Le Cardinal Tauran et le dialogue interreligieux

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Mon confrère Vini Ganimara commente les propos du Cardinal Jean-Louis Tauran sur le prochain événement d’Assise (1, 2, 3, 4). Il remarque notamment que le cardinal se méprend sur les critiques formulées sur cet événement, critiques légitimes, comme l’avait reconnu le cardinal Ratzinger lui-même dans son ouvrage Foi, vérité, tolérance. Mais critiques auxquelles le futur pape répondait en rappelant certaines exigences avant de prendre ce type d’initiative. A ce propos, aux différentes critiques que l’on peut lire ça et là sur ce futur événement, il me semble qu’il faut rappeler plusieurs choses :

  1. Benoît XVI est le pape de l’herméneutique de la réforme dans la continuité. Il apparaît dès lors logique qu’il veuille aussi reprendre cet événement d’Assise et le réinterpréter dans un sens conforme à la Tradition. Il a commencé cet exercice dans l’ouvrage cité plus haut (si un lecteur a recopié le texte, qui doit faire au moins 4 pages, je me ferai un plaisir de le mettre en ligne)
  2. Dans ce pontificat, il y a un événement qu’il faut prendre en compte, c’est la création du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation. Il me semble, mais je peux me tromper, que les grandes initiatives de Benoît XVI, dont fait partie Assise, entrent dans le cadre de qu’il a appelé le “Parvis des Gentils”. Le Pape a enclenché la réconciliation avec la Fraternité Saint Pie X, avec les anglo-catholiques, avec les orthodoxes. Ces rapprochements, que l’on sent inéluctables, à plus ou moins longue échéance, sont désormais engagés. Il me semble que désormais, le Saint-Père, vicaire du Christ, se tourne vers les autres, qui ont aussi besoin de connaître l’Evangile.

Mais revenons au Cardinal Tauran. Mon confrère écrit :

je crains que le cardinal Tauran ne juge de toutes les religions par le biais du christianisme. Si un chrétien est violent, il l’est en contravention avec sa foi. Mais il n’en va pas forcément de même pour tous les adeptes de toutes les religions. Certaines sourates du Coran réclament clairement et nettement la violence, notamment contre les « associationnistes » que nous sommes, du fait de notre foi trinitaire. Je n’ignore pas que certains versets de notre Bible sont eux aussi fort violents, mais nous avons un magistère capable d’interpréter correctement ces versets, magistère qui fait défaut en islam. C’est la raison pour laquelle il me semble qu’une fatwa contre les violences anti-chrétiennes serait utile… mais qu’il faut ensuite réfléchir à la question de l’autorité de cette fatwa.

Pour dialoguer en vérité avec les musulmans, il ne faut pas ignorer certains textes du Coran. Par charité nous devons leur demander des comptes sur ces textes.