La solution “miracle” de l’abbé Ringlet pour sortir de la crise pédophile

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L’abbé Ringlet, vice-recteur émérite de l’Université catholique de Louvain, a été interrogé le 26 janvier par la Commission spéciale relative « au traitement d’abus sexuels et de faits de pédophilie dans une relation d’autorité, en particulier au sein de l’Église ».
En qualité d’expert, paraît-il. Mais hélas, nous ne saurons pour quelle “expertise”, l’illustre personnage était interrogé…
Avec le sens un peu “original” de la fidélité au magistère et à la Tradition de l’Eglise qu’on lui connaît – et bien que le lieu soit particulièrement mal indiqué pour ces élucubrations théologiques –, l’abbé Ringlet a, selon nos confrères de Belgicatho,

“notamment plaidé devant les représentants de la nation pour une révision de la catégorie du sacré. Pour lui, le prêtre doit devenir « profane d’une certaine manière » : ainsi disparaîtra la circonstance aggravante qui discrimine les ecclésiastiques abuseurs sexuels par rapport aux parents et aux professeurs coupables des mêmes faits. Il fallait y penser.”

Pour ma part, je trouve l’abbé Ringlet étrangement “timide”. A sa place, j’aurais “plaidé” pour la disparition pure et simple du sacerdoce. Ce serait plus “efficace” pour sortir de la crise des clercs prédateurs sexuels, non?

19 comments

  1. Yves

    La disparition «pure et simple» du sacerdoce, c’est ce qui était en voie de se produire chez-nous au Québec sous le regard impuissant (ou consentant?) de nos responsables diocésains du Québec, du moins jusqu’à ce que notre bien-aimé cardinal Ouellet, avant de nous quitter pour Rome, ne refonde et n’organise un petit séminaire diocésain pour assurer la relève.
    Dire que ce curieux abbé Ringlet est venu chez-nous il y a quelque temps présenter ses «réflexions» à plusieurs de nos responsables diocésains et qui l’ont très chaudement applaudi!!!

  2. Benoît Lobet

    Je ne suis pas toujours d’accord avec Gabriel Ringlet. Mais la façon partiale dont il est ici traité est proprement scandaleuse. Ce prêtre, fidèle à son sacerdoce et à l’Eglise (contrairement à ce que vous dites), essaie de dire son point de vue sur la crédibilité de l’Eglise, chez nous et ailleurs. Il peut faire des propositions inattendues, certes, mais jamais sottes. C’est un homme intelligent et ouvert, attentif. Je l’ai vu, lors d’un débat télévisé en directe, où un évêque était empêtré dans sa sottise et lâchement mis à mal par un journaliste, prendre la défense médiatique de cet évêque qui ne brillait pas par son intelligence…
    Nuancez un peu vos propos, s’il vous plaît, et cessez de clouer au pilori vos “têtes de turcs”!

  3. Oui, peut-être que l’abbé Ringlet a le sens de la nuance.
    M’enfin, dire que les prêtres doivent être moins sacrés, n’est-ce pas une litote pour dire qu’ils doivent se marier? Et ça, c’est clairement condamné par les papes successifs.

  4. Veerle Devos

    Il n’y a pas de solution miracle a la crise de l’eglise de Belgique mais, puisque l’abbé Ringlet insiste sur la “desacralisation” de la pretrise, si lui etait reduit a l’état laïque, ce sera dèja un grand pas vers la solution.

  5. Guy de la Croix

    Le résultat du laxisme et de l’absence totale d’appication de la moindre autorité des clercs de l’Eglise , soit des évêques soit du Vatican lui-même est là … au lieu de suspendre ce lamentable Ringlet qui persiste à démolir l’Eglise de Belgique epuis des années et Mgr Pozzo d’Ecclesia Dei qui encourage l’évêque Nourrichard dans ses exactions à Thiberville en chassant l’Abbé Michel de la seule paroisse qui subsiste dans son diocaise… ) que se passe-t-il dans notre pauvre Eglise ?????

  6. Benoît Lobet

    Sur le fond de l’affaire, je livre ceci à votre méditation : le prêtre est-il “l’homme du sacré” ou l’homme de la sainteté?
    Ce n’est pas la même chose.
    Je me méfie aussi de la catégorie du “sacré”, une catégorie précisément tellement transgressée par le Christ lui-même (voir son rapport au Temple, à la Loi), que ce fut sans aucun doute le principal motif historique de sa condamnation à mort. La sainteté, en revanche, est la vocation commune de tout baptisé, une vocation que le prêtre a mission de rappeler sans cesse, à temps et à contre-temps…

  7. Thierry

    Le sens de la nuance?Un homme qui déclare à plusieurs reprises devant micros et caméra que les problèmes de pédophilies sont du à la position de l’Eglise sur l’avortement et l’euthanasie,mérite sans doute un prix Nobel!Merci à l’abbé Lobet de s’ètre dévoilé,d’avoir craqué le verni et de nous faire savoir qui est son maitre à penser!

  8. Kris Vancauwenberghe

    “La sainteté, en revanche, est la vocation commune de tout baptisé, une vocation que le prêtre a mission de rappeler sans cesse, à temps et à contre-temps…”. C’est bien joli, l’abbé, mais si la sainteté est “la vocation commune de tout baptisé” et que le prêtre n’a pas vocation à être davantage, qu’estce qui le distingue des autres baptisés? En quoi consiste alors le caractère sacerdotal?
    Vous avez pris la défense de la conception du sacerdoce de l’abbé Ringlet. On voit ici pourquoi. Allez donc rejoindre cet hétérodoxe patenté et les 3 prêtres postcatholiques qui viennent d’être nommés évêques. Cette Eglise de Belgique en pleine putréfaction donne la nausée.

  9. Jos van Namen

    Merci M. van Cauwenberghe de nous rappeler que le prêtre, parmi les baptisés, a reçu une mission particulière et que justement cette mission ne consiste pas seulement à se sanctifier avec les autres, mais de SE sanctifier et de LES sanctifier par la transmission de la grâce sacramentelle qui, elle, est de l’ordre du sacré. Tout catholique qui nierait cela doit, en conscience, claquer la porte et filer chez les huguenots.

    M. l’abbé Lobet, je me demande qui, dans ce débat, a un bandeau sur les yeux ou est de mauvaise foi. Les prises de M. Ringlet ne sont jamais sottes, peut-être, mais elles sont rarement catholiques.

    Comment un prêtre “fidèle à son sacerdoce” peut-il dévaloriser ce don magnifique qu’il a reçu en souhaitant que le prêtre “devienne profane”? Comment un homme (beaucoup sont étonnés d’apprendre qu’il est prêtre, puisqu’il n’apparaît jamais comme tel) fidèle à l’Eglise est-il devenu le parangon de la réflexion anti-magistère et du contre-pied systématique de ce qui vient de Rome.

    Ringlet n’aime pas le sacré, en effet. Il ose même l’attaquer en le profanant et en blasphémant. Le titre de son livre publié l’année dernière était, à ce sujet, particulièrement significatif et remarquablement ignoble : “Ceci est ton corps” pour décrire la dégradation du corps humain d’une personne malade. En fonction de quoi ce titre était-il choisi? des paroles “sacrées” de l’institution de l’eucharistie. Dévaloriser de la sorte les paroles sacramentelle, qui font le sommet de la vie de l’Eglise était-il digne d’un “prêtre fidèle à son sacerdoce et à l’Eglise?”

    Position, inattendue, en effet, pas sotte de la part de l’individu, mais blasphématoire.

    Vous me direz peut-être qu’il est instrumentalisé, entre autres par les médias… Que sa renommée dépasse ses intentions. Dans ce cas, il pourrait faire ce qu’il conseille à certains prélats : garder le silence pour éviter d’envenimer les choses.

    A l’instar de l’auteur de cet article, je me demande à quel titre le Sieur Ringlet, autrefois professeur de journalisme à l’UCL, dans une branche où il excellait dans l’étude sociologique des annonces mortuaires, a été invité comme expert par la commission parlementaire.

    Dans une Eglise et une société qui fonctionne sainement, il serait réprimandé par l’épiscopat, par son évêque de Liège, par l’archevêque dans la juridiction duquel il vit. S’ils le faisaient, les boucliers médiatiques et les nanas catéchistes échaudées crieraient à nouveau au scandale.

    Pauvre Belgique post-catholique. On y bouffe de l’évêque et on adule les “libre-penseurs de l’Evangile”.!!!!

  10. Benoît Lobet

    “trois prêtres postcatholiques qui viennent d’être nommés évêques”.
    Bon.
    Nommés par qui?
    Par le pape.
    Qui est hétérodoxe et schismatique, dans ces règlements de compte à l’emporte-pièce?
    Un peu de retenue, tout de même!

  11. Pierre de Vacquerie

    Post-catholiques ou pas, admettons quand même que ces nominations sont absolument décevantes. On avait espéré du changement, un renouveau, et voilà que les nominations, romaines, oui, mais, dans le cas d’auxiliaires, surtout l’oeuvre de l’évêque diocésain, continuent de tourner dans la même soupe avec des prêtres du même style.

    Un renouveau dans l’Eglise de Belgique? On le cherche vainement. Comme quelqu’un l’a déjà écrit ici, nous sommes dans une ère Danneels à la manière de Canada Dry : On dirait que c’est encore Danneels, tout a encore la saveur de Danneels, mais ce n’est plus avec Danneels.

    Bienvenue, NN.SS. Hudsyn et Cockerols, Bonjour à Rémi et à Jos de Bruges.

  12. Benoît Lobet

    Il y a bien une différence “non tant de degré, mais de nature”, comme dit le Concile Vatican II, entre le sacerdoce baptismal commun à tous les fidèles et le ministère ordonné de l’évêque, du prêtre et du diacre. Mais je persiste à penser que cette différence de nature peine à se dire dans les catégories du sacré, et que celles de la “sainteté” (de Dieu – des hommes) lui conviennent mieux. En cela, l’abbé Ringlet n’a pas tout à fait tort. Et il faudrait cesser de répandre son acrimonie sur un homme en particulier ou sur trois nouveaux évêques qui viennent d’accepter une mission délicate, bref arrêter de caricaturer une situation ecclésiale certes difficile mais où il reste beaucoup d’énergies et de joie de vivre. Dans les églises de mon doyenné, je vois beaucoup de jeunes ménages, beaucoup de jeunes gens aussi, des assistances nombreuses, de grandes générosités, une volonté de se former dans la foi, etc., qui sont une vraie source de joie et d’espérance. Quelquefois, en lisant ce blog, je me dis : mais que veulent-ils que l’Eglise (re)devienne? Et comment? Et pourquoi? J’ai l’impression qu’il y a là-dedans plus d’idéologie que de véritable amour de l’Eglise, quelquefois…

  13. Veerle Devos

    L’abbe Lobet, rejoignez les anglicans, s’il vous plait. Give us a break avec vos salades. Quand on prend la défense de l’abbé Ringlet, mieux vaut avoir la franchise de se declarer hors de l’Eglise catholique.

  14. Rosalie

    Très intéressants les nombreux échanges ci-dessus.
    Ce sont les fidèles laïcs qui défendent l’honneur de l’Eglise tandis que les prêtres …….

  15. Luc Warnotte

    Benoît Lobet dit: ” Quelquefois, en lisant ce blog, je me dis : mais que veulent-ils que l’Eglise (re)devienne? Et comment? Et pourquoi? J’ai l’impression qu’il y a là-dedans plus d’idéologie que de véritable amour de l’Eglise, quelquefois…”
    Ce n’est pas faux: les débats sont “chauds”, la charité n’est pas toujours respectées, l’Eglise est divisée entre factions. Quand on prend du recul, on a parfois “la gueule de bois”.
    On peut aussi se demander pourquoi certains (je ne vise personne en particulier) veulent à tout prix maintenir sur l’Eglise la chape de plomb d’un “printemps” qui s’est révélé un hiver desséchant. On peut se demander aussi ce que ce courant-là veut que l’Eglise devienne à toute force, et pourquoi…

  16. Benoît Lobet

    Mes salades, cher Veerle, sont la foi de l’Eglise catholique. Je ne permettrai jamais sans réagir qu’un prêtre soit injustement calomnié, même et surtout sur des “blogs” qui ont la prétention, souvent, d’être plus catholiques que le pape.

  17. Thérèse

    M. le doyen Lobet, je suis une fidèle catholique de votre doyenné. Mère et grand-mère au foyer, comme il y en a beaucoup dans vos églises. On m’a dit que vous interveniez ici et je suis venue voir.

    Je vous estime, mais je me demande comment vous pouvez vous acharner à défendre ainsi M. Ringlet. Certains, ici, vous démontrent qu’il n’est plus catholique et vous persévérez à dire “quel bon prêtre”. Ne risquez plus votre crédibilité, s’il vous plaît, M. le doyen. Le jeu n’en vaut pas la chandelle.

    J’étais depuis longtemps dérangée par les paroles de ce M. Ronglet, que mon mari trouve “iconoclaste”. Il y a peu, une de mes amies m’a dit qu’il était prêtre. Cela m’a scandalisé. D’abord parce qu’il ne se présente jamais comme tel, ensuite parce que je pense qu’il est indigne d’un prêtre d’être toujours en porte-à-faux par rapport à l’Eglise.

    Permettrez-vous une comparaison qui vient d’une “femme de la nef”? Mon mari a été, pendant 35 ans, cardre d’entreprise. S’il s’était permis d’attaquer ainsi ses supérieurs, je vous laisse deviner ce qui aurait suivi pour lui-même, mais surtout, de manière plus générale, pour le fonctionnement de la “boîte”.

    Un de mes fils, qui est militaire, a l’habitude de dire “Ordre, contre-ordre, désordre”. Je place M. Ringlet dans la catégorie du contre-ordre, et vois ls désordre qu’il provoque chez les gens comme moi.

    M. le doyen, soyez réaliste, et ne risquez pas votre sérieux.

    Thérèse, que vous croisez parfois…

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