Espagne : c’est aujourd’hui qu’est entrée en vigueur la loi d’avortement

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L’avortement à la demande, conçu comme un droit de la femme : la loi votée à marches forcées en Espagne au printemps et promulguée par le roi Juan Carlos est entrée en vigueur aujourd’hui comme prévu mais rencontre, fort heureusement, une véritable opposition.

On notera que le recours du PP (Partido popular, droite libérale) contre la loi devant le Tribunal constitutionnel espagnol est toujours pendant et que ses termes mêmes créent une incertitude quant au « droit » d’appliquer la loi et quant au devoir – inquisitoral – nouveau des médecins objecteurs de conscience d’inscrire leur refus de pratiquer l’avortement sur un registre national. Qui constituerait de fait une liste noire… Le recours demande en effet la suspension immédiate de l’application de la loi au motif que si elle devait venir à être déclarée inconstitutionnelle un tort irréparable aurait été commis à l’égard des victimes de l’avortement par le fait même de sa mise en application.

On notera surtout que ce recours du PP a été notamment obtenu grâce à une gigantesque mobilisation des Espagnols, qui sont des millions à être descendus dans la rue ou à avoir autrement fait connaître leur opposition à l’avortement légalisé, soutenus en cela par la hiérarchie catholique. Ils n’ont certes pas pu empêcher le succès des idéologues de l’avortement qui ont réussi à faire adopter la loi mais ils ont fait suffisamment fait sentir leur poids et leur force pour que l’opposition au gouvernement socialiste de Zapatero ne se contente pas de rester inerte, ce qui semblait être sa première attitude.

Pour l’heure les provinces de Murcie et de Navarre s’opposent frontalement à l’entrée en vigueur de la loi d’avortement à l’intérieur de leurs frontières. Le président de la région de Murcie a fait savoir qu’il attend la décision du Tribunal constitutionnel, l’absence de celle-ci faisant que la loi ne peut être considérée comme définitive, tandis que le porte-parole du gouvernement de Navarre a carrément fait savoir qu’au sein de la province, on continuera de ne pas pratiquer d’avortements et que les femmes désirant une intervention dans le cadre de la loi devront la demander en dehors de la Communauté de Navarre.

A part le PP, plusieurs organisations non-gouvernementales ont présenté un recours collectif devant le Tribubal constitutionnel, notamment le Centre juridique Thomas More (Centro juridico Tomas Moro), pour rejeter la « loi des délais » : ils s’appuient sur l’observation scientifique unanime sur le fait que la vie commence à la conception et qu’il faut donc la respecter dès ce moment-là, sans étapes.

Source photo : Infocatolica.

© leblogdejeannesmits.

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