N'y aura-t-il aucun évêque pour dénoncer le CRCF ?

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Dans son numéro 110, Daoudal Hebdo revient sur la Conférence des responsables de culte en France (CRCF). Extrait :

le 6 janvier dernier, un nouveau communiqué de la CRCF a été publié. Sous le titre: «Nul ne peut se prévaloir des religions pour légitimer des violences». Sic. Nul, au singulier, ne peut se prévaloir des religions, au pluriel, nous disent les responsables, au pluriel, de culte, au singulier. Je n’ai toujours pas compris ce que veut dire «responsables de culte». Cette expression n’est pas française. Déjà il n’est pas conforme à la réalité de parler de responsables des différents cultes, dans la mesure où le mot culte n’existe pas dans l’islam, et où le bouddhisme zen du «responsable» ad hoc n’est pas un culte. «Responsables de culte », ça ne veut rien dire. Et maintenant ils nous expliquent qu’aucun individu ne peut se prévaloir des religions pour légitimer des violences. Comme si cet individu allait se prévaloir de plusieurs religions. Ah oui… C’est que dans ce communiqué il s’agit de condamner les massacres de chrétiens à Bagdad et à Alexandrie. Or il se trouve que LES auteurs de ces massacres appartiennent à UNE religion. Mais il ne faut pas stigmatiser cette « religion », si dignement représentée au sein du CRCF, donc on met le mot au pluriel… Et l’on met tout le monde dans le même panier. C’est odieux.

Mais, du point de vue catholique, et simplement chrétien, il ya pire. Ce communiqué est daté du 6 janvier. Le jour de l’Epiphanie. En ce jour de la manifestation du Christ, le Dieu fait homme, ce jour de l’explosion de lumière de la Théophanie, ce jour où les mages rendent hommage au Roi des juifs, qui est le roi des nations comme l’annonçaient les prophètes, le Christ Roi de l’univers, le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, et Mgr Laurent Ulrich, vice-président, tournent le dos au Seigneur et signent un texte où «les religions» sont toutes mises sur le même plan, de façon  totalement indistincte, au point même qu’elles deviennent «la religion»: «Nous ne voulons pas que la religion soit instrumentalisée à quelque fin que ce soit.» Le culte, la religion… Il n’y a d’ailleurs pas de raison de s’arrêter en si bon chemin : «Hommes et femmes de bonne volonté, croyants et non-croyants, il nous faut sans cesse travailler à la réconciliation (…)». Voilà les non-croyants eux aussi embarqués sur la même galère… L’unique galère de culte et non culte…

La phrase entière dit ceci : «Hommes et femmes de bonne volonté, croyants et non-croyants, il nous faut sans cesse travailler à la réconciliation, sachant que la haine de l’autre est une maladie mortelle pour l’ensemble de la sociétéLa réconciliation de qui avec qui? La haine de qui? On ne nous le dira pas. Car il faut rester dans le mensonge par omission. M. Mohammed Moussaoui et M. A-nouar Kbibech sont signataires au même titre que Mgr Vingt-Trois et Mgr Ulrich. Ils veillent au grain. Je ne saurai pas avec qui je dois me réconcilier, d’ailleurs je ne sais même pas avec qui je suis en conflit. Ce doit être avecce curieux anonyme qui se prévaut « des religions » pour légitimer des violences… En fait, tout le monde est visé. Tout le monde est coupable : «Cette intolérance est déjà à l’oeuvre dans notre propre société, elle se manifeste dans les dégradations de lieux de cultes et les menaces envers des croyantsCar c’est pour cela qu’on a constitué la CRCF: mettre sur le même plan les atteintes à la religion chrétienne et à l’islam. Il est officiel que 95 % des profanations en France visent des lieux catholiques. Mais il faut faire comme si les responsabilités étaient partagées. Comme si « l’intolérance » était aussi active des deux côtés. Pendant que les évêques se taisent sur l’Epiphanie, les musulmans avancent leurs pions. Tranquillement. En faisant signer à ces évêques un texte où ils reconnaissent que les catholiques de France sont sujets à cette intolérance qui a conduit aux massacres de Bagdad et d’Alexandrie. Et il n’y a toujours aucun de leurs confrères dans l’épiscopat, je ne dis pas pour hurler, mais pour murmurer que ça commence à bien faire…