La politique, une bonne nouvelle. Mais seulement de gauche

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Jeanne Smits écrivait dans Présent du 10 août :

 

“Au hasard d’une navigation sur Internet, je viens de faire une découverte importante. C’était à la une du site de la Conférence des évêques de France, www.eglise.catholique.fr : du
21 au 29 août, à Aix-en-Provence, plusieurs centaines de jeunes se réuniront au cours d’une « session pour faire de la politique une bonne nouvelle ».
Et pas seulement
ça : voilà une douzaine d’années que, tous les deux ans, ils ont remis ça (avec des petites sessions plus ponctuelles les années impaires), sous le titre « La Politique une
bonne nouvelle 
» – sans virgule, ça fait plus populaire – sur une idée des jésuites, et avec l’espoir de changer quelque chose dans la vie politique française. Le moins que l’on
puisse dire, c’est qu’ils n’y ont pas réussi.

 

Les progrès de la culture de mort dans la législation et dans la réalité française sont incessants ; ceux de la pauvreté continuent en allant de pair avec une mainmise croissante des
pouvoirs publics sur les richesses et les libertés des Français. Et l’avancée de l’islam ? Je n’ose même pas l’évoquer. On est là pour faire de « l’optimisme », ne l’oublions pas…
Bien sûr, il y a une forte dose de mauvaise foi à incriminer des organisateurs et des jeunes participants animés – je veux le croire – d’une foi enthousiaste (je n’ai pas dit bien formée), d’une
réelle volonté de servir et d’une préoccupation spirituelle qui leur fait honneur. On pourrait faire le reproche à toute bonne initiative qui, dans le contexte actuel si difficile, tarde à porter
des fruits visibles sur le plan des institutions et des lois. Mais voilà, j’ai mes doutes. Ecoutons d’abord « la Politique une bonne nouvelle » parler de soi-même :

 

« Pourquoi une telle association ? Les bonnes nouvelles, issues de nos quotidiens, sont d’ordre familial, professionnel, économique, sportif… mais politique ? A contrario,
si elle est politique, telle nouvelle bonne pour les uns sera mauvaise pour les autres. En somme, une nouvelle en politique, est partiellement mauvaise, et une nouvelle vraiment bonne ne doit pas
être si politique… Alors, associer “politique” et “bonne nouvelle”, serait-ce une provocation ? »

 

Mais oui, répondent les responsables, qui veulent « provoquer » à l’action, au discernement :

 

« Ce dont il s’agit est bien de nous faire sortir d’une torpeur ou d’une hostilité trop envahissantes face à la politique, de nous la rendre plus accessible, de lever un peu le voile
sur ce qui engage les politiques. C’est éventuellement d’accompagner un désir d‘être de plain-pied dans le terrain politique. “Provoquer”, c’est également questionner, bousculer les politiques,
orienter la politique vers la paix, pour plus de justice envers les pauvres en particulier. “Bonne nouvelle” aussi pour “la politique”. »

 

C’est jargonnant, vous ne trouvez pas ? Eh bien, vous n’avez pas encore vu les invités vedettes parmi lesquels on distingue, de rendez-vous en rendez-vous : Ségolène Royale,
Jean-Luc Bennahmias, Jean-Louis Bianco, Brice Hortefeux, Chico Whitaker (le cofondateur brésilien du Forum social mondial), Mgr Albert Rouet, Alain Lipietz, re-Jean-Louis Bianco, Jean
Arthuis, Jean-François Copé, et cette année, Cécile Duflot
. La coloration politique ne laisse guère de place à l’ouverture. Vers la droite, j’entends : les mouvements où,
bon an mal an, on s’engage malgré toutes les difficultés au service de la France et de la doctrine sociale… et politique de l’Eglise. Pour défendre les droits des Français et des chrétiens en
France
.”

 

Cette fermeture saluée par la CEF, ce n’est pas du christianisme mais du sectarisme.