Images d’avortement dans les classes secondaires : au Royaume-Uni aussi

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Au moment même où éclatait en France l’affaire du professeur de Manosque, menacé de sanctions et déjà exposé au lynchage médiatique pour avoir organisé des débats sur l’avortement avec ses élèves de seconde, se préparait au Royaume-Uni une offensive similaire. Menée par les médias, comme de bien entendu.

C’est le Times Educational Supplement (TES) qui a mené l’enquête et « révélé » aux Britanniques que l’organisation pro-vie SPUC (Society for the Protection of Unborn Children), la plus ancienne et la plus importante des associations de ce style outre-Manche, intervient régulièrement dans des écoles secondaires à travers le pays dans le cadre de l’éducation religieuse et y montre des images de fœtus démembrés que le très prude TES se refuse à reproduire, de crainte de choquer son lectorat.

(Car promouvoir l’avortement, qui tue par centaines de milliers, c’est bien, mais montrer de quoi il s’agit exactement, c’est très, très mal.)

Interrogé par le magazine, SPUC a même déclaré au TES être de de plus en plus sollicité pour ce genre de présentations, ses interventions étant désormais « quasi quotidiennes ». Même le quotidien conservateur The Daily Telegraph en est tout indigné : dans son édition de samedi, il annonçait  que les « cours anti-avortement “choquent” les enfants dans les écoles ».

En fait d’enfants, il s’agit d’adolescents de 16 ou 17 ans, parfois de 14 et 15 ans, et SPUC souligne que les images en effet troublantes ne sont jamais montrées sans mise en garde, notamment aux professeurs.

Des associations d’enseignants et, bien sûr, le Planning familial se sont déjà mobilisés pour obtenir que SPUC soit chassé des écoles. « C’est une forme de propagande, assure John Lloyd, d’une association de professeurs. Nous ne sommes pas d’accord avec cette approche qui vise à choquer et horrifier. »

Ben non. Ça, on le garde pour la prévention routière, les dangers du tabac et les horreurs d’Auschwitz.

Julie Bentley, du Planning, va plus loin, parlant d’« endoctrinement ». « Le ton est tyrannique et intimidant, et il est inexact. Il s’agit totalement de choquer les jeunes », affirme-t-elle.

SPUC, interrogé par le Daily Telegraph, souligne au contraire que la plupart des jeunes entendent parler de l’avortement à l’école d’une manière lénifiante, qui occulte ses effets destructeurs sur les enfants à naître, leurs mères, aux professionnels de la médecine et à la société dans son ensemble, souvent lors d’interventions de « charités pour la santé sexuelle » (une « charity », au Royaume-Uni, est un organisme de bienfaisance à but non lucratif). Paul Tully, son secrétaire général, ajoute que les présentations de SPUC permettent aux élèves de comprendre les dimensions morales et médicales de l’avortement, précisant que les « images authentiques présentent les effets de l’avortement » sont montrées « si et seulement si les enseignants estiment que cela convient à leurs élèves ».

La British Humanist Association (BHA), association laïciste et antireligieuse, vient de publier un communiqué pour exiger que les « mythes et la propagande anti-avortement soient tenus hors des classes » et que les associations agréées pour dispenser une éducation sexuelle et relationnelle obligatoire soient soumis à une procédure d’agrément de la part de l’Etat. SPUC, déclare l’association, horrifiée, « est totalement déphasé par rapport à la majorité du public dont l’attitude à l’égard de l’avortement est libérale et progressiste ».

Chose qui, à voir la nervosité des « anti », risquerait de changer si les jeunes voyaient ce qu’est réellement un avortement…

Car enfin, aucun des détracteurs des programmes préparés par SPUC n’ose dire que ces photos, que ces images ne correspondent pas à la réalité de l’avortement. Comme dans le cas du professeur de Manosque, ils insistent sur le fait qu’elles sont choquantes et traumatisantes, ce qui est vrai, précisément parce qu’elles lèvent le voile sur une vérité que les « pro-avortement » veulent occulter à tout prix. L’endoctrinement est de leur côté…
La campagne contre SPUC s’inscrit dans le contexte inquiétant d’une nouvelle refonte de l’« éducation sexuelle » réclamée par un Livre Blanc sur l’Ecole publié jeudi. Celui-ci encense certains programmes déjà largement utilisés dans les écoles primaires et que les parents qualifient de « kiddie porn » (porno pour les petits) et approuve les parcours qui, dans le secondaire, enseignent aux adolescents comment obtenir un avortement sans le consentement de leurs parents.
Paul Tully souligne que ces programmes sont incapables de remplir leurs objectifs : à preuve, le fait que les taux d’avortement ne baissent pas, notamment chez les adolescentes. LifeNews souligne qu’au contraire, malgré des investissements colossaux pour améliorer et généraliser l’« éducation sexuelle » – 300 millions de livres – dont le gouvernement assurait qu’ils allaient permettre de diviser par deux le nombre de grossesses adolescentes, celles-ci sont en hausse constante. Et ce depuis 1999, date où le gouvernement avait la sa première « Stratégie grossesses adolescentes ».
On vient d’apprendre que les deux tiers de ces grossesses s’achèvent par un avortement.
Pour Ann Furedi, qui dirige le service britannique de Conseil pour la grossesse (British Pregnancy Advisory Service), c’est une bonne nouvelle :
« Le fait que les adolescentes se soient senties capables de mettre un terme à leur grossesse par l’avortement est en réalité un signe positif. »

Dans ce contexte, avertir les jeunes filles des conséquences néfastes de l’avortement et les mettre en face de sa réalité ne peut être vu que comme un crime majeur. Car les bébés ne sont plus une bonne nouvelle…

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