« Journée mondiale de la contraception »

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C’était ce dimanche 26 septembre et il n’est pas inutile de donner la liste des principaux promoteurs de la contraception accessible et pour ainsi dire gratuite pour tous ( ou plutôt pour tous) – les voici, d’après le site your-life.com :

  • Asian Pacific Council on Contraception (APCOC)
  • Centro Latinamericano Salud y Mujer (CELSAM)
  • European Society of Contraception and Reproductive Health (ESC)
  • German Foundation for World Population (DSW)
  • International Federation of Pediatric and Adolescent Gynecology (FIGIJ)
  • International Planned Parenthood Federation (IPPF)
  • Marie Stopes International (MSI)
  • Pan American Health and Education Foundation (PAHEF)
  • The Population Council
  • The United States Agency for International Development (USAID)
A qui s’ajoutent PSI, un groupe d’aide au tiers monde particulièrement actif dans le domaine de la contraception, financé notamment par les gouvernements des Pays-Bas, de l’Allemagne et des Etats-Unis, et Beyer-Schering – fabricant.
Ce dernier a par exemple organisé une série de symposiums au Pakistan pour faire progresser l’usage des contraceptifs dans ce pays pauvre comme ailleurs, afin d’aboutir à ce qu’un jour « chaque grossesse soit désirée ». Ces réunions menées par des gynécologues professionnels visaient à « informer » les femmes sur l’accès aux formes modernes de contraception dont la diffusion présente du point de vue de Bayer l’avantage non négligeable d’augmenter la production et la vente. Dans le cas de la pilule classique, c’est même un système tout aussi intéressant que l’abonnement au téléphone mobile ou à internet : une clientèle multiple et susceptible de rester parmi les payeurs pendant plusieurs années.
Au même moment ou presque, la FDA (Food and Drug Administration) américaine approuvait vendredi une nouvelle pilule contraceptive orale dévelopée par Bayer : Beyaz offre la particularité de contenir du folate (acide folique), substance censée protéger les enfants à naître des risques de spina bifida par exemple. Ainsi les femmes en âge d’avoir des enfants peuvent-elles éviter d’en avoir tout en prenant un supplément d’une substance protectrice du fœtus afin de ne pas être prises de court si elles décident d’arrêter la pilule en vue d’une grossesse (désirée, forcément !) sans prendre la précaution d’aller d’abord voir un médecin pour des conseils pour la période de pré-conception.
On ne fait pas plus ubuesque, mais voilà qui laisse deviner dans un avenir qu’on espère lointain autant de contrôle et de suivi médical des femmes qui veulent concevoir que des femmes qui sont déjà enceintes…
Je lis enfin sous la plume de Nicholas Kristof, deux fois « Pulitzerisé » et éditorialiste en titre du New York Times depuis 2001, que le monde attend sa révolution contraceptive pour passer du préservatif façon téléphone portable du début des années 1990 à celui qui aura la facilité d’utilisation et l’efficacité – toutes proportions gardées – du smartphone contemporain.

Plus facile d’accès et moins cher, voilà le rêve de Kristof pour qui les remèdes contre la calvitie bénéficient aujourd’hui d’une recherche mieux dotée que les contraceptifs modernes (et tant pris si les principales organisations supranationales ou non-gouvernementales en font leur cheval de bataille), et que les recherches se font attendre.

Toutefois il y a lieu d’espérer, selon ce journaliste spécialisé dans la pauvreté dans le monde : on annonce un anneau vaginal imperceptible capable de rester efficace un an au lieu d’un mois actuellement – la recherche est commanditée par le Population Council qui reçoit des dons importants d’organismes gouvernementaux ou non et d’individus. Prix modique : 5 à 10 $.

D’autres imaginent les mêmes anneaux avec des microbicides pour éviter les MST, ou les mêmes avec des substances capables de diminuer le risque de cancer du col. Kristof se réjouit aussi de l’apparation d’un nouvel implant contraceptif, Sino-implant, qui lâche des hormones pendant 4 ou 5 ans et ne coûte que $ 3. Déjà utilisé sur quelque 100.000 femmes chinoises et pakistanaises en 2009, il semblerait que ce contraceptif sous forme de bâtonnets insérés sous la peau par un médecin ne causent aucun effet indésirable, en tout cas pour autant qu’on puisse le savoir avec si peu de recul.

Mais qu’attendent les écolos pour protester contre cette débauche d’hormones relâchés dans la nature après être passés (avec quels effets secondaires) dans les corps des femmes ?

Eh bien, ils seront peut-être plus séduits par une nouvelle forme de stérilisation masculine développée en Inde par laquelle on bouche temporairement les conduits permettant la circulation des spermatozoïdes et qu’une simple injection de solvent permet de dégager… Ou encore la recherche – en France – sur des sous-vêtements masculins qui auraient pour effet mécanique de réchauffer le sperme dans les testicules, le faisant « cuire » jusqu’à le tuer. Inoffensif là encore – assure la Fondation Bill et Melinda Gates, très intéressée.

© leblogdejeannesmits.

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