« Le jour où j’ai décidé de ne plus être gay »

Download PDF

Une tribune publiée le 18 janvier dans le très sérieux Times de Londres révèle comment le signataire, Patrick Muirhead, a décidé de rompre avec son style de vie homosexuel au point qu’il envisagerait même de marcher droit (en anglais, l’opposé de « gay », c’est « straight »).
Il va de soi que l’article a suscité des avalanches de critiques – il a trouvé un moyen inédit de choquer dans un monde où l’on croyait tout permis –, se voyant même accusé d’« homophobie internalisée ». En réalité l’article de cet ancien collaborateur de la BBC passé instructeur dans l’aviation, puis pilote, 41 ans, dont 20 en tant qu’homosexuel revendiqué, ne rejette nullement son passé. Le ton est badin. L’autodérision n’est pas loin. Il n’y a pas de leçon de morale. Mais il commence à voir les limites du style de vie qu’il s’était choisi. Et balance quelques vérités bien senties. Tout a commencé par le « fait providentiel » qui lui a donné envie d’écouter la voix du petit garçon en lui qui aimait bien les filles…

Cela se passe chez un coiffeur rural ; Muirhead attend son tour et se trouve fasciné par un homme venu fièrement faire couper les cheveux de son petit fiston pour la première fois. Le bientôt « ex-gay » voit le garçonnet attraper la main d’homme de son papa. Et c’est l’« épiphanie ». « C’est de l’amour, les amis. Un père plein de fierté, un petit garçon adoré et une magnifique démonstration de dépendance et de responsabilité. » Muirhead quitte la boutique « avec une coiffure à la pointe de la mode et un désir de procréer ».

Pourquoi alors ne pas revendiquer le droit à l’adoption, à la procréation médicalement assistée, à l’intervention d’une amie pour faire la mère porteuse ? Très peu pour Patrick Muirhead… qui commence à se poser des questions à propos de ses penchants.

« Ma sexualité s’est forgée derrière des abris à vélos et dans les dortoirs de pension, selon les clichés peu imaginatifs du bidouillage adolescent. Tout cela m’a catapulté dans un style de vie, renforcé par le milieu social de gays flamboyants dans les médias. A la BBC, où j’ai travaillé pendant sept ans, l’homosexualité était pour ainsi dire presque obligatoire. »

N’y avait-il pas déjà une attirance pour le sexe opposé ?

« Si oui, elle a été éclipsée par des tentations plus immédiates, charnelles et délicieusement taboues. »

Et plus loin :

« J’ai longtemps soutenu que l’homosexualité est naturelle mais anormale, ce qui provoquait des torrents d’hostilité de la part d’amis gays qui refusent d’admettre que ce que l’on est et le droit qu’on a sur la société ne sont pas la même chose. Aimer quelqu’un de son sexe arrive dans la nature, sans déclencheur artificiel. Mais ce n’est pas pour autant le comportement habituel. L’homosexualité est une aberration, une aberration naturelle. »

Et de noter qu’au XXe siècle, nous nous sommes habitués (comme aux temps du roi William Rufus) à l’anormalité. C’est vrai pour Muirhead : il avoue « un nombre d’accouplements fortuits à vous donner le tournis », malgré dix ans avec un même concubin.

« Je tique quand des gays décrivent leurs petits amis comme leurs “maris”, ce qui revient à subvertir une institution solennelle créée pour offrir le cadre stable nécessaire à l’éducation d’enfants. D’ailleurs, cela paraît quand même très pervers de la part des gays que de vouloir se battre pour se libérer de la moralité hétérosexuelle et de vouloir ensuite copier leurs oppresseurs en créant des contrats semblables aux leurs. »

Au bout du compte :

« Je veux avoir une femme pour l’aimer et un enfant pour le protéger. Je veux pouvoir les regarder ensemble et me dire qu’ils sont à moi et qu’ils ont tous deux besoin de moi. (…) Est-ce que cela veut dire que je n’aime plus les hommes ? Bien sûr que non, et je ne ferai pas semblant. Mais dans les rues et les avenues de ce pays il doit y avoir beaucoup de maris dont les intérêts sont partagés, mais dont les choix ne sont pas déterminés par la sexualité mais par l’émotionnel. »

Voilà ce qu’il faut pour être anticonformiste au XXIe siècle. Patrick Muirhead n’a pas fait tout le voyage, mais il a compris le sens des choses aujourd’hui oublié par le grand nombre. Le lui pardonnera-t-on ?

© leblogdejeannesmits.

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *