Les citoyens sont-ils vraiment plus éclairés ?

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L’archevêque de Clermont, Mgr François Kalist, refuse de donner une consigne de vote :

“Notre monde et la manière de réagir dans l’instant, laisse-t-il encore de la place à la réflexion ?”.

“Il fut un temps où l’Eglise catholique donnait quasiment des consignes de vote, certains prêtres dans les paroisses ne s’en privaient pas, et cela lui était reproché. Aujourd’hui, elle se refuse à promouvoir un bulletin de vote et elle est aussi contestée !”

“Je suis plutôt partisan de laisser le choix aux électeurs. Le système électoral invite chacun à choisir un candidat en conscience sans avoir à en rendre compte. Donner des consignes de vote, est-ce si respectueux de la liberté, de la conscience, de l’opinion, de l’autre ? Il faut éduquer le citoyens au discernement, pour réfléchir, ensemble, à ce qui est bon”.

“Au fil du temps, les citoyens sont plus éclairés qu’ils ne pouvaient l’être il y a un siècle ou un demi-siècle. Aujourd’hui, il y a un vaste accès à l’information. De surcroît, dans l’électorat catholique, chrétien, il y a un certain nombre de références de foi qui donnent plus d’acuité à ce regard et à ce discernement. Un citoyen catholique n’est pas démuni pour choisir un candidat”.

“Nous sommes dans un monde où l’on attend des positions tranchées, des slogans et des formules un peu rapides. La position de l’Eglise catholique, qui peut paraître timorée, a été constructive et courageuse quand, en septembre 2016, le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a proposé une réflexion ayant abouti à la publication du document “Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique”. Cela n’a pas forcément été très médiatique, mais ce document a été bien accueilli dans les paroisses qui y ont travaillé, par les communautés catholiques et même par des non-croyants, car il incitait au débat, à un débat pacifié, sur des questions difficiles qui touchent l’avenir de la société”.  “La voie est peut-être plus lente, plus discrète, elle n’a rien de fracassante, mais elle est nécessaire dans un pays qui a perdu le sens du dialogue et du débat”.