Le Missel des dimanches 2013 ne fait pas la paix liturgique

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Dans le quotidien Présent du 30 octobre, Jean Madiran analyse le nouveau Missel des dimanches 2013. Dès le début, Jean Madiran dénonce la polémique concernant le missel de 1962, qualifié ainsi à la page 560 :

« la messe médiévale, transmise par le concile de Trente, et que d’aucuns présentent comme la messe de toujours ».

Commentaire de Jean Madiran :

“L’abolition de cette messe traditionnelle avait provoqué une profonde blessure que Benoît XVI s’est efforcé de guérir. Elle est artificiellement maintenue ouverte en France.”

Ce missel ne conteste pas explicitement la Constitution conciliaire sur la liturgie à propos de l’usage du latin dans la liturgie. Il l’oublie. Ainsi, il indique que  « le latin devait être conservé pour les célébrations exceptionnelles ou romaines » (p. 6) et donc le français devient obligatoire à la messe (p. 560).

Page 17 est reproduite l’erreur de traduction du Symbole de Nicée-Constantinople qui déclare Jésus « de même nature que le Père ». La suppression du « consubstantiel » a été dénoncée dès 1967, mais cela ne perturbe pas nos concepteurs. Pour Madiran :

“Avec une obstination aveugle, l’épiscopat maintient religieusement ce faux et usage de faux depuis quarante-six ans.”

Néanmoins, le CREDO figure aussi dans la langue interdite qu’est le latin (mais en tout petit, pour ne pas choquer les mamies), avec le consubstantialem. C’est un petit pas : la version de 2014 nous le montrera en un peu plus gros peut-être.

La rubrique « Pour mémoire » (p. 8) annonce qu’on trouvera plusieurs fois dans ce missel la « mention d’une fête juive ou musulmane » et que cela s’inscrit « dans le cadre du dialogue interreligieux » (ne parlons pas du dialogue avec les intégristes, ce serait faire du mauvais esprit…). Le problème, c’est que pour dialoguer, il faut être deux. Ces mentions s’inscrivent plutôt dans une logique syncrétiste.

Enfin, puisqu’il faut un coupable, précisons que l’imprimatur a été donné à ce Missel des dimanches 2013 par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin, archevêque de Tours, en sa qualité de « président de la Commission épiscopale de liturgie et de pastorale sacramentelle ». Conclusion de Jean Madiran :

“C’est donc bien la responsabilité du collège épiscopal français qui est engagée.”