Homélie – Job – Face à la désolation spirituelle, frapper à la porte du Seigneur

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Homélie du pape François sur les malheurs de Job, 27 février 2016

«Job était dans une mauvaise passe : il avait tout perdu». Le Pape François a développé son homélie en revenant sur la première lecture, qui nous montre Job dépouillé de tous ses biens, jusqu’à ses enfants. Il se sent désormais perdu, mais ne maudit pas le Seigneur.

Tous, un jour ou l’autre, nous vivons une grande désolation spirituelle

Job vit une grande «désolation spirituelle» et se lâche devant Dieu. C’est le relâchement d’un «enfant devant le père». C’est ce qui fait aussi le prophète Jérémie qui se relâche avec le Seigneur, mais jamais ils ne blasphèment : «La désolation spirituelle est une chose qui nous arrive à nous aussi, a rappelé le Pape François : elle peut être plus forte, plus faible… Mais, cet état de l’âme obscure, sans espérance, défiante, sans volonté de vivre, sans voir la fin du tunnel, avec tant d’agitations dans le cœur et aussi dans les idées… La désolation spirituelle nous fait sentir comme si nous avions l’âme écrasée : on n’y arrive pas, on n’y arrive pas, et aussi on ne veut pas vivre : “Plutôt mourir”. C’est ce que Job laisse entendre : “Plutôt mourir que vivre comme ça”. Nous, nous devons comprendre quand notre esprit est dans cet état de grande tristesse, qu’il n’y a presque plus de respiration : cela nous arrive tous. Plus ou moins fortement… à nous tous. Comprendre ce qui se passe dans notre cœur.»  

Ceci, a-t-il souligné, est «la question que nous pouvons nous faire : “qu’est-ce qu’on doit faire quand nous vivons ces moments obscurs, pour une tragédie familiale, une maladie, quelque chose qui m’abaisse?” » Certains pensent à«prendre une pastille pour dormir» et pour «s’éloigner des faits», d’autres à«prendre deux, trois, quatre verres»… Ceci, a-t-il dénoncé, «n’aide pas». La liturgie d’aujourd’hui, en revanche, «nous fait voir comment faire avec cette désolation spirituelle, quand nous sommes tièdes, en dessous, sans espérance.»

Quand nous nous sentons perdus, prier Dieu avec insistance

Dans le psaume responsorial, le Psaume 87, il y a la réponse : «Que ma prière parvienne jusqu’à Toi, Seigneur». Il faut prier, a martelé le Pape, prier fortement, comme l’a fait Job : crier jour et nuit afin que Dieu tende l’oreille :

«C’est une prière de frapper à la porte, mais avec force ! “Seigneur, je suis rassasié de malheurs. Ma vie est au bord des enfers. Je compte parmi ceux qui descendent dans la fosse, je suis comme un homme désormais sans force.” Tant de fois, nous nous sentons comme cela, sans force… Le Seigneur lui-même nous enseigne comment prier dans ces mauvais moments : “Seigneur, tu m’as jeté dans la fosse la plus profonde, Ta fureur pèse sur moi. Que ma prière arrive jusqu’à Toi.” Ceci est la prière : nous devons prier ainsi dans les moments les plus mauvais, les plus obscurs, quand il y a le plus de désolation, les moments les plus écrasants… », a insisté le Pape.

Le Livre de Job parle ensuite du silence des amis. Face à une personne qui souffre, a souligné le Pape, «les mots peuvent faire mal». Ce qui compte, c’est d’être proche, de faire sentir la proximité, «mais pas de faire des discours».

Silence, présence et prière, ainsi on aide vraiment celui qui souffre

«Quand une personne souffre, quand une personne est dans la désolation spirituelle, a-t-il repris, on doit parler le moins possible et on doit aider avec le silence, la proximité, les caresses, la prière devant le Père.»

«D’abord, en reconnaissant en nous les moments de la désolation spirituelle, quand nous sommes dans l’obscurité, sans espérance, et nous demander pourquoi. Deuxièmement, en priant le Seigneur comme aujourd’hui la liturgie, avec ce Psaume 87, nous enseigne à prier, dans les moments sombres. “Que ma prière arrive jusqu’à Toi, Seigneur.” Et troisièmement, quand moi je me rapproche d’une personne qui souffre, que ce soit de maladie, d’une souffrance quelconque, mais qui est justement dans la désolation : le silence. Mais le silence avec beaucoup d’amour, de proximité, de caresses. Et ne pas faire des discours qui à la fin n’aident pas, et même, lui font du mal.»

 

 

Source Radio Vatican