Le message final du synode, marqué par la platitude

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Le service d’informations du Vatican a publié une traduction (hâtive) du message final de l’assemblée synodale lu à la presse par le cardinal Raymundo Damasceno Assis (Aparacida, Brésil), le cardinal Gianfranco Ravasi (conseil pontifical pour la culture), et le cardinal Oswald Gracias.

Il est en ligne ici.

D’une grande platitude, le texte présente un cliché sociologique des difficultés de la famille aujourd’hui, dans sa « réalité complexe et vivante », et affirme l’« admiration » des pères synodaux pour les familles qui « suivent le Christ, Voie, Vérité et Vie ».

Comment vous le dire, sans paraître manquer de respect ? Pourtant il le faut bien : après le maëlstrom des affrontements de la semaine passée, marqué par la franchise de ceux qui ressentent le devoir de défendre la Parole du Christ et les assauts de ceux qui, au nom d’une fausse miséricorde, voudraient mettre en évidence le « bien » dans les situations objectivement désordonnées, le côté vaguement moralisant du message déçoit. A l’heure où la famille est attaquée de toutes parts, où l’identité humaine est niée, où refus de la vie, de l’engagement, de la nature même du mariage prédominent dans tant de sociétés jadis chrétiennes, on nous propose une sorte de benoîte homélie. Elle pouvait rencontrer l’assentiment de la majorité, puisqu’il ne s’y dit pas grand chose…

Deux semaines de discussions pour en arriver là ? Tout aurait pu être écrit le premier jour.

Près de la fin, ayant noté l’importance de la participation à « l’Eucharistie dominicale », le message dit sans autre précision :

« Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées. » Histoire de laisser une porte ouverte.

Bien. Et puis ?

Et puis, le rapport final, plus détaillé, devrait être voté et publié cet après-midi.

The Voice of the Family souligne d’ores et déjà combien ce message « envoie des signes faibles et ambigus sur la position de l’Eglise à propos de la morale sexuelle ». Il « aurait dû contenir une déclaration claire rejetant toute ouverture à l’homosexualité, à la cohabitation, aux soi-disant “remariages” et à la contraception ».

« Le synode a été marqué par la confusion et la manipulation. Lundi, l’archevêque Bruno Forte, le secrétaire spécial du synode, a rédigé l’un des pires documents de l’histoire de l’Eglise, cause de scandale à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du synode. Aujourd’hui le synode a publié un message qui manque totalement de clarté. Le message est une occasion manquée de donner aux familles une direction pastorale forte et claire basée sur les paroles du Christ dans l’Evangile. »

 

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9 comments

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  2. NAVARRO Jean Marc

    Mon Jésus bien – aimé, nous revoilà avec les pharisiens, les docteurs de la loi !!! Qu’ ont – ils faits de ton église !!! Que de comptes à rendre pour tes représentants Seigneur Jésus car ils induisent en erreur la multitude. Que la Sainte Volonté, la Sainte Justice, la Sainte Vérité de DIEU s’accomplisse. Amen. +++

  3. Nostradamus

    “le message est une occasion manquée”…
    Pour moi il apparaît comme le résultat d’un amalgame hétérogène, un compromis mou entre des vues “miséricordieuses” et des vues “courageuses”. Ces dernières sont considérées par certains comme totalement utopiques et ne devant en aucun cas apparaître au premier plan sous peine de “décourager” les gens “du monde”.
    Ce qui n’est pas courageux est lâche, confus, traître aux deux parties.
    Pour tenter de dissimuler cette confusion sur la sexualité, on a fait remonter des aspects sociaux chers aux sud-américains, pas tellement éloignés de la théologie de la libération.
    Effectivement la “mollesse”engendre une grande tristesse chez moi.

  4. Titt

    Le mot de “platitude” me choque, car j’ai beaucoup aimé ce texte que j’ai lu plusieurs fois. Il est magnifique et réconfortant après toutes les turbulences des jours précédents.

  5. Thomas Michelet

    Après avoir soufflé le chaud et le froid, on nous sert de l’eau tiède.
    Au moins on aura évité le pire.
    Le statu quo est en faveur de la tradition, qui aura tout de même bien été égratignée au passage…

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