Royaume-Uni : l’interminable enquête sur une femme morte après une « IVG »

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Voici des faits qui remontent à janvier 2012, mais dont la presse britannique et irlandaise s’empare tout juste. Il s’agit d’une jeune femme de 32 ans, venue avorter à Londres dans une clinique Marie Stopes, morte quelques heures après l’intervention dans le taxi qui la ramenait chez elle, d’une hémorragie interne. 18 mois plus tard, l’enquête policière est toujours « en cours ».

Le veuf vient de se manifester auprès des médias en assurant que le fait que lui et sa femme étaient étrangers en Irlande explique le désintérêt des enquêteurs et de la justice.

Cela ne tient pas la route. Voyez le cas Savita Halappanavar. Indienne, épouse d’un Indien. Sa mort après un « avortement refusé » – mort de septicémie en fait – avait déclenché aussitôt l’hystérie médiatique, trois enquêtes différentes furent aussitôt déclenchées et le résultat ne s’est pas fait attendre avec la légalisation de l’avortement en Irlande, dans certains cas limites et en particulière en cas de menace de suicide de la mère. Mais là, il s’agissait de promouvoir la culture de mort.

La tragédie de Londres n’avait pas le même intérêt. Au contraire, elle met en cause un de ces pourvoyeurs d’avortement à la chaîne, qui vend ses « services » sans le moindre scrupule : Marie Stopes avait tout intérêt à ce que l’affaire ne sorte pas, et tout logiquement la clinique refuse aujourd’hui de communiquer au nom de la confidentialité des dossiers des patientes.

Par le mari, qui vit désormais seul en Irlande avec le premier enfant du couple, une fillette de trois ans, on connaît cependant plusieurs éléments poignants.

Le couple avait eu son premier enfant en 2010, au terme d’une grossesse vécue avec difficulté par l’épouse qui souffrait de fibrômes : le traitement qui lui était alors proposé aurait pu la laisser stérile.

De nouveau enceinte en 2011, elle se sentait de nouveau « malade », assure son mari – mais il n’y avait aucun danger pour sa vie et elle risquait surtout une fausse couche.

Elle se dirigea pourtant vers un hôpital irlandais où il lui fut répondu qu’il n’était pas question de lui procurer un avortement pour ces motifs.

C’est alors que le couple se mit en quête de fonds et d’informations pour obtenir un avortement en Angleterre, prenant finalement rendez-vous avec Marie Stopes à Londres pour mettre fin à la grossesse qui en était alors déjà à 20 semaines…

Il n’y avait aucune urgence médicale, le bébé se portait bien, et cet avortement tardif – sur un bébé parfaitement formé – comportait quant à lui tous les risques liés aux interventions de ce style. En attendant les suites de l’enquête, toujours en cours selon la police métropolitaine de Londres, il serait hasardeux d’accuser l’avortement d’avoir causé l’hémorragie dont est morte la victime – mais notez que dans l’affaire Savita, personne n’a pris de telles précautions oratoires, alors même que l’on sait bien que l’avortement n’aurait pas de lui-même sauvé sa vie mais le traitement adéquat de sa septicémie dont le diagnostic avait été posé avec plusieurs jours de retard…

Voilà une histoire de mort et de douleur qui va, finalement, quand même être exploitée par le lobby de l’avortement pour dénoncer l’Irlande. Tout aurait pu si « bien » se terminer si la jeune femme avait pu facilement avorter dès qu’elle a commencé à se sentir en mauvaise forme, suggèrent les médias. C’est à force d’avoir dû chercher elle-même une « solution » et de réunir assez d’argent que tout a tant tardé. Elle aurait pu éviter les tracas du voyage. Elle aurait pu…

Elle aurait pu sauvegarder la vie de son enfant, et la sienne propre, si elle n’avait pas choisi la mort ! Si elle avait été soutenue dans une période difficile ! Si les avorteurs de la clinique Marie Stopes l’avaient mise en garde, s’ils lui avaient dit que l’avortement est une chose horrible et qu’à ce stade de la grossesse, il entraîne des risques et des séquelles, que rien ne le justifiait même de leur propre point de vue dévoyé !

La proportion de morts maternelles au Royaume-Uni est de 12 pour 100.000 naissances vivantes, selon les dernières statistiques de l’OMS. En Irlande, elle tombe à 6 pour 100.000…

Un enfant à naître à 19 semaines, savez-vous à quoi il ressemble ?

Voyez Walter, un petit garçon né précisément à ce stade de la grossesse lors d’une fausse couche : il vécut quelques minutes dans entouré de ses parents, fut accueilli dans sa famille ; on le considéra comme la personne qu’il fut et qu’il demeure. Ses photos ont fait le tour du monde ; en voici une mais il y en a beaucoup d’autres mis en ligne par sa mère inconsolable qui pourtant y puise consolation et la force de continuer, tant ce minuscule garçon fut entouré d’amour.

 

 

Le bébé qui est mort peu avant sa maman, à Londres, en janvier 2012, était un peu plus grand que celui-là. Il n’a pas été aimé. Il a été rejeté. Sa mère non plus n’a pas été aimée comme il le faut, et elle en est morte.

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1 comment

  1. LABARTHE

    Misère de l’âme humaine.

    Et le père comment peut-il porter plainte car c’est lui qui a voulu l’avortement de sa femme ?

    Et que va-t-il dire à son enfant aîné ? Et bien il faut cependant qu’il dise la vérité, et le pourquoi du voyage à Londres, c’est le médecin des enfants qui parle en moi !

    Triste capitale que cette capitale là !

    Jean-Christophe

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