Les supérieures américaines réticentes devant la visite apostolique

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En règle générale, une visite apostolique doit être discrète, d’une part pour être efficace, d’autre part pour
respecter les personnes visitées.

J’ai donc été surpris de voir la dernière visite apostolique diligentée par Rome dans les congrégations religieuses féminines apostoliques aux Etats-Unis faire l’objet d’un communiqué de presse de
la Leaderhip Conference of Women Religious (LCWR, conférence des supérieures de congrégations, qui réunit quelque 800 supérieures d’ordres religieux, et qui est actuellement présidée par Mère Mary
Clare Millea, supérieure générale des Apôtres du Sacré-Coeur de Jésus). Et plus surpris encore de voir la teneur du communiqué de presse.

De quoi s’agit-il? La congrégation pour la doctrine de la foi a décidé une visite apostolique, confiée à Mgr Blair, évêque de Toledo (Ohio), pour examiner certaines positions doctrinales de la
LCWR, en particulier sur la réception de la lettre Ordinatio sacerdotalis de Jean-Paul II (lettre qui rappelait la doctrine traditionnelle catholique sur l’impossibilité d’ordonner des femmes au
sacerdoce) ou la réception de Dominus Jesus (document rappelant la doctrine traditionnelle sur la médiation unique du Christ et de l’Eglise pour le salut des hommes)…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la congrégation pour la doctrine de la foi est bien dans son rôle en organisant ce type de visite apostolique.

Eh bien! La LCWR, dans son communiqué de presse, se plaint du manque de transparence sur les motivations et les sources de cette enquête. Il me semble pourtant assez simple de répondre: il est de
notoriété publique que plusieurs religieuses théologiennes américaines ont énoncé des thèses théologiques pour le moins “problématiques”, notamment sur la question du sacerdoce féminin et l’usage
du langage inclusif – devenu quasi obligatoire! – dans le discours théologique. Quoi de plus normal que Rome cherche à évaluer la diffusion de telles thèses?

Mais, si la LCWR y voit un problème, c’est peut-être que ces thèses connaissent une diffusion bien plus large que les petits cercles académiques de la théologie féministe!…