Malaisie : nouvelles violences antichrétiennes

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Lu dans Le Monde :

Dimanche 10 janvier, quatre églises et un couvent ont été la cible d’attaques et de dégradations. Déjà, dans la nuit de jeudi à vendredi, trois lieux de culte (deux protestants et un catholique) avaient été visés par des bombes incendiaires. Et, à l’issue de la grande prière du vendredi, plusieurs centaines de musulmans avaient manifesté leur opposition à l’utilisation du terme “Allah” par les chrétiens.”

Le 6 janvier, l’autorisation d’utiliser le mot “Allah” accordée aux chrétiens par la Haute Cour de Malaisie a été suspendue. “Il s’agit d’une affaire relevant de l’intérêt national”, a justifié le procureur général pour expliquer cette suspension. Elle fait suite à l’appel interjeté par un gouvernement affaibli :

Le premier ministre [Najib Razak] a condamné les attaques de vendredi contre les églises et a annoncé le renforcement de la sécurité autour des lieux de culte chrétiens s’est rendu dans une des églises endommagées, samedi. “L’islam nous interdit d’insulter ou de détruire toutes les autres religions, que ce soit physiquement ou en s’attaquant aux lieux de culte”, a-t-il déclaré.”

Il fait bien de préciser…

“Élu avec le plus mauvais score de son histoire en 2008, la coalition est au pouvoir depuis 52 ans. Les minorités ethniques et religieuses dénoncent régulièrement l’islamisation de la société et les discriminations sociales dont elles se disent victimes. Le Père Lawrence Andrew, directeur du journal catholique (The Herald, NDLR) au cœur de cette polémique a jugé, vendredi, que s’il n’y avait “pas de danger immédiat”, la situation demeurait inquiétante“.

Au Vatican, Mgr Robert Sarah, préfet de la congrégation pour l’évangélisation des peuples, s’est inquiété sur Radio Vatican, vendredi : “Je pense qu’il existe réellement une volonté d’anéantir les chrétiens, de les ignorer, de refuser d’admettre qu’ils ont une foi en Dieu. Le fait qu’il leur soit interdit de prononcer le nom de Dieu revient à les considérer comme des païens qu’il faut donc convertir à l’islam.”

Arthur Leroy