La nomination de Mgr Fonlupt fait du bruit à la Nonciature

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Mon confrère d’Osservatore vaticano relève que la nomination de Mgr Fonlupt à Rodez a provoqué une bronca à la nonciature à Paris. Mgr Luigi Ventura a subi son “baptême du feu“:

Il a compris qu’il ne pouvait pas s’appuyer sur le clergé style « années de plomb »… mais que, par ailleurs, les « forces vives » du catholicisme français, notamment les clercs « identitaires », n’étaient pas disposés à se laisser piétiner sans rien dire. Bref, Mgr Ventura découvre la réalité du catholicisme français: un petit noyau de clercs et de fidèles « restaurationnistes », qui sont maintenant majoritaires dans les séminaires, et les restes de l’antique puissance des clercs des années 1970, qui continuent à contrôler le noyau dirigeant de l’épiscopat, mais qui, numériquement, ne opèsent plus grand-chose.

Effectivement, les lettres, messages, coups de téléphone se sont succédés à la nonciature, auprès du personnel diplomatique en charge de la coordination des nominations épiscopales. Dans un article du 6 avril, je faisais état de l’onde de choc qu’avait provoquée dans une grande part du clergé la nomination de François Fonlupt, poulain de Mgr Simon, archevêque de Clermont-Ferrand.

Il est proprement effarant qu’en 6 ans de pontificat de Benoît XVI on ait pu élever à l’épiscopat ou promouvoir à des sièges importants une brochette aussi impressionnante de purs produits des appareils diocésains « esprit du Concile » : Mgr Nourrichard à Évreux, Mgr Mousset à Pamiers, Mgr Moutel à Saint-Brieuc, Mgr Mathieu à Saint-Dié, Mgr Grua à Saint-Flour, Mgr Grallet à Strasbourg, Mgr Ulrich à Lille, Mgr Kalist à Limoges, Mgr Pontier à Marseille, Mgr Jacolin à Mende, etc.

Certes, cela a permis de nommer aussi une pincée d’évêques comme Mgr de Kérimel à Grenoble, Mgr  Scherrer à Laval, Mgr Ginoux à Montauban, Mgr Aillet à Bayonne, Mgr Castet à Luçon, etc. Mais, outre le fait que ces derniers sont d’une prudence de Sioux s’aventurant hors de leurs réserves, il faut aussi se souvenir des nominations d’évêques auxiliaires, fruits de l’autoreproduction épiscopale, qui auront bientôt nécessairement un siège résidentiel, tels : Mgr Beau et Mgr Nahmias, auxiliaires de Paris, Mgr Souchu, auxiliaire de Rennes, Mgr Azéma, auxiliaire de Montpellier, etc.

A croire que ceux qui recrutent nos évêques se disent que mieux vaut la mort définitive du catholicisme français que de prendre le risque de nominations réformatrices ! Bien sûr, on pourra objecter que certains des évêques néo-soixante-huitards sont capables de changer. On pourra aussi se réjouir du fait que ces néo-soixante-huitards sont une version plus édulcorée de l’épiscopat soixante-huitard qui a précédé. C’est généralement vrai. C’était vrai avant la nomination du Père Fonlupt. Les responsables des nominations épiscopales sont tombés des nues quand on leur a expliqué que cet homme, au demeurant sympathique et humainement plein de qualités, pratiquait les cérémonies de bénédiction à l’église à l’occasion du « mariage » des divorcés remariés, qu’il organisait sans problème des absolutions collectives (le diocèse de Clermont est de ce point de vue en pointe), et qu’il orchestrait des liturgies “tralala”, avec rondes de petites filles autour de l’autel au moment de la prière eucharistique : « Entrez dans la danse, voyez comme on danse, sautez, dansez, concélébrez comme vous voulez » ».

Mon confrère poursuit :

Mais le pire est peut-être à venir. Il se murmure dans les sacristies (et jusque dans les couloirs de la nonciature) qu’à côté d’un respect plus qu’aléatoire des normes disciplinaires et sacramentelles de l’Eglise romaine, le nouvel évêque de Rodez aurait laissé des traces de propos franchement hétérodoxes. A l’heure où j’écris, il s’agit de rumeurs – à moins qu’un lecteur d’OV ne dispose des textes en question – mais imaginez que, dans les semaines à venir, en guise de cadeau de « joyeux avènement », soient publiés deux ou trois textes « sapiens haeresim » du nouvel évêques, les services de l’avenue du Président Wilson auraient bonne mine!

Cela ferait désordre, c’est le moins que l’on puisse dire.