Polémique sur l’euthanasie : la position insoutenable des Scouts de France

Download PDF

Comme le MRJC et la JOC, le représentant des SGDF n’a pas pris part au vote sur l’euthanasie au CESE. Le mouvement scout, reconnu par l’épiscopat français, justifie sa position de Ponce Pilate :

“Nous devons tous pouvoir réfléchir le plus sereinement possible à la fin de vie.” Ce rappel des évêques de France lors de leur déclaration sur la fin de vie du 22 mars dernier n’a malheureusement pas été entendu ces 3 derniers jours.

L’avis du CESE sur la fin de vie voté ce 10 avril comporte tout d’abord 11 recommandations saluées de façon unanime. Les 3 recommandations suivantes sont favorables à des solutions létales en contradiction avec notre foi, mais, pour la première fois dans l’histoire du CESE, il est clairement fait mention d’un dissensus. Cet avis explique donc que le CESE n’arrive pas à trouver d’accord en son sein. Malheureusement, les diverses communications publiques autour de cet avis ont passé cette complexité sous silence.

Représentés au CESE, les Scouts et Guides de France ont donc, du fait de cette ambivalence, fait le choix de ne pas prendre part au vote, choix fait en concertation avec les autres organisations catholiques de jeunesse. Il a pu être mal compris par ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement de cette assemblée, mais il ne doit évidemment, à aucun moment, laisser à penser que nos mouvements se désintéresseraient de cet enjeux.

Hélas, depuis trois jours, ce choix a été présenté comme un silence approbateur de l’euthanasie. Une fois encore, un simplisme binaire s’est imposé. Il n’a fait que semer le doute et la discorde parmi les chrétiens. Les Scouts et Guides de France sont un mouvement qui débat beaucoup en interne. Aucune position officielle n’est prise tant que le débat n’a pas eu lieu. En tant que mouvement d’éducation, nous sommes, bien entendu, concernés par les questions touchant à la vie. Nous préférons donner des clés pour réfléchir plutôt que de dire à la place des jeunes ce qu’ils doivent penser. C’est bien dans cet esprit que nous avons diffusé les fiches de la CEF. La fin de vie est un sujet aux enjeux tellement fondamentaux. Notre vision sur un tel sujet ne peut pas se résumer par des propos lapidaires propres aux réseaux sociaux.

Nous invitons enfin largement tous ceux qui découvrent notre action au CESE à consulter les avis que nous y avons portés. Ils y constateront que notre attachement à la doctrine sociale de l’Eglise est entier.

S’il est entier, pourquoi ne pas voter contre ? Qu’est-ce qui fait que, dans le fonctionnement de cette assemblée, il ne fallait pas voter contre ? C’est non seulement incohérent, mais c’est aussi insupportable de constater qu’un mouvement d’Eglise catholique n’est pas capable d’aller au bout de ses convictions. Donner des clés pour réfléchir est une bonne chose, mais cela doit s’accompagner d’une exemplarité dans la défense de ses convictions. Sinon les jeunes pensent que tout ceci n’est pas si important. Ou encore que bien réfléchir suffit et qu’il n’est pas utile d’agir. Comme si la réflexion ne devait pas s’incarner dans l’action.

15 comments

  1. Hervé Soulié

    On sait depuis quarante ans que les scouts et guides de France, c’est “du sel qui a perdu sa saveur”?
    Et dire qu’ils prétendent former les jeunes au christianisme !
    C’est lamentable.
    On comprend que l’islam a de si beaux jours devant lui, quand on contemple de pareils serviteurs du Christ…

    • Louis

      Les SGDF ne prétendent pas former au christianisme. C’est un mouvement catholique d’éducation, pas un mouvement d’éducation catholique. Ils proposent aux jeunes un chemin d’évangile mais n’ont jamais prétendu rien de plus

  2. Dabilly

    Comme lors du vote de la loi Taubira, les SGDF s’abstiennent. Nos chères anciennes Guides doivent se retomber dans leur tombe. Exister c’est résister, elles pleinement femmes, non genderisées, elles le savaient.

  3. Arome

    Mention spéciale à la phrase “Nous préférons donner des clés pour réfléchir plutôt que de dire à la place des jeunes ce qu’ils doivent penser”.

    Pensez-vous qu’il s’agit :

    – choix 1 : d’une manipulation hypocrite, je ne te dis pas quoi penser, mais comme tu me fais confiance pour former ton esprit je vais orienter ta décision d’une telle façon qu’elle sera mienne alors que tu croiras l’avoir prise librement – c’est la philosophie actuelle de nos médias

    – choix 2 : d’une totale démission pédagogique : c’est tout flou dans ma tête, et comme toi jeune tu es issu de la nature incorrompue tu as une sagesse que moi, éducateur en faillite, j’écoute religieusement.

    – choix 3 : d’une lâcheté assumée : je sais qu’il faudrait dire non et je ne veux pas avoir d’ennuis, donc je délégue la responsabilité aux juniors. Comme ils sont trop nombreux et sans existence médiatique, ils ne risquent pas de se trouver stigmatisés au JT, eux.

    Personnellement, je crois qu’il s’agit des 3 à la fois.

    Echec pédagogique, échec doctrinal, inutilité totale. Il ne s’agit pas d’un échec ponctuel, c’est la faillite d’une pédagogie historiquement datée et idéologiquement fossilisée. On ne peut pas dissoudre un diplodocus de la taille des Scouts de France. Il semble important et nécessaire de refonder en profondeur ce mouvement.

    • Shimon

      Je pense qu’il s’agit surtout de lâcheté, de la peur d’être en opposition, de ne pas être aimé.
      Pourtant il est clair que s’il ne peut y avoir de vérité sans amour, il ne peut non plus y avoir d’amour sans vérité. S’il est clair que toute personne doit être respectée, ce n’est pas la respecter que de la laisser patauger dans le noir, ou pire de l’enfermer dans son erreur. Toute personne doit toujours être respectée mais l’erreur dot toujours être clairement (mais affectueusement) dénoncée.

  4. RIGAUD

    Scouts de France, Joc, MRJC ….
    tous « cathos » de gauche …
    Rien à attendre de ces mouvements,
    Juste leurs couper les vivres en ne versant plus au diocèse si il finance ces mouvements.

  5. Villard

    Je suis une ancienne guide de France, puis Guide aînée, puis Cheftaine de Jeannettes jusqu’en 1970. J’ai vite compris au début des années 70 que la gauche avait pris le pouvoir dans le Mouvement : plus de prières, plus de lever des couleurs, laisser aller total dans les principes, et puis la mixité, erreur fatale quand on sait le besoin à cet âge de ne pas mélanger garçons et filles qui n’ont pas les mêmes besoins et n’évoluent pas de la même façon. Mes 5 sœurs ont rejoint avec bonheur les Scouts d’Europe qui n’ont pas été reconnus Mouvement d’Eglise, alors qu’ils appliquent clairement mieux le catéchisme des SGDF. Quel gâchis que la marxisation des esprits et des mouvements d’Eglise.

  6. COLLIEGE

    On juge l’arbre à ces fruits & là, les fruits sont empoisonnés depuis bien longtemps & l’on sait pourquoi.
    Le jardinier est en cause.
    Pour ma part, je suis un ancien scout de la fin des années 50 et la responsabilité incombe aux aumôniers et aux cadres des SDF ( scouts de France ).
    Dans ma région – Haute Savoie – l’évêque a refusé d’affecter un aumônier ( prêtre très pieux et de haute élévation spirituelle ) à des Scouts d’Europe.
    Mai 68 a tout détruit, la vérole marxiste a tout pourri…..
    Je dis à mes amis qu’il n’y a pas de crise des fidèles mais une crise du clergé.

    PATRICE – ancien paroissien de l’abbé Christian Philippe CHANUT qui est au Ciel –

    • Shimon

      Certes COLLIEGE, la vérole marxiste a tout pourri, mais les pays communistes se sont redressés (Pologne, Russie et bien d’autres) et il n’y a pas de raison que le royaume de France ne le fasse pas.
      Le poison marxiste c’est la négation de la transcendance divine qui élève l’homme et l’oubli de toute eschatologie, de toute fin dernière. C’est une plongée dans l’absurde dont on revient toujours. Prions et jeûnons et faisons confiance à l’Esprit Saint pour nous donner à nous la force de témoigner à temps et à contre temps.

  7. Lévi

    Oui c’est triste et inquiétant. Car il n’y a pas à tergiverser. Tuer c’est tuer et soulager c’est soulager. Croyez-moi, chaque médecin sait quand il fait quelque chose pour tuer et quelque chose pour soulager. Il n’y a jamais confusion dans son esprit.
    Et si l’on admet que l’on puisse tuer à la demande (quand il y a demande et que les choses ne se font pas à l’insu de l’intéressé comme en Belgique) Il n’y a plus aucune règle sociétale qui tienne. C’est le poids de l’argent qui décide ; On le voit bien avec Vincent Lambert. Pour Vincent ce n’est pas son intérêt qui prime mais l’intérêt du service ou de la société, intérêt confirmé par des juges « à l’ordre ».
    Il était clair que après que la société aie fait pression sur les mères pour supprimer leur enfant gênant, elle ferait pression sur la famille des vieux et des invalides pour supprimer les gênants.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *