2012-85. Le 8 décembre, illuminons nos fenêtres en l’honneur de Notre-Dame!

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2012-85. Le 8 décembre, illuminons nos fenêtres en l'honneur de Notre-Dame! dans Chronique de Lully dsc07381copie.vignette

Je voudrais aujourd’hui lancer un appel, et je souhaite ardemment qu’il soit relayé le plus possible auprès de tous ceux qui aiment Notre-Dame, de tous ceux qui entretiennent pour elle une tendre dévotion filiale : vous qui me lisez, si vous êtes sensibles à ce que je vais écrire, ne vous contentez pas de me lire mais – dans la mesure de vos possibilités – faites-le suivre d’une mise en pratique, et invitez très largement vos parents, vos amis, vos connaissances, à faire de même…

De quoi donc s’agit-il?

Depuis l’année 1852, la ville de Lyon – fière de l’antiquité de sa dévotion envers la Très Sainte Mère de Dieu, dont elle fêtait déjà la conception immaculée au XIIe siècle – , s’illumine tous les 8 décembre à la tombée de la nuit pour magnifier Marie.
Dans leurs petits verres de diverses couleurs disposés sur les appuis de fenêtres, les flammes tremblantes d’une multitude de lumignons et de bougies, chantent une silencieuse hymne d’action de grâces et d’amour pour celle qui – pleine de grâce, κεχαριτωμένη – a été choisie pour faire entrer dans le monde la Lumière du Salut (un historique plus détaillé peut être lu ici > www)

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La tradition lyonnaise ne s’est pas cantonnée à la seule ville de Lyon, elle s’est progressivement étendue aux villes et villages du diocèse, a débordé sur certaines provinces avoisinantes, a été adoptée dans un certain nombre de paroisses ou d’établissements religieux à travers toute la France.
On ne peut que s’en réjouir!

A Lyon même, l’archevêché et les paroisses, les différents mouvements et communautés religieuses, sont largement mobilisés pour faire du 8 décembre une journée particulière de ferveur et d’hommage clairement affirmé envers la Protectrice séculaire de la cité, Notre-Dame de Fourvière.
C’est aussi, pour les autorités religieuses, une occasion particulièrement propice à un témoignage de foi : de là une dynamique missionnaire et des initiatives « pour que ce bonheur de la foi que vous avez vous aussi reçu soit partagé avec tous ceux qui viendront nous rencontrer! » (Mgr Jean-Pierre Batut, évêque auxiliaire de Lyon – lire l’intégralité de son message ici > www).
De cela aussi on ne peut que se réjouir.

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Le site officiel de l’archidiocèse de Lyon donne un assez bon résumé des querelles et des luttes – luttes physiques parfois – auxquelles la fête du 8 décembre donna lieu dans les agitations des années 1879 à 1914, marquées par la montée de l’anticléricalisme et d’un laïcisme volontiers hargneux (lire ici > www).
On trouve dans ce même aperçu historique la mention de l’ « affadissement de la fête du 8 décembre dans le contexte de crise qui suivit le concile Vatican II, marqué par une certaine contestation de la part d’une partie du clergé, et le refus de pratiques jugées archaïques » (sic). 

Le site diocésain continue :
« Le vrai changement se produisit dans les années 1990 : la Ville s’appropria la fête en l’intégrant au Plan Lumière et à la volonté de développer le tourisme à Lyon. L’aspect commercial prit alors le dessus. L’Église parut à l’écart de ce mouvement, au point qu’il n’y avait guère de concertation entre le diocèse et les services de la municipalité pour le choix des illuminations des façades des églises. En 2002, le spectacle lumineux montrait un défilé de délicieux petits canards sur la façade de la cathédrale, c’était charmant mais peu respectueux du caractère sacré du lieu. Pourtant, peu à peu, à partir de 2000 surtout, on put assister à une revitalisation de la fête religieuse sous l’impulsion de la fête profane, en prenant appui sur l’afflux des Lyonnais et des touristes : l’opportunité missionnaire était évidente (…). Une collaboration se mit en place entre l’Archevêché et la Ville pour mieux adapter les spectacles lumineux au caractère particulier des édifices de culte (…). Des affiches rappelant l’importance de la dimension religieuse de la fête sont visibles en ville, et des dépliants sont largement distribués, avec une forte mobilisation notamment des services de la Pastorale du Tourisme et de la Pastorale des Jeunes. »

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Au sommet du clocher de Fourvière, la Vierge dorée tournée vers la ville
 son inauguration est à l’origine des illuminations du 8 décembre

Ceci en effet ne peut nous laisser ignorer les tentatives récurrentes pour laïciser la fête du 8 décembre et pour ensevelir la tradition religieuse et la ferveur catholique sous une accumulation d’aspects profanes…
Si l’on n’assiste plus aux affrontements verbaux et physiques de la fin du XIXe siècle, on peut toutefois entendre régulièrement des interventions provenant des sphères de la « libre pensée » s’indigner et critiquer avec virulence les manifestations publiques de foi et de piété mariale dont le 8 décembre est l’occasion.
Le Grand Orient de France promeut la « Journée de la laïcité » à la date du 9 décembre (cf. > www) parce que le 9 décembre est le jour anniversaire de l’adoption de la loi dite de séparation des Eglises et de l’Etat, en 1905. 

Dans la terminologie utilisée, les illuminations du 8 décembre sont devenues d’abord « la fête de la lumière », puis aujourd’hui « la fête des lumières », cette dernière étant célébrée du 6 au 9 décembre… le 9 décembre justement!!!
De quelles « lumières » s’agit-il alors? Celles de la « philosophie des lumières », celles du « siècle des lumières »? Ces « lumières » qui provoquèrent l’une des plus violentes persécutions religieuses que la France a jamais connue, ces « lumières » qui déclenchèrent un tel déferlement de vandalisme et de sacrilèges?…

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Selon un aphorisme attribué à Lao-Tseu que feu Monsieur Yves Gire (de l’association Una Voce > www) aimait souvent citer, je suis convaincu qu’ « il vaut mieux allumer une bougie plutôt que maudire les ténèbres ».
Voilà pourquoi, ainsi que je le disais en commençant, je voudrais lancer un appel : appel à tous ceux qui aiment Notre-Dame et qui souhaitent le triomphe de son coeur douloureux et immaculé sur toutes les forces du mal, pour que, partout où ils se trouvent, le 8 décembre à la tombée de la nuit, ils allument eux aussi au moins une bougie à leur fenêtre, ou mieux – s’ils le peuvent – qu’ils suivent l’exemple des catholiques lyonnais et illuminent leurs appuis de fenêtres avec des lumignons symboles de leur foi, de leur espérance et de leur charité…

Nous sommes à une heure de l’humanité où la nuit s’épaissit, où les forces des ténèbres cherchent à étendre leur empire : « il vaut mieux allumer une bougie plutôt que de maudire les ténèbres! »
Nous sommes à un tournant de société et de civilisation qui peut laisser l’impression que la noirceur du mal va l’emporter sur la Lumière : « il vaut mieux allumer une bougie plutôt que de maudire les ténèbres! »
Que ces petites flammes soient les témoins de la vitalité et de la ferveur de notre attachement à Jésus par Marie ; que ces petites flammes soient les signes de notre engagement spirituel contre les forces du mal ; que ces petites flammes soient la protestation de notre amour contre les atteintes aux droits de Dieu sur la cité des hommes ; qu’à chacune de ces petites flammes surtout corresponde en réalité dans nos coeurs une prière : « Mon Dieu, que votre Nom soit glorifié sur la terre comme il est glorifié dans le Ciel, que votre Règne arrive sur la terre comme il est établi dans le Ciel, que votre Volonté soit faite sur la terre comme elle est accomplie dans le Ciel! » 

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« O toi qui te sens, loin de la terre ferme, emporté sur les flots de ce monde au milieu des orages et des tempêtes, ne quitte pas des yeux la lumière de cet astre si tu ne veux pas sombrer.
Si les vents des tentations s’élèvent, si tu viens heurter les rochers des tribulations, regarde l’étoile, invoque Marie.
Si tu es ballotté par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la trahison, de la jalousie, regarde l’étoile, invoque Marie.
Si la colère ou l’avarie ou les désirs impurs secouent la petite barque de ton âme, regarde Marie.
Si, troublé par l’énormité de tes crimes, confondu par la malpropreté de ta conscience, glacé d’effroi à la pensée du jugement, tu commences à être englouti par le gouffre de la tristesse, par l’abîme du désespoir, pense à Marie.
Dans les périls, dans les angoisses, dans le doute, pense à Marie, invoque Marie.
Qu’elle ne s’éloigne pas de ta bouche, qu’elle ne s’éloigne pas de ton cœur et, pour obtenir le secours de sa prière, ne néglige pas l’exemple de sa vie… » 

Nous repenserons à ces célèbres paroles de Saint Bernard en allumant sur le rebord de nos fenêtres de minuscules étoiles qui feront écho aux étoiles du ciel : Ave, maris Stella!

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Neuvaine préparatoire à la fête de l’Immaculée Conception > www

Un aperçu des illuminations du Mesnil-Marie
lors de précédentes fêtes du 8 décembre :

ici > www, ou ici > www, ici > www et encore ici > www

Le blogue du Mesnil-Marie

1 comment

  1. AlegreViajero

    Merveilleuse initiative !

    Ce n’est pas sans me rappeler comment on se prépare ailleurs pour cette belle fête de l’Immaculée Conception. Voici un extrait de mon Journal de voyage. C’était en 2006, au Guatemala…

    On brûle le diable !
    Toujours en ce 7 décembre, en la veille de la fête de l’Immaculée Conception, je suis de retour à Antigua pour assister à une autre tradition des plus singulières. Toutes les familles font le ménage ! Mais pourquoi aujourd’hui ? Il est tout à fait normal de faire le ménage tous les jours de l’année… Mais en cette veille de l’Immaculée Conception c’est une occasion qui a une signification particulière. Chaque foyer doit apporter sur la place publique un peu de ses ordures, mousse ou poussière ramassés dans un coin de sa maison. Ce soir, à la sortie de la ville, on se réunira après le coucher du soleil pour brûler une effigie de Satan avec toutes ces saletés qui représentent le mal de sa maison et de sa vie.
    C’est une façon de démontrer publiquement d’une part, combien est importante la fête de l’Immaculée Conception de demain et, d’autre part, c’est aussi une préparation importante pour la fête de Noël qui approche à grands pas. J’ai parfois un peu de difficulté à croire que je ne rêve pas…

    La Posada
    La préparation de Noël ne s’arrête pas là… À partir du 15, on assiste à une autre série d’événements aussi étonnants que difficiles à dépeindre tellement le pittoresque est surprenant. Plusieurs paroisses d’Antigua, vont cheminer avec Joseph et Marie, sur le chemin de Bethléem. Chacune des paroisses a tracé son propre itinéraire : neuf maisons différentes, neuf nuits de suite, offriront le repos d’un soir au Saint Couple en route vers « Belén » ; tous les soirs, chacun des cortèges, lampions et cierges à la main, cheminera en chantant d’une maison à la suivante. Pour toute musique des enfants frappent de façon rythmée sur des carapaces de tortue. Cette procession, neuf soirs consécutifs s’appelle « La Posada » : littéralement, l’Auberge. Il faut voir et entendre le spectacle de ces petits cortèges nocturnes, déambulant un peu partout à travers la ville, se croiser ici et là… C’est plus beau qu’un conte de Noël…
    Chacune des maisons désignées aura aménagé un petit reposoir, illustrant un moment précieux de la vie de Joseph et Marie ; à l’arrivée, le rituel est le même à chaque soir : de l’extérieur on entonne un chant de supplication pour demander le gîte pour la nuit ; de l’intérieur le répons est d’abord un refus… Mais on cèdera finalement à la supplique… Tout simplement charmant.
    À l’intérieur, on se regroupe autour de Marie et Joseph pour prier le chapelet ; puis les hôtes offriront à boire le traditionnel « ponche » aux fruits et des petits pains aux visiteurs avant de les remercier pour la nuit, en se donnant rendez-vous pour le lendemain. C’est une neuvaine des plus pittoresques et un pèlerinage chargé d’émotion qui illustre très bien ce que fut le voyage de Joseph et Marie, de la Maison de Nazareth à la Grotte de Bethléem. Puis, nous voilà déjà rendu au dernier soir, le 23… Quel extraordinaire cheminement vers Noël !
    Le 24 à minuit, c’est la « Misa del Gallo » (littéralement, la « Messe du Coq », à cause de l’heure matinale à laquelle elle se célébrait jadis), ou la « Nochebuena ». C’est là, devant la crèche, où on a installé tous les personnages de la Posada, que se termine cette longue marche de Noël. Le 25 est un jour de repos et de paix dans la plus simple sobriété… Hormis les touristes !
    Voilà ce qu’est la belle fête de Noël en pays latinos. Feliz Navidad a todos !

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