L’évêque d’Agen tente de justifier le départ de l’Institut du Christ-Roi

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Nous avions relayé l’annonce du départ de l’Institut du Christ-Roi Souverain-Prêtre du diocèse d’Agen, au motif qu’il avait très mal été accueilli. Le bilan négatif de ce diocèse, après 3 ans d’application du motu proprio Summorum pontificum, et l’écho du scandale sur internet ont contraint Mgr Herbreteau de tenter de rattraper le coup. Aux dernières nouvelles, l’Institut et l’évêque ont «repris contact». Mgr Herbreteau indique :

Nous avons décidé de prendre le temps de la réflexion jusqu’en décembre. Nous prendrons alors, éventuellement, de nouvelles dispositions pour que les relations entre nous se poursuivent dans la sérénité et le respect des uns et des autres […] J’ai été très blessé et beaucoup de diocésains avec moi par l’amplification inutile donnée dans les médias (sites internet, Facebook). Je pense qu’il y a mieux à faire pour avancer ensemble dans l’Eglise…

Il n’empêche que cette “amplification” n’est pas pour rien dans cette reprise de contacts… Sur le site du diocèse, Mgr Herbreteau a publié une longue “note explicative” pour justifier son interdiction de la catéchèse dispensée par l’abbé Téqui :

Trois raisons m’y ont conduit :

1. Toute catéchèse dans le diocèse (dans les paroisses, les établissements catholiques et les aumôneries) suppose de ma part une attention particulière. L’évêque veille à ce que la catéchèse ait bien lieu, selon les normes de l’Église. Il doit s’informer des enfants qui y participent et vérifier le contenu du message. Cette vigilance, je l’exerce à l’égard de chaque lieu du diocèse où se déroule une catéchèse. Or, je n’ai jamais su quels étaient les enfants qui se retrouvaient, dans le cadre familial avec l’abbé Téqui, quels étaient les documents catéchétiques utilisés. Certes, j’aurais dû susciter des échanges, m’informer. Ce que je n’ai pris le temps de faire. Mais, de son côté, l’abbé Téqui ne m’a pas jamais rendu compte de ce qu’il faisait.

2. Ici ou là, j’ai perçu aussi des agacements venant des catéchistes du diocèse. Pourquoi en effet aller chercher un « complément » à la catéchèse diocésaine ? La catéchèse actuelle voulue par les évêques de France avec le Texte National pour l’Orientation de la Catéchèse en France et prenant appui sur le Catéchisme de l’Église catholique, n’est-elle pas suffisante ? Je ne pouvais pas laisser se développer un climat de suspicion sur la catéchèse que je veux promouvoir dans mon diocèse.

3. Autre point que je ne pouvais pas accepter : la proposition de la première communion à des enfants sans que le curé de la paroisse en soit informé en temps voulu. La célébration des sacrements de l’initiation chrétienne doit se faire selon les normes de l’Église. Le curé doit donner une autorisation pour qu’un enfant soit baptisé en dehors du territoire de sa paroisse. Pour la première communion, les parents doivent présenter une attestation du baptême de l’enfant.

Tout cela n’étant pas bien défini avec l’abbé Téqui, j’ai donc demandé un arrêt de cette catéchèse.

Ces raisons me laissent béat. Cette histoire d’autorisation du curé pour la première communion est une fumisterie ! Mgr Herbreteau confond avec le sacrement du mariage. Les catéchèses diocésaines ont fait depuis longtemps l’objet de critiques (on se souvient de celles émises par le cardinal Ratzinger). Quant à la première raison, typiquement cléricale, elle ne tient pas l’analyse : Mgr Herbretau n’avait qu’à venir visiter ses ouailles. Or, est-il seulement venu célébrer selon la forme extraordinaire pour rencontrer les paroissiens de l’abbé Téqui ?

Mgr Herbreteau écrit néanmoins :

La messe selon la forme extraordinaire continuera cependant d’être assurée, le premier dimanche de chaque mois par Monsieur l’abbé Nicolas Richer, curé de la paroisse Sainte-Foy. Par ailleurs, elle est célébrée aussi tous les jours au Monastère Sainte-Marie de la Garde à Saint-Pierre de Clairac.”

Un dimanche par mois. On croit rêver : est-ce ainsi que Mgr Herbreteau conçoit l’application du Motu proprio ?