Référendum sur l’avortement au Portugal.

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Anibal Cavaco Silva, président libéral de la République portugaise, vient de fixer au 11 février la date du référendum sur l’avortement. Il avait le choix de ne pas donner suite à la demande du Parlement, validée par le tribunal constitutionnel portugais ; mais il s’était engagé avant son entrée en fonctions à toujours respecter les demandes de référendum régulièrement formulées et approuvées. C’est une première concession au relativisme : le respect de la vie humaine, précisément, ne se discute pas, n’est pas une question que l’on peut soumettre au vote majoritaire.

Dans son communiqué, Cavaco Silva ajoute cependant que le “débat sur une question de cette importance se déroule dans la plus grande sérénité et la plus grande élévation” ; qu’il soit “sérieux, informatif et éclairant” et qu’il “ne se prolonge pas au-delà d’un délai raisonnable”. Il cherche, laisse-t-il entendre, à mettre un terme au débat qui ne s’était pas clos avec le premier référendum de 1998 qui, tout en consacrant la victoire du “non”, n’était pas définitif faute d’une participation suffisante. Il attire également l’attention sur les “profondes implications sur le plan éthique” de ce débat et estime qu’elles constituent une “raison suffisante” pour que les Portugais soient de nouveau entendus.

Rien de tout cela n’est très clair, il faut bien le dire. Et même si le non l’emporte, le mal est déjà fait, puisque la majorité socialiste a fait dépénaliser l’avortement pendant les douzes premières semaines par voie parlementaire, en cas de danger pour la mère, ce qui à travers l’interprétation du danger “psychique” constitue déjà une légalisation.

La campagne se déroulera donc sur le thème du “droit” à l’avortement sans autre condition que celle du délai. Celle du “non” démarre vraiment, appuyée sur les prises de positions sans équivoque de l’épiscopat portugais.

Elle s’achèvera par le vote qui aura lieu le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, et à deux jours de la date anniversaire de Soeur Lucie de Fatima (morte le 13 février 2005), tandis que l’on fête les bienheureux Jacinta et Francisco le 20 février, jour du décès de la petite voyante. Par les temps qui courent, leur intercession ne sera pas de trop pour obtenir un résultat favorable à la vie…

Source : ici.

3 comments

  1. Intéressante question (mais s’agit-il d’Hannibal, qui marcha sur Rome, ou d’Hannibal Lecter ?). Là, vous posez en quelque sorte la question de la peine de mort. Peine de mort préventive, en l’occurrence, quoique totalement laissée au hasard : comment savoir si celui que vous supprimez est un monstre ou un saint ?

    Quant à la peine de mort pour les monstres avérés, êtes-vous pour ? (Remarquez, elle n’est pas l’objet de ce blog…)

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