Mgr Joseph Doré signe un texte mensonger sur l’Eglise

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Vous avez certainement entendu parler du manifeste de Philippe Val « contre le nouvel antisémitisme », signé par plus de 250 « personnalités » de tout bord. On y lit :

En conséquence, nous demandons que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés d’obsolescence par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime.

Sur le site du Parisien, théoriquement le texte original, dit :

« comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémite catholique aboli par Vatican II ».

On se demande qui peut bien être cet antisémite qui a été heureusement aboli…

Yves Daoudal souligne qu’il est absurde d’énoncer que Vatican II aurait aboli l’antisémitisme catholique, pour la bonne raison qu’il n’y a jamais eu d’antisémitisme catholique au sens que l’on donne aujourd’hui au mot antisémitisme. Ce n’est pas Vatican II, c’est Pie XI qui a dit :

« L’antisémitisme est inadmissible, spirituellement, nous sommes tous des sémites ».

La phrase de Val étant ambiguë, on ne sait pas si c’est à Vatican II aussi que l’on doit que « les incohérences de la Bible » aient été « frappés d’obsolescence », ou si c’était avant ou après. De toute façon, aucune autorité catholique, avant ou pendant ou après Vatican II, n’a déclaré « obsolètes » des « incohérences de la Bible » en rapport avec un « antisémitisme catholique »…

Mais ce qui est hallucinant est qu’il y ait des catholiques pour signer :

  • Mgr Joseph Doré, ancien archevêque de Strasbourg,
  • le Père Patrick Desbois, « directeur du Service national des évêques de France pour les relations avec le judaïsme et consulteur de la commission du Saint-Siège pour les relations religieuses avec le judaïsme »,

et aussi Chantal Delsol. Pas un n’a pu indiquer à Val qu’il écrit n’importe quoi ?

21 comments

  1. Bayard

    Méconnaissance réelle de l’histoire et des textes sacrés et ecclésiaux, et/ou volonté de nuire à l’Eglise catholique, pour la propagation de la nouvelle religion universelle issue de Vatican II ? La réponse viendra bien assez vite !…

  2. BERTRAND

    A.F a raison.

    L’antisémitisme est une horreur (c’est l’une des raisons pour lesquelles je n’aime pas le régime de l’État français).

    Delsol fait habituellement beaucoup mieux : Quandoque bonus dormitat Homerus

    Dieu nous garde

  3. Tite

    Antisémitisme catholique ? Parce que Jésus a dit :

    ” Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse. Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas. Ils lient des fardeaux pesants, et les mettent sur les épaules des hommes, mais ils ne veulent pas les remuer du doigt » (Matthieu 23 : 1-4) ?

    ” Ils font toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ainsi, ils portent de larges phylactères, et ils ont de longues franges à leurs vêtements; ils aiment la première place dans les festins, et les premiers sièges dans les synagogues; ils aiment à être salués dans les places publiques, et à être appelés par les hommes Rabbi, Rabbi. Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères » (Matthieu, 23 : 5-7) ?

    Et ailleurs : “leur père est le diable” ?

    Ôtez-moi d’un doute. L’homme qui a dit cela, ne s’appelait-il pas Rabbi Yeshua ? N’était-il pas juif ?

    Il faut séparer le bon grain de l’ivraie… L’Église Catholique s’y est employée durant des siècles en n’ayant qu’un seul souci, le salut des âmes… de toutes les âmes, selon les enseignements de Jésus.

    ” L’antisémitisme est une gifle que l’on donne au Christ sur le visage de sa mère ” – Léon Bloy

    Quand en aurons-nous fini avec toutes ces bêtises et ces béotiens suffisants ?… Jamais, je le crains.

  4. Gershom Leibowicz

    Vatican II a au moins abrogé la prière pour les ‘juifs perfides ” de la liturgie du Vendredi Saint et la référence au peuple déicide que l’on trouve encore dans le rite pratiquée par la FFSPX .
    Nul historien sérieux ne peut nier l’existence d’un antijudaîsme catholique pérenne jusqu’à Vatican II et qui a trop souvent au cours de l’histoire évolué en antisémitisme dont il n’est pas assurément la seule cause . .

      • Gershom Leibowicz

        La formule “oremus et pro perfidis judaeis” figurait dans le missale romanum avant le concile de Trente . cette formulation fut conservée dans le missel romain après ce concile .

          • Gershom Leibowicz

            J’en déduis donc:

            – que vous reconnaissez implicitement que cette formule figurait bien dans les missels et n’étaient pas une bêtise racontée dans les journaux
            – que vous connaissez parfaitement le latin. Puis je vous demander de nous donner votre traduction?
            -que Saint Louis fut sans doute un fervent protecteur des juifs ?

          • – Cette formule existe. Mais est-il antisémite, selon vous, de prier pour la conversion des juifs ? Je crois au contraire que ne pas vouloir que les juifs se convertissent, c’est cela être antisémite.
            – la traduction est connue. L’Eglise prie pour les “Juifs infidèles”
            – Parfaitement, saint Louis a protégé les juifs. Vous devez aussi être victime des mensonges colportés depuis le XIXe siècle sur le Moyen Age.

          • Gershom Leibowicz

            Sans polémique tenons nous en aux faits :
            – Vous savez parfaitement la polysémie des traductions du mot perfidis qui a pris , dans les langues vernaculaires une acception antijudaïque ;
            – Louis IX a ordonné la crémation publique du Talmud en 1240 et a imposé le port de la rouelle sur les vêtements des juifs du royaume de F
            Ne faisons pas d’anachronisme , il ne s’agit pas d’antisémitisme au sens de ce mot aujourd’hui , ni d’antijudaïsme de principe , mais d’une attitude antijuif qui a nourri l’antijudaïsme atholique qui n’a pas été sans effet sur l’antisémitisme ultérieur .

            l’histoire ne peut pas être interprétée de manière simpliste et manichéenne , ni dans un sens , ni dans un autre .

          • – Non, il n’y a pas de polysémie qui tienne. C’est un présupposé né de la haine anticléricale. Les juifs “perfidis” sont les Juifs qui n’ont pas la foi et l’Eglise prie pour leur conversion.
            – le pape Innocent IV, l’un des meilleurs canonistes de son époque – reprenant les directives de Grégoire IX qui avait demandé le 9 juin 1239, suite à la promulgation de la bulle Sufficere dibuerat (l5 mars 1233),aux évêques de France de faire confisquer tous les exemplaires du Talmud – écrivit une lettre pontificale qu’il intitula : Impia Judaeorum perfidia, publiée le 9 mai 1244, adressée au roi Saint Louis afin que le souverain puisse légiférer pour se protéger des idées talmudiques en France.
            Dans la lettre Impia Judaeorum perfidia, Innocent IV exhortait saint Louis à brûler et faire brûler publiquement le Talmud. Innocent IV indique que Jésus Christ, par sa miséricorde et sa longanimité tolère la cohabitation entre Juifs et chrétiens, mais ceci dans l’attente de la conversion des Juifs, même si ces derniers désignés comme « ingrats » n’admettent aucune repentir de leur faute et ne « révèrent pas l’honneur de la foi Chrétienne, avoir renoncé à la loi de Moise et des Prophètes, suivent quelques traditions de leurs aînés » (Ipsi enim ingrati Domino Jesu Christo […] nec reverentes honorem fidei Christianae, omissis […] lege Mosaica et Prophetis, quasdam traditiones suorum seniorum sequuntur).
            C’est pourquoi le pape, s’appuyant sur saint Matthieu (XV, 3), après avoir rappelé que les Juifs ont volontairement renoncé au mandat divin à cause de leur tradition qui enseigne des doctrines faussées et les éloigne de la loi et des prophètes, soulignait que les enfants des Juifs étaient nourris et enseignés par le Talmud qui contient « des blasphèmes contre le Dieu et son Christ, la Vierge Marie, des abus faux et des bêtises inouïes » ( « sunt blasphemiae in Deum et Christum ejus, ac beatam Virginem manifestae, abusiones erroneae, ac stultitiae inauditae »).
            Nicolas Donin (+ 1287), qui s’était converti en 1235 au christianisme et devint franciscain, dénonça les principaux passages antichrétiens du texte, ceci dans une confrontation publique avec le rabbin Yehiel de Paris (+1286) qui était alors le responsable de l’école talmudique. Faisant suite à sa démonstration, qui épouvanta les examinateurs et théologiens ecclésiastiques dans laquelle Donin cita des passages entiers du Talmud, dont il prouva qu’il était devenu pour les juifs une loi quasi supérieure à celle de la Torah, montrant qu’il contenait d’horribles blasphèmes, encourageait à la haine envers les chrétiens et autorisait les juifs à se jouer des « goyim », de les voler voire les tuer.

          • Gershom Leibowicz

            Merci pour votre démonstration qui conforte mon propos .
            Faut il vous rappeler que Jacques frère de jésus se réjouissait de signaler à Paul vers l’an 57 que de nombreux juifs continuaient d’aller au temple et de pratiquer la loi juive tout en célébrant le repas du Seigneur , qui au premier siècle n’avait pas encore de dimension sacrificielle et liturgique , mais était d’abord le mémorial de la dernière Cène . ?

    • fg

      “perfide”, à l’origine et étymologiquement, signifie “qui n’est pas fidèle à sa foi”: c’est le sens que lui donnent les grandes oraisons du vendredi saint.
      Pour tenir compte de l’évolution du sens vers “sournois” ou “traître”, et éviter toute interprétation insultante, on aurait pu remplacer cet adjectif par “manquant de foi”: certes, mais l’occasion est trop belle de s’en prendre une fois de plus à la FSSPX.

  5. A. Brody

    Je suis ‘accord sur le fond avec votre commentaire.
    En revanche, le père Patrick Desbois n’est plus en fonction près de la conférence des évêques de France. Il pose d’autres problèmes et on peut se demander ce qu’il fait vraiment. Un illusionniste. C’est le père Louis-Marie de Coudray qui le remplace à la CEF depuis je crois plus d’un an.

  6. Agnès La Belle

    Rappelons l’action des catholiques pendant la seconde guerre mondiale. Qui ont sauvé tant de Juifs, d’enfants .
    Et Pie XII qui fit fondre l’or du Vatican pour payer une rançon aux nazis pour épargner des Juifs . Qui ont été exterminés malgré le paiement effectué. Historique. Quelle honte qu’ un Evêque Français approuve de tels mensonges.

    Démission. Dégradation. retour au Séminaire, à la pénitence. Et écrire en public ces pêchés de mensonges contre la religion catholique, le plus grand pêché, en enfer. Direct.

  7. Daniel PIGNARD

    Ouf, ils n’ont pas demandé à ce que Jésus-Christ soit épuré de la bible, ni l’apôtre Paul qui a bien donné dans la critique des Juifs :
    L’antisémitisme est biblique donc pas de problème :
    « Car vous, frères, vous êtes devenus les imitateurs des Églises de Dieu qui sont en Jésus Christ dans la Judée, parce que vous aussi, vous avez souffert de la part de vos propres compatriotes les mêmes maux qu’elles ont soufferts de la part des Juifs.
    Ce sont les Juifs qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui nous ont persécutés et ne plaisent point à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux païens pour qu’ils soient sauvés, en sorte qu’ils ne cessent de mettre le comble à leur péchés. Mais la colère a fini par les atteindre » (1 Thes 2 :15-16)

  8. Pingback: Un manifeste irresponsable | Le Salon Beige

  9. Rostolan

    Le Talmud n’est pas un texte de foi, mais contient des interprétations de ces textes, notamment dans un sens violemment anti-chrétien (surtout contre la Vierge Marie). C’est en raison du scandale ainsi créé dans le peuple chrétien que l’Université de Paris en demanda la saisie et destruction au roi Saint Louis.
    Il s’agissait bien uniquement du Talmud, et nullement de textes de foi ou de liturgie des Juifs; lesquels Juifs n’étaient d’ailleurs pas unanimes à partager les spéculations intellectuelles du Talmud.
    Or Saint Louis était connu comme un protecteur dévoué des Juifs, pour lesquels il avait édicté le port de la rouelle qui indiquait à tous qu’ils étaient sous la protection particulière du Roi. Aussi fit-il longtemps la sourde oreille aux demandes répétées de l’Université de Paris (la même qui – en la personne de Mgr Cauchon – condamnera Jeanne d’Arc). Et ce n’est qu’à la fin que St Louis fit droit à ces récriminations et autorisa que fussent saisis et brûlés des exemplaires du Talmud (et que du Talmud).
    Un descendant de 5 familles séfarades de Provence.

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