Marche pour la vie : Mgr Ricard met de l'eau dans son vin

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Mgr Jean-Pierre Ricard présidait mercredi soir une veillée de prière « pour la vie » à la cathédrale Saint-André de Bordeaux. Il déclare au journal Sud-Ouest :

 

L’Église se doit de développer et de défendre la vie de l’homme si elle est en danger. Elle est en danger si des populations sont sous-alimentées, si elles n’ont pas les moyens
de se soigner, mais aussi si un enfant handicapé est refusé ou si la vie d’une personne mourante est précipitée. Je pense qu’il ne faut pas sélectionner les causes en fonction de
leurs caractère politique. Il n’y a pas une cause de droite ou de gauche, elles relèvent toutes du même combat. J’ai souhaité inviter les catholiques de Gironde à une veillée de prière pour
réfléchir à ces questions. Moi, je n’invite pas à la marche de samedi, mais à une veillée. Les deux choses sont distinctes.

 

Ce n’est quand même pas par hasard que cette veillée tombe à trois jours de la marche…

 

La date a d’abord été choisie en fonction de la Fête des mères. Ceci dit, c’est vrai que nous avons à Bordeaux la programmation de cette marche. Les catholiques seront libres d’y aller ou
pas. Je n’ai pas à le leur interdire. Je veux faire la distinction entre le domaine des convictions et celui des moyens pratiques pour les défendre
.

 

La veillée peut-elle aborder la question de l’avortement ?

 

Il n’y a pas de raison d’évacuer ce thème. Il y aura certainement des thèmes communs entre la marche et la veillée, d’autres pas. Au moment de la révision actuelle des lois sur
la bioéthique, j’ai trouvé que c’était une bonne chose que les catholiques se situent dans le débat. À titre personnel, je préfère le débat à la manifestation. Mais ceci
dit, alors que l’on parle de tolérance, où on ne peut pas risquer une critique de la gay pride, je trouve étonnant que l’on considère des familles qui donnent leur point de vue comme des
provocateurs.

 

Que ce soit voulu ou non, ce type de manifestation attire aussi, même s’ils ne représentent pas tout le monde, des franges radicales à la fois politiques et religieuses, particulièrement
actives sur Bordeaux…

 

Il faut être vigilant contre toute récupération politique. Mais ce n’est pas parce qu’il y a un risque qu’il faut se paralyser pour autant. Quand je défendais les sans-papiers,
on a voulu me faire taire parce que je servais les intérêts de l’extrême gauche. Il y a des causes qu’il faut défendre au risque d’une récupération politique. Il ne faut pas être naïf, mais il ne
faut pas majorer le danger non plus.

 

Certains estiment néanmoins qu’en ce moment, l’église fait tout pour se rapprocher de ses éléments plus radicaux…

 

Je ne partage pas ce point de vue. Je fais la distinction entre les causes et ceux qui cherchent à s’en servir pour leurs intérêts. Jean-Paul II et Benoit XVI ont eux-mêmes su s’engager dans la
défense de l’homme en restant en dehors de tout ce qui peut se ramener à une stratégie politique.

 

Êtes-vous favorable à l’abrogation de la loi Veil ?

 

Des questions se posent, il y a des réflexions à mener, mais je ne crois pas au retour en arrière.”