Mgr Rey s'inquiète de la perte des repères au sein de l'école catholique

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Après les critiques de Mgr Cattenoz sur les écoles dites catholiques, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus et de Toulon, vient de publier livre intitulé Urgence éducative – L’école catholique en débat. Extrait de la synthèse de Liberté politique :

Pour Mgr Rey, la première urgence est le retour à la temporalité inscrite au cœur des humanités, elles-mêmes fondées sur le principe de réalité. Cette urgence se décline en plusieurs impératifs :

  • Celui de raisonner, qui commence par l’émerveillement grec devant l’être et mène au fructueux dialogue de la foi et de la raison dont dépend la construction de l’intériorité. La rationalité, au cœur des préoccupations de Benoît XVI, repose sur l’adhésion au réel, comme le souligne l’évêque de Fréjus-Toulon.
  • Celui de dialoguer pour chercher la vérité. La méthode socratique, qui est aussi celle de Jésus, a pour fin l’attestation de la vérité. La « diaconie de la vérité », qui réclame humilité et confiance, est un marqueur de l’école catholique.
  • Celui de s’engager dans la durée. Il s’agit de redonner son épaisseur au temps : comme l’Église, l’école catholique est eschatologique. Elle institue l’humanité dans la perspective de ses fins dernières et c’est pourquoi elle est dans « l’urgence éducative ». Tout en sachant que cette urgence doit respecter tous les stades de la croissance humaine. Il s’agit donc d’optimiser le temps et d’en harmoniser le cours selon les besoins de chaque âge.
  • Celui de restaurer l’autorité dont le déni est lié, selon Hannah Arendt, « à la crise de la tradition, c’est-à-dire à la crise de notre attitude vis-à-vis de tout ce qui touche au passé ». Dans le soupçon généralisé qui rend la société post-moderne schizophrène, il faut restaurer la confiance par l’acte d’espérance à la racine de toute éducation. La seule pédagogie qui vaille est celle de l’exemple, celle du témoignage de l’unité de vie de l’éducateur.
  • Celui d’éduquer à l’amour et à l’affectivité. Le respect de la personne est indivisible du respect de la vie et constitue le noyau dur de l’éducation chrétienne. « Le projet spécifique de l’enseignement catholique…réfère l’éducation affective, relationnelle et sexuelle à la vision chrétienne de l’anthropologie, et l’inscrit dans une éducation plus large à la relation, qui concerne tout le parcours scolaire » dit le récent document de la conférence épiscopale sur ce sujet.
  • Celui de s’ouvrir à l’universel. L’individualisme et le relativisme entraînent les replis identitaires du communautarisme tribal. L’Église se présente aux jeunes « comme la seule expérience de mondialisation mise en œuvre à l’épreuve des siècles, des haines et des guerres », écrit Mgr Rey. Le cadeau de l’Église au patchwork des tribus est sa catholicité.