Etre mère à 58 ans ? Pas forcément une bonne idée…

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Carole Hobson a 58 ans. C’est la plus vieille Britannique à jamais avoir donné le jour à des jumeaux. Pas les siens, bien sûr : au prix de 20.000 livres sterling, 5 tentatives de fécondation in vitro, une réduction embryonnaire à 13 semaines pour éliminer l’un des trois tout-petits qui s’étaient implantés dans l’utérus de Carole – sur les six introduits – la « jeune maman » est allée chercher ses bébés très loin. Leur père est un ingénieur suédois non identifié, donneur du sperme utilisé. La mère biologique : une femme indienne. Lieu de conception : une éprouvette dans un laboratoire de Mumbai, Inde, qui avait l’avantage d’offrir ses services aux femmes jusqu’à 63 ans : c’est là-bas que les embryons ont été implantés.

Matthew et Frieda sont nés prématurément par césarienne, il y a trois mois, la veille de Noël. Souffrant de pré-éclampsie, leur… mère porteuse a dû se résoudre à l’opération alors que les poumons des enfants n’étaient pas suffisamment développés pour leurs 30 semaines de gestation. Ils ont d’ailleurs passé de longues semaines à l’hôpital avant d’être jugés suffisamment tirés d’affaire pour pouvoir rejoindre le domicile familial.

Familial ? En fait, Carole, 58 ans, est une mère célibataire. Après une carrière réussie qui avait repoussé tout désir d’enfant jusqu’au-delà de la ménopause, l’instinct maternel (appelons-le comme ça) avait fait une apparition d’autant plus violente qu’il avait été refoulé. Carole avait alors le même compagnon depuis 11 ans. Devant son manque de compréhension et de soutien dans l’aventure de la FIV, elle l’a mis dehors. Les enfants d’abord !

Matthew et Frieda sont donc là et bien là, et Mlle Hobson découvre les joies des biberons : avec du lait maternel prélevé sur donneuse pour l’un des enfants qui ne supporte pas le lait maternisé ; Carole elle-même, du fait de sa fatigue et s’étant mal nourrie au cours d’une affection respiratoire à la fin de la grossesse n’a pas réussi à les nourrir elle-même. Mais aussi : les nuits hachurées, les lessives, le travail non-stop qu’aucun « partenaire » ne vient soulager.

C’est le Daily Mail qui raconte cette histoire, découverte via BioEdge. Son reporter, Helen Weathers, avait rencontré Carole enceinte et enthousiaste, début décembre. Trois mois et quelques semaines plus tard, le tableau est bien différent.

Carole avoue s’être demandée en pleurant : « Mais que suis-je donc allée faire ? », juste avant la césarienne. Elle a même déclaré que si c’était à refaire, elle ne recommencerait pas. A part le lien très fort qui s’est créé entre elle et les jumeaux, elle est réservée : « J’ai beaucoup de chance de les avoir, mais je dirais à toute femme un peu âgée qui envisage de faire ce que j’ai fait d’y réfléchir avec beaucoup de prudence. Vu mon expérience, un seul bébé plutôt qu’une grossesse muliple serait une meilleure solution et je conseillerais à n’importe quelle femme un peu âgée d’avoir un bébé le plus tôt possible. »


Vous trouverez peut-être mon ton insensible devant cette histoire qui finalement s’achève avec deux enfants enfin (à peu près) bien portants et une femme qui s’attend à être comblée lorsque la fatigue du quotidien aura un peu cédé le pas à la joie de la maternité. Elle-même assure qu’elle n’a pas été plus égoïste, dans cette affaire, que n’importe quelle jeune femme qui veut devenir mère et qui tombe enceinte.

Mais j’y vois surtout mort et destruction, et même maltraitance à l’égard de ces petits qui ne connaîtront jamais leurs vrais « géniteurs », catapultés dans un foyer sans père pour répondre à un sentiment d’incomplétude d’une femme qui avait tout sacrifié à sa carrière professionnelle.

Mère seule, Carole Hobson est d’ailleurs déjà à la recherche d’une nounou. L’an prochain, elle reprendra son exigeant travail à plein temps. Matthew et Frieda devront se passer, au quotidien, de l’amour de… leur mère ?

© leblogdejeannesmits.

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