Vers la contraception masculine… Les tests ont commencé !

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Quatre-vingts couples britanniques de Manchester et Edimbourg viennent de démarrer leur participation à une évaluation médicale sur deux ans d’un contraceptif masculin : une piqûre à faire faire tous les deux mois chez le généraliste dont l’efficacité serait comparable à celle de la pilule. On envisage une mise sur le marché d’ici à cinq ans.

La piqûre hormonale contient du testostérone (hormone mâle) et du progestérone de synthèse (hormone féminine) dont l’arrivée dans le corps conduit le cerveau des hommes à ne plus déclencher la fabrication de spermatozoïdes, en induisant une diminution des autres hormones responsables de leur production et de leur maturation. Les médecins annoncent une efficacité à 99 % et pensent (!) que la production de spermatozoïdes devraient rapidement revenir à un niveau normal après arrêt du « traitement ».

La presse anglophone souligne en passant que ce nouveau contraceptif est très attendu par les femmes qui s’inquiètent des effets pervers de la pilule : cancer du sein et formation de caillots de sang entraînant un risque de mort par thrombo-embolie. Ce serait donc enfin au tour des hommes de vivre les inconvénients de la contraception.

Destinée aux couples stables (la piqûre n’apporte aucune protection contre les maladies sexuellement transmissibles) cette contraception masculine comporte un autre risque, assure la presse d’outre-Manche : celle de laisser toute la responsabilité à l’homme, la femme en étant réduite à lui faire confiance : ira-t-il vraiment se faire piquer tous les deux mois par son généraliste alors que ce n’est pas lui qui risque la grossesse ? Et ensuite, ne court-on pas le risque de voir des femmes agir en justice contre un partenaire qui n’aurait pas fait le nécessaire pour éviter une grossesse ?

 Les promoteurs du projet assurent que la plupart des femmes à qui ils l’ont présenté se sont montrées enthousiastes, déclarant que si l’on partage tout avec un homme, du lit au compte en banque, il est normal de partager la contraception aussi. (On partage tout, oui – sauf la fécondité…)

Parmi les effets secondaires annoncés, outre la mise hors service d’un processus naturel parfaitement sain et normal, on évoque des bouffées de chaleur, des sautes d’humeur et de l’acné.

On en rigole d’avance.

Pour la petite histoire, on peut citer l’excellente conférence de Janet Smith sur la contraception (voir ici en langue anglaise) où elle rappelle le constat d’Ellen Grant dans Amère pilule : les premiers tests de pilules contraceptives ont été faits précisément sur des pilules pour hommes. Le premier test révéla une petite dimintion de la taille d’un testicule chez un des hommes participant à l’étude. On arrêta les recherches sur-le-champ. Parmi les premières femmes testant des pilules contraceptives, trois sont mortes lors de l’étude. On se contenta d’ajuster le dosage… Et des femmes meurent encore.

© leblogdejeannesmits.

4 comments

  1. Greg

    Je dois avouer que le sujet m'intéresse aussi. Mon amie ne supportant pas la pillule et personellement supportant assez mal le préservatif, ceci représente une alternative formidable.
    Je suis de toute façon un fervent défenseur de la contraception masculine et je trouve que la recherche à ce sujet devrait être prise plus au sérieux et développée au plus vite.

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