Immigration: entre dignité humaine et bien commun

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Stefan Kessler, représentant du Service jésuite pour les réfugies (JRS), a récemment déclaré:

« La crise actuelle des migrants à Lampedusa est un indicateur de la plus grande incapacité de l’Europe de faire respecter les droits les plus fondamentaux des migrants. »

Je n’ai aucune information particulière sur la situation à Lampedusa (en dehors de ce qu’en dit la presse), mais il me semble qu’en matière d’immigtation, il faut tenir deux éléments (et, malheureusement, ce que j’ai pu lire du communiqué du JRS n’en tient qu’un): 1) Les immigrés, même clandestins, sont des êtres humains qui méritent d’être traités selon cette éminente dignité; 2) Les Etats ont le devoir de se préoccuper du bien commun et ne peuvent donc pas accueillir tous les immigrés (et, tout spécialement, ce bien commun exige le respect de la loi que viole évidemment l’immigration clandestine).
Il est clair que l’on ne peut pas privilégier l’un de ces points au détriment de l’autre, sans poser de graves problèmes du point de vue de la morale sociale chrétienne.

6 comments

  1. Benoît

    Malheureusement la bien-pensence actuelle ne traite que de la deuxième.
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    Le soutien de la population autochtone ne préoccupe les élites européennes que si ces populations ne sont pas européennes.
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    Si le système social français est mis à plat par une vague d’immigration “non contrôlée” à qui nos pays ouvrent généreusement les bras et l’accès aux prestatiosn sociales (CMU, retraite gratuite, aides en tout genre), les politiques s’en fichent car ce système est tenu sous perfusion par la dette.
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    Malheureusement cette dette devra être remboursée un jour. Et cela causera des morts.
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    Quand ? Quand nous ne pourrons plus être soignés parce quye la Sécu sera insolvable. Que nos vieux ou nous-mêmes ne toucheront plus de retraites ou bien une maigre aumône. Quand les familles devront subvenir par elles-mêmes alors qu’elles fournissent les mains qui travailleront et cotiseront pour la génération précédente et celle à venir.
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    Churchill ne rappelait-il pas que le vice inhérent au socialisme est l’égale répartition de la misère ?
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    Où sera alors la terre où se réfugier ?

  2. Benoît Lobet

    Puisque certains ici citent allègrement les Saintes Ecritures, permettez-moi d’y aller de ma citation, et pour, s’il vous plaît, un critère du Jugement Dernier : “J’étais un étranger, et vous m’avez accueilli” (Mt 25). Il n’y à là, à ma connaissance, aucune restriction de quota ou d’autre mobile…

  3. père Lobet, vous pouvez accueillir chez vous des étrangers, des clandestins, selon le mot de l’évangile, et vous aurez toute ma considération. Je pense moi aussi n’avoir pas à rougir (en tout cas pas trop) de mon comportement vis-à-vis des pauvres et des étrangers.
    Mais vous n’avez pas à l’imposer aux autres. On ne peut pas forcer les gens à faire le bien, pas plus qu’on ne peut forcer les gens à aimer. Ce qui se glisse dans votre raisonnement, c’est, je pense, de l’augustinisme politique (je suis en train de travailler sur l’article Cité de Dieu de Wikipedia) : vous voudriez que la loi civile soit conforme à la loi morale.
    Je ne sais pas si vous payez des impôts, mais aller dire à quelqu’un qui paie des impôts et qui voit régulièrement que d’autres profitent du système : “tu es égoïste parce que tu ne veux pas accueillir des étrangers”, c’est un peu facile. Personnellement, je trouve qu’il y a une ressemblance avec ces pharisiens qui “lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt”.
    Ceci étant dit, je confesse que voir des roms mendier m’agace et que j’ai à vivre une conversion du coeur. Ce n’est pas facile.

  4. Benoît Lobet

    Mais cher Monsieur dans ma paroisse j’accueille des étrangers, des sans-papiers, dans des logements décents que nous finançons par les quêtes, en le disant. Bon, cela ne règle pas tout, c’est évident, mais enfin tout de même : nous vivons dans des pays richissimes, par comparaison avec la grande majorité des pays du monde (songez à nos soins de santé, à la sécurité sociale, aux retraites, au chômage quand il n’y a pas de travail, etc.), et nous irions dire à des pauvres qui n’ont rien et qui viennent frapper à nos portes : Ouste! A nous le gâteau!
    Pardon : tant que je serai vivant, et chrétien, et prêtre, je donnerai mon lit aux étrangers et aux pauvres, s’il le faut, quitte à coucher par terre.

  5. Michel

    Une pensée dévoyée – Le Christ a t`il demandé a Israel de recevoir chez lui l`empire de Chine ou de recevoir l`Égypte entiere et de s`effacer…..

  6. Benoît Lobet

    La Tradition biblique rappelle sans cesse, dans la Torah – notre patrimoine commun – qu’Israël doit recevoir chez lui et bien traiter les immigrés,”se souvenant ainsi qu’ils furent eux-mêmes des immigrés au Pays d’Egypte”. Le Christ en fait un critère du Jugement Dernier, et donc de la vie éternelle. Je veux bien dire que tout cela doit être régulé, organisé, etc., mais le principe est évangélique : qui se replie sur lui, sur sa nation, sur sa race, etc., ne saurait en même temps se revendiquer de la Bible.
    La nationalisme est le contraire de l’ouverture évangélique, et je n’arrive pas à comprendre (intellectuellement, en tout cas, sans doute parce que je suis trop bête) comment certains nationalistes, en Belgique (NVA, etc.), en France (FN, etc.), ailleurs en Europe (Italie du Nord, Espagne, Pays-Bas, etc.), ouvertement xénophobes, osent en même temps se déclarer chrétiens. Cela est tellement contraire à la foi chrétienne, qu’il faudrait qu’on m’expliquât un jour ce tour de passe-passe…

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