Une histoire très contemporaine : « alerte aux grossesses » au Royaume-Uni

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Un grand nombre de journaux de différents pays anglophones rendent compte actuellement de plaintes de femmes qui sont tombées enceintes alors même qu’elles s’étaient fait implanter un contraceptif de longue durée, l’Implanon. Du côté des laboratoires qui fabriquent le dispositif censé fonctionner pendant 3 ans on minimise l’information, assurant qu’avec 99 % d’efficacité il reste bien plus fiable que la pilule hormonale (92 % des utilisatrices « protégées » d’une grossesse pendant un an) mais que le nombre croissant de femmes choisissant l’implant sous-cutané explique un nombre plus important de « ratés ».

Au point qu’

Au fond tout cela est tristement sordide. 600 grossesses au Royaume-Uni, plus de 400 en Australie, des cicatrices disgracieuses pour cause de mauvaise implantation, 200.000 livres de compensation promis par les services de santé nationaux britanniques à sept femmes particulièrement « lésées »… Je pourrais aligner encore davantage de ces faits mais une histoire vécue en Angleterre en dira bien plus long.

Tout commence en 2008 pour Sarah, mariée, deux garçons dont le dernier n’avait que 8 mois. Sarah ne veut pas d’autre bébé et va se faire poser un implant en juillet 2006. En février de l’année suivante, elle se découvre enceinte de trois mois. C’est la surprise, la consternation : Sarah ne parvient pas à arrêter de pleurer. « Nous n’étions pas préparés à ça ; le système m’avait lâchée », raconte-t-elle.

Malgré ses trois mois de grossesse, Sarah décidera avec son mari de faire mettre un terme à la petite vie qu’elle porte : « C’était une décision difficile à prendre, une décision vraiment difficile… »

Et c’est là, une fois le « traumatisme » de l’« IVG » passé, que commencèrent les vrais problèmes. Insomnies, pleurs, cauchemars se succédaient. « Je n’arrêtais pas de me précipiter dans la chambre des enfants pour voir s’ils allaient bien », raconte aujourd’hui Sarah. (Comment pouvaient-ils aller bien ? Ils venaient de perdre leur petit frère ou de leur petite sœur par une décision de leurs propres parents…)

A partir de ce moment-là, la jeune femme n’a plus fait confiance à aucun moyen contraceptif ; elle s’est éloignée peu à peu de son mari, le couple s’est distendu jusqu’à éclater en 2009. Et Sarah est aujourd’hui seule avec ses deux garçons, et assure avoir perdu son caractère vivace et extraverti. Elle a aussi repris ses études. En puériculture…

C’est un cas typique de ce qu’amène avec soi la contraception, et plus encore la mentalité contraceptive. refus de la vie, barrière dressée entre les époux qui ne peuvent plus se donner sans réserve, volonté de tout maîtriser et tout planifier, absence de soutien pour la femme fatiguée par des grossesses précdédentes parce que de toute façon, on a la solution facile d’éliminer l’enfant qui est venu malgré les précautions. Et puis l’avortement – car c’est bien l’avortement, et non l’échec de l’Implanon, qui a provoqué le traumatisme, la tristesse et même le total changement de caractère de la maman qui pleure son enfant sans le savoir.

Il est beau, leur droit de choisir !

© leblogdejeannesmits.

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