Brésil : le gouvernement remet la légalisation de l’avortement au programme

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Deux mois à peine après avoir exclu l’avortement du 3e Programme national des Droits humains, notamment sous la pression de l’Eglise, le gouvernement a décidé de soutenir de nouveau officiellement sa dépénalisation. C’est le résultat de la XIe conférence régionale sur les Femmes des Caraïbes et de l’Amérique latine du CEPAL, un organisme relié à l’ONU, à la suite de laquelle la ministre de la Secrétairerie spéciale des politiques pour les femmes, Nilcéa Freire, a signé le « Consensus de Brasilia ».

Ce document propose la révision des lois instituant des peines pénales à l’égard des femmes ayant avorté.

On présente ce document, signé dans la capitale brésilienne, comme la ratification des exigences des traités internationaux, alors qu’aucun instrument international n’impose aujourd’hui la légalisation de l’avortement.

Au lieu d’inscrire l’avortement dans le cadre des droits humains, Mme Freire le présente aujourd’hui comme un élément de la santé publique.

Le secrétaire général de la Conférence nationale des évêques du Brésil, dom Dimas Lara, a critiqué cette proposition de « réviser les lois qui prévoient des mesures punitives pour les femmes ayant avorté » qui aboutirait à dépénaliser ce qui est aujourd’hui un crime.

« C’est l’histoire classique du recours à l’euphémisme, pour ne pas dire ce qui est au cœur de la question. On parle de la même manière d’interruption volontaire de la grossesse, une façon moins directe de parler que d’évoquer l’avortement. On entend aussi parler du fait que la femme a des droits sur son propre corps. Mais c’est une conception fallacieuse. Un embryon, c’est un autre corps », a-t-il dit.

© leblogdejeannesmits.

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