ReuniCatho samedi prochain

Download PDF





 

Samedi prochain se tiendra à Versailles le colloque de ReuniCatho, association créée expressément pour organiser cette
assemblée-bilan de l’application du Motu proprio Summorum pontificum en France.

Initialement lancée pour évoquer les blocages dans le diocèse de Versailles, l’affaire s’est élargie à l’ensemble des diocèses de France. On peut y voir deux
raisons.

La première, c’est qu’un bilan d’étape de l’application du Motu proprio en France mérite d’être dressé en ce qui concerne l’ensemble des diocèses français. Les
situations sont disparates ; les méthodes employées aussi ; les résultats également.

Ensuite, en se focalisant sur l’application dans le diocèse de Versailles, les organisateurs auraient pu laisser croire qu’ils menaient une guerre contre l’évêque
du lieu, Mgr Eric Aumonier. Or l’opposition frontale avec l’évêque de Versailles est justement la chose qu’ils veulent éviter, la majorité d’entre eux cherchant à faire entrer la messe de saint
Pie V dans les paroisses du diocèse pour qu’elle ne soit plus limitée aux chapelles des fraternités et instituts traditionnels.

L’an dernier, pour la première édition de ce colloque, une sorte de bras de fer s’était engagé entre l’évêque de Versailles et les organisateurs, Mgr Aumonier
annonçant quelques jours avant la tenue de cette assemblée l’ouverture de la chapelle de l’Immaculée donnée à la Fraternité Saint-Pierre qui avait perdue l’historique Notre-Dame des Armées. Il
espérait ainsi gagner sur deux tableaux :

– couper l’herbe sous les pieds des demandeurs « paroissiaux » organisateurs du colloque

– et satisfaire les « durs » favorables à la Fraternité Saint-Pierre qui s’estimaient lésés par la récupération par le diocèse de Notre-Dame des Armées,
(et donc trouver une paix de compromis) tout en donnant l’impression d’appliquer les demandes du pape.

C’était oublier un peu vite que les laïcs voulaient pour leur part avoir la forme extraordinaire dans « leurs » paroisses et qu’ils n’en étaient plus au Motu
proprio de 1988 mais à celui de 2007.

Au-delà des conférenciers-vedettes, le colloque de l’an dernier avait été ainsi intéressant par les témoignages émanant de représentants de groupes de demandeurs
venus des quatre coins des Yvelines. On dit que le cardinal Castrillon Hoyos avait été mis au courant de la tenue de ce colloque, que Mgr Aumonier lui en avait fait un compte-rendu à sa manière
(les méchants traditionalistes qui bafouent l’autorité de l’évêque…) et qu’un prêtre français, qui avait assisté pour sa part à l’ensemble du colloque, avait rééquilibré les propos de Mgr de
Versailles.

L’an dernier, ce colloque avait suscité d’autres réactions plus ou moins négatives. Certaines communautés Ecclesia Dei n’avaient pas vraiment apprécié la tenue d’un
tel colloque qui pouvait remettre
en cause, selon elles, leurs négociations avec les évêques. Elles n’avaient pas été
invitées ou elles n’avaient été prévenues qu’au dernier moment, ce qui avait augmenté la méfiance. Cette année, elles seront présentes pour la deuxième édition de ce rassemblement.

Globalement, les intervenants semblent moins disparates et le programme donne majoritairement la parole à des acteurs de terrain. On y entendra ainsi le célèbre
abbé Chanut, le père Laurent-Marie, qui lui est proche, l’abbé Cambon, qui vient du sud de la France, mais aussi des laïcs : François Foucart, Jean-Pierre Maugendre de Renaissance
Catholique, Olivier de Durat de Notre-Dame de Chrétienté, Christophe Dickès, l’historien Luc Perrin (le seul à avoir été présent l’an dernier), Philippe Oswald, directeur de la rédaction de
Famille Chrétienne (un signe de changement de la part de l’hebdomadaire chrétien ou un signe de courage avant le départ prochain à la retraite ?…) et Michel Tauran, d’Una Voce France.
Leurs interventions prendront place à travers deux tables rondes. On parle aussi d’un invité surprise.

Mgr de Versailles s’est plaint de ne pas voir les organisateurs de ce rassemblement lui demander son autorisation avant de tenir cette réunion. Un proche lui a fait
remarquer tranquillement qu’ils n’avaient pas à le faire. Le Concile Vatican II offre en effet une grande liberté aux laïcs. Mais, étrangement, certains évêques ont vis-à-vis des traditionalistes
une attitude très cléricale. Très « pré-conciliaire » pour tout dire…