Evêques du Pérou : une belle déclaration pro-vie

Download PDF

La commission épiscopale péruvienne pour la famille, l’enfance et la vie a publié un texte en vue de la célébration de la Journée de l’enfant à naître, célébrée en Amérique latine, notamment, le 25 mars. Alors que le Pérou est en pleine campagne électorale, et que les évêques péruviens n’hésitent pas à monter au créneau en utilisant un langage direct et facile à comprendre, ce nouveau message vient souligner leur engagement sans équivoque. Je vous en propose ma traduction intégrale.

Journée de l’Enfant à Naître
25 mars 2011
« Ma vie entre tes mains » 

Le 25 mars, nous célébrons le moment où Dieu le Père a envoyé au monde son Fils, Jésus, qui a pris notre nature humaine en s’incarnant dans le corps d’une femme, la Vierge Marie. Cette solennité liturgique est une occasion privilégiée pour célébrer le surgissement de la vie de l’être humain comme un don merveilleux de Dieu. Ainsi, à cette date – depuis dix ans déjà – on célébrera dans notre pays, par la force de la loi, la « Journée de l’enfant à naître ». En s’incarnant dans le corps de Marie par l’œuvre du Saint-Esprit, Dieu se confie à la protection de la Femme. Ce même acte de confiance, si humain et si naturel, se répète lors de chaque conception, lorsqu’un être humain commence son existence comme une seule cellule. Comme si cette nouvelle créature, l’enfant à naître, disait à la femme – et en elle, à l’humanité tout entière — « ma vie est entre tes mains ». 

Car nous sommes tous responsables de celui dont la science nous révèle qu’il est enfant dès les premiers instants de son existence ; en premier lieu la femme qui le porte en son sein, sa mère ; ensuite, ceux qui lui sont les plus proches ; et en dernière instance, la société tout entière, et spécialement ceux qui sont élus pour diriger le destin de la nation péruvienne.
Aujourd’hui, la science confirme ce que le sens commun nous dit : tout comme est enfant celui qui naît, ainsi est enfant celui qui est « à naître » ; que la vie de l’être humain – et par conséquent son droit de vivre – ne commence pas seulement « lorsqu’il naît » ; que l’embryon ou le fœtus qu’une femme porte en son sein a un visage humain et attend seulement de déployer plus pleinement ses potentialités, comme la raison, la liberté, la communication avec les autres, lorsqu’il verra la lumière et qu’il poursuivra son développement en dehors du corps qui l’a fait grandir. Ne pas considérer l’enfant à naître comme faisant partie de la réalité dans laquelle nous vivons, ne pas en tenir compte dans nos prises de décisions – y compris les décisions politiques – c’est tourner le dos à ce que la connaissance scientifique a de mieux en mieux mis en évidence au cours de ces dernières années et qui, aujourd’hui, fait partie de tout ce que l’homme et la femme du XXIe siècle devraient savoir à leur propre propos : qu’il a commencé comme une cellule, que l’étroite relation avec sa mère a commencé en cet instant-là, alors qu’il descendait et nidifiait dans ses entrailles, alors même qu’elle n’avait pas encore conscience de sa silencieuse présence. C’est affaire d’esprits ignorants et contraires à la vérité que d’affirmer que l’enfant à naître « ne peut être considéré comme un être humain » ou qu’il a « moins de valeur que la mère et ses intérêts », seulement parce qu’il n’« occupe » pas une « place » dans le monde où nous habitons, ou parce que la femme ne désire pas l’accueillir en son corps, lui donner le jour, l’allaiter, prendre soin de lui : en un mot, être sa mère. 

La conception de l’enfant à naître n’est pas seulement matière à études scientifiques ou objet d’admiration : elle est source de droits et trace pour nous des limites à ne pas dépasser, parce qu’existe ce qui est juste par nature, et qui est antérieur à toute législation edictée par les hommes. Une loi qui autorise l’avortement provoqué – fût-ce seulement « dans quelques cas » – n’est pas un droit mais une injustice. Le droit qui laisse sans protection une vie humaine s’érige se contredit lui-même. 

Nous invitons donc tous les Péruviens à veiller à ce que leurs décisions constituent un engagement pour la construction d’une culture de vie et qu’ils écoutent la voix de chaque enfant péruvien qui attend de naître et nous rappelle : « ma vie est entre tes mains ».

 Commission épiscopale pour la famille, l’enfance et la vie

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *