Le Christ, clé d’interprétation de l’Ancien Testament

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Après ma petite série estivale de relecture de documents pontificaux, j’ai reçu deux types de réaction. Des personnes m’ont fait remarquer que tel ou tel document n’était pas une nouveauté et que mon article n’avait par conséquent pas beaucoup d’intérêt (le blog d’Yves Daoudal résumant assez bien la chose en parlant malicieusement de l'”Osservatore vaticano retrospettivo”); d’autres m’ont remercié de sortir un peu du feu de l’actualité pour voir ce qui “émergeait” des textes pontificaux quelques mois, voire quelques années, après leur publication.
A la réflexion, je crois que je vais prolonger cette série au cours de l’année (plus irrégulièrement que cet été, mais tout de même prolonger). Nous journalistes (à plus forte raison sur internet) avons un peu trop tendance à nous brûler au feu de l’actualité et un peu de recul, un peu de lecture décalée (sur papier et la plume à la main et non en “zappant” sur un site internet) ne peut pas faire de mal. Etant entendu que nous n’allons évidemment pas abandonner l’actualité!

Pour commencer cette nouvelle série de relectures, je vous propose pour les jours qui viennent quelques sondages dans l’Instrumentum laboris du synode à venir sur le Moyen-Orient. Et voici tout d’abord, un passage que j’ai déjà cité (là, j’abuse de votre patience en devenant doublement rétrospectif!), mais que je trouve décisif – surtout à notre époque où les saintes Ecritures ont été tellement lmassacrées par la “démythologisation”:

“Dans les Écritures, les Pères cherchent et lisent le Christ comme la clef qui ouvre l’Ancien Testament. Il en est l’Exégète (se souvenir de l’épisode d’Emmaüs !), mais il est aussi l’exégèse puisque, conformément à la pensée chrétienne des premiers siècles, c’est de lui que traite toute l’Écriture. Selon l’antique tradition des Pères, cette lecture christologique devient aussi le principe identitaire des chrétiens dans l’étude des textes vétérotestamentaires. Il est du devoir des Pasteurs de mettre l’accent sur ce que – suivant l’expression de saint Augustin – « le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien, tandis que l’Ancien est dévoilé dans le Nouveau ».
C’est justement parce qu’il est le livre de la communauté chrétienne que le texte biblique peut être compris correctement uniquement au sein de celle-ci. De ce fait, la Tradition constitue une clef herméneutique du texte révélé. Cette Tradition a été le principe d’intelligence de l’Écriture, ou le climat ecclésial dans lequel la Parole de Dieu doit être lue.”

1 comment

  1. Kris Vancauwenberghe

    “Osservatore romano retrospettivo”? Pas uniquement, mais cette dimension rétrospective est bien utile car qui n’a pas de passé n’a pas d’avenir.
    Vous avez raison de vous sortir du “buzz” de l’actualité frénétique pour faire un “détour par l’essentiel”. Cela vous assure de bonnes bases pour les articles d’actualité… et de prospective car ils restent nombreux, bien analysés, bien documentés et donc utiles. Bonne continuation in Domino!

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