La façon de traiter l'embryon montre le degré de civilisation

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Voici un extrait de l‘homélie prononcée par le Cardinal André Vingt-Trois au Sacré Cœur lors la veillée pour la vie naissante :

Selon la prophétie du livre de la Genèse, la lutte entre la descendance du serpent et la descendance de la femme se poursuit tout au long de l’histoire de l’humanité et marque chaque génération humaine. Dans l’ordre naturel des choses, nous savons que la lutte de la vie et de la mort, de la mort contre la vie et de la vie contre la mort, est incontournable et que son issue est jusqu’à un certain point connue : le plus fort, le plus puissant ou le plus rusé, celui qui veut dominer l’autre l’emporte. Mais s’il en est ainsi pour tous les êtres vivants, il en est pourtant un qui échappe à la fatalité de cette sélection naturelle par la force et la puissance. Ce vivant, c’est l’être humain. Car pour les hommes et les femmes que Dieu a créés à son image, la ruse et la puissance ne sont pas les critères ultimes qui guident l’existence. A la différence de tous les animaux qui sont conduits par leur instinct, par leur désir, par leur réflexe de défense et par leur volonté d’éliminer les concurrents, l’homme est capable de maitriser la force et de respecter le droit. […]

La façon dont une société traite le petit enfant qui en cours de gestation, que l’on appelle l’embryon, va devenir un signe du degré de civilisation auquel elle est arrivée. Parmi les êtres humains, l’embryon est celui qui a le moins de défense de force ou de moyen de s’imposer. La façon de le respecter, de le protéger et de lui permettre de se développer va donc symboliser l’humanité d’une société ou bien marquer sa régression vers la troupe animale.

[…] Nous sommes invités à prier pour les enfants que l’irresponsabilité des hommes et des femmes condamne à ne jamais voir le jour, pour ceux que l’irresponsabilité des hommes et des femmes accueille avec réserve et gène, et pour ceux qui ne trouvent pas à leur entrée dans ce monde le geste, la parole, le sourire d’amour qui peut leur permettre d’entrer dans le combat de la vie. Nous prions pour toutes les femmes pour qui la maternité n’est pas une bénédiction, pour celles qui sont acculées aux décisions irrémédiables, pour celles qui sont abandonnées, sans soutien.