Uruguay : légaliser fera exploser les statistiques de l’avortement

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Spécialisé en épidémiologie et en biologie moléculaire, Elard Koch s’exprime ces jours-ci en public sur le thème des conséquences de la légalisation de l’avortement pour soutenir les efforts des Uruguayens pro-vie de renverser par référendum la loi votée il y a quelques mois par le parlement. Pour ce chercheur chilien, les choses sont claires : en quinze ans tout au plus, l’Uruguay en sera à 35 000 avortements par an. Contre un total annuel d’avortements clandestins, avant la loi, estimé à entre 3 200 et 5 200 par rapport à la population uruguayenne.

Comme toujours, les partisans de la légalisation avançaient des chiffres bien plus importants, annonçant quelque 33 000 avortements clandestins par an : « Cela n’est possible en aucun cas », souligne Elard Koch dans un entretien publié par le journal uruguayen El Pais. 

La nouvelle loi qui dépénalise l’avortement pendant les 12 premières semaines de grossesse aura au contraire pour effet de multiplier graduellement les chiffres initiaux réels par huit ou par dix. « Par exemple, l’avortement a été légalisé en Espagne en 1985 et deux ans plus tard on a compté 16.766 interventions ; en 2008 il y en eut 115.000. Mais tout cela dépend du comportement reproductif et de la fertilité dans chaque pays. »

Elard Koch a rappelé la teneur de ses études au long cours sur la question de la relation entre la légalisation de l’avortement et l’évolution de la mortalité maternelle, dont les partisans de l’« IVG » et des avortements dits médicaux affirment qu’elle doit nécessairement baisser en cas de légalisation (tout en accusant les législations pro-vie d’être responsables de la mort de femmes n’ayant pu avorter).

Voici ce qu’il en a dit à El Pais.

« Le cas du Chili est unique parce que l’avortement y a été interdit en 1989 et cela a permis d’évaluer la question sur une large période. Pendant les 40 ans où l’on a imposé des législations diverses, spécialement en Europe et aux Etats-Unis, il y a eu l’idée que l’interdiction de l’avortement aurait un effet négatif sur la santé maternelle du fait qu’il y aurait un grand nombre d’avortements clandestins. Mais l’enquête que nous avons menée démontre le contraire, puisque la mortalité maternelle globale a continué de baisser (elle a fini par baisser de 94 %), tandis que la mortalité maternelle liée exclusivement à l’avortement a baissé de 99 %. La principale conclusion à en tirer est que le statut légal de l’avortement a un effet nul sur la mortalité maternelle qui elle était en baisse depuis 1965 : si l’interdiction de l’avortement avait un effet négatif nous aurions dû au contraire observer un arrêt de la réduction de cette mortalité maternelle, voir son augmentation. »

Elard Koch affirme encore que si le nombre des avortements est multiplié par dix dans le cadre d’une légalisation, cela entraînera mécaniquement une exacerbation des problèmes liés à l’avortement, spécialement les plus documentés d’entre eux qui sont liés à la santé mentale. Il invoque une étude finlandaise qui laisse constater une multiplication par 2 ou par 3 du risque de suicide pendant l’année suivant l’avortement, par rapport aux femmes n’ayant pas avorté. Sur le plan physique, il souligne l’augmentation des naissances prématurées chez les femmes ayant avorté. « Mais ce qui augmente le plus avec la légalisation, c’est la répétition des avortements : des femmes y ont recours plusieurs fois et même jusqu’à cinq fois au cours de leur vie féconde. Et cela se produit le plus chez les femmes les plus jeunes, qui subissent leurs premiers avortements alors qu’elles sont encore adolescentes. » 

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 © leblogdejeannesmits

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