Les séminaristes ont une grande attente à l’égard de la liturgie

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Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux, vient de prêcher une retraite auprès des séminaristes du diocèse de Lille. Comme le sujet de la formation des prêtres est à l’ordre du jour de l’assemblée plénière de la CEF, Famille chrétienne l’a interrogé. Un changement de génération se déroule sous nos yeux, c’est flagrant :

Que retenez-vous de ces quelques jours avec les séminaristes du diocèse de Lille ?

Ce qui m’a frappé chez eux, c’est le radicalisme de la foi qu’ils expriment. Ces jeunes veulent donner leur vie au Christ, c’est parfaitement clair pour eux. En revanche, ils n’ont souvent pas de racines diocésaines. Ils ne connaissent pas assez de prêtres diocésains pour les accompagner. Ils sont issus d’une culture hors sol.

Pour vous, que faut-il améliorer dans leur formation ?

Je pense qu’il nous faut renforcer, en premier lieu, leur accompagnement personnel. Du point de vue des études, elles passionnent les séminaristes dans la mesure où elles vont les nourrir spirituellement. Ils ont une grande attente à l’égard de la liturgie, car ils sentent que c’est là qu’ils vont se ressourcer.

En revanche, ils ignorent souvent tout des grandes figures de la sainteté comme Thérèse de Lisieux ou Jean-Marie Vianney. Or ils ont besoin, en plus de la liturgie et de la prière personnelle, auxquelles ils sont très fidèles, de s’identifier à des témoins spirituels. La théologie spirituelle doit donc prendre toute sa place dans la formation.

Comment les séminaristes que vous avez rencontrés perçoivent-ils leurs aînés ?

Ce qu’on constate, c’est une sorte de coupure entre les générations. Eux sont plus classiques. Il nous faut accepter leurs manières classiques et voir qu’il y a chez eux une véritable vie spirituelle. Nous devons leur faire confiance, leur montrer que nous les aimons. De leur côté, ils ont besoin d’écouter leurs anciens. Ce faisant, ils découvriront qu’eux aussi ont été passionnés par Jésus Christ, qu’ils lui ont fait le don de leur vie.”

9 comments

  1. loco

    C’est intéressant ce que dit Monseigneur Boulanger:
    Les “jeunes” sont classiques et il leur faut, sinon comprendre le modernisme déclassé des ” anciens”, du moins l’accepter, en se souvenant que les uns comme les autres donnent leur vie pour le Christ.

    • frannot

      oui ! “Eux sont plus classiques. Il nous faut accepter leurs manières classiques” la réflexion est étonnante… car Mgr Boulanger semble… étonné… mais c’est vrai que l’on sent depuis plusieurs années un “revirement” après le “grand n’importe quoi” que l’on a subi

  2. senex

    Terrible nouvelle..!”Les jeunes séminaristes sont classiques”sic… Abomination et désolation…Ils ont le sens du sacré et ne veulent plus de médiocrité doctrinale et liturgique…Ils semblent atteints de la terrible maladie du “sérieux” ; faites tout ,Mgr, pour qu’ils ne deviennent pas comme ces marginaux de l’Église, “attardés,rétrogrades,enfermés” idéologues” en un mot (pardonnez moi l’obscènité) en un mot attachés à une tradition, à un classisisme,bref menacés de devenir “tradis”.
    C’est aussi une heureuse nouvelle de constater que le tison fume encore…..

  3. gaudet

    Je note dans ce message la constatation d’une coupure entre les jeunes et les anciens, la volonté chez eux d’adopter une conception infiniment plus radicale de la foi et de la prédication.

    Quant à moi, je vois dans cette présentation, le germe même de la renaissance réelle de l’Eglise de France. Sachons donc tourner le dos aux générations soixante huitarde perdues, dont les représentant les plus illustres font justement partie de la conférence des évêques de France.

    Je compte justement sur cette flamboyante jeune génération de prêtres vigoureux, qui deviendront des orateurs et prédicateurs de grande valeur, non seulement relevant considérablement le niveau spirituel de leurs fidèles, mais encore prenant part activement à la lutte indispensables contre les grandes dépravations de notre société ( euthanasie, pédérastie, avortement ) , introduites par une caste politique indigne et corrompue.

    C’est donc avec une joie non contenue que j’accueille la nouvelle de cette très heureuse radicalisation , et j’envie coupablement les futurs fidèles , qui auront le privilège insigne de recevoir ces nouveaux prêtres dans leur paroisse.

    Si j’avais la chance de voir ma paroisse recevoir l’un d’entre eux, mon dévouement et mon zèle d’humble fidèles d’en serait que décuplé

  4. Michel Laviolette

    On ne devient pas séminariste puis prêtre pour les mêmes raisons qu’on devient assistante sociale. La génération post Vatican II matinée de post mai 68 s’est voulue essentiellement sociale; elle découvre enfin que le peuple, qu’il soit de Dieu ou non, attendait autre chose que des services d’écoute: une parole qui entraine dans un décor et des pratiques sortant du quotidien. Le peuple alors se sent honoré et il peut honorer. C’est un peu la raison d’être de la liturgie. Nombre de prêtres ont semblé en faire un paillasson à l’entrée d’un terrain vague; les cadets la considèrent enfin pour ce qu’elle est ou devrait être: la pierre du seuil de la maison et la première marche de l’escalier.

  5. gege

    Elevage hors sol?
    Délicieuse formule. Si le sol ne produit plus rien? Que faire d’autre?
    Le cardinal Marty en son temps disait : ” le blé qui germe ne fait pas de bruit”. Hélas son blé n’a jamais poussé.
    Seigneur envoi des ouvriers dans ton champ car ceux d’avant n’ont rien labouré!

  6. Le Guen

    Contente et pas étonnée de voir nos jeunes avoir soif de retour à la Tradition, aux fondamentaux. Faut pas se leurrer, mai 68 ça marche plus. Les gens ont soif d’idéal et il faut étancher leur soif.

  7. villard

    Vous avez raison Michel Laviolette. J’ai moi-même été assistante sociale pendant 38 ans et j’ai souvent prié le Saint-Esprit pour trouver des solutions aux situations désespérées que je rencontrais. Mais Seigneur ! heureusement que j’avais la Sainte Eglise et ses prêtres ( née en 1947, j’ai eu de saints prêtres) pour m’éclairer, me soutenir et me donner la joie nécessaire à cette profession. Oui, chacun à sa place, dans notre Eglise, aussi bien qu’ailleurs. Les prêtres doivent assurer leur mission, et les laïcs rester à leur place de laïcs qui est grande, cependant.

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