On n’attend pas Noël comme on attend un bus

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Mgr Yves Pâtenotre, évêque de Sens-Auxerre, écrit dans son dernier éditorial :

“Le temps de l’Avent est un temps de désir et d’attente. À ces jeunes j’ai essayé de dire que l’on n’attend pas Noël comme on attend un bus. Ils ont besoin du bus pour se rendre au lycée, mais nous ne sommes pas que des êtres de besoin. Nous sommes des êtres de désir. En fait, on peut toujours, plus ou moins, satisfaire aux besoins de nos corps. Manger, boire ou dormir. Aller et venir. C’est absolument nécessaire pour rester en vie. Mais ce n’est pas vivre.

Vivre c’est aimer. Ainsi, Édith Piaf le chantait tout au long de sa vie tourmentée  : “Sans amour on n’est rien du tout…” Aimer et être aimé, c’est le désir permanent de tout notre être. Il y a en chacun de nous une soif d’absolu, un immense désir. Chrétiens, nous croyons que cet amour-là, au plus profond de nous, c’est la trace de Dieu en nos cœurs et que Lui seul peut le combler­. Il n’enlève rien, il transfigure tout. Tout ce temps de l’Avent, nous allons pouvoir réveiller en nous cette attente de Dieu.

“Savez-vous ce que c’est que d’attendre un ami, d’attendre qu’il vienne et de le voir tarder” écrivait le Cardinal Newman. Lorsque l’on attend un ami ou une amie, toutes nos activités ou occupations sont polarisées par cette venue. On ne pense qu’à cela. On a tout préparé pour cela. En fait, il s’agit d’être en état de veille. Ce n’est pas pour rien que dans les Évangiles, le temps de la prière est comparé à la veille  : “Veillez et priez”. Si nous voulons faire un test, en ce temps de l’Avent, pour savoir si nous sommes bien sûr le registre de l’attente de la venue du Seigneur, regardons combien de temps nous consacrons à la prière chaque jour  : “Si tu ne pries pas, c’est que tu n’attends pas.” Et nous savons bien que prier ce n’est pas seulement dire des prières. C’est se mettre en présence de l’Esprit Saint qui habite en nos cœurs. C’est le temps du silence. C’est se mettre en présence et à l’écoute de Celui dont on se sait aimé, écrivait la grande sainte Thérèse.

À Strasbourg, le pape François a demandé à l’Europe de se réveiller, de retrouver une dimension de transcendance. Un jeune confirmé de Sens m’a écrit qu’il voyait notre monde, marqué par tant d’atrocités, comme un désert spirituel. Noël va arriver vite. Préparons vraiment la venue de Celui qui est, qui était et qui vient  ! La prière va nous conduire à aimer, en actes et en vérité, nos plus proches et d’autres encore, surtout ceux et celles qui sont plus seuls  : il y a des signes qui ne trompent pas  !”

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