Mgr Lebrun : “le droit à l’avortement est un leurre”

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Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Etienne, dans un texte adressé à tous les catholiques du diocèse et à ceux qui voudront bien ouvrir leur cœur et se laisser interroger, examine ce « droit » voté par l’Assemblée nationale et pose de nombreuses questions devenues tabou.

“Un droit au drame de l’avortement ?

Je ne saurai jamais ce que vivent des femmes en grande difficulté ; pourtant je veux affirmer que le droit à l’avortement est un leurre. Il réduit au silence les plus faibles, les enfants dans le sein de leur maman, les enfants de leur papa curieusement absent de la loi. « Ce que vous ferez au plus petit, c’est à moi que vous le ferez », dit Jésus dans l’Evangile. Y a-t-il plus petit dans notre humanité que l’embryon de 3 jours, 5 ou 12 semaines, le fœtus de 4 ou 9 mois ?

Quelle différence entre l’enfant conçu depuis 12 semaines et celui conçu depuis 13 semaines ? Rien, dit la science, sinon que le premier est plus faible, plus petit ! Les parlementaires d’aujourd’hui décident arbitrairement de supprimer toute protection aux plus faibles des humains. C’est une tromperie. Qui sont-ils pour décider que celui-ci est un être humain digne de la plus grande protection un jour, et le placer sans aucune protection la veille ?

Il ne peut y avoir de tri parmi les enfants à naître. L’enfant handicapé n’est-il pas un être humain comme les autres ? D’ailleurs, notre société déploie de justes efforts envers les personnes atteintes d’un handicap. De même, qui s’insurge contre le jugement porté sur les femmes qui font le choix de l’accouchement sous X, et donc du don pour l’adoption, plutôt que l’avortement ? Qui s’étonne que ce choix soit considéré comme plus grave envers son enfant que de lui ôter la vie ?

Qui sommes-nous pour décider qui a le droit de vivre ? Aimer, protéger, accueillir l’enfant depuis sa conception est la seule attitude humaine cohérente, à moins de se prendre pour Dieu. Il y va de l’avenir de notre société, de la vérité de notre lutte pour les plus pauvres quels qu’ils soient. Cette cohérence, évidemment, va avec toute l’attention à porter aux femmes en grande difficulté, en particulier les très jeunes.

Que signifie, face à l’embryon, le droit de la femme à disposer de son corps ? Notre corps est un don pour la vie. L’enfant à naître est « son » enfant, celui de la femme enceinte, mais il est aussi l’enfant de son père, à égalité. En fait, pour la science, c’est un être vivant, autonome, de l’espèce humaine comme le prouve la fécondation in vitro. L’enfant est nourri à travers le corps de la maman, comme il le sera différemment dans les premiers mois après sa venue au monde. Les neuf mois d’intimité ne sont pas un droit de vie ou de mort, à moins de transformer la joie en angoisse.

Pourquoi cache-t-on les conséquences psychologiques, sociales et économiques des avortements ? Quel média relaie les innombrables dépressions qu’ils engendrent ? Quel sociologue peut dire ouvertement ce que serait notre société sans l’avortement ? Combien de couples avec ou sans enfants auraient pu adopter, par exemple ? Quel ministre dit à quoi aurait pu servir le milliard dépensé par la sécurité sociale, pour aider les femmes dans la détresse ou les parents d’enfants handicapés ? Ces silences sont des tromperies.

Disciples de Jésus, les chrétiens veulent choisir la vie, choisir les plus petits. C’est leur joie la plus profonde. « J’étais nu et vous m’avez habillé », dit Jésus. Je remercie toutes les femmes et tous les hommes qui choisissent la vie, je remercie toutes les personnes qui viennent au secours des femmes et des hommes tentés par l’avortement jamais choisi par plaisir. Je remercie les écoutants de l’association Nouvelle étape. Parmi d’autres, ils ouvrent leur cœur et leur savoir-faire pour aider celles qui hésitent ou qui ont subi un avortement. Je remercie aussi ceux qui s’attaquent aux vraies causes : la misère économique et morale, la pornographie, les pressions et les violences faites aux femmes, les carences éducatives, et l’oubli du Créateur.

Comme le disait Simone Veil à la tribune de l’assemblée, l’avortement est toujours un drame. Que signifie un droit au drame ! Comme le dit le Pape François, « quelle horreur … », y aurait-il un droit à l’horreur ? Comme le disent des professionnels, « c’est trop dur de pratiquer des avortements » … Un droit fera-t-il oublier la dureté des 8 millions d’avortements depuis 1974 ? Comme en témoignent tant de femmes 5, 10, 15 ans après, ou même plus tard, l’avortement est une blessure à vie … Qu’est-ce qu’un droit d’être blessée à vie ?

Aimer le plus petit, c’est aussi ne condamner personne, comprendre, autant que possible, les parents confrontés à la question de l’avortement. Je redis que le pardon est ouvert à tous. Je ne peux ressentir ce que vit une femme en grande difficulté, mais je suis témoin du magnifique relèvement de femmes qui ont pris le beau chemin du pardon. Je remercie les prêtres qui transmettent le pardon de Dieu et sont témoins de sa miséricorde.

Que Dieu pardonne notre société quand elle refuse la vie ! Que Dieu nous donne courage pour choisir le plus faible !

+ DOMINIQUE LEBRUN

8 comments

  1. QUE TREMBLENT CEUX QUI N ONT PAS LA CRAINTE DU SEIGNEUR.

    LE SEIGNEUR A DIT ” JE SUIS CELUI QUI EST JE SUIS LA VIE ”

    IL A DIT ENCORE ” CE QUE VOUS FAITES A CES PETITS C’EST A MOI QUE VOUS LE FAITES”

    PRENDS PITIE SEIGNEUR ! PRENDS PITIE!

    • Courivaud

      et ensuite, cher Monsieur ou chère Madame, après vous être exprimé en ces termes dont je comprends toute la mesure, que faites-vous de concret, vous personnellement, pour ne pas s’en tenir à cette lamentation, au sens vrai du terme, mais qui n’est pas celle de Jérémie ? Il est demandé aussi à chacun d’entre nous, d’agir face à des situations de détresse comme celle-ci (cf. épitre de saint-Jacques figurant dans la bible “catholique”).

  2. saurat

    bien sur que c’est un leurre c’est en fait le droit de se faire sauter sans risque d’avoir un bébé ce qui est bien sur une catastropheet d’ailleurs c’est une maladie remboursée par la secu

  3. lea

    Merci, Monseigneur! Merci de votre courage qui manque à tant d’entre nous ! Continuez de nous enseigner et donnez-nous encore de précieux éléments pour relayer ce combat pour la vie . Que votre message soit
    communiqué à tous les parlementaires et aux médecins auxquels , par leur silence ou leur lâche abstention, ces parlementaires “absents” , font obligation de “tuer”.
    Vous levez les bonnes questions, interrogez les consciences, imposez le débat.
    Que “Riposte catholique” diffuse à tout-va votre texte, car il ne peut être réservé ni confiné à un nombre restreint de personnes et encore moins aux seuls catholiques.
    Merci, Monseigneur et que Dieu vous garde encore longtemps comme pasteur, un vrai pasteur!

  4. alex

    C’est très bien comme intervention, mais pourquoi cet évêque le fait-il de manière isolée ?
    Ca fait maintenant 40 ans que l’ HOMICIDE de masse suit son cours, et c’est toujours accepté !

    Utiliser le terme de “leurre” veut dire quoi en fait ?

    Puis si un évêque utilise la terminologie de “DROIT DE TUER” comme base, ça veut dire quoi de sa justice ?
    sa justice , son droit est celle de l’Enfer, de la Damnation, oui !

    Sire Jésus-Christ à la foule et aux pharisiens (pardon pour les références chiffrées, mais c’est juste après les béatitudes chez Saint Mathieu):

    ” Amen, amen je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume de Dieu.”

    L’Evangile est Puissant et sans aucun équivoque.
    Il est heureux de constater que la La Vérité ne supporte pas longtemps les doubles langages:
    celui d’émminences religieuses officielles impunies avec le langage du Monde, du Mauvais, équivoque & ambigue sinon franchement mortel, qui est très révélateur des âmes pastorales quiétiste-à-mort: quelle horreur habituelle, ça ne choque personne ça!

    Quel Misère !

  5. Courivaud

    C’est vrai, c’est un texte dont il faut se féliciter par certains rappels importants au respect d’un droit fondamentale que l’on foule ainsi aux pieds, le “droit à la vie”.

    sauf que nous ne sommes plus en 1974, au moment du vote de la loi relative à l’IVG. Ce texte aurait donc pu être écrit en 1974. et d’ailleurs, je ne ferai pas de commentaire sur cette référence à Madame Veil (suggérée comme une bonne référence)

    Mais nous sommes en 2014 et non 40 ans en arrière. La situation a évolué dans le sens d’une aggravation, ce que ce texte évoque bien peu, et franchement :

    – nous, catholiques, avons choisi très majoritairement de nous accommoder de ce scandale législatif (et pas seulement législatif) ; il n’est déjà pas rassurant de songer que nous allons nous accommoder prochainement du “mariage pour tous”, et sans doute, de la GPA-PMA, du droit à l’euthanasie…. j’arrête là ;
    – je n’ai pas vu jusqu’à présent beaucoup d’évêques manifester le 25 janvier pour demander le respect du droit à la vie. Attention ! certains silences sont des connivences, et cela ne s’applique pas seulement aux “heures sombres de notre histoire” : le Christ appréciera le moment venu ce que les successeurs des Apôtres en France auront fait de “ces petits” dont parle Mgr Lebrun ;
    – le pardon “n’est pas un droit”… et il faut penser aussi à faire justice et à réparer. Je sais, le pape François 1er insiste sur le pardon, mais pour autant, le pardon ce n’est pas un hochet dont on se sert pour parler de tout, sans hiérarchie entre les objectifs et les intentions, sans songer au contexte ;
    – les évêques, en France, communiquent peu ou pas sur les modalités de lutte contre l’avortement. Et pourtant, ce magistère intéresse les (quelques) fidèles qui restent et qui veulent obéir à leur conscience et faire leur devoir de citoyen à quelque niveau de responsabilité que ce soit ; là encore, le Christ “appréciera” le moment venu…;
    – il y a une grande confusion doctrinale parmi les catholiques sur ce que doit être notre attitude face à l’avortement… mais encore faut-il prendre le magistère au sérieux, celui assigné aux évêques, pour commencer ;
    – il y a cette idée fausse et persistante suivant laquelle l’opposition à l’avortement n’émane que des catholiques (s’il en reste…) alors que c’est avant tout une enfreinte grave à la loi naturelle et que la loi naturelle, beaucoup d’hommes de bonne volonté sont capables de la comprendre et de la défendre (j’en ai eu maintes fois la preuve).

  6. Floris de Bonneville

    Merci Monseigneur. Si tous les évêques de France pouvaient écrire un tel message à leurs ouailles, peut etre que les députés de l’UMPS auraient quelques remords d’avoir transformé l’avortement en droit fondamental !

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