Espagne : un évêque pose les vraies questions sur l’avortement

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Trouvé sur Religion en Libertad, ce texte décapant d’un évêque émérite espagnol, Mgr José Gea Escolano, parti comme missionnaire au Pérou. Lisez-le jusqu’au bout : chaque question posée par cet homme au franc-parler revigorant est importante. Il s’était exprimé sur le projet de loi Gallardon en soulignant qu’il ne clarifiait rien, puisqu’il partait comme la loi Zapatero du principe que le gouvernement a le droit de laisser supprimer une vie innocente.  – J.S.

Marche avant ou marche arrière pour la loi sur l’avortement ?

Le thème de l’avortement est d’actualité. On parlait beaucoup ces derniers jours de la question de savoir si la loi d’avortement du gouvernement Zapatero allait être modifiée, si on allait la laisser telle quelle, si la promesse du PP allait s’accomplir, si le PP va perdre beaucoup de voix en faisant marche arrière, s’il faut rechercher un consensus… Ce qui est certain, c’est que le Président a dit qu’il retirait le projet de loi, qu’il est parti pour la Chine et qu’immédiatement, le ministre de la Justice a démissionné.

Les partisans de l’avortement semblaient attendre la réforme de la loi pour pouvoir se jeter comme des hyènes furieuses dans la mêlée pour défendre l’avortement, et d’autres semblaient espérer que la réforme ne soit pas mise de côté parce qu’en ce cas ils cesseraient de voter pour le PP. On allait vers un vrai bazar. Chacun sait à quoi s’attendre et se prépare en conséquence.

Dans cet article je me propose de poser juste quelques questions pour que chacun y réponde en cherchant la vérité, en laissant de côté ce qui relève de ma vérité et de ta vérité, parce que la vérité est une et qu’elle coïncide avec le bien ; et le bien n’est ni à moi ou à toi, c’est le bien commun.

Allons-y donc pour les questions :

1. Qu’est-ce que l’avortement ? L’élimination de la vie d’un être humain pendant qu’il grandit dans le sein maternel. Non ?

2. Le gouvernement a-t-il la faculté de permettre la destruction d’un être humain conçu mais pas encore né, c’est-à-dire du nasciturus ? Il croit l’avoir depuis 1985 où il a commencé à s’arroger la faculté de supprimer des vies humaines innocentes.

3. Ce qu’il y a dans le ventre d’une femme enceinte, est-ce ou non un être humain, l’enfant de la femme qui l’engendre ? Et si c’est d’une femme, qu’est-ce ? Certainement pas un petit chevreau !

4. La femme a-t-elle le droit d’avorter son enfant ? Parce que, une fois avorté et même si on appelle par euphémisme l’avortement « interruption volontaire de la grossesse », ce qui est avorté n’est-il pas définitivement un enfant mort ?

5. Le père ne compte-t-il pour rien par rapport à l’avortement, ou non, de son enfant ? Le père n’a-t-il pas droit à son enfant ? Pourquoi la loi ne le protège-t-elle pas pour qu’il exerce son droit de paternité s’il veut empêcher l’avortement ?

6. Selon l’actuelle loi d’avortement, toute femme ne peut-elle pas avorter, comme ça, parce que, sans plus, parce qu’elle en a envie ? C’est bien qu’on lui a reconnu le droit de tuer son enfant, comme si cette vie était sa propriété.

7. Pour beaucoup, l’avortement, c’est le progrès ; mais le progrès vers où ?

8. Si ce que cherche notre gouvernement, c’est le consensus, si l’on pouvait s’adresser l’enfant pour qu’il y ait un consensus, que dirait-il ?

9. Si nous savons tous que des lois assassines ont été votées par des majorités parlementaires (rappelons-nous Staline ou Hitler et tant d’autres monstrueux génocides), pourquoi tolérons-nous, impassibles, que l’on approuve des lois perverses et pourquoi ne condamnons-nous pas les milliers d’avortements qui se commettent en Espagne ?

10. D’où pensent-ils qu’un gouvernement peut obtenir le droit de permettre que n’importe qui puisse supprimer légalement les vies innocentes des plus faibles et sans défense dans le sein maternel ?

11. Serait-il juste de faire approuver par la majorité le droit de la femme maltraitée par son mari ou son compagnon de le tuer comme un injuste agresseur ? Et le bébé, lui, n’attaque ni ne blesse sa mère, il lui donne juste des petits coups de pied pour attirer son attention à mesure qu’il grandit.

12. Les soi-disant gens de progrès qui approuvent l’avortement, toléreraient-ils qu’on enlève la vie à l’un de leurs enfants ? Lequel : le nouveau-né, celui de deux ans qui n’arrête pas de pleurer, ou l’adolescent qui va boire en troupeau dans la rue ?

13. Si on ne peut pas tuer l’enfant handicapé qui vient de naître, pourquoi peut-on le tuer avant qu’il naisse ?

14. Un Président du gouvernement comme l’actuel qui, avec la majorité absolue, maintient une loi par laquelle s’autorise la suppression de milliers et de milliers de vies humaines innocentes, à qui ressemble-t-il le plus, à Hérode, à Esaü vendant son droit d’aînesse pour un plat de lentilles, ou à Judas, qui a vendu Jésus pour 30 pièces d’argent ?

15. Si le motif pour ne pas changer la loi d’avortement a été l’absence de consensus, M. le Président pense-t-il qu’il viendra plus tard, qu’ils gagnent ou qu’ils perdent les futures élections ?

16. Et comment ont réagi ces ministres du gouvernement de Rajoy qui se déclarent publiquement catholiques ? Croient-ils qu’ils peuvent continuer de collaborer comme membres du gouvernement à l’« holocauste silencieux » de l’avortement ? Ne sont-ils pas coresponsables ?

17. Que dirait l’enfant à sa mère si elle se convertissait par la suite et que, étant pardonnée, elle allait au ciel ? Je crois qu’elle lui dirait quelque chose comme ceci : « Maman, combien j’ai eu envie de te serrer très fort dans mes bras. Dès que je suis venu au ciel, j’ai dit au Père, en imitant Jésus : Père, pardonne à ma maman car elle ne sait pas ce qu’elle a fait. »

Mgr José Gea Escolano

Mgr Gea, né en 1929, a été évêque d’Ibiza et de Mondoñedo-Ferrol. Parti à la retraite en 2005,
il est parti comme missionnaire au Pérou au nord de Lima, dans une paroisse où il confesse en moyenne six heures tous les dimanches, et quelques heures chaque jour de la semaine.
Il anime sur Religion en Libertad le blog « Un obispo opina ».

 

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Réseau Riposte catholique

4 comments

  1. LABARTHE Jean-Christophe

    Bravo à Monseigneur José Gea Escolano

    Il parle comme un vrai prophète du Père, un vrai serviteur du Fils.
    Une question !
    Pourquoi parle-t-il de chevreau dans son texte ? Est-ce pour avoir un visage rayonnant comme celui de Moïse, descendant de la montagne ? Et bien je pense que son visage rayonne aussi !
    Quand je pense que nos frères juifs qui suivent les ordres de Moïse, s’interdisent de cuisiner la viande avec le lait, je reste stupéfié que cet ordre de Moïse n’aît pas été écrit au fronton de toutes les synagogues ni aux portes de toutes les Eglises ! Monseigneur Escalno aurait-il compris, le seul parmi tous les membres du clergé et parmi les Juifs et Chrétiens de tous pays ? Bravo à lui.
    Personne ne peut facilement revenir sur une loi ancienne, mais il suffit d’en créer une nouvelle qui bloque la première.
    Et si la France était la première nation à la proposer, cette loi ?
    Et si le Président était le premier à faire cela ?
    Et si les enfants trisomiques 21 étaient reconnus comme ” Patrimoine de l’Humanité ” ?
    Mes respects à Monseigneur Escalno

    Docteur Jean-Christophe Labarthe

  2. Françoise

    L’avortement est une des causes de la dénatalité inquiétante en Espagne (et pas qu’en Espagne).
    Toutes ces vraies questions méritent chacune une vraie réponse.

  3. Emmanuel

    Bravo à vous excellence!!!
    La charité par la vérité….et non le mensonge par la tolérance…..!!!
    Enfin un évèque digne de son apostolat et non un “trublions mitré” comme ceux de la CEF!!!
    Le Saint Père en prendra t-il de la graine?…….

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