Lula a signé le 3e Programme des droits humains intégrant l’avortement

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Après quelques jours de flottement, où la presse brésilienne annonçait un recul du président Lula sur l’inscription de la dépénalisation de l’avortement dans le 3e Programme national des droits humains, condamné par l’Eglise et impopulaire dans ce pays majoritairement catholique, le texte continue son parcours en l’état sur cette question, en attendant d’être approuvé, ou non, par le Congrès.

Le conflit autour du 3e plan portait sur plusieurs chapitres, le principal étant l’établissement d’une commission nationale de la Vérité chargée d’enquêter sur des exactions de l’armée brésilienne qualifiées de « répression politique » des anneées 1964-1985. L’armée souhaitait le retrait de cette expression ; elle l’a obtenue mercredi.

Mais la modification du 3e plan qui vise des domaines tous azimuts s’est arrêtée là aux dernières nouvelles. Si la presse avait fait état, les jours précédents, de la marche arrière de Lula sur l’avortement, par volonté de ne pas contrarier l’Eglise catholique qui est à même de compromettre sérieusement la réélection du Président, il faut noter que cette concession n’était d’emblée pas très nette. L’idée était d’extraire la question du très symbolique plan des droits humains mais de la laisser à la compétence du gouvernement et du législateur, qui est d’ailleurs actuellement saisi de plusieurs projets d’assouplissement des conditions d’accès à l’avortement légal au Brésil.

Mercredi le décret qui prévoit la soumission du 3e Programme national des droits humains au Congrès national a été signé par Lula avec son chapitre sur l’avortement. Le même jour, selon Globo.com, Lula affirmait qu’il n’y avait aucune raison de modifier le Programme puisque l’Eglise connaît déjà sa position et qu’il connaît celle de l’Eglise depuis des années. « Il ne faut pas changer le décret parce que le président pense une chose et que la société en pense une autre », a-t-il affirmé selon le journal.

Lula affirme volontiers qu’il est contre l’avortement à titre personnel mais en prend la défense néanmoins en tant que président pour des raisons de « santé publique ». La dernière péripétie aura montré que c’est bien en ce sens que vont ses actes concrets.

© leblogdejeannesmits.

1 comment

  1. Une petite précision : l'année 2010 sera une année d'élection au Brésil. L'actuel Président Lula ne peut se représenter après deux mandats. La constitution brésilienne le lui interdit. Il a désigné pour lui succédé Mme Dilma Rousseff, membre du Parti des Travailleurs et actuel Ministra-chefe da Casa Civil, qui correspond à peu près au poste de premier ministre en France. Pour le moment, les sondages sont plutôt favorables à l'actuel gouverneur de São Paulo. Mais Lula parie sur sa popularité auprès des classes les pauvres pour faire élire Mme Rousseff.
    Enfin, il faut savoir qu'aujourd'hui, il y a près de 1 400 000 avortements par an au Brésil, dont 1 000 000 dans des cliniques privées (cf. les données de Mgr Shooyans : http://adveniat-regnum-tuum.blogspot.com/2009/09/le-discours-pour-la-vie-de-monseigneur.html).
    Comme pour la France, le Président Lula reprend les arguments sur la préservation de la santé des femmes pour faire passer la dépénalisation de l'avortement, sans volonté de promouvoir une authentique politique de la Vie.

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