Une affaire embarrassante dans le diocèse de Versailles

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  • Le 22 mai, Mgr Aumônier a diffusé une nouvelle vidéo, concernant les vocations sacerdotales, annonçant l’ordination de 5 nouveaux prêtres dans son diocèse :

 

Cette bienveillance de Mgr envers les futurs jeunes ordonnés masque par ailleurs un manque de délicatesse voire une gestion hasardeuse concernant des fidèles qui se plaignent de l’attitude de certains prêtres. Le 24 mai, une série d’articles sont sortis concernant les écarts d’un prêtre du diocèse. Un prêtre a eu une liaison d’un an, jusqu’en janvier 2016, avec une fidèle. La femme dit avoir subi l’emprise de celui qui était alors son accompagnateur spirituel.

Mais l’affaire va plus loin, puisque ce prêtre d’une quarantaine d’années aurait aussi harcelé sa fille de 13 ans, qu’il invite parfois à dormir au presbytère. Le prêtre a adressé à la mère et à la fille plus de 250 mails et plus de 2500 SMS, parfois assortis de menaces voilées. En décembre 2016, la mère de famille a porté plainte à Versailles contre le prêtre pour “agressions sexuelles”, “corruption de mineure” et “harcèlement moral” sur sa fille. Pour elle-même, une plainte vise des allégations de “harcèlement”. Le prêtre a été placé en garde à vue fin mars 2017 mais remis en liberté.

Mais ce n’est pas tout. Alors que son vicaire général a été informé de l’affaire en avril 2015, Mgr Aumônier a attendu décembre 2016 pour démettre le prêtre de ses charges et l’envoyer dans une communauté romaine. Mais dans les mois qui suivent, le prêtre accompagne encore des couples de laïcs, accepte de célébrer un baptême, est repéré à la sortie d’une messe lors d’un week-end scout… Le diocèse assure qu’une instruction canonique sera enclenchée dès que la justice française aura vérifié les faits reprochés et indiqué quels délits seraient retenus. Après un courrier envoyé à Rome par les mères, Mgr Aumonier a reçu la plaignante en décembre dernier.

Les plaignantes sont des catholiques pratiquantes qui ont tout fait pour avertir l’évêché sans accuser l’Eglise comme cela se fait trop souvent. Mais estimant que l’évêque n’avait pas pris les mesures adéquates et que le prêtre en question peut toujours blesser d’autres femmes, elles ont décidé, en désespoir de cause, d’alerter la presse.

Sources : Le Point, Ouest-France, L’Echo républicain

maximilienbernard@perepiscopus.org