Immigration et dialogue avec l'islam : les belles intentions du Père Roucou

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La déclaration finale diffusée par le Père Christophe Roucou, responsable du Service national pour les Relations avec l’Islam (SRI), de la Conférence des évêques de France, au terme d’une rencontre à Tunis, vaut son pesant d’irénisme. Pendant 3 jours, s’est tenue à Tunis une rencontre d’évêques venus de France, d’Espagne et du Maghreb sur l’accueil des migrants et le dialogue islamo-chrétien. Concernant les migrants illégaux, la déclaration rapporte que :

les évêques constatent que l’Europe cherche surtout à mettre en œuvre une protection drastique qui ne va pas toujours dans le sens de la justice, et devient souvent source d’exclusion et de discrimination. […] Ces personnes [les immigrés]sont remarquables, dans leur détresse, par la force humaine et spirituelle qui les pousse à continuer leur transhumance qui hélas se transforme souvent en calvaire. […] Sur cette délicate question des Migrations, deux attitudes ont du mal à se rejoindre : celle de nombreux politiques qui veulent assurer d’abord et parfois exclusivement la sécurité et la protection de leurs citoyens, malheureusement souvent pour des raisons électoralistes et celle des disciples de l’Evangile, qui, au risque d’être taxés de naïveté, veulent envers et contre tout servir d’abord les personnes et les défendre dans leur dignité, y compris si elles sont clandestines et sans papiers. Ces deux attitudes pourraient se conjuguer si l’argent qui sert à protéger les frontières servait à développer au moins l’indépendance alimentaire des pays d’où partent les migrants et si des moyens étaient mis en ouvre pour assurer une vie digne à tous les citoyens.

Il y a plusieurs confusions flagrantes dans ce texte : d’abord la réduction du “disciple de l’Evangile” à un espèce de militant immigrationniste, réclamant plus de moyen pour “accueillir” l’immigré. Le disciple de l’Evangile est d’abord là pour annoncer Jésus-Christ et, à ce sujet, il serait temps de demander des comptes à ces “disciples” concernant tous les immigrés soutenus ces dernières années et à qui Jésus-Christ n’a pas été annoncé. Par ailleurs, le procès d’intention des politiques, accusés d’agir selon des “raisons électoralistes” est tout à fait méprisante et contraire à l’attitude que doit avoir… un “disciple de l’Evangile”. Cette dialectique entre le méchant politique, qui agit pour se faire réélire, et le gentil immigrationniste, qui est disciple de l’Evangile, fleure bon le marxisme. La notion de bien commun, finalité de l’Etat, est bien absente de ce texte. En outre, il aurait été opportun de rappeler, ce que ne manque pas de faire Benoît XVI, le droit de ces migrants à vivre en paix chez eux.

La déclaration aborde ensuite le dialogue islamo-chrétien :

Concernant les efforts mis en œuvre pour voir avancer le dialogue entre chrétiens et musulmans, les évêques sont pris entre la joie de voir mises en oeuvre des initiatives encourageantes au sein de leurs diocèses et la peine de voir s’amplifier des résistances dues à la peur et à la méconnaissance réciproque dans tous les pays à majorité chrétienne ou musulmane. Il est vrai que certains courants fondamentalistes ne peuvent que renforcer ces craintes.

Il aurait été juste de rappeler la souffrance des chrétiens situés de l’autre côté de la Méditerranée. Mais aussi la difficulté qu’ont certains ex-musulmans, en France, de vivre leur foi catholique.