Un avortoir de Séville attaqué par douze personnes armées de bougies

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Regardez bien cette photo. On y voit près de douze personnes brandissant des objets dangereux. Par terre, un feu brûle, épelant le mot « vie ». La scène se passe à Séville, jeudi soir. Franchement, elle fait peur. La violence contenue des protagonistes laisse craindre les pires débordements. D’ailleurs la presse locale ne s’y est pas trompée, qui a relaté l’événement sous ce titre parlant :
« Douze personnes armées de bougies attaquent la clinique Triana. »
Il s’agit d’une douzaine de militants pro-vie, de HazteOir et de Derecho a Vivir (Droit de vivre) qui tous les mois, vont prier devant cet avortoir de Séville.
Il est vrai que devant leurs airs patibulaires, les professionnels de l’assassinat des tout-petits dans le ventre de leurs mères ont paniqué, appelant la police pour venir constater qu’il y avait un inquiétant rassemblement devant la porte de la Clinica Triana depuis 20 h du soir en ce jeudi 25 novembre. Les véhicules de police sont arrivés. 6 policiers en descendent pour s’engouffrer par la porte de l’établissment. Deux d’entre eux ressortent – raconte HazteOir – pour demander aux manifestants s’ils ont injurié des passants. Et puis : « Avez-vous menacé quiconque ou avez-vous eu une attitude violente ? »
Rompus au nécessités de la dialectique, les 12 choisissent de dire vrai. « Non », répondent-ils.
Les policiers, satisfaits par cette négation, retournent à l’intérieur.
Et pour finir, pendant que les collègues partent vers d’autres aventures plus risquées, deux d’entre eux se postent aux côtés des manifestants en leur expliquant que les gens de la clinique voulaient que le groupe parte : « Mais nous, nous pensons que vous ne troublez pas l’ordre public et ainsi donc, nous allons rester  ici tous ensemble », ont dit les deux représentants des forces de l’ordre.
Ils ont juste demandé leur identité à quatre des manifestants pour pouvoir trouver un responsable si jamais quelqu’un devait glisser sur la cire des bougies tombée par terre. Les manifestants se tordent de rire : « Eh bien, s’il faut identifier à Séville chaque Nazaréen qui laisse tomber de la cire par terre, il va nous en manquer, de la police, pendant la Semaine Sainte ! »
Et ils ne regrettent pas d’être venus, et venus, et revenus : 
« La conclusion est claire : nous gênons, nous rendons les avorteurs nerveux et ils ne veulent pas de nous près de leurs entreprises, et donc nous continuerons de plus belle. »

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