd’hui, en l’absence de réponse aux “dubia” et à la “correctio filialis”.
      Ce n’est pas sûrement pas insolent de l’écrire. Faisons notre devoir de fidèles en réclamant cette destitution puisque les cardinaux n’ont pas le courage de s’en occuper.

          • Sans problème :Bertone, Vigano, Mueller, Burke, Gaschignard, Le Vert… Par contre, pour destituer un pape, il faut remonter à la fin du grand schisme d’occident au XVe siècle : on en a destitué non pas un mais deux pour en élire un troisième

        • hermeneias

          Tiens tiens les “grands démocrates” et “libéraux” “très ouverts au monde” bergogliens tombent le masque et apparaissent dans leur véritable un autoritarisme tout jésuitique ( “perinde ac cadaver” ) ou idéologique ( socialisant ) ….

          Les jésuites étaient , dés leur fondation , censés être au service directement du pape et c’est pourquoi ils ne pouvaient occuper la chaire de Pierre ……

          Jean Paul 2 , lui , respectait l’Eglise même s’il avait de l’autorité et de toute évidence ce jésuite argentin se comporte comme un monarque absolu ou un dictateur sud-américain vilipendant ostensiblement , de façon réitérée et COLLECTIVE , ses frères et pairs cardinaux , se constituant , à l’encontre de toute la longue Tradition un petit groupe de cardinaux ad hoc , à sa convenance …..

          Au passage J.Paul 2 , que ce pape a voulu associer par une procédure express à Jean XXIII …, est DE FAIT , un personnage exceptionnel que cela plaise OU NON à certains ( actuellement dans la hiérarchie qui s’opposait ouvertement à lui )

  10. “Dieu écrit droit sur des lignes courbes”, nous dit-on souvent; ou encore, “les voies du Seigneur sont insondables”. Laissons Dieu, qui a voulu que le Pape François occupe ce poste, gérer cette situation. Peut-être qu’il était temps de crever l’abcès qui enflait de plus en plus dans l’Église, avec les cardinaux ultra libéraux tels que Martini et autres qui manœuvraient en coulisse pour une église nouvelle. il était peut-être temps que tout cela soit exposé au grand jour afin que nul n’en ignore. Tout le peuple de Dieu est désormais témoin de façon claire de ce qu’une telle église peut représenter dans son fonctionnement concret et les dégâts qu’une telle vision de l’Église peut causer. Dieu, peut-être, souhaite que ces personnes aillent jusqu’au bout de leur logique. Ainsi, une purification et les prémices d’une nouvelle dynamique pourront être lancés. Quant à nous, prions, prions sans cesse comme le Christ nous le recommande, ne perdons pas de vu l’essentiel et surtout, n’oublions pas sa promesse: “les forces du mal ne prévaudront jamais sur elle (l’Église)”.

  11. Arlette

    Et le discours de Mgr Pontier à Lourdes, en ouverture de la réunion de la CEF, de chanter les louanges du pape!!!!!!

    Vraiment, pour reprendre la formule Shakespearienne, il y a quelque chose de pourri dans le royaume de l’Eglise. C’est insoutenable.

  12. jpm

    Benoît, le pape émérite, est parfaitement au courant de ce que le pape François écrit et fait écrire.et cela est rassurant. Il l’a fait savoir et cela ne plaît pas. Mgr Vigano n’est pas un novice dans le sérail pontifical. Il a été cornaqué par le cardinal jésuite Martini avec lequel il appris le service de la communication. C’est le cardinal Martini qui l’a fait connaître au cardinal Bergoglio comme il l’a fait pour le journaliste athée Scalfari. Tout ça c’est la même équipe !!!

    • Benoit n’a rien fait savoir du tout, sinon qu’il était mécontent que l’on ait supprimé un passage d’une lettre dans laquelle il soulignait la continuité entre son pontificat et celui de François.

  13. Marc

    Tout cela est proprement ignoble. Quelle personne honnête saurait en prendre son parti? La résistance, par chacun, à la place qui est la sienne dans l’Eglise, clercs ou laïcs, devient un devoir.

    • Et bien moi, je prends son parti, et l’immense majorité des “petits” sont avec lui. Mais ce qu’il fait pour l’Eglise est caché aux sages et au savants. Normal.

      • Deo Gratias

        Cher Monsieur

        Ce qui m’intéresse dans ce fil e discussion, ce sont vos commentaires. Je veux d’abord vous rassurer : je n’ai aucune inquiétude pour la Sainte Église catholique. Dieu sait ce qu’Il veut – le bien et ce qu’Il permet – le mal. Et quand Il permet le mal, c’est-a-dire l’action du malin, réelle, visible, aujourd’hui dans notre monde et dans notre Église, c’est toujours pour notre bien, c’est-a-dire notre conversion, la votre et la mienne. Pourquoi voulez-vous que je sois inquiet ? Vous vous rangez du côté des petits et des humbles, et non des savants et des orgueilleux. Quelle présomption ! Je ne sais de quel côté je suis aujourd’hui – car demain, je peux passer d’un côté ou de l’autre en un clin d’œil, c’est-à-dire en une mauvaise parole, en une mauvaise action, en une mauvaise pensée, je ne sais de quel côté où je suis aujourd’hui, mais je sais que ce qui ne vient pas de Dieu vient du diable, et ce qui vient du diable est appelé à disparaitre à court, moyen ou long terme, le diable étant un agent sûr d’autodestruction. Patience… Et ce qui vient de Dieu porte des fruits de conversion, les fruits de l’Esprit Saint, et de vocations dans les séminaires, les communautés religieuses et monastiques, ce dont je rends grâce pour les communautés traditionalistes que je fréquente avec un bonheur mêlé de reconnaissance. Bien à vous…

          • Deo Gratias

            En effet, c’est un critère de sainteté, et je préfère m’en tenir à ceux que l’Eglise a déclaré saint, comme Saint Jean-Paul II

          • Antoine de Lisbonne

            Rascol. Un “anawin” serait par exemple celui qui se sachant adultère s’avancerait la tête haute pour aller communier sans larmes ni contrition refusant de se plier aux commandements du Seigneur ? Vous me permettez de douter de cela ?
            Bonne Semaine Sainte.

      • hermeneias

        Les “petits” ? Lesquels ?
        Les bons “petits” ? Vos “petits” dont vous vous instituez porte parole autorisé de “la majorité” ?
        Oui on connait ces procédés chers aux totalitarismes “messianiques” athées ou prétendument chrétiens ( bien plutôt ariens de la vieille hérésie arienne )

  14. Pingback: Communication du Vatican : Mgr Vigano démissionne | Le Salon Beige

  15. Henri

    Mgr Vigano démissionne, ok, mais cela ne change rien pour le jugement que l’on doit porter sur Bergoglio.

    Car cela montre simplement que l’homme est habile, qu’il a vu le danger et qu’ il a su réagir très vite. Mais cela ne change rien au fait que Bergoglio s’entoure de crapules, une preuve de plus nous en est ici donnée.

    • Courivaud

      Le problème est que s’il continue à entretenir un tel entourage, il va disqualifier l’institution d’origine divine qui fonde l’Eglise.
      Aussi faut-il songer pour l’honneur de Jésus-Christ, à le destituer.

  16. Martin

    Courivaud a parfaitement raison, le moment est vraiment venu d’œuvrer pour la destitution. Les douze exemples donnés par Pierre offrent amplement la matière à charge voulue, et on peut sûrement encore en trouver beaucouo d’autres. Ne tardons plus.

  17. Alix

    A Rascol

    Chacun a le droit bien sûr d’avoir son opinion, et je respecte évidemment, comme il se doit, la vôtre. Ceci étant, en même temps, j’essaie de comprendre. Or, je dois dire que je trouve quand même, pour ma part, extrêmement frappante la liste des douze exemples que nous donne Pierre, et elle me convainc .Je serais, je dois le dire, vraiment intéressé à connaître votre réponse non pas en termes généraux, mais point par point, exemple par exemple, et en évitant bien sûr les sophismes (cf sur ce point ma réponse ci-dessous à Deo Gratias) . Si vous trouvez trop long de répondre à tout, choisissez-en au moins quelques-uns, en particulier parmi les cinq premiers…..

    A Deo Gratias

    Je comprends en un sens votre raisonnement, mais ne doit-il pas conduire en réalité, au plan pratique, à la conclusion inverse de celle à laquelle vous aboutissez. Admettons en effet (même si je ne le dirais pas exactement comme ça: cf mes remarques à la fin) que si Dieu laisse faire le mal, comme c’est donc le cas ici par l’entremise de Bergoglio, c’est pour qu’un bien, dans un second temps en découle.
    Mais justement, ici, si du bien peut-être tiré du mal qui se développe dans l’Eglise, c’est parce que la dénonciation de ce mal va permettre de remettre les pendules à l’heure. C’est vrai qu’il vaut peut-être mieux de ce point de vue, une crise gravissime et patente comme celle que nous connaissons, qu’une crise plus cachée, car la crise gravissime et patente peut entrainer des réactions et à partir de là, un formidable renouveau de l’Eglise. Mais à condition que les esprits droits, honnêtes et généreux réagissent pour promouvoir la remise en cause qui conduira au renouveau.
    Pour tout vous dire, c’est un peu, de fait, ici ma vision. et avec une idée précise qui est la suivante. Le mal profond qui ronge l’Eglise aujourd’hui trouve sa source dans la perte de confiance en la raison et en la pertinence de ses lois, qui ne sont autres, pourtant, que les lois naturelles de l’intelligence déposées en nous par le Créateur, ainsi dignes de confiance, et dont la première est que l’on ne peut soutenir à la fois une chose et son contraire. Bergoglio ne croit pas en la pertinence de ces lois, on le constate de deux manières: d’une part, il les transgresse de fait en permanence au long de ses propos, et d’autre part, qui plus est, il ne craint pas de revendiquer explicitement le droit à ces transgressions. En fait, le discernement à la Jésuite est très exactement nourri de ces transgressions, sous la forme d’une omniprésence des sophismes. Or, cette perte de confiance en la raison est maintenant assez répandue dans le monde et jusque dans l’Eglise, car elle est bien tentante et bien commode, permettant en effet de se libérer, et quand on est pasteur de libérer les autres à bon compte, de l’exigence du respect des commandements, en disant qu’on ne les désavoue pas tout en s’en dégageant pratiquement.Le fait que le pape soit aujourd’hui lui-même atteint de ce mal offre un paroxysme au mal, et ainsi donne l’occasion de le dénoncer avec d’autant plus de gravité et de solennité, et ainsi de sortir l’Eglise de ce chancre qui la mine. Car qu’est-ce que l’homme sans la raison qui lui permet, avec l’aide bien sûr du Saint-Esprit et le secours de la grâce, d’orienter son action à l’écoute de la parole du Seigneur?

    Ceci étant, d’un point de vue théologique, même si l’on peut trouver dans la présence du mal des occasions de progresser en réagissant contre lui, n’oublions quand même jamais que le mal est péché et que le péché déplait à Dieu. (rappelons-nous toujours ces paroles si simples et si belles de l’acte de contrition:”… parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable; et que le péché vous déplait…..” . Si Dieu permet le mal, c’est parce qu’il nous veut libres, ce n’est pas parce qu’il y voit un moyen d’aider le monde à progresser, même si, en effet, nous, les hommes, face au mal, doivent réagir et si, en effet ce peut être alors un chemin de progrès. Autre manière de dire les choses: attention à la tentation du fatalisme et n’oublions pas l’adage, dans lequel il y a du vrai::” aide-toi, le ciel t’aidera. ” Cela viut aussi pour l’Eglise au travers de ses membres.

    • Deo Gratias

      Vous avez raison, Alix. Mais ce qui se passe dans les paroisses ordinaires ne m’intéresse ni de près ni de loin. Et je n’ai plus besoin de ces paroisses ordinaires pour vivre ma foi catholique, puisque j’ai des communautés et des paroisses traditionalistes qui me permettent de grandir dans la foi, l’espérance et la charité, ici, maintenant, et pour les siècles des siècles.

      Je me méfie tout autant de ceux qui, comme Le Salon beige &Co, cherche à tripatouiller avec la droite, ou l’extrême droite, ou la droite extrême. C’est perdu d’avance, et de toute éternité, mais, au moins, ça les occupe, leur tripatouillage. Je me dis qu’après avoir légalisé le crime des crimes, l’avortement, je ne sais pas ce que la droite peut faire de pire en France. La plupart d’entre eux soutiennent aussi la loi Taubira. Alors ils vont bien nous voter (ou soutenir) une loi légalisant l’euthanasie !

      Revenons à l’essentiel de l’essentiel : Il y a eu une progression “extraordinaire” des lieux de culte traditionalistes depuis 10 ans. Dans 20ans – l’âge de ma retraite – toute le France sera bien couverte et desservie par des communautés traditionalistes. Bonne nouvelle !

  18. Alix

    A Rascol

    Je vous fais part très franchement de ma réaction, à savoir que la réponse que vous me faites à ce stade ne fait que renforcer ma conviction que Pierre voit et dit juste. J’observe en effet que votre réponse consiste à mettre en doute des faits avérés, ce qui me donne à penser que, par rapport aux faits avérés dont il s’agit, vous n’avez pas de réponse, dès lors que votre seule réponse est de dire qu’ils n’existent pas.

    Ce serait long de vous détailler tous les faits invoqués par Pierre, mais je n’ai et on ne peut avoir sur eux aucun doute, car ils sont apparus clairement au fil de l’actualité que chacun a pu suivre et que j’ai moi-même suivie Je vois mal d’ailleurs comment vous pouvez vous-même les ignorer, ils sont d’ailleurs souvent attestés par des documents officiels.

    Prenons le premier exemple. Il y a eu deux numéros du texte final proposé au vote des congressistes du premier synode qui n’ont pas obtenu la majorité requise, dont l’un sur la question des divorcés remariés, C’est un fait. Les numéros en cause ont été maintenus dans le compte-rendu final, c’est un autre fait. Quant au deuxième synode, le mot communion n’est pas prononcé, dans le texte voté, à propos des divorcés remariés, c’est un fait. Le texte ainsi voté a été amplement invoqué par beaucoup, et par le pape lui-même qui n’a pas manqué de faire valoir que ses positions s’inscrivaient largement dans le prolongement du synode pour préconiser l’ouverture, dans certains cas, de la communion à des personnes divorcées remariées, c’est un autre fait.

    Prenons le deuxième exemple. La note de bas de page invoquée existe, c’est la note 351 d’AL, c’est un fait. Elle a été interprétée par beaucoup comme manifestant la volonté du pape d’aller vers l’ouverture de la communion au cas par cas à des personnes divorcées remariées même ne pratiquant pas la continence, c’est un autre fait. L’idée de cette ouverture possible au cas par cas est radicalement contraire à la discipline de l’Eglise depuis toujours, parce qu’inconciliable avec l’Ecriture, c’est un autre fait, d’ailleurs accrédité par le CEC en son n° 1650, ainsi que par saint Jean-Paul II en FC n°84.

    Prenons le troisième exemple. La lettre dans laquelle Bergoglio félicite les évêques du diocèse pour la qualité de leur interprétation d’AL existe, la lettre en question ayant même été publiée ensuite, c’est un fait. L’inclusion dans cette démarche des évêques argentins de l’ouverture de la communion au cas par cas à des personnes divorcées remariées apparaît explicitement dans un texte de présentation par eux de leur démarche, c’est un fait.

    Prenons le cinquième exemple. La lettre de dubia adressée par les quatre Cardinaux au pape existe, c’est un fait. Elle était parfaitement respectueuse dans sa rédaction, c’est un fait. Elle correspond à un processus parfaitement codifié et reconnu canoniquement, c’est un fait . Le pape n’y a jamais répondu, c’est un fait.

    Prenons le sixième exemple. Le Cardinal Müller a été averti de la non reconduction de son mandat seulement la veille de l’échéance et par simple coup de fil de Bergoglio, comme l’atteste une déclaration du Cardinal Müller lui-même, c’est un fait.

    etc…etc…etc…

    On pourrait continuer.

    Vous le voyez, tout cela est parfaitement documentable. Donc, votre réponse doit s’articuler avec tous ces faits, faute de quoi elle est sans valeur, et même à charge, car elle représenterait un aveu, en réalité, d’absence de réponse possible. Mais peut-être avez-vous quand même des réponses autres que celle de nier les faits. Franchement, je demeure intéressé.

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  20. Pierre

    A la liste des douze exemples de manipulation, de malhonnêteté et de goujaterie que j’ai donnés ci-dessus, voici qu’on peut encore aujourd’hui ajouter un treizième exemple.

    Il se rapporte au méfait d’un proche de Bergoglio, nommé par ce dernier à la présidence du conseil pontifical pour la famille, en la personne de Mgr Paglia.

    Ce dernier , dans un discours prononcé le 17 mars dernier devant le grand séminaire de Queretaro au Mexique, et dont rend compte Life site dans un blog daté du 23 mars, a sollicité fallacieusement, en le déformant jusqu’à l’inverser, l’enseignement de Jean-Paul II sur la pastorale des divorcés remariés.

    Il a déclaré en effet que l’Exhortation apostolique Familiaris consortio de Jean-Paul II contenait déjà, par implication, la doctrine d’Amoris laetitia selon laquelle les divorcés remariés devraient être autorisés à lire les textes à l’Eglise, à exercer les fonctions de catéchistes et d’enseignants de la foi catholique, et celle de parrains et marraines de baptisés. Et il argue pour cela de ce que FC, en son n° 84, énonce que les divorcés remariés ne sont pas séparés de la vie de l’Eglise et devraient être encouragés à participer à sa vie.

    Or s’il est vrai que FC énonce cela, il est faux et mensonger de dire que, pour Jean-Paul II, l’accès aux fonctions évoquées par Mgr Paglia en découlerait naturellement. C’est faux, et c’est même le contraire que dit FC en son n° 84, car on y trouve la liste des activités indiquées par Jean-Paul II comme compatibles avec la situation de divorcés remariés et celles-ci n’ont rigoureusement rien à voir avec celles dont parle Paglia. Voici en effet ce que dit Jean-Paul II:

    ” On les ( les divorcés remariés) invitera à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l’esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d’implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. ”

    Rien à voir, absolument rien à voir entre les activités visées parl Paglia et celles énoncées par Jean-Paul II, sans parler du fait que, de plus, Amoris laetitia introduit, insidieusement mais réellement selon la volonté de Bergoglio l’accès à la communion, alors que FC en rappelle l’impossibilité, comme contraire à la discipline de l’Eglise fondée sur l’Ecriture.

    C’EST LE COMBLE DE L’IGNOMINIE QUE DE SOLLICITER MENSONGEREMENT LE MESSAGE D’UN MORT, QUI PLUS EST D’UN ANCIEN PAPE, QUI PLUS EST ENCORE D’UN SAINT QUE L’ON VIENT DE CANONISER. C’est honteux, ignoble, par le procédé. C’est encore plus honteux, ignoble, quand la finalité poursuivie au travers de cette manipulation, est de tourner l’enseignement permanent de l’Eglise fondé, comme l’a rappelé Jean-Paul II à propos de la communion, sur l’Ecriture.

    Tous les esprits droits et honnêtes, parmi les fidèles, clercs et laïcs, ont le devoir de se lever face à cette accumulation de manipulations et d’atteintes au contenu de la foi dont nous venons de décrire la treizième, alors qu’une seule d’entre les treize a lieu de susciter l’émotion la plus vive et la réprobation la plus ferme. Au total, c’est la destitution qui parait s’imposer.

  21. Marc

    A Rascol

    Comment pouvez vous dire: ” Apparemment, Vigano a plutôt “joué” contre le pape François.”? Oui peut-être, dans le sens où son mensonge ayant été découvert, cela nuit finalement au Pape. Mais c’est iniquement parce que son mensonge a été découvert. Son intention frauduleuse était évidemment inverse. Elle était de servir la stratégie de communication mensongère du pape consistant à faire croire que sa vision théologique s’inscrit dans la continuité de celle de Benoit XVI, ce qui est faux, comme en témoigne la lecture d’ensemble de la lettre de Benit XVI, dont l’introduction “soft” vise à faire passer en douceur le message de prise de distance qui suit et que Vigano a essayé de cacher par ses floutages et ses caches par le livre. Supprimer les prises de distance qui suivent dans la lettre pour ne garder que l’introduction “soft” revient à inverser pour une bonne part le sens de la lettre. c’est très grave. Fort heureusement , le stratagème a été découvert, et vous pouvez voir que cela fait un certain bruit puisque même la grande presse généraliste s’est emparée du sujet.

    On peut ajouter que le pape n’a certes pas jugé comme vous que Vigano jouait contre lui puisque, une fois le pot au rose découvert, le pape a certes été obligé d’accepter la démission de lintéressé, mais seulement avec difficulté et en le renommant à un autre poste, ce qui est d’ailleurs stupéfiant.

  22. Marc

    A Rascol

    Vous dites: “Culte du pape François” ? Il a dit cent fois à la foule que ce n’était pas son nom qu’il fallait acclamer mais celui de Jésus.”

    Oui, mais avouez que cça ne mange pas de pain de dire cela. C’est facile, peut-être trop facile. Je suppose que, quand il dit cela, les cris d’acclamation reprennent de plus belle. .

  23. Marc

    A Rascol

    Comment pouvez-vous dire: “Défendre l’image du pape François en supprimant le passage dans lequel Benoit se montre élogieux à son égard? Plutôt bizarre, non ?

    Il y a sans doute quelque chose que je ne comprends pas dans ce que vous dites, tellement ça me parait énorme. Car en vous lisant, ma réaction est la suivante: justement, c’est le passage dans lequel Benoit XVI se montre élogieux à son égard que Vigano a mis en valeur, alors qu’il a flouté ou caché avec le livre tout le reste, beaucoup plus distant vis-à-vis de Vigano et du recueil, et que le passage servait à préparer diplomatiquement pour en adoucir l’effet. Ce qui fait que ne montrer que le passage élogieux est mensonger, car cela a pour effet d’inverser pour une bonne part le sens de la lettre.

    Dès lors, J’avoue être un peu stupéfait, dans ces conditions, de ce que vous dites, mais encore une fois, quelque chose m’ a sans doute échappé sur le sens de votre propos, que vous allez peut-être nous expliquer?

  24. Marc

    A Rascol

    A propos des cris d’indignation que devrait appeler le comportement crapuleux de Bergoglio, vous dites d’abord ‘Mais justement ce “cri” n’existe pas”, puis après qu’on vous ait répondu, qu’il y a quand même les dubia et les fidèles de la correctio, vous répondez: Oui : 4 sur 200, ca ne fait pas lourd. ”

    Pour une fois, je suis là d’accord avec vous, c’est trop bas. Cela montre que nos prélats manquent souvent de clairvoyance et/ou de courage. Mais ils ont deux énormes circonstances atténuantes.

    La première est que c’est la première fois depuis 2000 ans que l’on a un pape qui s’éloigne de l’enseignement permanent de l’Eglise fondé sur l’Ecriture, et qui en même temps ment et déraisonne comme il le fait. Ils sont pris au dépourvu. Leur formation les invite à l’obéissance. Il leur faut du temps pour accommoder leur vision sur cette situation rocambolesque que nous vivons. Cela va venir progressivement, mais cela fait porter une immense responsabilité sur ceux d’entre eux qui ont le plus de clairvoyance, et qui ont donc la charge et le devoir d’aider les autres à ouvrir les yeux. Un grand merci, ici, à Riposte catholique de permettre ici d’ouvrir le dialogue entre tous, et en particulier avec vous, Rascol. vos réponses nous intéressent, bien sûr.

    La deuxième se rapporte à l’attitude tyrannique de Bergoglio, qui fait régner un régime de terreur et de délation, et qui pratique des purges fréquentes. Il faut donc énormément de courage pour résister. Tout le monde ne l’a pas au degré nécessaire.

  25. Marc

    A Rascol

    Vous dites “Benoit n’a rien fait savoir du tout, sinon qu’il était mécontent que l’on ait supprimé un passage d’une lettre dans laquelle il soulignait la continuité entre son pontificat et celui de François.”

    Oui, mais ce qui le rend m’content, c’est évidemment que les suppressions ont été calculées d’une manière telle que cela déforme son message. Sans doute ne l’a-t-il pas dit comme cela, car il ne veut évidemment déclencher une guerre publique avec le pape, mais c’est totalement évident que la déformation de sa pensée lui a déplu. En juger autrement, c’est prendre Benoit XVI pour un imbécile, ce qu’évidemment il n’est pas.

    Je profite d’ailleurs de cette remarque pour noter un point sur Vigano, c’est justement que, non seulement il a tenté un coup malhonnête, mais en outre il a pris Benoit XVI pour un gâteux. Comment pouvait-il espérer que Benoit XVI réponde favorablement à sa demande qu’il veuille bien préfacer un ouvrage dans lequel écrivent des auteurs qui sont ses opposants notoires? La crapulerie de Vigano se double d’un toupet et d’un mépris stupéfiants.

  26. Marc

    A Rascol

    Vous nous dites: “Et bien moi, je prends son parti, et l’immense majorité des “petits” sont avec lui. Mais ce qu’il fait pour l’Eglise est caché aux sages et au savants. Normal.”

    C’est facile à dire et je peux d’ailleurs là vous apporter plusieurs réponses.

    D’abord, il y a pas mal de mauvais savants dans le camp de Bergoglio, savants dans l’art des discernements sophistiques, et dans les théologies erronées, qui sont d’ailleurs elles-mêmes à base de sophismes, telles e celles rassemblées dans le triste recueil qui a doné lieu au Viganogate. A la vérité, tous ces cardinaux et autres hauts hiérarques ecclésiaux qui soutiennent les aberrations de Bergoglio me font vraiment penser à ces prêtres et pharisiens qui sont les tristes acteurs de l’Evangile de ce dimanche 25 mars qui est en train de s’achever.

    Quant à ces “petits” dont vous parlez comme étant avec lui, comment peuvent-ils imaginer,- je rejoints d’ailleurs là une réponse que j’ai déjà faite alors à propos des responsables ecclésiaux, comment peuvent-ils imaginer que leur pape les emmène ainsi sur de mauvais pâturages. Ce n’est jamais arrivé depuis 2000ans que l’Eglise existe. Comment peuvent-ils imaginer que ce soit le cas aujourd’hui. Surtout que Bergoglio développe bien de la démagogie dans ses discours, ce qui forcément plait, du moins au début, car on sait que sa popularité baisse, les sondages faits à l’occasion de la fin de son quinquennat l’ont montré. Petit à petit, de plus en plus d’yeux vont s’ouvrir.

    Mais surtout, il y a quelque chose de gravement absent dans votre évocation, c’est la raison commune, dont les lois sont les lois naturelles de l’intelligence, qui ne sont pas affaire de savants , mais de bon sens et d’honnêteté. Ceux que Bergoglio a contre lui, ce sont les esprits droits et honnêtes, qui savent qu’on ne peut et qu’on ne doit pas soutenir à la fois une chose et son contraire, alors que le pape actuel ainsi que nombre de ses collègues jésuites revendiquent de pouvoir le faire.

    Mais surtout, il y a un grand élément oubli

  27. Marc

    A Rascol

    Vous nous dites: “Ce n’est pas moi qui me range du côté des humbles. Dieu m’en garde! C’est le pape qui s’y range.”

    Ne trouvez-vous pas que c’est un peu facile de se ranger du côté des humbles, d’autant plus si on est pape? Vous voyez un pape déclarer qu’il se range du côté des puissants et des orgueilleux? Et n’est-ce pas celui-là qui serait sans doute le plus honnête et de ce point de vue le plus humble?

    A vrai dire, je trouve que le mieux serait que le pape nous parle moins de lui-même, qu’il ne nous en parle ni qu’il se place du côté des humbles, ni qu’il se place du côté des puissnts et des orgueilleux. Ce serait qu’il nous enseigne avec vérité, dans le respect de la foi et de la raison, le contenu de la Révélation.

  28. Marc

    A Rascol,

    Vous dites à Alix: ” Alix, je répondrai volontiers à votre question si les allégations de Pierre étaient étayées : or ce ne sont que des généralités sans justification”.

    Mais depuis, Pierre vous a montré, à mes yeux avec beaucoup de pertinence, que les exemples qu’ils donnent de toutes les manipulations, mensonges et goujateries de Bergoglio s’appuient sur des faits, et vous demandent dès lors de répondre en tenant compte de ces faits.

    Il ne me semble pas que nous ayons encore votre réponse. J’y serais pour ma part très intéressé.

  29. Pierre

    A la liste des douze actes de manipulation, de malhonnêteté, de goujaterie que j’ai proposée dans mon commentaire ci-dessus, complétée par un treizième exemple ensuite, on peut ajouter que, si on lit avec attention le texte d’ Amoris laetitia, on en trouve encore à foisons. En gros, le chapitre huit de l’Exhortation est un tissu continu de manipulations.

    En particulier, l’auteur n’a de cesse que de dire, faussement, que ce qu’il veut promouvoir concernant les divorcés remariés s’inscrit dans la continuité de la Tradition de l’Eglise.

    Ainsi en est-il de cette invocation fallacieuse de Familiaris consortio à propos de la loi de la gradualité et la gradualité de la loi

    Dans AL au n. 295, on peut lire : « Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la ‘loi de gradualité’, conscient que l’être humain ‘connait, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance (FC n. 34)’. Ce n’est pas une ‘gradualité de la loi’, mais une gradualité de l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. En effet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain ‘va peu à peu de l’avant grâce à l’intégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l’homme’ (FC, n. 9)».

    Mais complétons la citation de FC n. 34 qui n’est donnée que partiellement en AL n. 295: «Ainsi il (l’homme) connait, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance. Les époux, dans la sphère de leur vie morale, sont eux aussi appelés à cheminer sans se lasser, soutenus par le désir sincère et agissant de mieux connaître les valeurs garanties et promues par la loi divine, avec la volonté de les incarner de façon droite et généreuse par leurs choix concrets. Ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. C’est pourquoi ce qu’on appelle la ‘loi de gradualité’ ou voie graduelle ne peut s’identifier à la ‘gradualité de la loi’, comme s’il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d’une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté ».

    En rapprochant les extraits d’AL et de FC ainsi complété,on voit qu’ils ont en commun de défendre l’idée d’une gradualité dans le développement de la vie morale, et de dire que cette gradualité dans le développement de la vie morale n’est pas une gradualité de la loi. Mais en réalité, sur le second point, la communauté de vue avec FC affichée par AL est largement de façade et cache une divergence profonde, et cela de deux manières.

    D’abord, le texte de FC comporte en son n. 34 un développement indiquant qu’il n’y a pas de gradualité de la loi, et cela parce que la loi doit être regardée non comme un « simple idéal à atteindre dans le futur » mais comme « un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles », et que donc, on ne saurait distinguer en elle des « degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses ».Or ce développement est absent des citations reprises par AL.

    De plus, non seulement ce développement n’est pas repris, mais il se trouve même contredit par AL, qui affirme que certaines personnes « ne sont pas dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser, ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi ». C’est là en fait admettre qu’il est dans certains cas impossible d’observer pleinement ces exigences, et que donc on ne peut plus voir en elles qu’un objectif pour le futur, en ce sens un idéal vers lequel il faut tendre, et non plus un impératif immédiat qu’il faut chercher à atteindre sans délai. Même si AL ne le dit pas explicitement, cette conception conduit naturellement à accepter des niveaux d’exigence intermédiaires en fonction des situations. On n’est pas loin de la reconnaissance d’une gradualité de la loi.

    Ainsi observe-t-on qu’AL valorise ce qu’elle a de commun avec FC, en mettant des références et des citations, y compris sous la forme d’extraits intégrés dans son propre discours, pour faire voir comme une identité des deux pensées, cependant que la différence entre les deux textes quant à la notion de gradualité de la loi est occultée. Or là est le point essentiel, car c’est cette différence qui fonde la rupture que souhaite le pape vis-à-vis de la discipline des sacrements.

    On voit ici comment AL recherche faussement le bénéfice de la caution de saint JeanPaul II ‒ qui n’a fait que rappeler l’enseignement de l’Église et la parole du Seigneur ‒, en vue d’imposer une vision qui est contraire à tout l’enseignement de l’Église depuis vingt siècles.

    Ainsi, Bergoglio fait ici, avec Jean-Paul II, le même coup de manipulation.qu’ avec Benoit XVI . On est dans l’escroquerie au service, qui plus est, de l’hérésie.

  30. Pierre

    Voici une autre manipulation, cette fois par utilisation fallacieuse de la référence à l’encyclique Familiaris Consortio de Jean-Paul II à propos de la discipline des sacrements envers les divorcés remariés

    Dans AL, au n. 298, on peut lire ce qui suit à propos des divorcés remariés : « L’Église reconnaît des situations où ‘l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants ‒, remplir l’obligation de la séparation’ (FC n. 84). Il y a aussi le cas de ‘ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide’ (FC n. 84). (…). Les Pères synodaux ont affirmé que le discernement des Pasteurs doit toujours se faire ‘en distinguant attentivement’ les situations, d’un ‘regard différencié’ ».

    Encore dans AL, une note de bas page numérotée 329, rattachée au n. 298 (première phrase citée ci-dessus), indique la référence au n. 84 de FC et ajoute immédiatement : « Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘comme frère et sœur’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité, ‘la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis’ (CONC.OECUM.VAT. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51) ».

    Dans AL toujours, cette fois au n. 299 qui fait suite, on peut lire encore : « J’accueille les considérations de beaucoup de Pères synodaux, qui ont voulu signaler que ‘les baptisés divorcés et remariés civilement doivent être davantage intégrés dans les communautés chrétiennes selon les diverses façons possibles, en évitant les situations de scandale’ ».

    Mais complétons les citations de FC n. 84 données partiellement par AL n. 298 :« Les pasteurs doivent savoir que, par amour de la vérité, ils ont l’obligation de bien discerner les diverses situations. Il y a en effet une différence entre ceux qui se sont efforcés avec sincérité de sauver un premier mariage et ont été injustement abandonnés, et ceux qui par une faute grave ont détruit un mariage canonique valide. Il y a enfin le cas de ceux qui ont contracté une seconde union en vue de l’éducation de leurs enfants, et qui ont eu parfois, en conscience, la certitude subjective que le mariage précédent, irrémédiablement détruit, n’avait jamais été valide. Avec le synode, j’exhorte chaleureusement les pasteurs et la communauté des fidèles dans son ensemble à aider les divorcés remariés. Avec une grande charité, tous feront en sorte qu’ils ne se sentent pas séparés de l’Eglise, car ils peuvent et même ils doivent, comme baptisés, participer à sa vie (…). L’Église, cependant, réaffirme sa discipline, fondée sur l’Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés. (…). La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs ‒ par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux ».

    En rapprochant AL et FC, on constate une communauté de vues sur deux points : les situations de divorce et de remariage sont diverses et il convient d’être attentif à tenir compte de cette diversité selon un juste discernement ; il est nécessaire de veiller à ce que les divorcés remariés soient davantage intégrés à la vie de l’Église. Mais on constate entre les deux textes une divergence radicale à propos de la discipline des sacrements. Sur ce sujet, FC offre un développement qui rappelle la position constante de l’Église en des termes qui ne peuvent manquer de frapper par leur netteté en même temps que par leur vigueur évangélique. Or ce développement est absent d’AL, détruisant ainsi l’équilibre du propos de Jean-Paul II. L’omission correspondante, vu le contexte, va manifestement dans le sens de l’ouverture de la communion aux personnes divorcées remariées même ne pratiquant pas la continence. Tout doute est d’ailleurs levé à cet égard par la note 329 rattachée au n. 298 ci-dessus qui met en question le bien-fondé de l’exigence de la continence comme condition, à défaut de celle de la séparation, pour permettre la communion à des personnes divorcées remariées. On notera, subsidiairement, la désinvolture de l’argumentation de cette note 329, qui est fondée sur la transposition au cas du couple adultère de considérations développées dans Gaudium et spes pour les couples mariés.

    En définitive, ici aussi, on donne à penser au lecteur que le discours d’Amoris laetitia à propos des divorcés remariés s’inscrit dans la continuité de celui tenu par Jean-Paul II dans Familiaris consortio, alors même qu’il rompt avec ce dernier en ce qui concerne la discipline des sacrements. En cela, on peut dire qu’Amoris laetitia prend Jean-Paul II comme caution pour rompre avec l’enseignement du même Jean-Paul II et du même coup avec l’enseignement constant de l’Église fondé sur l’Écriture sainte !

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