Seul le Christ donne un sens à la mort

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Lors de la messe en mémoires des victimes de la tempête Xhyntia, dans la cathédrale en présence du préfet Jean-Jacques Brot, du président du Conseil Général, Bruno Retailleau, de la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Mgr Castet, évêque de Luçon a déclaré :

Il y a un an, dans la matinée d’un dimanche ensoleillé, commençait le terrible décompte des victimes d’une mer qui, pendant la nuit, avait tout submergé, entrant dans les maisons, arrachant à des familles, un Père, une grand-mère, un fils, un frère… Ce qui a été caché au cœur de ces ténèbres, c’est bien le sens que nous pouvons trouver à pareille catastrophe. Quel est ce mystère d’iniquité qui frappe sans discernement ? Cette question nous hante, elle nous angoisse et habite le cœur de chacun de nous : Pourquoi ? Pourquoi Dieu peut-il permettre qu’une femme, après avoir passé la nuit au coté de son mari et de son petit fils de deux ans les voit s’éloigner à jamais. Pourquoi un homme, peut-il perdre en une seule nuit, ses enfants, son épouse et sa mère dans un lieu paisible où il était venu chercher le repos, la tranquillité et le réconfort de la joie familiale. Pourquoi ces grands parents démunis devant la tourmente, pourquoi cette femme qui faisait tant de bien autour d’elle, pourquoi ? Ce pourquoi est la question de tout homme, elle est aussi la question que le croyant pose à son créateur. Elle est encore celle du Christ à Gethsémani. Lui, le fils en qui Dieu a mis tout son amour, sachant que son heure était venue, dans une angoisse qui rejoint notre angoisse, se tourne vers son Père : « Mon Dieu, Mon Dieu, Pourquoi m’as-tu abandonné ? » Celui que nous appelons notre sauveur ne se situe pas aux cotés d’un Dieu aveugle et impersonnel. Il demeure près de nous, jusque dans la détresse extrême. Il apparait lui-même comme une victime broyée par l’injustice.

Depuis un an déjà, des familles vivent avec cette question chevillée au corps, elle ajoute aux souvenirs angoissants d’une nuit d’effroi le terrible échec de l’homme devant l’inexplicable et l’inadmissible. Quelle lumière, quelle révélation peut éclairer ce qui ne semble que ténèbre, désolation et non-sens ? C’est dans le Christ, compagnon de nos vies et de nos détresses, que nous pouvons trouver la lumière. C’est en Lui que toute chose prend sens. Le Pape Benoit XVI nous invitait, au jour de la fête de la Toussaint à « regarder la mort et l’au-delà dans la lumière de la révélation ». En effet, le Christ n’est pas simplement celui dont la parole console et rassure en trouvant les justes mots pour mieux faire supporter les épreuves.