Mobilier liturgique : droit de réponse du diocèse de Laval

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Suite à mon article du 10 juillet sur l’étrange mobilier installé dans l’église du diocèse de Laval, j’ai reçuun droit de réponse de Mme Marie-Eline Guihaire, déléguée diocésaine de la commission diocésaine d’Art sacré du diocèse de Laval :

“Nous lisons, par hasard, votre écrit cité plus bas, et tenons à vous apporter des précisions que vous auriez pu demander et obtenir avant de publier, en forme d’accusation, votre réf. au droit canon. En effet, cet autel en bois est recouvert d’une plaque de marbre ( pierre métamorphique ), collée, de couleur très proche de celle du bois. Cet autel est fixé au sol. Monseigneur Scherrer a veillé, à son arrivée à Laval, à ce que ces éléments soient respectés avant de consacrer ce nouvel autel, par ailleurs commandé avant son ordination épiscopale.

Permettez-nous de vous préciser, enfin, que cet autel n’est pas “post-moderne” mais contemporain.
 
D’autre part, il nous semble anormal de publier une photo sans indiquer son copyright, d’autant que vous avez récupéré ce cliché dans la revue diocésaine “Paroles et Gestes”.”

NB de Maximilien Bernard:
1. La photo vient du site internet du diocèse et non de la revue, que je ne connais pas.
2. Si je comprends bien l’article du code de droit canonique cité (« Can. 1236 – § 1. Selon la pratique traditionnelle de l’Église, la table de l’autel fixe sera en pierre et même d’une seule pierre naturelle ».), la norme est bien que les autels soient constitués d’une seule pierre. Je sais que les autels “de campagne” (tels qu’en utilisent les aumôniers scouts ou les aumôniers militaires) peuvent être de bois, avec une pierre d’autel. J’ignorais qu’il en allait de même pour les autels dans les églises et je serais reconnaissant à Mme Guihaire (ou à un lecteur de Riposte catholique) de bien vouloir me le confirmer et, le cas échéant, de m’expliquer comment une jurisprudence peut aller aussi manifestement à l’encontre de la loi elle-même.
3. La publication de cette information que je n’ai pas rendue publique moi-même, assortie d’un article du droit canon que je n’ai pas davantage inventé, ne visait pas à promulguer un jugement pour lequel, comme simple fidèle, je suis incompétent, mais simplement à poser un problème. Je constate que les précisions de Mme Guihaire ne résolvent pas le problème.

17 comments

  1. Kaouenn

    Bonsoir. Je trouve comme vous que c’est autel est très laid. Mais attention pour ce qui est des autels en bois : bien des autels anciens de nos églises sont en bois et comportent une pierre d’autel. Votre intervention me semble un peu maladroite car elle semble jeté le discrédit sur ce précieux patrimoine. Un autel en bois avec pierre d’autel consacrée peut être préférable à une horreur en pierre ou en marbre comme, par exemple, le nouvel autel, installé du temps de Mgr Gourvès, dans la cathédrale de Vannes et que l’on surnomme “apéricube”.

  2. jallas

    L’article du droit canon cité ne parle que de la table de l’autel mais pas des pieds ou des structures la supportant
    Querelle d’Allemands ?. Le doit canon ne serait-il pas plus explicite ?

    Ardéchois

  3. karr

    Ce type “d’autel”nous replonge dans les années 70,aucun sens du sacré!
    Comment faire respecter nos églises si le clergé et les “commissions d’un prétendu art sacré”,peuvent-ils proposer encore de telles horreurs?
    Comment un prêtre peut-il célèbrer là dessus?
    depuis quarante ans et plus nos églises sont desertées mais l’on s’obstine!
    Les fidèles sont-ils consultés?
    Après tout ce sont eux qui règlent la note!

  4. besonhé maurice

    Dans l’église “conciliaire” des pretres afflubés de vieilles chemises de nuit et s’agitant micro en main autour d’un mobilier d’un goût (et souvent d’un coût) à “ch…” , le ridicule ne tue plus, mais … il vide les églises!

  5. c

    L’art contemporain et non post-moderne: là est vraiment l’important du message!
    Je sais je suis odieusement ironique, mais dans un sens comme de l’autre, c’est vraiment un triste autel qui ne fait pas très “catholique”!

  6. L'abbé Canon

    Une observation attentive de la photo montre qu’effectivement toute la table de l’autel est bien “en pierre et même d’une seule pierre naturelle” : elle couvre toute la surface haute de l’autel. Il y a sous la pierre une plaque en bois de dimensions presque identiques, mais un peu plus réduite, qui est reliée au pied de l’autel. Il me semble incontestable que cet autel, indépendamment des questions de bon goût, est parfaitement conforme à la lettre du canon 1236 – § 1.

  7. Doudou

    Je ne comprends pas votre points 2 et la fin du 3. La réponse est claire, non ? La dame nous explique que l’autel est recouvert d’une seule et même grande pierre de marbre, donc le canon est respecté : “la table de l’autel fixe sera en pierre et même d’une seule pierre naturelle”. cela n’a rien à voir avec un autel de campagne dont la table est en bois avec dessus déposé une pierre d’autel ! Où donc est le problème ??

    Cela dit l’autel et moche ….
    Fraternellement en Christ

  8. Jean-Paul

    Le texte rédigé par la conférence épiscopale française commentant le canon cité est donné dans son bulletin officiel n° 30, 28/01/1986 en page 452 et a été publié par la documentation catholique 86, (1989), p. 77.
    Brièvement, en France, la table d’autel doit être en pierre et l’autel lui-même dans un matériau digne.

    Il me semble que le problème réel n’est pas vraiment là. Nous sommes ici plutôt en présence d’une table (pour le repas) que d’un autel (pour le sacrifice). La différence est importante et véhicule clairement une certaine conception de la messe.

  9. amie5978

    L’expression “Post moderne” n’égale-t-elle pas l’adjectif “contemporain”, puisque : ‘l’art moderne commence en 1907, avec Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso, et s’achève au milieu des années 1960 avec l’apparition du mouvement Fluxus et du pop art, deux des racines de l’art et du vocabulaire actuel de l’art dit « comptant pour rien »’ ?

    De toute façon, dans cette histoire, on joue sur les mots….

  10. P. Jean-François Thomas s.j

    Je me pose deux questions:
    – Quelles sont les reliques insérées dans cette pierre d’autel?
    – Pourquoi consacrer cet autel minimaliste alors que derrière se trouve un très beau maître autel qui semble être abandonné et dépouillé ?

  11. c

    @Karr
    “Les fidèles sont-ils consultés?
    Après tout ce sont eux qui règlent la note!”

    Malheureusement entre le “comité des soviets” des représentants du peuple catholique qui sont tous puissants dans les paroisses dites de “rit ordinaire”, et les gentils fidèles passifs qui ne veulent pas faire de la peine en disant que cela ne leur plait pas vraiment et n’osent pas s’opposer, il est à parier que le même autel aurait été choisi.
    Voir les horreurs qui sont installées avec l’accord (sauf exception) de la hiérarchie catholique et des paroisses et la pression des organismes de l’état (et donc des fonctionnaires qui veulent faire passer des commandes à leurs petits copains parce qu’il fallait faire vivre un “artiste” contemporain ou postmoderne.
    cf excellent livre d’Aude de Kerros
    Sacré Art Contemporain – Evêques, Inspecteurs et Comissaires, Ed.Jean Cyrille Godefroy, 2012

  12. Domremy

    Qu’est-ce que c’est que cet arbre mort qui trone en guise d’autel pour l’office liturgique et l’Eucharistie .

    Quand ces clowns cesseront-ils de nous faire honte d’etre catholique ?

    J’ai envie de leur envoyer le livre d’Aude De Kerros

  13. Virginie Delcourt

    Le distingo supposément subtil que cette dame prétend poser entre “postmoderne” et “contemporain” est assez ridicule. L’expression “art contemporain” est un code logomachique pour désigner des pratiques qui n’ont plus d’art que le nom. Christine Sourgins et Aude de Kerros ont publié plusieurs articles (e.a. dans http://www.catholica.fr) et livres à ce sujet. Mme l’animatrice du diocèse de Laval confirme l’aplatissement de l’Eglise de France devant l’anti-art appelé “art contemporain”. Merci de l’aveu.

  14. Jean-Michel

    Il est sûr que cet autel serait idéal pour une assemblée New Age ou wicca. Cependant je ne le trouve pas laid ; s’il faut choisir un support avec des embranchements, je préfererais bien sûr un support en pierre de style gothique mimiquant une arborescence, mais bon s’ils n’ont plus d’argent? (le concile Vatican II a habituellement vidé les églises des fidèles et donc des ressources financières). En tout cas ça reste toujours mille fois mieux pour moi que les autels en béton, et que le pire que je connaisse, l’horrible, énorme et informe bloc de béton en plein dans la magnifique cathédrale de Tour…

  15. Jean-Michel

    J’essaye de penser positif. Cet autel de liturgie conciliaire étant en bois, il serait facile de l’enlever = positif, en espérant que la messe traditionnelle puisse revenir. L’autel traditionel préconciliaire est-il toujours présent?

  16. Antoine

    Il est bien évident qu’aujourd’hui, et depuis près de 40 ans, la sainte messe tient plus du repas convivial où le principal acteur est le” Peuple de Dieu” (dixit le catéchisme de l’Eglise catholique de 1992) que l’expression du Saint Sacrifice de Jésus rédempteur , d’où ces tables qui se veulent des autels pour lesquels le droit canon est plus ou moins suivi pour la forme. Tout cela participe de la dramatique déchristianisation de notre pays.

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