Une analyse des propos de Mgr Fellay

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Le très intéressant blog Benoit-et-moi a proposé à ses lecteurs une réflexion amère du Père Scalese après
les propos tenus par Mgr Fellay lors des prises de soutane le 2 février dernier à Flavigny. En voici un extrait. Pour lire l’intégralité de ces propos, on se reportera à la traduction française
sur le blog Benoit-et-moi ou à la source d’origine :

« Il ne me semble cependant pas juste de mépriser plus que nécessaire la dimension humaine de l’Église et donc, dans ce cas, l’utilité des pourparlers en
cours. Il semble un peu excessif d’en arriver à dire “Humainement, nous n’arriverons jamais à un accord; oui, humainement, nous ne parviendrons pas à un accord, de la façon dont nous voyons les
choses aujourd’hui, humainement, cela ne sert à rien”.

Si les négociations ne servent à rien, pourquoi les faire? Autant attendre, du point de vue Lefebvriste, que Rome se convertisse. N’oublions jamais que, dans le
mystère de l’incarnation, l’humanité est assumée par le Verbe et devient un instrument de la divinité. Cela s’applique aussi au mystère de l’Eglise.

Mais ce qui m’a laissé le plus amer est ce que Mgr Fellay a dit à propos de la Messe: “On se demande parfois quels sont les points communs [entre la Messe réformés
et la Messe traditionnelle, ndr] tellement c’est différent… Quand nous entendons aujourd’hui, même de Rome, que rien n’a changé, que c’est la même chose, on est un peu abasourdi. Quand on dit
qu’il n’y a pas de différence entre les deux Messes, je voudrais qu’ils ouvrent les yeux, ce n’est pas difficile”.

Je suis désolé, mais en insistant sur cette position, les lefebvristes rendent vraiment tout accord impossible. Mais à ce point, la responsabilité de l’échec de
l’accord retombe entièrement sur eux; ils ne peuvent pas continuer à mettre la faute sur Rome.

Le problème n’est pas seulement la Messe, mais, plus généralement, l’interprétation de Vatican II. J’ai l’impression que les
lefebvristes n’ont pas compris que la seule chance de rencontre réside dans “l’herméneutique de la continuité”, énoncée par le Saint Père dans son discours à la Curie romaine du 22 Décembre 2005.
Et ils ne se rendent pas compte que, de fait, ils sont dans l’esprit des progressistes, qui soutiennent l'”herméneutique de la discontinuité et de la rupture”. Il est vrai que les extrêmes se
touchent: ils pensent qu’ils sont sur des positions opposés, alors qu’en réalité, ils partagent la même vision. »